SUR LES ARROSOIRS DE HOHENHEIM, DE MONEY ET DE MURRAY
Par M. Cu. MoRrReEn.
Le seul arrosoir dont nous nous servons en Belgique, est l’ancien secau de fer blanc armé d’une allonge et d’un pommeau en tête et troué. On ne peut se dissimuler que lorsqu'il s’agit d’arroser un jardin d’une moyenne étendue, il ne devienne très-fatigant de porter par les mains des arrosoirs de ce genre et que la manutention forcée à laquelle on doit se soumettre pour s’en servir, l’inclinaison qu’on donne au corps dans une grande partie de ce travail, ne fassent perdre beaucoup de force au travailleur sans que la besogne exécutée soit en rapport avec cette perte. Ces sortes de seeaux sont d’ailleurs, devant être portés à la main, trop petits et exigent de trop fréquents retours à vide. Aussi l’arrosement d’un jardin est-il en général une opération longue et fastidieuse.
A Hohenheïm, à l’Institut agronomique, on a imaginé une espèce d’arrosoir qu'on y nomme schnellgiesser qu'on traduirait facilement en flamand par schnelgieter et en français arrosoir à la minute. La fig. 1, pl. 8, montre l’instrument, son usage et le moyen de s’en servir. C’est une hotte conique, en bois, cerclée de trois ceintures de fer, munie en haut de deux anses et sur le devant de deux courroies de cuir que l’ouvrier passe en bandouliéres et croise sur la poitrine; au-dessous de la hotte communique par une douille en cuivre, un tuyau en cuir ou en caout-chouc armé d’un robinet à la distance où la main peut facilement le saisir, et terminé à l'extrémité par une tête en cuillère trouée au-dessous. La hotte renferme autant d’eau que l’ouvrier peut en porter; quand il est à l’ouvrage, il ne se défait pas de son instrument, mais on lui pompe l’eau dans son arrosoir et pendant ce temps, il prend son repos. Le tuyau lui permet de diriger l’eau où il le veut. Il résulte de cet emploi une énorme économie de temps et de force. Un arrosoir semblable coûte à Hohenheim #4 fl. 50 kreut., et le modèle en petit 1 fl. 50 kreut. (5 fr. 25.) Le Musée d'agriculture et de botanique de l’université de Liége l’a fait venir d’Hohenheim afin qu’on puisse facilement limiter dans le pays. En signaler l’existenee, c’est le recommander.
L’arrosoir anglais le plus vanté est l’arrosoir à pommeau ovale, de Money. Nous le figurons, fig. 2, 5 et 4, pl. 8. Il a d’abord un manche en S, placé sur le côté, puis une anse au milieu. Le tuyau est fixement attaché au corps par une pièce creuse de fer blanc qui remplit l'intervalle entre le tuyau et le corps de l’arrosoir (b). En c et d sont deux ouvertures où l’on peut passer la main horizontalement de manière à tenir l'instrument dans toutes les inclinaisons possibles. On peut adapter d’abord un pommeau gros, en cuillère (fig. 3), donnant l’eau par dessous seulement, ce qui
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permet d’arroser avec précision et sans perte d’eau. Ou bien on adapte le pommeau percé de trous dans tous les sens, ce qui donne un arrosement plus semblable à la pluie et qui convient mieux pour mouiller les plantes entières ou les laver. On ajoute au besoin deux allonges et alors la dernière (f) est terminée par un pommeau en cuillère qui donne une grande perfection à l’opération, En Angleterre on a soin de fixer les tubes à des vis en cuivre, ce qui permet de clore parfaitement le tuyau et de ne pas faire sortir l’eau inutilement. Les dames elles-mêmes arrosent leurs plantes favorites par cet instrument sans risque de se mouiller, Au-dessus du corps de Parrosoir se trouve un toit ouvert seulement du côté du manche en S. Cet instrument horticole comporte toutes les dimensions.
Ce qu'on nomme dans l’horticulture anglaise l’aquaire (aquarium) de Murray, estemployé pour arroser des graines fines. Quand on se sert d’un arrosoir ordinaire , le flux de l’eau vient d’un côté seulement et les graines sont rejettées du côté opposé, L’aquaire de Murray (voy. fig. 5, pl, 8.) est un simple tube en fer blanc, de grandeur diverse. Le fond est garni d’une tôle percée de petits trous. Au-dessus du tube est une clapette qu’un levier en ressort d'acier ferme naturellement, Il y a de plus une anse semi-circulaire et un manche en S au-dessus duquel se place le ressort, Quand on veut remplir l'instrument, on l’enfonce dans l’eau en soulevant la elapette et quand il est rempli on laisse agir le ressort. On soulève la clapette en appuyant du pouce sur le manche de cette soupape. La compression de l'air retient l’eau dans l'instrument. Pour arroser on presse du pouce sur le levier de la clapette qui se lève et l’eau tombe en pluie à travers le fond percé de petits trous. Cet arrosoir est très-commode dans les serres, les bâches, les couches à forcer. Il est très-convenable pour arroser les corbeilles, les vases, les suspenteurs, ete., des salons. On ne saurait assez en recommander l'emploi dans les maisons où l’on tient à la propreté.