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CULTURE DE L'OEILLET FLAMAND

Détails des principaux soins à donner à cette plante pendant toute l’année, Par M. ALDEBERT, Hortienlteur à Wazemmes ( Département du Nord ).

En recevant les marcottes à l'automne, on les empote dans des petits

pots; on doit mettre un petit tuteur provisoire à chaque plante aussitôt le rempotage; ce tuteur le protége contre tout accident.

La terre qui convient le mieux à l’œillet, est une terre franche ou argileuse; elle doit être onctueuse et douce au toucher, et se diviser aisément sous les doigts; car si elle est compacte, elle sera plus préjudiciable qu’une terre trop maigre; on ajoute ensuite un quart de terreau très-consommé, n'importe lequel, comme engrais ; ce compost ne doit pas être trop humide au moment de s’en servir.

Pour éviter les pluies froides d'hiver, les neiges et les fortes gelées, on abritera les marcottes sous châssis autant que possible, ou dans tout autre endroit sec et non chauffé.

Lorsque les fortes gelées sont passées, et au moment où les œillets entrent en sève, c’est-à-dire vers le 15 mars, on doit s'occuper du rempotage; les pots doivent être dans les proportions suivantes : 15 centimetres environ de diamètre à la partie supérieure, 40 à 12 à la partie inférieure sur 20 centimêtres de hauteur totale. On supprime toutes les feuilles sèches ou jaunes au moyen des ciseaux. On garnit le fond du vase de quelques tessons de pots ou de coquilles d'huitres pour faciliter l’écoulement des eaux.

On aura soin de ne pas enterrer la jeune plante trop profondément.

Lorsqu'on empote, il est nécessaire que la terre soit comprimée et qu'elle devienne même ferme; car rempoter trop à l'aise, le principe d'alimentation est spontanément absorbé par le soleil, et les racines ont à souffrir de cette inconstance d'humidité. On leur mettra un tuteur en bois à chacun. On les arrosera légèrement, et on les abritera du grand soleil pendant douze ou quinze jours, on les mettra ensuite à une bonne exposition et autant que possible sur des gradins ou tables en plein air, où ils figureront dans toute leur splendeur.

Pour l’arrosement, l’œillet généralement aime peu l'eau; il faut done l’arroser avec discernement; car la surabondance d’eau sera toujours nuisible, et sa rareté Jui sera beaucoup moins préjudiciable ; il demande plutôt à être rafraichi que baigné ou submergé. Les œillets, comme toutes les plantes, aiment beaucoup mieux une eau échauffée au soleil que celle sortant d’un puits, qui apporte toute son âpreté.

Le procédé d'engrais fort en faveur, est celui-ci : on met tremper dans un baquet d’eau un tourteau de colza frais, pesant un kilogramme (pour cent plantes environ), lorsqu'il est bien délayé dans cette eau, on s’en sert pour arroser les œillets : 1° au moment où ils entrent en végétation, ensuite au moment où les boutons montrent leurs couleurs. On obtiendra de bons résultats par ce procédé. |

J'observerai que lorsqu'on tient à avoir des fleurs d’un grand diamètre, on ne peut en laisser un grand nombre; il est done nécessaire de retrancher aux boutons principaux, ceux plus petits qui leur sont adhérents, car ils vivraient à leurs dépens. Trois ou quatre belles fleurs font plus d'hon-

neur que six et même dix fleurs médiocres; d’ailleurs la op des boutons est toujours en faveur des marcottes. M

La multiplication des marcottes s’opère aussitôt la défloraison; pour opérer le marcottage, chaque plante sera épluchée, et les feuilles surabondantes seront supprimées. Tout le monde connait l’incision pratiquée pour

le marcottage; c’est une fente en long de la marcotte, à moitié de son épaisseur, en ayant soin de recouper la languette jusqu'à la rencontre de l’autre ligne immédiatement au-dessous d’un nœud. L’incision ainsi pratiquée, la surface d’où partent les racines est large et épaisse, et quand même le rapprochement des deux parties aurait lieu, il n’empêécherait pas la ramification de s’opérer, puisqu'il existe un vide à la base de cette incision. On contourne ensuite un cornet en plomb en forme d’entonnoir autour de la marcotte, de manière que l’incision se trouve dans le milieu du cornet que l’on remplit de terreau tamisé très-fin et recouvert avec de l’argile liquide, afin de maintenir l'humidité et absorber l'arrosement avec plus de facilité. Le plomb laminé, qui sert à faire les cornets pour marcotter, doit être coupé en triangle et arrondi à la base, de manière que le cornet ait environ 2 à 5 centimètres de diamètre sur 4 à 5 de hauteur.

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