EXEMPLE CURIEUX D'UN PHOENIX DACTYLIFERA A SEPT BRANCHES
Par M. CH. More.
On sait que les palmiers offrent presque tous une tige droite, indivise, couronnée par le bourgeon de feuilles nommé fronde par Linné, tandis que la tige elle-même prend le nom de sfipe. Cependant, le Douma Thebaica est branchu comme un dragonier.
Un des palmiers les plus ordinaires de nos serres, celui même que nous avons déjà vu tenir dans des appartements chauffés, est le dattier ou Phœnix dactylifera qu’on obtient si facilement en semant le noyau des dattes. Beaucoup de faits curieux se rattachent à l’histoire de cet arbre célèbre. Nous sommes loin de prétendre que nous les exposerons tous. |
Quand on mange des dattes on s’appercoit bientôt de la durete excessive du noyau. On tourne celui-ci au tour, on en fait des chapelets, des colliers, des ornements de bijoux. Une légende s'attache à ce noyau en Orient. On prétend que la Sainte-Vierge mangeant la première fois des dattes les trouva si bonnes qu’elle s’écria : oh! Et depuis, chaque noyau porte à son milieu un O très-bien gravé. C’est par cet O que sort le germe du futur palmier.
Le dattier est dioïque. Un pied est mâle, l’autre femelle. Depuis Hérodote, on connaît ce que les Arabes appellent le mariage des palmiers sur lequel Hasselquist à donné de si curieux détails. Les tribus même de peuples plongés encore dans la barbarie savent que si l’on n’agite pas les régimes des dattiers mâles entre les frondes femelles en fleur, on n’obtient pas de fruits et dans leurs guerres ils se privent mutuellement de ces régimes de fleurs mâles. Kœmpfer relate qu’en envahissant le territoire de Bassora, le sultan avait donné ordre d’abattre partout les dattiers mâles afin d’affamer la contrée.
C’est surtout le docteur Clarke qui s’est occupé de la haute utilité du dattier. Une partie considérable des populations de l'Égypte, de l'Arabie et de la Perse ne subsiste que grâce à ce beau palmier. Dans leur médecine il devient un tonique; le fruit fournit une excellente confiture pour la table. On nourrit les chameaux des dattes non müres et de celles tombées et surannées. Avec les feuilles on fait des couchettes, des matelas, des traversins , des paniers, des corbeilles, des nattes, des éventails, des chasse-mouches. Avec les troncs ou stipes on construit des pou-
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