POIS DORÉ DE FITZ-JAMES
Par M. Loursse,
horticulteur, à Paris.
Parmi les variétés de pois qui surgissent depuis quelques années, et dont le mérite est plus ou moins bien établi, il en est une que nous avons remarqué chez un jardinier très-zélé et instruit, M. Delaville, à Fitz- James. Cette variété, qu’il a obtenue depuis trois ans et qu’il a nommée pois doré de Fitz-James, lui vient d’un seul pied qui s’est montré dans un semis de pois Michaux ordinaire. M. Delaville ayant observé que ce pied présentait des différences notables par la couleur blonde de son feuillage avec le michaux, s’est attachée à le multiplier, et, pour s'assurer s'il ne changerait pas et s’il ne retournerait pas à la souche, a fait plusieurs semis successifs qui tous lui ont bien donné un pois de la hauteur de 1 mètre 50 centimètres, d’une vigueur et d’un produit extraordinaires, et présentant cette particularité que la cosse, qui est belle et forte, prend uneteinte d’un jauneblanchâtre et doré, laquellecouleur secommunique au grain qui est à l’intérieur ; celui-ci redevient d’un beau vert à la cuisson ; il est fin et sucré, ce qui le rapproche pour la qualité du pois ridé ou de Knight. Sa précocité le place entre ce dernier et le michaux, ce qui en fait un pois de deuxième saison, et n’ayant aucune ressemblance avec un cerain pois sans parchemin à cosse jaune connu depuis plusieurs années. Le pois doré de Fitz-James est remarquable par son extrême fécondité, et
- mérite d'être propagé de préférence à beaucoup d’autres. M. Delaville
ayant bien voulu nous céder toute sa récolte, nous sommes dès à présent en mesure d'en offrir aux amateurs qui voudraient en faire l’essai. On peut le semer, comme la plupart des michaux, depuis le mois de novembre jusqu’à la fin de juillet.
SUR LA CULTURE FORCÉE DU HOUBLON POUR OBTENIR DES TURIONS QU'ON MANGE COMME POINTES D’ASPERGE,
Par M. Panis,
négociant grainier et fleuriste de $. M. le Roi des Belges, fournisseur de $. A. À t») Monseigneur le Duc d’Arenberg, etc. , à Bruxelles.
Cest en février qu'on commence à chauffer le houblon, et il se vend
ait au moins 2 à 5 ans, et quand il a été chauffé une fois on le replan en l’espacant convenablement pour le relever et le chauffer encore deux ans après. Voici la manière de Le chauffer. |
On fait une couche sourde que lon charge d’un pied de terreau. Quand la chaleur est au terme convenable, on arrache les racines de houblon, on les raccourcit du bas à la longueur d’un pied et on ménage bien les yeux de la tête; on ouvre le terreau par tranchées, on y plante ces racines « de bout en lignes et très-près les unes des autres et on met quatre pouces de terreau au-dessus des têtes. La plantation étant faite, on recouvre le « tout d’une couche de litière plus ou moins épaisse, selon qu’il fait plus ou moins froid. Six à huit jours après, on voit le houblon pointer ; alors, on prend une fourche que l’on passe entre et sous les racines et on les enlève en prenant garde de casser les jeunes et tendres bourgeons qu’on détache ensuite à la main; après avoir été lavés et blanchis, ils se mangent en guise ASDETSES ou assaisonnés comme des jets de choux. On les prépare encore à la sauce blanche.
On replante de suite d’autres racines de houblon à la même place et plusieurs fois successivement, tant que la couche conserve de la chaleur. On peut commencer à chauffer dès le mois de décembre.
En Belgique l'usage des turions de houblon est très-répandu, mais il n’en estpas de même à l'étranger. Pendant les Cent jours, quand Louis X VITE et sa cour logeaient à Gand, ce fut le mets indigène qui les étonnèrent le plus. Louis XVII pria M. le comte d’Hane qui l'avait hébergé, de lui envoyer annuellement des points de houblon : il les aimait en vrai roi gastronome. Sa prière fut ponctuellement remplie jusqu'à sa mort. A Liége c'était naguère un droit du pauvre de couper dans les houblonnières « les premiers jets et de les vendre au marché.
Les turions de houblon sont regardés par les médecins comme toniques, « stomachiques et ranimant les forces digestives de l’estomac. On les re-« commande surtout aux personnes pâles, aux serofuleux et rachitiques:« On les à considérés aussi comme diaphorétiques et surtout comme fort utiles dans les maladies de la peau. I ne faudrait pas conclure de ces pa=roles que les jets de houblon ne forment qu'une nourriture de malade. Les gens sains aiment d'autant plus ce mets qu'il est un des plus nouveaux 1 | du printemps et qu'il rafraichit le sang. À
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