MEUBLES ET INSTRUMENTS DE JARDIN
TUTEUR À OMBRELLES POUR LES ROSIERS, Par M. Cu. MoRrRrEn.
Chacun sait que peu d’arbustes ont plus de tendance que les rosiers à former des têtes. Il suit de là que si par un moyen quelconque on augmente dans ces têtes la formation des fleurs, il faudra donner aux plants des tuteurs suffisants pour maintenir ce poids et pour s'opposer à l’action des vents. Même quand le tuteur est seulement droit et parallèle au tronc, il arrive parfois que le vent casse les branches et dans ce cas ce sont les plus fleuries qui risquent le plus. Il est d’après cela rationnel de conclure que les rosiers se trouveraient bien d’avoir un soutien spécial à la tête.
Un principe spécial de physiologie végétale dont les conséquences en herticulture sont immenses, est que les fleurs et les fruits se forment toujours par la fixation et la condensation de la sève descendante. Cette sève se forme décidément dans les feuilles, quelque soient son état et sa nature. Si par un moyen quelconque on force cette sève élaborée à s'arrêter dans les bourgeons susceptibles de devenir floraux, l'expérience démontre que ces bourgeons floraux se développent avec avantage, tandis qu’ils auraient avortés si la sève élaborée avait pu descendre sans s'arrêter. Naturellement si ce principe est vrai — et il l’est — il s’en suit que recourber une branche obliquement vers la terre est forcer la sève descendante de devenir la matière nutritive des fleurs et par conséquent la cause de leur complet développement. Dans l’école anglaise de la taille, c’est ce principe qui domine toutes les opérations.
On a appliqué ce fait physiologique aux rosiers remontants qu'on a fait retombants, et le succès a été immense. En 1845, la Société d’horticulture de Chiswich commandait cent tuteurs en fer pour donner cette forme de jet d’eau à ses rosiers, mais à cette époque ces tuteurs étaient moins gracieux qu'aujourd'hui, un cercle placé dans la tête du rosier était soutenu par trois pieds obliques, et vers le bas de la tête un second cercle à deux diamètres croisés maintenait le tout. Aujourd’hui le trépied disgracieux a disparu. Une tige de fer longe le tronc et au-dessous de la tête cette tige porte une ombrelle à rayons liés ensemble par deux cercles concentriques. Les rayons permettent de conduire les branches le long et de les faire tomber aussi bas que possible. Par cette direction, la sève s’arrête dans les bour;;eons et les fleurs deviennent aussi grandes que nombreuses. Secondement, c’est à l'extérieur de cette demi-sphère que toutes les fleurs se développent et s’ouvrent, de sorte que l'aspect d'un parc de rosiers cultivés de la sorte devient un objet enchanteur pour quiconque aime les roses et qui est assez malheureux pour ne pas les aimer ?
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ARBORICULTURE
NOTICE SUR LE CHÈNE DES MONTAGNES , QUERCUS MONTANA, Par M. CH. MoRREN.
On confond dans un grand nombre de nos pépinières belges et par suite dans les plantations le chêne châtaignier, Quercus castanea de Muhlenberg, avec le chêne des montagnes. Le Quercus montana a les feuilles obovales (voy. la figure) très-larges, le Q. castanea a les siennes étroites, oblongues lancéolées et acuminées, tandis que le premier les a aiguës. L'un et l’autre ont un duvet au-dessous de ces organes qui sont pourvus de grosses dents, mais le Q. montana a ses dents moins profondes; au sommet elles sont épaisses dans les deux espèces. Le gland est subhémisphérique dans lemontana et parfaitement hémisphérique dansle castanea. On voit qu’il est très-excusable d’après cela de confondre ces espèces.
Le Quercus montana est un arbre important qu'il conviendrait de répandre davantage; M. Emerson a donné sur son histoire des renseigne ments à la chambre de Washington, qui méritent d’être appréciés en Europe où il sont très-peu connus.
Lechénedesmontagnesn’est pas communaux États-Unis, etlaoüilexiste, il est confiné en peu d’exemplaires sur des collines rocheuses. On l’appelle parfois le chêne des rochers et souvent le chéne-châtaignier, parce que son port ressemble tout-à-fait à celui d’un châtaignier. Dans l’Attleboro du sud, il y en a des forêts, de groupes dans le Middleboro et des bouquets sur les rives du Connecticut. Dans le Vermont et le Nouvel-Hampshire on le trouve encore, mais il est le plus abondant dans les forêts de l’Alleghany.
Nulle part, on n’en voit des individus très-gros , presque toujours de un à deux pieds de diamètre et de quarante à soixante pieds de hauteur. Dans le Stirling, on en citeun exemplaire mesurant 6 pieds 2 pouces à 5 pieds du sol. Le tronc est couvert d’une écorce foncée d’un gris rougeâtre portant des lichens blancs, mais elle n’est pas aussi rude que celle des autres chênes ; les fissures sont longues, mais peu profondes, rapprochées, à bords arrondis. Les branches ne sont pas très-nombreuses et font un angle plus aigu avec le tronc que celles de nos chênes, leurs dernières divisions sont petites.
Les feuilles varient beaucoup en grandeur, de quatre à neuf pouces de long sur une largeur de deux à cinq. Le pétiole est court. La planche indiquera mieux leur forme que nos paroles. Quand on étête l’arbre jeune, le fût croît de quatre pieds la première année.
Aux États-Unis, ce chêne est fort estimé. Comme bois de construction, on le place à l’égal du chêne blane d'Amérique. L’écorce est excessivement estimée des tanneurs; les glands sont doux et se mangent comme des châtaignes. Mais ce qui le rend utile, c’est la situation où il croît, puisqu'il se plait sur les rochers arides d’ailleurs.
On trouve ce chéne confondu dans nos pépinières avecles chènes châtaigniers au prix de 4 fr.
JARDIN FRUITIER
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PRUNIER DE MIMM, Par M. CH. MorreEn,
Le prunier de Mimm est sorti de la prune bleue de Perdrigon dans le jardin de M. Henri Browne au Norts Mimms place dans le Hertfordshire, et M. William Morgan en exhiba la première fois les produits merveilleux à l’exposition de la Société d’horticulture de Londres, à Chiswick, en 1819. Beaucoup de nos honorables abonnés qui s'intéressent aux bons fruits, nous ont fait part de leur désir de connaître quelques fruits vieux de race et dont l’existence comme produit recommandable date d’assez loin pour ne pas craindre une dégénérescence. Ces amateurs s'inquiètent peu de savoir si une variété est nouvelle, mais ils demandent si elle est bonne, et le plus grand nombre des consommateurs partagera certainement cet avis.
Le prunier de Mimm remplit cette condition. L’arbre original était cultivé en espalier exposé au levant, il y portait régulièrement et abondamment. Le fruit, dessiné ci-contre, est grand et beau, d’un violet rougeâtre vif, sa grandeur approche de celle de la prune Maynum-Bonum , mais il est plus sphérique. Cette prune est à la fois de dessert et de cuisine, elle donne d’excellentes confitures, parce qu’elle possède justement et le sucre et l’acide en proportions convenables pour plaire au palais.
L’arbre a un égal succès en plein vent, Le bois est ferme, d’un grain doux, d’un brun trés-foncé. A l'extérieur, les jeunes branches portent des taches brunes nombreuses, les bourgeons sont d’un gris foncé. Les feuilles sont oblongues, planes, obtuses, inégalement crénelées, lisses au-dessus, pubescentes au-dessous comme le pétiole. Deux glandes, globuleuses, petites, se trouvent à la base de la feuille. Les fleurs sont plus grandes que celles des variétés les plus connues, précoces. Le fruit est sphérique, oblong, rétréci à la base, renflé au sommet, d’un violet pourpre répandu sur un fond verdâtre rougissant au soleil. La pelure est épaisse, marquée de taches brunes, la chair d’un pâle jaune grisâtre, tendre, juteuse, agréablement parfumée imitant l’odeur de la prune d'Orléans. Le noyau se sépare facilement; il est rugueux, à pointe mince et irrégulière. Le pédoncule est pubescent.
Les pépiniéristes qui n’auraient pas encore ce prunier si recommandable peuvent s'adresser à n'importe quel cultivateur des environs de Manchester où cet arbre abonde. Très-répandu , son prix est celui d’un prunier ordinaire.
Prunes.