LES MONARDES, PLANTES VIVACES DE PLEINE TERRE
Par M. Cr. MorrEn (').
En 1757, Linné fonda le genre Monarda avec des plantes du Canada, de la Virginie et de la Pensylvanie. Il les classa dans sa diandrie bien qu’il dût reconnaitre que déjà dans une espèce (HW. didyma) il y avait présence de quatre étamines dont deux étaient regardées par l’auteur du système linéen comme avortées. Linné consacra ce genre à la mémoire de Nieolas Monardès, médecin et botaniste de Séville, auquel nous devons une histoire des Indes Occidentales, un traité sur les plantes médicinales d’Amérique publié par De l’Eseluse avec des notes (1574, 9e édit. 1579 et troisième 1595) et enfin un travail sur les roses, paru à Anvers en 1551 et en 1564. Linné distinguait cinq espèces de Monarda, savoir : M. fistulosa, didyma, clinopodia, punctata et ciliata. Cette dernière est devenue aujourd’hui le type du genre Blephilia fondé par Rafinesque, adopté par Bentham et intermédiaire entre les monarda, dont les espèces ont les feuilles et le port, tandis qu’elles ont les fleurs des zizyphora.
M. Bentham, dans le 12° volume du prodrome de Decandolle (1848)
donne, comme caractères du genre Monarda les suivants :
Moxarpa. Linn. Calyx tubulosus, elongatus, 15-nervis, subæqualis, 5-dentatus, intus fauce villosà vel rarius subnudà. Corolla tubo
exserio vel ineluso intus glabro vel pubes- !
cente exannulato, fauce subdilatatä, limbo bilabiato, labiis linearibus oblongisve subæqualibus, superiore erecto integro vel emarginato, inferiore patente apice brevitertrifido, lobis lateralibus ovatis obtusis, medio angustiore oblongo retuso emarginato. Staminum
superiorum rudimenta subnulla, fertilia (in- -
feriora) 2 adscendentia, e labio superiore corollæ sæpius exserta. Filamenta ad faucem corollæ inserta, edentula. Antheræ lineares subbiloculares loculis divaricatis confluentibus margine connatæ. Stylus apice subæqueliter bifidus. Stigmata minuta, terminalia, Nucule siccæ , læyes. (Prodr. 19, p. 361.)
Moxarpa. Linn. Calice tubuleux, allongé, à 15 nervures, presque égal à 5 dents, gorge en dedans velue ou rarcment presque nue.
Corolle à tube exserte ou inclus, glabre en.
dedans ou pubescent et dépourvu d’anneau, gorge subdilatée, limbe bilabié, lèvres linéaires , oblongues, presque égales, la supérieure droite, entière ou émarginée, l’inférieure plane, trifide à l'extrémité, les lobes latéraux ovales, obtus, le médian plus étroit, oblong, rétus, émarginé. Rudiments des étamines supérieures presque nuls, les fertiles (inférieures), au nombre de 2, montantes et le plus souvent exsertes hors de la lèvre supérieure de la corolle. Filets insérés à la gorge de la corolle, sans dents. Anthères linéaires , subbiloculaires, loges divariquées confluentes connées au bord. Style subinégalement bifide au sommet. Séigmates trèspetits, terminaux, Nucules sèches et lisses.
M. Bentham divise le genre Monardaen deux sections: 1°les monarda pro-
(1) Un grand nombre d’amateurs de plantes de jardin, nous ont exprimé le désir de voir traiter, en forme de monographies, les espèces d’un genre donné. Chaque fois que nous le pourrons, nous répondrons à ce désir, mais parfois les genres sont trop vastes pour embrasser l’élude de toutes les espèces.
BELG. HORT. T, 1, ÿ)
prement dites (£umonarda) et 2° les Cheilyctis. Ces derniers forment legenre Coryanthus de Nuttall (Transaet. Amer. philos. soe. V. 186). M. Walpers se borne à donner comme caractères aux ewmonarda des étamines longuement exsertes et aux cheilyctis des étamines égales à la lèvre supérieure ou plus courtes qu’elle. Ce sont les seuls caractères certains comme nous le verrons.
Voiei le tableau des espèces actuellement déterminées de ce genre auquel nous en ajoutons plusieurs qui sont peu ou point connues.
SEcTion Ï. — EUMONARDA. — Beta. Las. 796.
Lèvre supérieure de la eorolle étroite et aiguë ou bidentée(Nob.), l’inférieure brièvement trilobée, lobe du milieu souvent prolongé. Organes sexuels le plus souvent exsertes. Verticil-
lastres grands, solitaires ou peu nombreux.