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MEUBLES ET INSTRUMENTS D'HORTICULTURE

CÉRAMIQUE HORTICOLE.—POTS ORNÉS DE KERAMIS, FABRIQUE DE MM. BOSCH, FRÈRES, DANS LE JHAINAUT, l

Par M. CH. MorRrEn.

On peut se procurer dans les principaux magasins des objets d’horti-

culture ouverts dans nos villes de premier ordre des pots dits de Keramis, .

sortant de la grande manufacture de ce nom, établie par MM. Bosch, frères, dans le Hainaut, des pots à cultiver les plantes florifères dans les appartements. Ces pots sont ornés de dessins élégants, en relief, imitant des rinceaux, des pampres, des cordonnets, des fleurs, ete. De même, le plateau de dessous est ouvragé. Les teintes qui s’harmonisent le mieux avec les plantes à fleurs brillantes, sont naturellement les plus douces possibles. Le brillant d’un vernis à lustre de plomb nuit au ton généralement mat de la végétation à laquelle la Providence a refusé tout éclat métallique laissant celui-ci aux oiseaux-mouches et aux insectes qui fréquentent les fleurs. Les pots préférés par le sentiment artistique sont ceux dont le fond est d’un gris cendré un peu brunâtre, avec les dessins d'un blanc légèrement café au lait. Nous donnons ci-contre planche 12, la figure d’un pot semblable, placé sur un lit de sélaginelle et servant de réservoir à l'élégant œillet nain de Verviers.

On se fera une idée de la faveur dont ces pots jouissent dans l’horticulture de l'Angleterre lorsqu'on saura qu’une seule personne de Londres, cultivant surtout les plantes florales en vue de l’ornementation des salons, a recu de la fabrique belge de Keramis, douze douzaines de chacun des numéros ou grandeurs de ces pots, s’élevant à 87, donc 12,528 pots. Cette commande ne s'arrêtera pas là. Nous signalons à nos nombreux abonnés de bon gout, ces formes aussi variées qu'élégantes, car rien au monde ne dépoétise davantage la plus belle création végétale que le pot informe, disgracieux et éminemment suranné dans lequel on la cultive. Cela est si vrai qu'on donne à ces malheureux pots, les jours de fête, une chemise de papier et un cordon de couleur pour cacher sa repoussante nudité. Les artistes de Keramis ont drapé leurs pots à l'antique, ils en ont fait des meubles dignes des plus beaux salons et leur prix est loin de ne pas les mettre à la portée des plus modestes cultivateurs.

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SIDÉROTECHNIE HORTICOLE. — CORBEILLES A SÉLAGINELLES, FLEURS COUPÉES OU EN POT ET TABLES DE JARDIN D'HIVER,

Par M. Cu. MoRrREx.

Les treillageurs de Belgique confectionnent des corbeilles en fil de fer, à limbe en feuilles de fer blanc, dont le fond peut recevoir un bac de bois qu'on remplit de terre et dans lequel on cultive avec la plus grande facilité ce moelleux gazon si répandu aujourd’hui et formé de la selaginella decomposila, lÿcopodiacée croissant toute l’année de ses rameaux dichotomes et de ses racines adventives. Quand cette prétendue mousse qu'on reproduit par un petit brin, est bien enracinée et qu’elle a formé ses festons, succès qu'on obtient en peu de semaines dans un endroit étouffé et peu éclairé du soleil, occupe toute la corbeille, on l’entretient par des arrosements réglés et assez abondants. Cette humidité est utilisée pour maintenir dans leur fraicheur des fleurs coupées et les dames ornent par ce moyen si simple leur séjour habituel. On peut encore disposer au milieu d’un lit de sélaginelle une plante en pot, nous supposons alors un de ces pots de Keramis que nous citons plus haut. Il y a de ces corbeilles de tout prix, depuis 4 francs jusqu'à 25 et au-delà. Nous en représentons une, de prix moyen, occupée par la sélaginelle, planche 42.

Le dessous du dessin représente une table en fer dont le rebord est également orné d’un ouvrage de treillageur. On en trouve de semblables dans nos magasins. Ces meubles sont solides, ornent bien et se prêtent favorablement aux cultures d’été par le froid du fer, du moment qu'il ne reçoit pas les rayons directs du soleil, circonstance qu'en tout état de cause il faut savoir éviter.

On trouve de ces tables dont le dessus est légèrement et uniformément incliné vers le milieu où aboutit un tuyau passant à travers le pied, et finissant par un bouton troué au bas. Ce mécanisme permet l’égouttement et le passage de l’eau surabondante de l’arrosement, recueillie dans un vase placé entre le trépied.

Les dessins des tables varient comme leur grandeur. Les formes les plus légères sont généralement préférées. Il n’y a plus de salon possible sans fleurs : aussi, dans les livraisons de cet ouvrage, nous donnerons suecessivement un haie de meubles horticoles. Nous venons de recevoir une collection de dessins tout nouveaux de la sidérotechnie écossaise. On ne saurait se faire une idée de la richesse et de la multiplicité de ces meubles. Les fonderies de Liége trouveront dans ces conceptions un nouvel emploi du précieux métal dont notre sol abonde.

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ARCHITECTURE DES JARDINS

DES JARDINS PITTORESQUES. — Par UN AMATEUR ANGLAIS. (Fin. Voy. p. 56.)

La maison de campagne de l'amiral Tehitchakoff, à Sceaux, n’occupe que de quinze à vingt acres de terre; on a cherché à réunir dans cet étroit espace tous les caractères du jardin de plaisance anglais; et M. Blaikie, chargé du dessin et de l'entretien de ce petit domaine a fort bien réussi à lembellir. Un peu plus loin, dans le vallon d’Aulnay, nous avons admiré l'habilité avec laquelle M. De Girardin, profitant du mouvement du terrain et la disposition du site, a donné à sa résidence l'aspect d’un châtel suisse. Le pare de Neuilly, situé sur un terrain plat au bord de la Seine, n'offre rien de pittoresque; mais il se fait remarquer par une pépinière : fort bien entretenue et par une belle collection de serres chaudes. À Ruel, le vieux pare du due de Richelieu s'est conservé à peu près dans son ancien état, et offre un échantillon presque intact du style, tout-à-fait passé de mode. I appartient à la famille du maréchal Masséna.

Le pare de M. Morel de Vendé est situé délicieusement sur le penchant d'une colline. Des fenêtres du château, l'œil traverse une longue allée assez étroite et s'arrête sur un coteau boisé, où se dessine l’aquedue de Marly. A gauche, les ondulations de la vallée en cachent les limites. A droite, s'étend une vaste plaine très-bien cultivée, bornée à l'horizon par des coteaux riants et par le château de S'.-Germain. Les environs de Paris n'offrent pas de situation pius convenable au jardin pittoresque. Malheureusement les premiers possesseurs du domaine eurent à cœur de corriger l'irrégularité qui en fait le charme. Ils tirèrent leurs lignes géométriques, creusèrent des canaux en lignes directes, firent des bassins carrés ou ronds, tracèrent des allées symétriques, déguisérent les pentes au moyen de terrasses, et détruisirent ainsi tout le caractère du paysage.

Le château de Neuviller, situé entre Nancy ct Boville, est un monument remarquable du style grandiose et sévère des jardins et des parcs sous Louis XIV. Imaginez une masse de bâtiments d’un style grave, sans ornement superflu, à haute toiture et à grandes fenêtres d’où l’on apercoit la belle vallée de la Moselle. Le château est, pour ainsi dire, perché sur une plate-forme dont le hardi promontoire s’avance et domine toute la campagne environnante. L'édifice et ses dépendances occupent à peu près un acre de terre. Une courte avenue conduit à une arcade, sous laquelle on passe pour entrer dans la cour d'honneur et de à dans le salon, dont les vastes croisées offrent au spectateur une des plus magnifiques perspee-

tives de l'Europe. C’est toute la vallée de la Moselle avec ses nombreux villages; ses fermes, ses champs, ses vignobles, ses métairies et son horison sinueux couronné d'arbres antiques. Le jardin du style classique est aujourd'hui en ruine. Cependant il a conservé les traces de son ancienne richesse, l’on ne peut voir sans une espèce de vénération et de regret ces terrasses en débris, ces vases de bronze couverts de mousse, et tous ces souvenirs d’une splendeur d'autrefois.

Le jardin de l’Élysée-Bourbon, à Paris, occupe très-peu d’espace. L’architecte Bellanger qui a donné le plan, ne pouvait en tirer meilleur parti. On doit surtout remarquer une belle terrasse devant le palais. Ce jardin offre une espèce de mélange assez habile, du genre anglais et du genre italien. On y trouve une belle pelouse oblongue, une pièce d’eau avec une ile, une allée droite couverte, des allées découvertes et sinueuses, d’autres allées ombragées et presque cachées dans la verdure.

Pour les arbres exotiques, le jardin de M. Boursault, situé rue Blanche, à Paris, était assurément le plus remarquable de toute l’Europe. Les serres chaudes étaient ornées de colonnes de marbres blanc du plus beau style. A l’époque où l’on s’occupait encore très-peu en France de la culture des plantes exotiques, et où l’on ne pouvait se les procurer qu'à grands frais, M. Boursault se plut à réunir dans sa collection toutes les plantes connues en Europe avant la paix de 1813. Il était le seul propriétaire en France, qui se füt procuré ces rares échantillons. Comment donner une idée exacte des effets produits par le mélange de ces végétaux appartenant à toutes les latitudes? Masses de magnoliers aux larges fleurs pourpres, de bananiers aux vastes feuilles, de robiniers tortueux, des gigantesques tulipiers; ici, le cèdre du Liban, là, le caféier et le rhododendron, toutes les roses connues réunies dans un même lit, le cinnamone, dont les graines sont arrivées à maturité chez M. Boursault, la verdure sombre des pins et le feuillage argenté des bouleaux du Nord, se mélant à celles des orangers, des citronniers et de la tige orgueilleuse de l’Araucaria, fils du Midi, géant de trente pieds.

Le Bel-Respiro, près de la barrière de l'Étoile, est un jardin tout artificiel, dont les arbres ont tous été plantés pendant le printemps de 1898. L'architecture de la maison est italienne et d’un goût fort élégant. On avait à disposer de peu d'espace. Une statue de bronze, placée à l’entrée, produit un très-bon effet, et sert à la fois à mesurer la distance et à l’accroître en apparence. Du reste, ces jardins, situés dans l’intérieur des villes, sont loin d'offrir l’intérêt et les ressources du jardin paysage dont nous nous occupons surtout.

Le parc de M. Ternaux, à Saint-Ouen, situé sur la rive élevée de la Seine, a l’avantage de dominer une vaste perspective et un paysage varié. On s’est occupé surtout d’harmoniser l’intérieur du pare avec le paysage environnant. Sous ce rapport, on a parfaitement réussi. C’est là ordinairement l’écueil contre lequel vient échouer le talent du jardinier-paysagiste.

Quand on se trouve dans le château, on peut croire que les pièces d’eau du parc se réunissent et ne font qu’une avec la Seine, qui coule au-delà, illusion produite par les diverses élévations des terres et d’habilité avec laquelle la perspective a été ménagée. Une grande difficulté s’offrait à lui : la Seine coulait plus de cinquante pieds au-dessus du pare, le propriétaire distribua ses deux pièces d’eau de manière à tromper l’œil du spectateur, et à ne lui présenter qu’une grande nappe d’eau contenue que n’interrompent aucun gazon, aucun arbuste. On a bien calculé les intervalles et

profité des fascinations de l'optique. C’est M. Ternaux lui-même qui a

disposé et distribué ces deux pièees d’eau. On a vu pendant longtemps errer sur les gazons du parc ses belles chèvres du Thibet, que M. Ternaux a voulu naturaliser en France, et auxquelles nos dames doivent leurs tissus de eachemire. Tout une partie de ce domaine est divisée géométriquement et plantée à la française, ou, pour mieux s'exprimer, à l'italienne. Immédiatement à côté de hautes futaies irrégulières, de sentiers sinueux et de clairières ménagées dans le bois, près de ces lignes ondoyantes qui plaisent à l’œil, vous retrouverez les plates-bandes carrées; les gazons pattes d’oies, les allées rectelignes et les bassins ovales de Versailles.

Nous pourrions encore citer Maisons, les villas de la comtesse de Burce, de feue Mie Mars, à Sceaux-Penthièvre, de M. Sartores et plusieurs autres, mais nous ne voulons pas iei dresser une statistique minutieuse des pares et des jardins célèbres que possède la France. Dans beaucoup de départements, la nature est pittoresque, et les variétés du terrain se prétent merveilleusement aux travaux du jardinier-paysagiste, mais 1l n’y a peutêtre pas en France un seul modèle parfait de jardin pittoresque. On multiplie trop les allées et les contre-allées, les statues et les bancs, on distribue mal les groupes d'arbres, arbrisseaux, on fait ses pentes avec trop d’obstination et trop de caprice à la fois, les sentiers que l’on trace, ces sentiers sont trop près les uns des autres, et leur ligne de direction est si complètement semblable et la monotonie en est fatiguante, surtout dans les terrains plats; il y a bien plus de grandeur, de solitude, de simplicité et d'effet dans un pare traversé de quelques routes bien tracées et qui suivent des direetions différentes. Il n’est permis de les multiplier que lorsque le terrain a beaucoup d'accidents, et semble offrir une surface beaucoup plus grande qu’elle n’est en réalité. On fait en général plus d'attention à l'étendue des domaines qu’à leur bon entretien, et en France, comme en Angleterre, les résidences et les pares dont la création a coûté le plus d'argent, sont précisément ceux que lon néglige le plus. Le gazon de France ne vaut pas, à beaucoup près, celui d’Angleterre, qui conserve son éclat, sa finesse et son velouté pendant toute l’année, tandis que celui de France devient dur et se dessèche pendant lété. C’est un fort grand obstacle pour les jardiniers que la rareté du beau gazon et celle des arbrisseaux toujours verts, employés avec tant de succès en

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Angleterre. L’humidité de l’atmosphère, dans la Grande-Bretagne, contribue beaucoup à cet aspect solitaire mélancolique, mais riche et fécond de nos jardins de plaisance et de nos parcs.

SUR L'USAGE DES RÉSIDUS DES BOIS DE TEINTURE POUR MAINTENIR PROPRES LES CHEMINS DES JARDINS,

Par M. Cr. MoRren.

Il y a peu de villes en Belgique où l’on ne puisse se procurer à très-bas prix les résidus des bois de teinture dont on a extrait la matière tinctoriale pour les usages de l’industrie. On rejette ordinairement ces raclures, et on a tort, car peu de matières conviennent mieux pour maintenir les chemins des jardins dans un parfait état de propreté.

Nous parlons d'expérience. Chez M. le baron Édouard de Biolley, dont les touristes ont admiré la magnifique campagne appelée les Mazures, près de Verviers, nous avons vu employer cette substance avec un incontestable succès. Son jardin de ville, à Verviers, embrasse une charmante colline, ornée de pelouses, tenues à l’anglaise, et arborée de jolies essences. Les chemins sont entièrement couverts non de graviers, mais de ces petits morceaux de bois découpés, d’où l’on a extrait les matières tinctoriales. Le bois de campêche en forme le fond. La couleur est très-convenable et harmonise heureusement avec le vert; la pluie filtre vite dans le sol, de sorte qu'immédiatement après le mauvais temps, les dames le plus délicatement chaussées, peuvent se promener dans ces chemins. Dans les temps de sécheresse, il n’y a ni poussière que donne l’argile, ni poudre blanche, comme sur les fonds crayeux, ni charbon noir, comme dans les pays houillers. De plus, ce bois a la propriété d’étouffer l’herbe et de l'empêcher de croître, ce qui apporte une économie notable dans l’entretien. Les limaces ne peuvent ramper sur ces raclures, de manière que ces chemins offrent toutes les conditions d’une propreté aussi stable qu’exemplaire.

si Ÿ | ÿ fin

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