‹ La Belgique horticole (volume 3)Chapitre 180 sur 224 · NOUVEAUX GENRES ET NOUVELLES ESPÈCES DE PLANTES DÉCRITES · texte numérisé non relu

NOUVEAUX GENRES ET NOUVELLES ESPÈCES DE PLANTES DÉCRITES

Par M. ÉpouarD FENZL.

M. Édouard Fenzl a remplacé à Vienne comme directeur du Jardin botanique impérial, le célèbre Endlicher dont la mort forme dans l’histoire de la science contemporaine une page dramatique. Le savant M. Fenzl dans l’écrit que nous annoncçons ici, décrit et figure avec soin des plantes entièrement nouvelles. On y voit un genre nouveau d’orchidées, de la tribu des Vandées, nommé Mormolyca. L’unique espèce, le Mormolyca lineolata vient de Mirador dans le Mexique tropical d’où l’a ramené le jardinier C. Heller en 1847. Nous possédons aussi cette plante dans les jardins de Belgique où elle circule sous le nom d’un Maxillaire. M. Fenzl décrit encore un ÂWotylia Hugelit provenant de Jalappa, un Pilea hyalina de Rio-Janeiro, un Rhagodia eschscholtziana de l'ile Owahu (Sandwich), une composée-astéroïde nouvelle très-intéressante, formant le nouveau genre Veilreichia et l'espèce Eupatorioides, venant des Andes du Pérou. Ch. Morren.

FLORICULTURE DE SALON.

DE L'ORNEMENTATION DES MEUBLES EN BOIS DE SPA AU MOYEN DE FEUILLES ET FLEURS NATURELLES, SÉCHÉES ET VERNIES,

Par M. Cu. MoRRrEenN.

Pendant le mois demai, aux premiers développements des organes,\

feuilles présentent encore cette ténuité de la jeunesse, cette transpa-

rence initiale, cette délicatesse de permet de les utiliser comme nous allons le voir. Leur verdure est à cette époque tendre et éclatante : séchant, ces feuilles acquièrent une translucidité des plus pme au but que nous devons indiquer dans cet article. Plusieurs feuilles offrent dans cette première période de leur vie des marbrures, des macules, des teintes argentées qui plus tard disparaissent, témoin les feuilles si artistement maculées duranunculus acris plus tard uniformément vertes, celles de l’arum maculatum dont les taches noires deviennent ternes de brillantes qu'elles sont actuellement, celles du Galeobdolen luteum dont la floraison enlèvera le glacis argenté qui en couvre aujourd’hui la face supérieure, etc. Une autre série des plantes présentent au printemps ces colorations pourpres, écarlates, violettes qui font le charme de l'automne avec cette différence que dans l'arrière saison les feuilles sont ternies, froissées, mourantes, tandis qu’au printemps elles sont parées de toute la fraicheur du jeune âge.

C’est donc en cette saison surtout que nous recommandons aux dames de faire leur choix de feuilles et de jeter leur dévolu sur les grandes fleurs, comme les tulipes, les fritillaires, les anémones, les renoncules, etc., etc., dont elles ont intérêt aussi à séparer les pétales ou les ht afin de les conserver comme les feuilles de toutes formes, de toutes dimensions , de toutes couleurs dont l'emploi devient si utile entre des mains intelligentes.

Ces feuilles et ces organes floraux cueillis avec discernement, proprement séchés, sont placés entre des feuilles de papier gris et puis légèrement pressés entre deux planches sur lesquelles reposent quelques poids suffisants pour amener une compression convenable. On change les papiers jusqu’à ce que la dessiccation soit complète. Alors les feuilles de même nature ou les pétales ou les calices de même ordre sont réunis dans un cahier, avec ordre, qui permet de les choisir sans embarras.

Ce sont ces feuilles et ces organes qui servent à orner de dessins qu'on peut varier à l'infini les guéridons, les écrans, les boîtes, les meubles de

tout genre confectionnés en bois de Spa, c’est-à-dire en bois de plane. Tantôt ce bois est conservé à son état naturel et avec sa teinte blanche, tantôt il a été imprégné d’eau ferrugineuse qui lui donne cet aspect gris ou argenté dont on règle la teinte à volonté. Ces meubles servent de fond à des dessins que les dames confectionnent avec facilité au moyen de ces feuilles et de ces fleurs séchées. On fixe ces organes par du vernis de Spa, et tandis que la feuille se laisse encore s’applanir et s’étendre , on couvre feuilles et bois d’une première couche de vernis. Cette préparation rend le tissu végétal transparent et ressortant sur le fond du bois de plane; les teintes des feuilles, leur épaisseur diversifiée permet d’introduire des effets d'ombre et de lumière d’une grande délicatesse.

Les couleurs de quelques fleurs se conservent très-bien par ce procédé, s sont le bleu des Delphinium Ajacis, consolida et azureum, le rouge des coquelicots, des anémones pavonines, des lobélies cardinales, le jaune des chélidoines, des berberis, des glaucium, ete. Les flammes des tulipes versicolores deviennent plus vives par l'influence de ce vernis et en observant avec entendement la texture et le coloris des fleurs, on parvient sans beaucoup de peines à savoir distinguer les teintes fugitives des teintes fixes , et celles qui se ternissent de celles dont l’éclat se conserve, se modifie ou augmente.

Quand on a verni le bois, les feuilles et les fleurs, on laisse sécher le tout pour y appliquer une deuxième ou au besoin une troisième couche. L'essentiel dans ces sortes d’ornements est de choisir les organes des plantes les moins épais , de ne prendre que ceux dont la finesse et la ténuité sont telles que la saillie sur le bois est pour ainsi dire imperceptible. Avec le secours du vernis, on rend Îa différence de niveau encore moins sensible et c’est alors que les dessins formés par ces êtres naturels semblent réellement peints sur le fond.

Parmi les feuilles qui acquièrent une grande beauté par le desséchement et le vernis; nous signalerons celles des Adianthum capillus-veneris dont la finesse est extrême. Les potamogeton de nos eaux possèdent encore de ces organes dont la translucidité est parfaite et comme ce genre de plantes offre des ports très-différents , on y trouve des ressources fécondes pour varier les dessins. La jolie fleur en mignature du fumeterre officinal, et le feuillage découpé et glauque de cette plante si commune dans nos champs nous ont aussi parfaitement réussi. Les mousses et les sélaginelles sont encore des plus favorables.

Indiquer toutes les plantes qui présentent des avantages dans cet art serait impossible. Les jeunes personnes distingueront bientôt, quand elles auront acquis un peu d'habitude dans la confection de ces herbiersmeubles, les espèces présentant le plus de chance de succès.

BELG: HOBT. T. 1, 51

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