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et de les aider ainsi à bien se développer et à mürir; pendant la maturité des fruits du Figuicer des anciens, on rencontre partout des Arabes, montant sur ces arbres pour aller y chercher Ieur nourriture, et se souciant fort peu, lorsque le tronc est étroit et l’écorec trop lisse de lui faire des entailles en guise d’escalicrs pour pouvoir y monter plus facilement.
Le bois du Sycomore est estimé et employé à différents usages ; on l’emploie en outre beaucoup à faire des roues hydrauliques (ou Sakies) pour élever les eaux du Nil pendant son étiage; autrefois, les anciens Égyptiens se servaient de planches du Figuier de Pharaon pour faire les sarcophages et les cercueils dans lesquels ils enveloppaient les momies, et on en voit encore aujourd'hui dans certains musées qui comptent quelques milliers d'années d'existence et qui sont encore en parfait état de conservation. |
Cet arbre présente aussi beaucoup d'intérêt, au point de vue historique. On croit communément que c’est sous un Sycomore qui est encore vivant et qu’on voit encore aujourd'hui dans un jardin cophte non loin du village de Matarich et des ruines d’Heliopolis, sous le nom d’arbre de la Vierge, parce que, la Vierge Marie se cacha un Jour sous ses branches retombantes avec l'enfant Jésus pour se dérober à la poursuite des satellites d'Hérode. A côté de l'arbre de la Vierge, on voit encore le puits miraculeux où N.S. J. C. s’est lavé, et tout près, un petit réservoir qui fut depuis plusieurs fois réparé, et où, selon la tradition, la Vierge Marie avait coutume de laver les langes de l'enfant Jésus.
L’Arbre de la Vierge quoique âgé de plus de dix-huit siècles est encore très-vigoureux ; c’est un des végétaux les plus curieux que j'aie jamais rencontré; le tronc haut d'environ un mètre et demi, semble avoir changé de place; la souche se trouve très-éloignée de la portion de tronc qui existe encore aujourd’hui; cette portion de tronc n’est uniquement composée que d’une masse épaisse de couches corticales d'environ deux mètres de diamètre, dont une partie est sans vie, et qui soutiennent une tête recouverte d'un feuillage abondant de plus de trente mètres de’ circonférence sur dix à douze de hauteur. Les nombreux étrangers qui viennent visiter l’Arbre de la Vierge lui enlèvent à titre de souvenir bon nombre de ses feuilles et de ses rameaux, ce qui doit contribuer dans une certaine mesure à son épuisement; quoi qu’il en soit cet arbre est encore vigoureux de nos jours, et pourra subsister encore pendant bien des générations d'hommes.
Les Aralia acquièrent aussi des proportions colossales dans les jardins de Ghezireh. Il en existe un spécimen que je crois être l’Aralia capitata, donc le tronc de plus de deux mètres de circonférence, haut de neuf à dix, porte une énorme tête recouverte d’un feuillage abondant et d’un trés-beau vert. C’est un bel arbre d'ornement d’un beau port, droit et élancé, et qui conviendrait parfaitement pour les plantations d’alignement en Égypte.
Il existe aussi au jardin dé Ghezireh d'autres espèces d’Aralia, telles A. catalpæfolia, 4. Brownti et Paratropia umbraculifera ; mais l'espèce première est la plus belle et celle qui mériterait le mieux la culture en grand. h
La plupart des Aralias de l'Australie, de l'Inde et de l’Amérique prospéreraient rapidement sur le sol Égyptien.
Les Aralia crassifolia, Hookerii, integrifolia, leptophylla, quinquefolia, reticulata, Sieboldii, trifoliata, argentea, dactylifolia, macrophylla, plalanifolia, et un grand nombre d'espèces remarquables qu’on ne rencontre encore nulle part en Égypte, deviendraient de beaux arbres d'ornement pour ce pays favorisé par son climat varié, c’est-à-dire que la Delta et toute la Basse-Égypte recevraient les espèces propres aux pays tempérés, tandis que celles qui proviennent des pays chauds trouveraient une place favorable dans la moyenne et la haute Egypte.
Le Murier blanc (Morus alba Lix.) cultivé au jardin de Ghezireh et dans les terrains environnants pour l'éducation des vers à sois, occupe le centre d’une partie des massifs de verdure de ce jardin.
Le Jujubier épine du Christ (Zizyphus spina Christi Wizo.), arbre magnifique à tige droite, épaisse, haute ordinairement de trois à quatre mètres, garnie de branches rameuses, épaisses, à rameaux pendants, armés de chaque côté de l’insertion du pétiole d’une épine blanche, tantôt droite horizontale très-piquante , tantôt crochue ; les feuilles sont ovalesobtuses, dentées, glabres-ou pubescentes en dessous, à trois nervures principales ; les fleurs d’un jaune pâle, en corymbes tomenteux, apparaissent en avril-mai. Le fruit ovale,globuleux, de la grosseur cet de la forme d’une cerise, possède une saveur très-agréable.
Cet arbre d’un beau port, convient beaucoup pour isoler dans les jardins; il en existe à Ghezireh des spécimens d’une beauté remarquable tant par le port que par la beauté de leur feuillage épais et compacte. Le Jujubier épine du Christ, ainsi nommé parce qu’on prétend que la couronne du Christ a été tressée de ses rameaux, est originaire d'Égypte. et d'Arabie où on le rencontre dans tous les jardins, le long des routes, dans les champs, ete. On le multiplie facilement de graines qu'on sème aussitôt après la récolte en décembre ou janvier.
Le Figuier Caoutchouc (Ficus elastica Roxs.) atteint ici de grandes dimensions ; le tronc droit à écorce lisse, haut ordinairement de 5 à 4 mètres sur deux environ de circonférence, supporte un grand nombre de branches charpentières formant une tête volumineuse arrondie de dix à quinze mètres de hauteur sur trois fois autant de circonférence, garnie d’un grand et beau feuillage luisant, du plus bel effet dans les jardins. Ce bel arbre est déjà répandu dans les jardins où nous le propageons en grand nombre par boutures de tronçons de tige. Nous l'avons aussi désigné pour les plantations d’aligaement.
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Les autres Ficus qu'on trouve au jardin de Ghezireh sont le F. populeaster, F. bengalensis, F. religiosa et le F. rubiginosa; ce dernier d’un haut mérite ornemental. Combien d'espèces remarquables restent encore à introduire en Egypte? Le F. amazonica, begoniæfolia, brasiliensis, campaneuro, Chœuvieri, collina, dolica, ferruginea, imperialis, Leopoldu, Neerifolia, nymphæfolia, Porteana, quercifolia, Suringari, dealbata et tant d’autres espèces remarquables qui feraient tant d'effet dans
ces jardins.
(4 suivre.)
LE THERMOSTAT-THERMOSIPHON de M. Eugène Lean, fumiste à Lyon, PAR M. JEAN SisLey.
Nous croyons rendre un service réel à l’horticulture en signalant un mode de chauffage qui offre les avantages suivants :
Economie d'établissement, par l'emploi d’un appareil d’une seule pièce, et suppression de maçonnerie ;
Volume relativement très-petit, ce qui rend l’appareil portatif;
Rendement calorique maximum, la chaleur rayonnante de l'appareil étant complètement utilisée, ce qui n’a pas lieu avec les appareils maçonnés, la chaleur perdue se réduisant dans notre appareil à celle très-faible (et que l’on ne peut éviter), qui s'échappe par la cheminée et qui est trèsminime relativement à celle des autres constructions ;
Impossibilité de brüler aucune partie du foyer, le combustible et les flammes étant partout en contact avec des parois mouillées sur leurs parois opposées ;
Grande régularité dans la combustion et la descente forcée du combustible, par suite de la forme légèrement conique de l’intérieur du foyer; marche normale pendant douze heures, au moins, sans surveillance. R
En tisonnant une fois le matin et une fois le soir l’on pourrait, si l’on employait du bon coke, allumer le feu le 1° octobre, et il brülerait jusqu’au 1% mai, avec une dépense de 16 à 24 kilogrammes de coke par 2% heures.
L'appareil (fig. À et 2) peut se placer dans le local même qu'il est destiné à chauffer et sa chaleur rayonnante utilisée; mais comme, à notre avis, une serre bien disposée doit être précédée d’un vestibule, d’un cabi-
in
net de travail quelconque, et que les horticulteurs nomment tambour, nous conseillerons toujours de placer l'appareil dans l'emplacement qui précède la serre, et de se contenter des tuyaux pour chauffer la serre ou les serres, car le même appareil peut en chauffer plusieurs.
La longueur des tuyaux sera nécessairement déterminée par la dimension de la serre et la température que l’on veut y maintenir pendant les plus grands froids. Le plus petit appareil peut aisément chauffer 100 mètres de tuyaux.
D An IKKS
Fig. 1. . du D or a Fig. 2. Thermostat-Thermosiphon entier,
vu de face.
Légende : A, foyer; B, carneaux que vient Légende : au bas, le cendrier ; au-dessus, parcourir la fumée au sortir des ouver- la porte du foyer ; à gauche, les deux tures D; C, grille; D, ouvertures ser- tuyaux pour la circulation de l’eau; vant au dégagement des gaz de la com- celui du haut pour le départ; celui du bustion ; E, ouvertures servant à activer bas pour la rentrée.
le tirage lorsqu'on met l'appareil en
feu ; F, cheminée (1).
Quelques esprits prévenus reprochent à cet appareil de contenir fort peu d’eau autour du foyer, parce que jusqu’à ce jour, ils ont vu d’énormes chaudières, et se sont imaginé que la dimension en faisait la puissance.
L'expérience a démontré qu’une grande quantité d’eau autour du foyer
(1) S’adresser pour les renseignements et les tarifs, à M. Eug. Lean, fumiste, 15, rue Dunoir à Lyon.
De tu
est inutile , et qu'avec un moindre volume d’eau la circulation dans les tuyaux s'établit plus promptement et se maintient mieux, parce que la différence dans la température de l’eau est plus grande entre le point de départ et l'extrémité des tuyaux.
De quoi s'agit-il, en effet, pour obtenir un bon résultat? Que l’eau dans les tuyaux atteigne le plus promptement possible une température de 90 à 100 degrés, et s y maintienne le plus longtemps possible.
Le thermostat-thermosiphon réalise ces conditions.
En nous communiquant, à notre demande, ce qui précède et qu’il avait déjà publié dans la Revue horticole, M. Jean Sisley nous écrit quelques
renseignements pratiques dont nous voulons faire profiter nos lecteurs.
Chez moi, dit M. J. Sisley, l'appareil Lean est muni d’un réservoir assez grand pour contenir l’eau nécessaire pour alimenter les tuyaux de ce qu'ils perdent par l’évaporation qui se fait au travers la conduite de sureté. Ce réservoir est en tôle et sa capacité est calculée sur la longueur des tuyaux et augmentation de volume que prend l’eau en passant de l’état naturel à celui d’un état voisin de l’ébullition.
Ainsi disposé l'appareil offre toutes les süretés désirables et remplit le but que l’on veut atteindre dans le chauffage des serres. Dans la nuit du 26 au 27 décembre (1869) le thermomètre est descendu chez moi au nord à 11° C. au-dessous de zéro et ma serre a eu toute la nuit 9 degrés au-dessus, sans être couverte. On avait tisonné le feu à 5 heures du soir et rempli l'appareil de coke. Or, le lendemain à 7 heures du matin, il y avait encore du feu et les tuyaux contenant l’eau marquaiïent 55° centigrades.
L'essentiel est que l'appareil soit assez haut pour contenir la quantité de coke nécessaire pour 12 heures au moins.
Le mien consomme environ 1/2 kilo par heure. Le meilleur coke est le coke lavé, parce qu’il ne contient point de pierres. Celui des usines à gaz est plus économique, mais il a l’inconvénient de contenir au moins 10° de pierres(1), ce qui fait que ees pierres en s’amoncelant éteignent le feu ; il en résulte de graves dangers pendant les nuits d'hiver.
Un point essentiel aussi c’est que le coke soit concassé très-également et pas trop gros, de la grosseur d’une noix environ : les gros morceaux ont linvénient de faire voute et d’éteindre le feu.
Il est utile aussi que le tirage ne soit pas fort : le moindre tirage suffit pour que le coke se consume lentement.
II est nécessaire que les tuyaux soient constamment pleins d’eau. S'ils n'étaient pas complètement remplis, l’eau dégagerait de la vapeur dans les tuyaux. Cette vapeur pourrait êtré avantageuse puisqu'elle chauffe plus que l'eau; mais, par contre, elle a l’inconvénient de refroidir plus vite l’eau
(1) Le Coke des usines à gaz de Liége ne présente jamais cet inconvénient : il est en petits fragments et parfaitement pur.
OR
et les tuyaux, quand elle se condense, ce qui a inévitablement lieu la nuit. |
On objectera peut-être que par l'emploi de cet appareil la température des serres s’abaisse la nuit. C’est incontestable, mais ce refroidissement est nécessaire, même aux plantes tropicales.
ÉTUDE SUR LE PIN LARICIO ET LE PIN MARITIMEU, par M. GOuET,
Directeur du domaine forestier des Barres.
Le pin de Corse, ou laricio, l’un des plus beaux et des plus remarquables entre les grands arbres résineux de l’Europe, n’a été connu que fort tard des forestiers et des botanistes. Linné ni Duhamel ne l'ont indiqué de manière à le faire reconnaitre positivement parmi les espèces qu'ils ont décrites (2). À leur époque et antérieurement à eux, il paraît avoir été considéré plutôt comme une variété, tantôt du pin sylvestre, tantôt du pin maritime, que comme une espèce, et c’est sous les noms incertains de Pinaster maritimus, Pinaster tenuifolius, Pinus sylvestris maritima, etc., que l’on peut essayer de le deviner plutôt que de le reconnaitre dans les ouvrages des anciens auteurs.
Ces désignations vagues et le manque de notions précises au sujet de cette espèce ont persisté presque jusqu’à nos jours. Dans l'édition du Species plantarum, de Linné, publiée par Wildenow, en 1805, on ne
(1) Je me suis aidé, pour la partie historique, de notes inédites de M. de Vilmorin, le savant fondateur de l’établissement des Barres.
(2) Duhamel rangeait toutes les espèces de pins en trois sections différentes : « Ceux où l’on ne voit que deux feuilles dans chaque gaine (bifoliés), ceux qui ont trois feuilles (trifoliés), et ceux qui en ont cinq ou six (quinquefoliés). » La section des pins à deux feuilles (bifoliés) ne comprend, dans son Traité des arbres, que quatorze espèces, dont plusieurs méritent à peine le nom de variétés. Les trois sections en comprennent vingt en tout. M. Carrière, dans son Traité général des Conifères, ne compte pas moins de cent soixante-treize espèces de pins et un nombre de variétés illimité.
Parmi les espèces à feuilles géminées de Duhamel, il en est une dont la description semble, par quelques points, se rapporter au pin laricio ; c’est celle qu’il nomme Pinus maritima altera Mathioli. « Le pin maritime de Mathiole tient, dit-il, en quelque facon, Je milieu entre le petit pin maritime et le pin de Genève. Ses feuilles sont plus fines, d’un vert blanchâtre, plus longues que celles du pin maritime. Ses jeunes branches sont menues, souples et se recourbent. Les feuilles viennent par touffes, comme des aigrettes, au bout des jeunes branches. Les autres branches restent presque nues dans toute leur longueur, en sorte que l’on voit à découvert leur écorce, qui est grise et unie. Les fleurs mâles sont blanches ; les cônes sont un peu plus gros que ceux du pin de Genève.
Dans l’hiver de 1754, nous avons perdu presque tous les pins de cette espèce. »
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trouve pas le nom de /aricio ; c’est sous celui de Pinus maritima que cet arbre est décrit ou censé décrit. Il en est de même des deux éditions de 1805 et 1811 de la Monographie des pins, de Lambert. Cest seulement dans son grand ouvrage, publié en 1837, que cet auteur a adopté pour le pin de Corse le nom botanique de Pinus laricro.
En France, ce nom, inconnu encore dans la science au moment où Duhamel publiait son Traité des arbres et arbustes, ce nom, disons-nous, fut admis beaucoup plus tôt, au moins dans le langage vulgaire. Lorsque, sous le ministère de Turgot, c’est-à-dire vers 1775, on fit venir des graines de pin de Corse, c’est sous le nom de laricio qu’il fut cultivé au jardin du roi et par les amateurs éclairés qui, à l'exemple de Duhamel, s’occupaient alors d'introduire dans nos cultures les essences exotiques naturalisables(1). L’illustre Malesherbes fut un de ceux qui ont pris le plus de part à cette œuvre de bien public. Dans un mémoire sur les pins, publié en 1792 parmi ceux de Varenne de Fenille, il a donné sur cet arbre les premières notions précises. Il pensait dès lors que le laricio serait reconnu comme une espèce distincte, question qui laissait encore du doute à cette époque. Cette prévision a été confirmée plus tard, et Poiret, dans l’Encyclopédie méthodique, a établi techniquement l'espèce Pinus laricio (2).
Il paraît singulier, aujourd’hui, que les botanistes et les forestiers aient
(1) La culture des arbres était alors en grand honneur, et l’on ne croyait pas qu’il füt sage de se borner à nos essences indigènes, même les plus précieuses. « Pourquoi en effet, disait Duhamel, refuser de s’enrichir des arbres du Canada, de l’Ile royale, de la côte de Virginie, de Boston, et de tant d’autres pays où les hivers sont autant ou plus rigoureux qu’en France ? Nous savons que la plupart de ces arbres réussissent très-bien au jardin du roi, à Trianon, à Saint-Germain en Laye, chez M. le duc d’Ayen, chez M. le marquis de la Galissonnière, près de Nantes ; en Bourgogne, chez M. de Buffon ; à Malesherbes, dans le Gâtinais ; dans un jardin de Pithiviers, et même dans nos campagnes, où nous n’avons pas hésité d’en placer un assez grand nombre. Enfin ces expériences se trouvent répétées dans la plupart des provinces du royaume, car le goût de la culture des arbres s’est beaucoup étendu, et il est en quelque sorte anobli, depuis que des personnes de la plus haute distinction ont donné la préférence à ce genre de curiosité sur celui des fleurs. Ce succès ne semble-t-il pas annoncer que les arbres dont on reconnaitra l'utilité pour les arts ou pour la décoration des jardins pourront se naturaliser dans le royaume? Le faux acacia et le marronnier d’Inde nous en fournissent des exemples, ainsi que l’ébénier ou le cytise des Alpes, qui était rare dans plusieurs provinces quand nous avons commencé à nous livrer à la culture des arbres, et qui est maintenant commun. »
(2) Dans cette étude, nous avons surtout en vue le pin laricio de Corse ; nous savons bien qu’il n’est qu’une variété de l’espèce, et qu'il n’y a aucune raison dela considérer comme type. Mais cette variété est, en France, la plus connue. Elle habite d’ailleurs la même station que le pin maritime de Corte dont nous parlerons plus loin. Pour ces deux raisons, c’est d’elle seule dont nous nous occuperons aujourd’hui, laissant de côté pour le moment les autres variétés : Pinus laricio Austriaca, Calabrica, Tuurica, Pyrenaica, Caramunica, rubra, dont les trois premières, cependant, méritent toute l’attention des forestiers.
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pu confondre, pendant si longtemps, le pin laricio et le pin maritime : les” différences entre ces deux essences sont tellement profondes, tellement caractéristiques, que nous n’admettons même plus l'hésitation.
En effet, le pin de Corse est un arbre de première grandeur, qui atteint quelquefois une hauteur de 40 mètres. Le pin de Bordeaux ne dépasse guère 25 mètres. L'un est droit, élancé, la tige d’abord conique, jusqu’à l’âge de quarante ou cinquante ans, tend à devenir cylindrique lorsque l'accroissement en hauteur se ralentit (Mathieu, Flore forestière, p. 547). Les branches inférieures, grêles et peu développées (du moins à l’état de massif), tombent successivement, sans presque laisser trace de leur point d'insertion ; la tige estalors partaitement droite et « nue jusqu’au-dessous de la cime, qui, dès quatre-vingts à cent ans, est courte, aplatie, peu dévéloppée, formée de quelques grosses branches irrégulièrement ramifées. Les cinq sixièmes de la hauteur de l'arbre sont à cet âge propres à donner du bois de service » (Mathieu, Flore forestière). A l’état isolé, le pin laricio conserve ses branches inférieures, qui acquièrent alors un développement beaucoup plus considérable ; celles-ci sont alors défléchies, assurgentes. Le tronc, jamais dévié, garni de branches depuis la base, offre jusqu’à la période de dépérissement l'aspect d’une pyramide plus ou moins régulière. Le port du pin de Bordeaux est tout différent. La tige est rarement droite ; on peut dire qu’elle ne l’est jamais, quand cet arbre croit isolément. Les branches latérales, beaucoup plus fortes, tombent toujours d'assez bonne heure; mais, comme elles persistent sur la tige plusieurs années après leur mort, il se forme à leur point d'insertion des bourrelets très-saillants, et elles laissent en tombant des cicatrices longtemps visibles sur lécorec. La cime, beaucoup plus ample, plus fournie, est rarement pyramidale, souvent irrégulièrement étalée.
Le laricio a donc un port svelte, gracieux, élancé, le pin de Bordeaux, au contraire, est lourd, massif, diffus. Entre ces deux pins à feuilles géminées, il y a pour l'œil à peu près les mêmes écarts qu'entre le pinus Strobus (pin Weymouth) et le Pinus inflexa, chez les pins à cinq feuilles.
Si nous comparons l'aiguille, le cône, la racine, nous appercevons de suite entre les deux espèces des différences non moins grandes. L’un, le pin de Corse, a la feuille longue de 10 à 15 centimètres, chiffonnée, relativement ténue; son cône, souvent géminé ou terné, est long de 6 à 7 centimètres, large de 5 centimètres, étalé presque horizontalement; il est d'un jaune roussâtre clair; l’apophyse (1) est faiblement pyramidale, presque
(1) On nomme apophyse la partie terminale de Pécaille qui est renflée extérieurement; à peine sensible chez les espèces des sections strobus et cembra, l’apophyse est, “au contraire, très-développée dans la plupart de celles des autres sections. L’apophyse est toujours surmontée d’une autre partie, ordinairement différente d'elle et presque toujours un peu ridée ; c’est la protubérance. C’est sur elle que naît le mucron, lorsqu'il existe. Quelquefois même, lorsque le mucron est très-développé, il absorbe compléte-