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FLORE NATIONALE

HERBORISATION LE LONG DES BORDS DE LA MEUSE, Par M. DE La Fons, BARON DE MÉLicocQ.

(Nous comptons dans chaque ville de Belgique, des personnes instruites qui s'occupent de l’étude de la Flore nationale, et parmi elles nous avons l'honneur de compter bon nombre d'abonnés. L'étude de la botanique s’introduit dans les colléges et les pensionnats , et les chemins de fer permettent au botaniste des herborisations dans les provinces éloignées de son séjour habituel. D’une autre part les horticulteurs ont intérêt à connaître les stations de plantes nombreuses qui, quoique indigènes, rentrent dans leur commerce. Toutes ces circonstances réunies nous ont déterminé à donner de temps en temps sous le nom de Flore nationale des articles ayant trait à cesherborisations. Nous commençons aujourd’hui par un travail sur la Meuse qui sera bientôt suivi de plusieurs mémoires analogues.)

Ch. Morren.

Tandis que les naturalistes visitent chaque jour les Pyrénées, les Alpes, le Jura et les Vosges, les montagnes qui depuis Charleville jusqu’à Liége confinent la Meuse en d’étroites limites ont jusqu'à présent échappé à leurs investigations (*). Nous parlons surtout ici de celles qui cotoyant ce fleuve de Charleville à Fumay, doivent sous tous les rapports attirer les regards du botaniste et même de l’agronome.

Déjà, dans les environs de Rocroy, une flore toute spéciale nous transporte pour ainsi dire dans les Vosges. En effet on y observe tour à tour les viola palustris, grandiflora, ete., etc., presque tous les polygala des montagnes Vosgiennes. L’arnica montana, le campanula cervicaria, le convallaria verticillata, le luzula nivea, etc., etc. Arrivé sur les bords de la Meuse, après avoir traversé la Vallée de Misère, on rencontre le digitatis purpurea et le vaccinium myrtillus ; le saxifraga Sternbergii, Willd. tapisse les monticules schisteux de Monthermé, l’hypericum linearifolium. DC, couvre à Revin les côtes de la même formation.

Sur les bords sinueux de la Meuse, où croît abondamment le polygonum bistorta, nous avons observé le cardamine impatiens, le lamium maculatum , le stachys alpina, le galeopsis ochroleuca, Lam., le centaurea

(1) L'auteur se trompe ici : nous avons déjà sur cette même région d’excellentes publications de feu Courtois. Nous en reparlerons. Ch. Morren.

montana, le luzula maxima, le sambucus racemosa, le senecio sarra cenicus, le scabiosa lucida; Will., le htentiit he tns ACTA

Parvenu à Vireux, une végétation différente nous révèle un sol nouveau. Le calcaire remplace la formation schisteuse. Le digitalis purpurea et le vaccinium myrtillus ont cédé leur place au digitalis lutea. (Le digitalis purpurea n'apparaît plus qu’à de rares intervalles (1). Le cynanchum vincetoxieum, lhelleborus fœtidus, les primula, le stachys germanica, le salvia pratensis, les teucrium, le campanula persicifolia (que, par

erreur, nous avons indiqué sous le nom de C. medium), le buplevrum fal-

catum, l'onopordon acanthium, le bryonia dioca, qui tous manquent auprès de Rocroy et de Vervins , nous rappellent la végétation des environs de Laon et de Paris, tandis que l'arabis arenosa, le dianthus vaginatus, le rosa cuspidata, Bieb; à Charlemont, l’helianthenum pulverulentum , Thuil., le chrysocoma linoés yris, l'artemisia camphorata, le buxus sempervireus , le rumex scutatus, le libunotis montana et le gastridium lenligerum , sont pour nous un heureux souvenir des montagnes.

Parmi ces dernières nous remarquons que l’helianthemum pulverulentum, Vartemisia camphorata, le chrysocoma linosyris et le gastridium lentigerum (2) n'ont qu'une seule station, Charlemont; tandis que le cynanchum vincetoxicum, Vhelleborus fœtidus s’'avancent en Belgique, jusqu'à Profondeville (5); nous venons de découvrir le buxus sempervirens jusqu'à Moulins, le rumex scutatus (que nous venons de découvrir à La Ballée (Nord) et dans l'arrondissement de Bethune; le libanotis montana, le buplevrum falcatum , Y'arabis arenosa, jusqu'à Bouillon, où le digitalis lutea, si fréquent à Givet, disparaît presqu'entièrement.

(1) I ne faudrait pas conclure de ces paroles que le digitalis purpurea disparaît des bords de la Meuse depuis le département des Ardennes. Il abonde en Belgique, couvre les collines des environs de Huy et remonte le long des vallées entre lesquelles coulent les rivières du Condroz, comme le Hoyoux, l'Ourthe, la Vesdre, lAmblève. De même, le long de la Méhaigne, celte belle plante reparait en quantité. (Ch. Morren.)

(2) Toutes ces plantes se retrouvent en Belgique. Le Chrysocoma linosyris tapisse les rochers entre Dinant et Givet; l’helianthemum pulverulentum s’observe entre Moha et Hucorgne (Méhaigne) à Chokier, près de Liége, et en général sur les montagnes calcaires. Le rumex sCutatus descend jusqu’au-delà de Maestricht , Le buxus sempervirens couvre les collines de Corphalie, ete. L’assertion de M. Delafons doit être reclifiée, de même que celle qui termine sa nole. (Ch. Morren).

(5) Et bien au-delà : tout le long de lPOurthe, on le trouve en abondance passé et depuis Tilt.

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