INSTRUMENTS D'HORTICULTURE
DES ECRANS POUR ARBRES FRUITIERS, Par M. Cu. Mornrex.
Il arrive bien souvent que dans nos étés chauds, les arbres fruitiers cultivés en espaliers meurent subitement de sécheresse. On voit en peu de jours les feuilles se flétrir, tomber vertes et desséchées, les bourgeons se crisper, les branches se sécher et enfin le tronc se couvrir de sphæries rouges, espèces de champignons ne se développant que sur des bois définitivements morts.
Quand les troncs sont chanereux, qu’ils ont été fendus ou blessés, ces sortes de mort par épuisement sont plus fréquentes. La couleur grise et noirâtre des troncs , leur surface mat contribuent encore à absorber davantage de la chaleur et si par une cause quelconque le sol est sec, comme le fait arrive si souvent là où le terrain est rocailleux et disposé en colline , la sève ne suffit plus à l’évaporation et le desséchement du tronc précède et occasionne la cessation de la vie. On fait donc bien de protéger le tronc par un écran en bois. ( Voyez pl. 69, fig. 2.)
On donne à celui-ci la forme d’un angle dièdre par le moyen de deux planches clouées ou embrevées à angle droit et d’une étendue de pans telle que le tronc se trouve logé sans gène dans l’écartement. On a soin d'ajuster l'écran par le moyen de clous et de fils de zinc de manière qu’on puisse l’enlever aux saisons froides et alors que les insectes auraient pu se loger à son abri. L'hiver, ces écrans sont mis de côté parce que la pluie ou les neiges peuvent s’y accumuler et nuire au tronc.
DES ABREUVOIRS EN TERRE CUITE POUR ARBRES FRUITIERS, Par M. CH. MoRREN.
Nous avons vu cette année employer à Louvain, dans un grand nombre de jardins que nous avons visités chez les habiles amateurs de cette ville, une sorte d’abreuvoir en terre cuite dont l'emploi est certes trèsrationnel. Nous en figurons deux en place fig. 3 et 4 pl. 69. De chaque côté du tronc principal des arbres fruitiers, cultivés en espalier, et à la distance où par la forme de l'arbre on sait que doivent se trouver les bouches
aspiratrices des racmes, on enfonce dans le sol , perpendiculairement des tuyaux en terre cuite vernie, terminés en haut par un entonnoir ét en bas par le cylindre même formant le tuyau. Ces abreuvoirs viennent aboutir plus ou moins profondément selon la nature du sol et l’âge des arbres. On les remplit d’eau les jours secs et chauds et l’eau s’y maintient à un niveau d'autant plus élevé que la terre est plus humide ; quand le sol est sec, il s’imbibe vivement. Jamais par l'emploi de ees abreuvoirs on ne doit s'attendre à voir les arbres se dessécher et leur effet est des plus salutaires. Ils mesurent en général de 12 à 15 centimètres de diamètre et se fabriquent à très-bas prix dans les poteries de Louvain. M. Rosseels aîné, architecte des jardins et horticulteur en cette ville, ou son fréreM.J. Rosseels, horticulteur, rue des Pénitentines, n° 8, se chargeront volontiers d’en fournir aux amateurs qui leur en feront la demande.
MOYEN DE CONSERVER LE TRANCHANT AUX INSTRUMENTS D'HORTICULTURE ET DE LES PRÉSERVER DE LA ROUILLE,
Par M. Cu. Monrren.
Pour conserver le tranchant aux serpettes, sécateurs, grefloirs, couteaux, etc., et en général à tous les instruments confectionnés en acier, et dont on ne se sert que dans quelques saisons, le procédé dont l’expérience a démontré les bons effets, est l'emploi du beurre de cacao.
On appelle beurre de cacao, l'huile grasse et solide qu’on obtient des graines de cet arbre. Elle est blanche ou jaunâtre, de la consistance du savon blanc ou de toilette. Son odeur est agréable et rappelle le chocolat, sa saveur est douce. Cette substance possède le précieux avantage de ne pas rancir, et quand on en frotte la lame des instruments tranchants , elle empêche l'acier ou le fer de se rouiller et le fil de s’'émousser. Les anatomistes et les chirurgiens s’en servent avec succès pour conserver les instruments, de même qu’on l’applique aux rasoirs et aux couteaux.
Il suffit de prendre une briquette de beurre de cacao et d’en frotter la surface à conserver, de manière à ce qu’elle soit recouverte d’une mince couche de cette substance. On enferme alors l'instrument dans un endroit sec. Pendant des années, le beurre de cacao jouit de sa précieuse qualité.
On se procure cette matière chez les fabricants de chocolat ou chez les pharmaciens, qui emploient aussi cette matière dans plusieurs préparations médicinales.
CULTURE MARAICHÉÈRE.
CULTURE DU MELON EN ESPALIER, COMMUNIQUÉE A LA SOCIÉTÉ NATIONALE D'HORTICULTURE DE LA SEINE EN 1851,
Par M. Jures DEvey.
Un horticulteur distingué, qui désire garder l’anonyme, s’est occupé de la culture des melons d’une manière spéciale. Au lieu de les cultiver sur des couches préparées longtemps d’avance , et de laisser la plante, abandonnée à son caprice, dérouler ses branches flexibles sur la terre, la personne dont il s’agit a préféré les élever le long d’un châssis de manière à offrir une treille garnie à la fois de feuilles qui, par leur forme élégante et leur grandeur, plaisent à l’œil de l’horticulteur, et dont les fruits n’ont aucun côté de couche, c’est-à-dire sont également bons sur toute leur circonférence. |
Ce nouveau système est basé sur deux observations principales, La première repose sur l’organisation de la plante dont la racine, essentiellement pivotante, est garnie d’un chevelu, qui va se rétrécissant à mesure que la branche nourricière principale s’enfonce en terre.
La seconde observation résulte de cette expérience bien connue, que la sève monte toujours avec plus de vigueur dans une branche quelconque élevée perpendiculairement que dans une branche courbée vers la terre.
Ceci posé, je viens lire à la Société d’horticulture quelques passages d’un ouvrage spécial traitant cette matière à fond, ouvrage dont les principes sont consacrés par plusieurs années de réussite et nous offrent une nouvelle méthode dont j'ai fait moi-même l'essai le plus favorable.
Je ne veux pas ici faire une description détaillée de la manière dont il faut s’y prendre pour élever ainsi des melons. Je vais seulement résumer les principes généraux, afin que ceux qui consulteront cet article soient à même d'essayer chez eux cette culture assez bizarre et qui n’exige qu'un peu d'attention.
Quatre choses sont à considérer pour la réussite de l'expérience que je propose :
4° L'emplacement et l'exposition de la melonnière ;
2 La forme et la composition de la couche factice et passagère, si je puis m’exprimer ainsi, dans laquelle posent les melons ;
3° Le semis ;
4° Les soins à donner à la plante, le moment où le germe se développe jusqu’à celui où l'on récolte le fruit.
1. L'endroit du jardin qui sera le plus découvert, sera celui que nous choisirons pour v placer notre melonnière ; il faut que pendant toute Îa