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etce n’est le plus souvent qu'après bien des tâtonnements, bien des expériences, bien des déboires que l’horticulteur arrive à ses fins. Pour être pacifique, le combat n’en est que plus opiniâtre, et la vigilance de celui qui veut vaincre les forces naturelles doit être de tous les instants, car toute négligence, toute fausse manœuvre en matière de culture forcée devient presque irréparable et, comme pour rendre la chose plus compliquée encore, chaque plante veut être traitée à sa manière; d’où il suit que tel praticien qui excelle à forcer certaine d’entre elles, sur laquelle ila fait de longues expériences, peut échouer comme un commencant sur toute autre espèce dont le forçage re lui est pas familier.
Témoin, sans doute plus d’une fois, des échecs subis dans la culture forcée des plantes ornementales, et convaincu des services que pourrait rendre aux praticiens expérimentés un guide dans lequel seraient consignés les résultats des expériences faites par les maitres en ce genre de culture, M. Denis, de Lyon, a écrit trois articles (1867, p. 578 et 406; 1868, p. 26) successifs où il fait connaître les résultats principaux des recherches minutieuse auxquelles il s’est adonné lui-même. Mais avant que d’en venir aux faits particuliers, M. Denis a voulu poser les principes généraux dont 6n doit toujours être pénétré en toute circonstance lorsqu'il s’agit de culture forcée.
Les principales règles du forcage sont, dit-il, les suivantes :
Connaître l’origine, le tempérament et l’habitus ou manière de vivre des plantes qu’on veut soumettre à la culture forcée.
Etant établi qu’il faut à chaque plante une somme particulière de chaleur, pour arriver à parfaire ses fleurs ou ses fruits, il faut conséquemment savoir le nombre de degrés nécessaire aux dites plautes pour parcourir toutes les phases de leur végétation.
Imiter autant que possible la nature; dispenser et graduer la nourriture, la chaleur, lhumiaité, la lumière, l'air, suivant la force du sujet, son état de végétation, celui de la température et le but qu'on se propose.
Ne forcer que des plantes adultes et choisies ad hoc.
Avoir soin. quelle que soit l’époque du chauffage, de ne forcer une plante à végéter qu'après lui avoir fait subir un temps de repos suffisant et conforme à sa nalure. |
Pour les espèces ligneuses et que lon conserve plusieurs années, ne les chauffer au plus qu’une année sur “eux, puis les laisser se reposer et les aider à se refaire dans l'intervalle pir des soins entendus.
Ne chauffer une plante que lorsqu'elle est en bon état et mûre, et sculement lorsque les racines sont saines et bien développées.
Augmenter graduellement les arrosements et la quantité d’air, de lumière et de chaleur au fur et à mesure qu'on approchera de la floraison et de la fructification. On doit toutefois éviter de mouiller les fleurs lorsqu'on veut qu’elles nouent leur fruit, et diminuer ou supprimer au contraire la lumière, lorsqu'on cherche à décolorer les fleurs.
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Eviter soigneusement les variations brusques de température, surtout en baisse.
Combiner les systèmes de chauffage de façon à obtenir le degré de chaleur voulu, tout en donnant au besoin le plus d'air et de jour possible.
Le plus difficile à obtenir, et ce qui fait souvent défaut aux cultures forcées, c’est la lumière, surtout pendant les temps couverts par le brouillard, la neige, etc.
N’arroser les plantes qu'avec de l’eau à la température de l’air ambiant du local où elles se trouvent en traitement.
Avoir des locaux disposés de façon à pouvoir les diviser et les soumettre à des températures diverses, de manière à y placer les plantes suivant qu’on veut en échelonner, en avancer ou en retarder la floraison.
Employer naturellement pour chaque genre de plantes la nature de terre qui lui convient et s’il s’agit de culture en pots, faire que cette terre se décompose ou se lave le moins possible; en un mot, qu’elle réunisse la plus grande somme de fertilité possible, eu égard à la dimension des vases et des sujets.
Pailler ou mousser le dessus des pots lorsque ceux-ci sont exposés à l'air, afin d'éviter que la terre ne se tasse, et atténuer lévaporation. Si on le peut, et chaque fois que cela sera nécessaire, on se trouvera bien d’enterrer les pots dans de la mousse, des feuilles mortes, du sable, de la terre, de la tannée, ete., ce qui maintient les racines des plantes en meilleur état.
Comme on le voit et comme le fait justement remarquer M. Denis, le forçage des plantes est une science qui eraprunte quelque chose à presque toutes les autres, à la botanique, à la physiologie végétale, à la chimie, à la physique, à la météorologie, à la climatologie, à la géographie, etc. Aussi, plus que toute autre branche de l'horticulture, elle exige une somme de connaissances pratiques et théoriques. L'article de M. Denis, bien qu'il ne constitue pas certainement un traité complet de l’art de forcer les plantes, peut rendre de bons services à ceux qui le consulteront, et la liste des plantes soumises à ses expériences, avec le nombre de jours et les sommes de température dont il l’a fait suivre, est un guide utile à tout praticien désireux de hâter la floraison de ses plantes, soit en vue d’une exposition, soit tout simplement dans un but de spéculation commerciale.
(Annales de la Société d’horticullure et de botanique de l’Hérautt.)