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LE CENTRANTHUS MACROSIPHON, SON HISTOIRE ET SA CULTURE

Par M. Cu. Moi té:

L'Espagne a fourni depuis peu une belle plante à nos jardins. Dans les terres humides du royaume de Grenade, près de la ville d'Estepona, M. Boissier a trouvé une nouvelle espèce de Centranthus que dans ses Diagnoses plantarum novarum orientalium WII. 57, il a décrit sous le nom de Centranthus macrosiphon, afin d’indiquer par ce nom la grandeur de l’éperon que porte la fleur. C’est une plante annuelle, glabre; la tige est droite, basse, très-rameuse, épaisse, glauque et creuse ; les feuilles sont ovales, les inférieures un peu pétiolées ou obscurément dentées et obtuses, les supérieures sessiles et à dents aiguës, les panicules grosses, très-fournies, densiflores, corymbeuses et dichotomes, les bractées linéaires, membraneuses et marginées, les fleurs d’un rouge intense et d’un ton de couleur indescriptible, le tube de la corolle est trois fois plus long que le fruit, et l’éperon est trois fois plus court que ce même fruit, les soies du pappe sont noires, plumeuses et réunies au bas par une membrane. '

Cette espèce a quelque analogie avec le Centranthus calcitrapus, mais les caractères que nous venons d’énumérer , suffisent pour démontrer la différence. ses

Cette valérianée est des plus rustiques; elle n’atteint que cinquante centimètres de hauteur et convient par ses fortes touffes à l’ornement des parterres. La culture est des plus faciles. On sème en septembre en place, ou au même mois en pépinière ou parterre de réserve pour planter en place en mars et avril. Dans ce cas, la plante fleurit en mai et juin et continue sa floraison jusqu’à formation du fruit. Enfin, on sème de mars au mois de mai, en place, pour obtenir des fleurs en juin, juillet et août. Des semis successifs et faits à ces époques permettent donc d’avoir le centranthus en fleur pendant une grande partie de la bonne saison. Les pappes ou aigrettes qui couronnent le fruit laissent prise au vent et dans la récolte de ces fruits réputés graines, il faut prendre quelques précautions contre le vent. Le mieux est une cueillette successive, faite tous les jours, le paquet en main où l'on dépose les aigrettes mûres. On laisse sécher dans nne chambre et on se sert de ces graines comme le porte la recommandation, | |

AVIS

Nous avons déjà donné des graines de ce centranthus à beaucoup de nos abonnés. Nous continuerons à en distribuer aux personnes qui les. désirent.

REVUE DE PLANTES NOUVELLES

Almeïdea rubra. S' Hil. Hist. Pl. remarq. Bres. vol. 1. p. 144 (Almeidée rouge). Famille des rutacées. Feuilles larges, lancéolées, aiguës à la base, grappes composées, pédoncules glabres, pétales trèsobtus. Cette jolie plantes offre des fleurs de la grandeur et de la couleur de celles du Lemonia spectabilis, mais arrangées en une grappe ou thyrse composé. On a déjà découvert six espèces de ce genre au Brésil. Le nom provient de don Rodriguez Pereira de Almeïda, ami et compagnon de M. Auguste de S' Hilaire. Cette espèce a été introduite à Kew, hors

des serres de M. Jacob-Makoy de Liège. Ce dernier cependant ne l’a pas fait figurer dans son catalogue de 1851.

Culture. Cette espèce, remarquable par ses fleurs d’un rouge pourpre éclatant, a montré une bonne floraison dans la serre aux palmiers à Kew. On lui avait donné comme sol un mélange de terreau de feuilles et de terre argileuse légère, toutefois en chauffant ce sol par dessous, procédé regardé comme souverain dans l’horticulture anglaise. La reproduction s’est faite par le bouturage en bâche chaude, et sous cloche.

Echites Franciscea. Alph. De Cand. Prodr. vol. 8. p. 454.—Lindi. Bot. reg. 1847. t. 24. — Hook. Bot. mag. 4547. 1850. Voir P. pallidiflora (Echites de Francis). Famille des apocynées. Rameaux, grappes et feuilles pubérules-veloutés, feuilles ovales aiguës mucronées, grappes simples axillaires un peu plus courtes que les feuilles, lobes calycinaux triangulaïires-acuminés, le double plus courts que le pédicelle extérieurement poilus, quatre fois plus courts que le tube du calice, corolle glabre, tube plus étroit au-dessous de son milieu, au-dessus infundibuliforme plus long que les lobes. Cette jolie plante a passé du jardin des plantes à Kew sous le nom donné. Elle est originaire du Brésil. Le dessous du tube est rose, le dessus verdâtre et la fleur d’un blanc verdâtre, à cinq raies roses.

Culture. Grimpante de sa nature, elle s’attache aux treillis dans une serre. On la place à l’air libre en été. Un sol léger formé d’argile sablonneuse et de terre de bruyère lui convient. Elle ne souffre pas l’eau stagnante, ni celle qui lui est donnée en excës. Il faut mieux donner à ces plantes à racines fibreuses tenues en pot, moins d’eau à la fois et plus souvent, mais sans amener toutefois un état de sécheresse fatale.

Freziera theoïides. Swartz. PL. Ind. Occ. vol. 2. p. 971 (Frezière à feuilles de thé). Famille des Ternstræmiacées, synonymie : Eroteum theoides. Swartz. Prodr. p. 85. Feuilles elliptiques-lancéolées aiguës, dentées, amincies à la base en pétiole court, fleurs penchées, pédicelles axillaires subsolitaires, uniflores, anthères apiculées penicellées au dos, stvle trifide au bout. Cet arbuste de la Jamaïque y habite les plus

hautes montagnes, et il offre tant par la fleur que par la feuille une grande ressemblance avec le thé de la Chine connu sous le nom de Thea bohea. Aussi les feuilles sont-elles astringentes et au goût elles imitent celles du vrai thé. Cette Due qui Pois ainsi présenter un grand avenir, vient d’être introduite à Kew près de Londres, par M. Wilson qui l'a sr + du jardin botanique de la Jamaïque. Déjà en septembre 1850, elle a fleuri à Kew. Les feuilles sont d’un vert foncé et les fleurs jaunâtres avec les anthères rouges.

Culture. On l’a maintenue en serre chaude : elle ressemble à l'Ardisia crenulata quant au port, mais elle croît plus luxueusement. On pense cependant vu sa patrie qu’elle passerait bien en serre tempérée. Une terre argileuse légère lui convient et de fréquents arrosements en été lui sont nécessaires. La multiplication se fait par boutures qui reprennent facilement dans le sable , sous cloche, et plongées dans la tannée d’une bâche ou au-dessus des tuyaux d’eau chaude dans une serre chauffée au tan.

Pachira longifolia ou P. macrocarpa. Hook. Bot. Mag. 4549 (Pachire à grandes feuilles ou à gros fruits). Famille des Bombacées. Synonymie : Carolinia macrocarpa. Cham. et Schlecht. in Linnea. vol. 6.

p. 425. M. Hooker qui figure et décrit cette plante dans le Botanical ma- É gazyn de décembre 1850, met en tête de sa notice Pachira longifolia, | puis devant la description, il change le nom spécifique en macrocarpa.

Son doute vient de ce qu'ayant recu ce végétal sous lenom de macrocarpa

de M. Jacob Makoy, il soupconne que ce dernier tient sa plante de Berlin où des graines avaient germé sous ce nom, mais le botaniste de Kew k n’assume pas pour ce fait la responsabilité que ce soit bien le Pachira macrocarpa qu'il a sous les yeux. Les folioles naissent au nombre de 7 à 411 d’une feuille pelto-composée, les folioles sont oblongues, obovées, cunéiformes à la base, acuminées, glabres au sommet, les fleurs fort grandes, le calice a son tube court, tronqué, glanduleux à la base, les pétales très-longs, blancs extérieurement , soyeux et veloutés, étamines égalant la corolle, jaunes et rouges , anthères étroites, linéaires courbées, style grêle, stigmate à cinq lobes. Ce pachira est originaire du Mexique ; Ia fleur en est magnifique, énorme : un individu haut d’un pied a fleuri

à Kew. Le catalogue de 4851 , édité par M. Jacob Makoy , ne donne Fer le prix de cette espèce.

Culture. La plante croît vite et se porte bien dans une serre à plié) Après avoir fleuri à -un pied de hauteur, le pachire a atteint à Kew 25 pieds de haut et il promet d’aller au double. Les feuilles ne sont pas caduques comme dans le Pachira alba. 11 lui faut une terre argileuse légère et de l'humidité moyenne. La reproduction se fait sous cloche, en bâche chaude et par de jeunes extrémités de branches. :

Frimula capitata. Hook. Bot. Mag. 4550. 1850. (Primevère capitée). Famille des Primulacées, section du genre Aleusitia. Feuilles

oblongues-lancéolées, denticulées, rugueuses, au-dessous farineuses, hampe allongée, au-dessus renflée, fleurs en capitules denses, folioles de linvolucre lancéolées, calices furfuracés, profondément quinquelobé, lobes larges, ovales acuminés , corolle hypocratérimorphe , tube égalant le limbe transversalement rugueux, lobes profondément émarginés. Le docteur Hooker, fils, avait amené des graines de cette nouvelle espèce de primevères, cueillies sur les collines graveleuses de Lachen dans le Sikkim Himalaya, un des passage du Thibet, a une élévation de 10,000 pieds au-dessus du niveau de l'Océan. Elle appartient à la même section que la Primula denticulata du Népaul et la Primula farinosa du nord de l'Écosse. L'inflorescence et sa fleur violette lui donnent toute l'allure d’un A (Liu ou d’un 4 rmeria. Semée en juin 1849, elle a fleuri en octobre 1850, cultivée dans un pot placé en été au milieu d’un parterre en rocher.

Culture. La culture de cette primevère n’est pas facile. On en possèdait à Kew de nombreux pieds qui offraient une grande vigueur ; tout-àcoup ils périrent. M. Smith pense qu’il vaut mieux tenir cette espèce sous châssis en hiver et la placer en été à l'ombre et surtout à l’abri du soleil chaud du midi. Elle souffre des arrosements et des aspersions , et il est nécessaire de mettre le pot sur une terrine pour laisser infiltrer l’eau. C’est une jolie plante, mais capricieuse.

Oxyspora nutans. Wall. Hook. Bot. mag. 4555, 1850 (Oxypore à fleurs penchées). Famille des mélastomacées. Synonymies : Oxyspora vaGans. Wall. Plant. asiat. rar. v. 1. p. 78. t. 88. Wall. cat. 4075. — Mezasroma rucosa. Roxb. mss. Æ£j. Icon. pict. in hort. Bot. Calc. asservata. Plante presque grimpante, rameaux pendants; feuilles subcordées-ovales , acuminées , crénulées, ciliées , rameaux et dessous des feuilles légèrement tomenteux , poilus, poils simples, à la fin tout-à-fait glabres, panicule allongée pendante, connectif de toutes les anthères éperonné sur le dos, calice capsulifère pourvu de eôtes. Cette superbe espèce de mélastomacée a été introduite à Kew d’Assam , d’où M. Griffith et d’autres voyageurs l'avaient expédiée. Le docteur Hooker l’a trouvée également sur les collines qui bordent la plaine, quand on s'approche du Darjeeling. C’est une plante extrêmement graeieuse, pourvue de belles grappes à fleurs pourpres, ayant au centre huit étamines dont quatre ont leurs anthères longues et violettes, et les quatre autres Jaunes et courtes. Ces grappes pendent, tandis que la plante grimpe.

Culture. Des graines semées en 1849 ont produit des plantes qui ont fleuri en 1850. Les tiges s’élancent au loin, et montrent des entrenœuds distants sans tendance à pousser des branches latérales. On tient la plante en pot, dans une terre de jardin mêlée de terreau consommé de feuilles, et on la met dans une serre chaude de moyenne température. La multiplication se fait par les boutures sous cloche , en bache, et de la manière

ordinaire.

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