ORNEMENTS RUSTIQUES ET MANIÉRE DE LES EMBELLIR ET DE LES UTILISER
Par M. CH. MoRREnN.
Les avantages qu'on peut tirer des ornements rustiques sont aussi variés que généralement oubliés. Depuis que les jardins ont eu pour mission de représenter la nature, les meubles de ce genre sont devenus plus nombreux, et cependant quand on parcourt les différentes provinces de la Belgique et qu’on visite les châteaux , on est étonné de ne pas voir employer plus souvent des moyens si économiques d’orner les sites et de diversifier les paysages. Un architecte habile en tirera surtout profit pour asseoir des points de repère dans la perspective des lignes et en combinant les meubles rustiques avec la culture de certaines plantes, il contribuera à donner aux scènes horticoles un aspect qui rappellera plus d’une fois les contrées le plus heureusement privilégiées. |
Nous commencerons la série des meubles de ce genre par les plus simples : des troncons d'arbres. De vieux chênes, des ormes ou des hêtres séeulaires ou tels autres arbres âgés et décrépits ont toujours au collet, c’est-à-dire à l'endroit où finit le tronc et où la racine commence, des tubérosités, des saillies qui peuvent être utilisées. Quand un collet de vieille souche est retourné, c’est-à-dire que le tronc plus mince est mis en terre, la racine fait l'effet d’un vase dont le tronc est le pied , la figure A (pl. 51) rend cet effet. On creuse cette souche et on en fait un réservoir de fleurs, on ménage un écoulement à l’eau, on brüle la surface interne pour la réduire en charbon, de manière à ralentir la décomposition du bois. Au fond on place des morceaux de houille dure qui font un drainage convenable, et on met de la terre de jardin riche en humus dans ce creux. On cultive dans ce vase rustique des geraniums écarlates qui y croissent à merveille et font dans les jardins un immense effet, à cause de la multiplicité et de l'éclat de leurs fleurs. Voilà un exemple à suivre, car nous avons vu exécuter cet ornement dans une des plus belles maisons de campagne du Brabant.
Parfois les arbres vieux, à l'endroit où la cime projette ses plus grosses branches, sont chancreux. On rebute alors le bois. Un horticulteur prévoyant achète le morceau malade. Tel est l'exemple B (pl. 51). Les branches sciées sont creusées, de même que le haut, et on obtient ainsi des cavités où l’on peut cultiver toutes sortes de plantes. Pour les branches creuses et brülées en dedans, nous avons vu employer les Lophospermumes et les
a 4 2 ET