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En cultivant d'abord les endroits arrosés par des sources naturelles, et par les canaux, on créera une foule de centres de végétation autour desquels se grouperont de nouvelles plantes; les arbustes abriteront les plantes annuelles; celles-ci agiront également en rafraichissant l'air, et le tapis de verdure s’agrandira en quelques années au point d’'empécher tous les désastres que l’on peut craindre aujourd’hui.
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PAR M. DELCHEVALERIE, Jardinier en chef de S. A. le Khédive.
L'Isthme de Suez vient enfin d'être livré à la navigation ; si jusqu'ici il y avait sept merveilles au monde, on peut dire aujourd’hui que cctte grande œuvre en est la huitième ; ce gigantesque travail accompli par les hommes, met en communication les deux mers par un canal maritime où vont passer dorénavant tous les vaisseaux qui iront dans l’Indo-Chine, au Japon, en Australie, ete. Les productions végétales de ces pays, qui constituent des collections si remarquables en Europe, vont s’'augmenter d’un grand nombre d'espèces nouvelles et rares, grâce au canal de Suez, qui met l’Europe à un mois de distance de l'extrême Orient. M. Ferdinand de Lesseps, qui est le promoteur de ectte grande entreprise, a bien mérité du genre humain.
C’est en 1854 que M. de Lesseps eut le premier entretien du percement de l'isthme de Suez avec S. A. Mechemed Saïd Pacha, dans un voyage à travers le désert. Mehemed Saïd, dont il était l’intime ami depuis longtemps, comprenant ja possibilité d'exécuter ce travail grandiose, et les résultats assurés à cette entreprise, approuva le mémoire présenté par le président fondateur de la Compagnie, par un firman rendu au Caire le 56 novembre de la même année. Son ami dévoué, M. de Lesseps, reçut alors le pouvoir exelusif de constituer une compagnie universelle pour le percement de l’Isthme de Suez, et le 24 avril 1859, entouré des ingénieurs et du personnel de tout grade, il donnait le premier coup de pioche pour ouvrir la terre aux nations « aperire terram gentibus », et mettre en communication la Méditerranée et la Mer rouge.
Ismaïlia, la ville capitale de l’Isthme, fondée par M. F. de Lesseps en plein désert, et sur le bord de ces immenses dépressions de terrains qui
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forment aujourd’hui le lac Timsah, compte à peine sept années d’existence; le lac Timsah est le port de ravitaillement pour les navires engagés dans le canal maritime ; c’est dans cette ville que se trouve le chalet de M. de Lesseps, l'agence générale des travaux et les principaux chefs de Fadministration.
La ville d’Ismaiïlia une fois fondée, il fallut penser à se procurer de l'eau; d’abord pour la consommation des habitants, et ensuite pour les plantations etc.; à cet effet, un canal d’eau douce fut ouvert à travers les sables arides du désert pour aller chercher de l’eau dans le Delta; un embranchement de ce canal conduit l’eau du Nil d’Ismaïlia à Suez, tandis quan autre en conduit à l'usine Lasseron, qui, à l'aide de puissantes machines, envoie l’eau nécessaire à Port-Saïd par un énorme tuyau en fonte, qui longe Îe canal maritime et traverse les lacs Menzaleh; à Port- Saïd l'eau est trop rare et coûte trop cher pour pouvoir y installer des plantations; un seul jardin mérite d'être mentionné, c’est celui du Dr Zarb; nous revicndrons sur ce sujet pour faire connaître les ‘belles plantes qui croissent dans ce magnifique jardin.
Le canal d’eau douce, qui amène l’eau du Nil à Ismaïlia, longe aussi le grand domaine de POuady, appartenant autrefois à la Compagnie universelle du canal maritime de Suez, aujourd’hui dépendance de S. A. Ismaël Pacha, Khédive d'Egypte. On sait que les meilleures Dattes viennent de lOuady. Tel-el-Kibir en fournit beaucoup pour le commerce d’exportation ; en septembre-octobre on en expédie tous les jours de grandes quantités par le chemin de fer, emballées dans des tonneaux, et qu’on dirige ensuite vers l'Europe par le port d'Alexandrie et par le canal de Suez. A Ismaïlia le canal d’eau douce se trouve réuni au canal maritime par une écluse, qui permet aux barques du Nil de descendre dans le canal des deux mers; l’excédant de l’eau du canal d’eau douce se jette dans le lae Timsah, où elle se mélange à l’eau de mer.
Les rues et les boulevards d’Ismaïlia sont déjà ombrés par des rangées d'arbres d’alignement; le Mimosa (Acacia) Lebbek Linné, le Robinia pseudo-acacia, les Peupliers, ete., y sont plantés serrés les uns contre les autres, et se développent admirablement, pourvu qu'ils aient au pied une rigole qui leur amène en quantité l’eau limoneuse du Nil. Le quai Mchemet-Ali, l'appontement et toutes les principales rues d’Esmaïlia sont plantées de ces arbres.
La place Champollion, d’une surface très-étendue, a été naguère transformée en jardin public, et récèle déjà une végétation très-florissante. Les Tamarix, les Saules, les Acacias, les Muriers, les Peupliers, les Figuiers etc., y constituent déjà de beaux arbres ; en dessous les massifs et sur le bord des allées on trouve en profusion des plantes à fleurs, telles que Tagetes, Petunia, Coræopsis, Zinnia, Alyssum, Vinea, Pelargonium etc., et un grand nombre de plantes à feuillage ornemental, telles que Agave, Yucca, Aloe, Musa, Canna, etc. Les allées sont
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ornées partout d’une large bordure de Hesembrianthemum crassifoliuin, plante particulièrement favorable aux jardins de l’Isthme, en ce qu’elle croit dans les sables sans arrosements pour ainsi dire et est toujours d’un beau vert; de plus, elle se couvre pendant l’été d’un grand nombre de jolies fleurs jaunes. Le jardin de la place Champollion est tracé réguliérement où à la Française; Ismaïii: étant une ville essentiellement francaise a voulu un square du style classique de Le Nôtre; cela fait plaisir à voir un jardin à la française dans les sables arides du désert; la forme en est carrée; des allées droites partant vers les angles et entre ecux-ci, d’autres allées circulaires réunissent les allées droites et constituent une promenade délicieusement abritée des ardeurs du soleil. Au centre se trouve un grand bassin dans lequel on puise l’eau à l’aide du Chadouf pour l’élever dans les rigoles qui longent les allées et qui conduisent les eaux pour inonder les carrés. Au-dessus de ce bassin se trouve un grand et magnifique berceau recouvert totalement d'un haricot vigoureux à grandes et belles fleurs pourpres pédonculées (Zablab vulgaris Savi, var. purpureus Dec.).
Les sables des environs de la ville d’Ismaïlia étant mouvants dans bien des parties, forment çà et là des dunes dont plusieurs cubent des centaines de mille mètres ; pendant les journées de Khamsin (vent chaud du désert) ces sables s'élèvent dans les airs et forment des tourbillons de poussière qui nuisent considérablement à la végétation ; les plantes dans les jardins du voisinage ont leur feuillage recouvert de cette poussière qui nuit beaucoup à la respiration par les stomates, et d'autant plus qu’il ne tombe point d’eau pour les laver, lorsque ces journées, aussi terribles pour les habitants que pour les végétaux, sont passées.
Le désert qui entoure la ville d’Ismaïlia étant dans bien des parties au niveau du canal d’eau douce dérivant du Nil, et dans certaines autres bien en dessous, il en résulte qu’on pourrait en nivelant les dunes qu’on y rencontre çà et là y planter des arbres forestiers dont le but serait d’abord dabriter la ville et les jardins de la poussière, ensuite, de se procurer du bois de construction et de combustion, puis, d'attirer la pluie dans le désert si ces plantations étaient très-répandues. Les Tamarix, les Peupliers, les Filao, les Gommiers, les Muriers, les Acacia et un grand nombre d’autres arbres viendraient rapidement dans les sables du désert, à la condition d’être arrosés abondamment par des canaux d'irrigation dérivant du Nil. |
Les sables du désert étant plantés de végétaux et arrosés avec de l'eau du Nil, changent bientôt d'aspect et prennent la couleur et la consistance d’une terre sablonneuse ordinaire. Pour les plantations d'arbres d’ornement ou fruitiers, on doit y mêler un peu de fumier de temps à autre si on veut obtenir des résultats plus satisfaisants.
Ayant été chargé par S. A. le Khédive de créer un jardin sur les dunes situées aux alentours du palais construit par ordre de S. A. pour les fêtes
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offertes aux souverains et aux invités de l'inauguration du canal maritime de Suez, nous avons d'abord procédé au nivellement des dunes au moyen de cinq à six cents chameaux portant chacun deux caisses sur le dos, qu'ils allaient emplir au sommet des dunes pour venir les vider dans la vallée; lorsqu'elles furent à la même hauteur et bien nivelées, le sol se trouvait à 1 mètre 40 centimètres en dessous du plafond des eaux du canal qui améêne l’eau du Nil à Ismaïlia; nous avons alors au moyen d'un petit canal souterrain fait venir dans l'un des angles du jardin, l'eau du Nil où nous la retenions à l’aide d'une vanne. Autour des murs de elôture, nous avons établi à la base et à l’intérieur du jardin, un canal cimenté dans lequel circule Peau du Nil tout autour du jardin ; de dix en dix métres se trouve une ouverture également fermée par une soupape, qui laisse tomber leau dans une rigole établie au niveau du sol qui conduit l’eau dans tous les carrés. Toutes les allées sont à 0,20 centimèêtres au-dessus du niveau du sol, car on est obligé d’inonder tous les jours le terrain parce qu'il ne pleut jamais, et que le soleil absorbe beaucoup; on est obligé d'arroser beaucoup plus qu’on n’arrose en France, sans ecla on n’obtiendrait qu'une végétation médiocre. Au centre du jardin se trouve un grand bassin slimenté également par l’eau du Nil, qui, à son entrée dans le jardin, forme une petite cascade d’un mètre de chute, et tout cela, avec le cours naturel de l’eau venant du Nil; le trop plein du Iac passe ensuite sous le boulevard Mehemet-Ali pour aller se perdre dans le lac Timsah.
Indépendamment de eette série d'arbres, d’arbrisseaux et d’arbustes d'ornement qui croissent dans les sables du désert, il y a encore les arbres fruitiers dont certain nombre d'espèces y fructifient parfaitement bien; l'Abricotier de plein vent {le Michimiche des Arabes) s’y développe admi- “ablement et y produit de même. Les Pêchers y réussissent aussi trèsbien et donnent des fruits en quantité; seulement, à Ismaïlia comme au Caire et dans toute l'Egypte, ces fruits ont peu de goût et ne sont pas savoureux; ils sont loin d’être appréciés comme les pêches de Montreuil. Nous avions pensé que cela dépendait, sinon tout à fait, du moins en partie, de ce que dans les pays arabes on ne taille, ni ne pince les arbres fruitiers. On laisse sur un Pécher ou un Abricotier le nombre de fruits que la nature lui a donné, füt-il quatre fois trop considérable pour obtenir des résultats satisfaisants ; les Arabes jardiniers n’ont jamais pratiqué la suppression des fruits, non plus que la taille ou autres opérations arboricoles ; voiià pourquoi ils ne récoltent que de petits fruits et de mauvaise appa= rence; ils plantent, arrosent, et rien de plus. Cette année dans un jardin fruitier appartenant à $. A. le Khédive, j'ai fait tailler et pincer un certain nombre de Péchers et d’Abricotiers, et ensuite supprimer les fruits trop nombreux pour ne laisser aux arbres que ce qu'ils avaient la force de porter, afin d'obtenir des fruits d'une grosseur convenable ; nous ayons ainsi obtenu des pêches et des abricots aussi gros et aussi beaux que ceux
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qu'on récolte en Europe; la saveur seulement laissait à désirer, mais comme cela dépend des conditions climatériques dans lesquelles se trouvent ces arbres, nous ne pourrons guère y remédier; il est possible que cela dépende aussi un peu du sol qui est généralement compacte et d’une nature trop substantielle pour ces arbres.
Les Citronniers, les Orangers, les Mandariniers, les Grenadiers, cte., réussissent aussi assez bien dans l’Isthme; malheureusement, on n’en trouve pas encore de plantations étendues, et on est obligé de faire venir de ces fruits de Zagazie ct du Caire; ici comme au Caire, les grenades sont exposées à ua petit insecte qui les pique et les rend verreuses pour la plupart, si on n’y prend garde ; on est obligé de faire les mêmes frais pour les Grenadiers qu’on fait en France pour les raisins ; mais au lieu d’envelopper les grenades d’un sac en crin comme on le fait pour le raisin, on les enveloppe seulement d’un petit sac tressé en lanières de folioles de Dattiers; les fruits mürissent alors dans une demi obscurité, que ces insectes ne cherchent point à pénétrer; ils ne sont pas dès lors atteints de leurs piqüres qui les perdent infailliblement.
Parmi les arbres fruitiers de l’Inde introduits dans l’Isthme jusqu’à ce jour, on ne voit encore que le Carica Papaya, le Psidium pyriferum,
VAmona cherimolia et quelques autres espèces en sujets très-faibles
encore, et impropres à aonner des fruits pour le moment. Au Caire nous avons toutes ces espèces d'arbres recouverts de fruits dans les jardins; nous espérons que dans peu d'années l’Isthme en possèdera bien d’autres, car la voie de l'Inde et de l'extrême Orient lui est ouverte, et les arrivages de graines et de plantes n’y manqueront pas. Il y a du reste, parmi les employés supérieurs de l'administration, des amateurs d'’horticulture
distingués, qui font venir à leurs frais des quantités considérables de
graines de l'Inde et des autres pays lointains, comme le Japon, la Chine, etc.; nous citerons en première ligne le Docteur Aubert Roche, médecin en chef de la compagnie, et le Docteur Zarb de Port-Saïd qui reçoivent par tous les courriers de l'extrême Orient des choses parfois bien remarquables. Ces Messieurs ont recu de Singapour des Ananas qu’ils ont cultivés dans leurs jardins et qu'ils ont vu produire des fruits passablement succulents; bien que les nuits de l'hiver soient un peu froides dans l’Isthme pour les Ananas, il est certain qu’en les abritant de paillassons la nuit et en les mettant à labri des vents froids, ou, en les cultivant l'hiver sous châssis, on obtiendrait d'excellents résultats. Dans presque tous les Jardins d'Ismaïlia, on trouve aussi ce bel Ananas d'Ornement (Ananassa sativa variegata,) rare encore en Europe; le Docteur Aubert Roche à lui seul en possède au moins une centaine dans son jardim qu'il a fait venir de Singapour. Nous reviendrons sur les belles plantes d'ornement qu’on trouve dans le jardin de cet amateur distingué.
Les arbres fruiticrs d'Europe, Poiriers, Pommicers, Pruniers, etc., ne produisent pas dans l'Isthme non plus que dans les autres jardins de
l'Egypte; au lieu de se développer lorsqu'ils arrivent d'Europe, ces arbres décroissent d'année en année ; la première année de la plantation ils produisent parfois un certain nombre de fruits médiocres, mais la deuxième année, ils sont déjà presque épuisés ; au bout de quatre ou cinq ans ces arbres sont complètement épuisés. Les Cerisiers, Noyers, Noisetiers ete., réussissent assez bien dans l’Isthme; au Caire et à Alexandrie ils acquièrent des Proponbons presque aussi grandes qu’en Europe, avec cette différence qu'ici comme en Europe ils fleurissent parfaitement, mais ne produisent jamais ni cerises, ni noix, ni noisettes.
Le Caroubier, le Jujubier, le Dattier produisent aussi des fruits dans le désert cultivé ; seulement ces plantations ne sont pas encore répandues, et on n’en trouve encore que des sujets jeunes, vigoureux qui produiront beaucoup par la suite.
La Vigne a dù être cultivée en Egypte depuis les époques les plus reculées ; Noé la planta et la cultiva dans l'antiquité ; elle est de tous les arbres fruitiers le plus productif et celui qui mérite le plus d’être propagé en grand. On trouve dans les jardins et particulièrement dans ceux de MM. Ferdinand de Lesseps, Aubert-Roche, et Lasseron, des vignes d’une grande beauté et qui produisent étonnamment. Dans le jardin de M. de Lesseps les vignes sont palissées sur une grande véranda qui réunit le chalet et les dépendances, les ceps sont très-vigoureux et produisent du raisin d'excellente qualité, que M. de Lesseps offre, avec la grâce qui le caractérise, à quiconque vient visiter son jardin.
Dans le jardin du docteur Aubert Roche, on trouve d'excellentes espèces de raisins blancs et noirs; la véranda qui part de Ia maison ct qui fait le tour du jardin se trouve à environ deux mètres au-dessus du sol, et est un excellent abri contre le soleil, qui permet de se promener à toute heure dans le jardin; la vigne qui la recouvre est taillée par un jardinier européen sur les indications du docteur, qui a reconnu qu'il fallait tailler long dans les sables de l'Isthme pour avoir du raisin; il prétend et avec raison que lorsque les vignes ont trop de vigueur les raisins avortent. Le pied de ces vignes, de même que tous les autres végétaux, reçoivent chaque année une certaine quantité de fumier consommé pour fertiliser le sol; pendant l'été les vignes sont palissées, non pour exposer les grappes au soleil, car ici le soleil est si brülant que le raisin doit être ombré; c’est pourquoi la culture en treille est si favorable à la vigne. Les grappes de raisins se trouvent alors suspendues sous la véranda et abritées au-dessous d’une couche épaisse de feuilles. Pendant les mois de juillet-août et septembre, on se promène sous ces vérandas la tête enveloppée de grappes de raisins; pour en manger on n'aurait pas besoin des mains, il suffirait d'ouvrir la bouche. La quantité de raisins que produit la vigne ainsi cultivée est chose surprenante; la longueur des grappes, la grosseur des grains d’un beau jaune doré, rappellent les jolies serres à vignes de l'Angleterre. Le Frankenthal et toutes les
espèces qui mürissent mal dans le centre de la France, murissent admirablement et produisent des raisins délicieux en Égypte; malheureusement, ces espèces n’y sont presque pas cultivées; ce n’est que dans le Fayoum (haute Égypte) qu’on les cultive assez en grand, on les expédie de là au Caire et à Alexandrie en juillet-août pour être consommés comme des raisins de primeurs.
Le troisième jardin où on cultive en grand le raisin est celui de M. Lasseron, à l'usine qui envoie l’eau à Port-Saïd. Là, les mêmes espèces de vignes qu'on rencontre chez M. Aubert Roche sont cultivées de la même facon; seulement, les treilles sont moins élevées au-dessus du sol; nous avons vu sous ces treilles en aout dernier, des grappes de raisins d’un pied de longueur et dont une seule couvrait un grand plat(1). Nous avons goûté du vin fabriqué par M. Pierre, directeur de l'usine, avec du raisin de son jardin, qui était trés-bon, et qui engagerait bien à faire l'expérience en grand de la culture de la vigne dans les sables du désert, en faisant venir des ceps des meilleurs crus de France et de l'étranger en assez grand nombre pour pouvoir en faire au moins une pièce de vin de chacun pour en faire l’expérimentation en bouteilles etc. ; on trouverait ainsi, nous n’en doutons pas, des vignes qui produiraient d'excellents raisins et du bon vin dans les sables désolés du désert arabique et libyque, partout où on pourrait faire venir les eaux fertilisantes du Nil. Cette expérience, nous l’espérons, sera faite sous peu. Son Altesse le Khédive a déjà, du reste, l'intention de faire les frais nécessaires pour le nivellement et l'introduction des eaux dans les sables des environs d’Ismailia, sa ville favorite, que lui dédia gracieusement M. de Lesseps, et dont la pose de la première pierre eut lieu le 27 avril 1862; on pourra alors essayer en grand la culture d’une foule de végétaux utiles et d'agrément.
Les plantes maraichères viennent aussi à merveille dans lIsthme ; les asperges entre autres y réussissent parfaitement bien et produisent en quantité dès la deuxième année; de plus, après avoir produit au printemps la récolte qui leur est habituelle, elles en produisent une autre en septembre-octobre, si à la fin d'août on a cu soin de couper les tiges pendant qu’elles étaient encore un peu en vigueur.
Les asperges, pour bien produire dans les sables, doivent être fumées chaque année par des engrais consommés et arrosées abondamment pendant les chaleurs de l'été, les couches produisent beaucoup, mais sont généralement épuisées de bonne heure, surtout si on néglige de leur
(1) Nous avons observé un fait très-curieux ; c’est un bourgeon anticipé qui a fleuri à l’automne à l’époque de la maturité du raisin; les grains se sont parfaitement développés et arrivèrent à leur maturité vers la fin de décembre; cela est bizarre, et qui sait si dans la vieille terre de Gessen un arboriculteur distingué n’arriverait pas à faire produire aux vignes deux récoltes par an.
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donner des engrais, car il est prouvé qu'avec des engrais et de l’eau en
abondance, on peut changer le sol complètement sablonneux du désert
et le convertir en une excellente terre cultivable et très-propre à la végétation.
Les Tomates sont aussi l’objet d’une culture étendue dans le désert cultivé ; étant semées à différentes époques, elles y produisent des fruits d’un bout de l’année à l’autre et qui entrent pour une grande part dans la consommation.
Les pommes de terre, les Laitues, les Radis, les Choux, l'Oseille, le Persil, les Fraisiers, etc., sont cultivés dans les jardins potagers de l’Isthme de Suez.
La compagnie, lors de l'installation des campements, eut l’heureuse idée d'isoler les constructions et les chalets destinés au logement de ses employés, de façon à ce qu'ils eussent chacun de quoi faire un jardin pour y cultiver les légumes les plus indispensables. Presque tous les chalets et les habitations sont précédés d’une véranda et d’un petit jardin planté d’arbres ; excellente idée pour abriter du soleil ces habitations en bois où il serait presque impossible de résider pendant les chaleurs de l'été; mais les plantations et les vérandas qui abritent ces appartements sont si bien combinées ensemble qu'on obtient assez de fraicheur pour pouvoir y passer même les plus fortes chaleurs de l'été.
NOTICE SUR LE GARDENIA STANLEYANA HOOkK. OÙ GARDENIA DE LORD STANLEY.
Fisuré planche EV.
FAMILLE DES RUBIACÉES.
Gardenia ELruis. — Expiicuer, Gen. plant., 5505,
d. Rothmannia, Calycis tubus costatus v. laciniis decurrentibus angulatus. Coroliæ tubus fauce dilatata obconicus.
Bot. Mag. tom. XVIII, tab. 690.
Gardenia (( Rothmannia) Stanleyana. Glaberrima, ramis horizontalibus, foluis oblongis brevissime petiolatis utrinque acutis venarum in axillis glandulosis ; floribus
subsessilibus axillaribus solitariis erectis plerumque e caulis dichotomia, calycis sub-.
cylindracei tubo superne libero 5-dentato dentibus appressis, corollæ glaberrimæ tubo
GARDENIA STANLEYANA.