‹ La Belgique horticole (volume 4)Chapitre 44 sur 173 · MÉMOIRE SUR LE BOUTURAGEU · texte numérisé non relu

MÉMOIRE SUR LE BOUTURAGEU

PAR M. DELCHEVALERIE.

Question proposée par la Société impériale et centrale d’Horticulture de France.

Exposer, en s'appuyant sur des observations précises, l’histoire du bouturage considéré aux points de vue :

« 1° De linfluence qu’exercent sur la reprise l'humidité, la chaleur, le sol, la lumière et l'air;

« 2° Du rapport qui existe entre le temps nécessaire pour la reprise et le degré de lignification de la bouture, la nature de ses sues laiteux, résineux Ou non, etc. ;

« 5° Des points sur lesquels se développent les racines, et du mode de développement de celles-ci. »

La Société impériale et centrale d’Horticulture de France, voulant favoriser le perfectionnement de l’art de bouturer les végétaux, a mis au concours la question ci-dessus formulée.

(1) Ce mémoire, présenté au concours ouvert par la Société imp. et centr. de France, a valu à son auteur une mention très-honorable, une médaille d’argent de 1e classe et l’impression dans les Bulletins de la Société.

Nous profitons de cette circonstance pour rédiger un mémoire, et concourir ainsi, autant qu'il nous est possible, aux progrès de l’une des branches les plus importantes de l’horticulture.

Nous nous estimerons heureux si nos faibles observations peuvent venir en aide à ceux qui, par une étude plus longue et plus approfondie du sujet, seront appelés à faire connaître plus complètement les principes qu'on doit appliquer à chaque mode de bouturage; car linfluence des agents qui agissent le plus directement sur la production des racines est encore imparfaitement connue.

La nature a doué les végétaux de la faculté de produire des graines; c'est le moyen le plus naturel, le plus simple, et celui que l’on emploie le plus généralement pour les propager; mais on ne peut pas y recourir toujours à volonté, soit parce que les graines n’atteignent pas leur parfaite maturité sous certains climats, soit parce qu’elles ont une tendance plus ou moins prononcée à produire des variations; on est donc obligé dans l’un et l’autre cas, et en particulier dans celui où on ne veut obtenir aucune modification de race, d’avoir recours à d’autres moyens, tels que la greffe, le marcottage, le bouturage, etc.; ce dernier a pris une extension telle qu’il est aujourd’hui l’un des plus puissants et des plus employés pour la multiplication des végétaux.

Il arrive aussi très-fréquemment que les végétaux provenant de semis sont trop vigoureux, et par cette raison peu disposés à fleurir. Alors le bouturage est encore un moyen par lequel on peut hâter la production des fleurs. Dans bien des cas, il suffit de couper les extrémités des rameaux et de les bouturer plusieurs fois successives pour arriver à déterminer leur floraison.

Une bouture est une partie qu'on détache d’un végétal quelconque, et dont on plante la base ou talon dans le sol pour lui faire produire des racines. En même temps la partie qui se trouve hors de terre devient l'origine d’une tige nouvelle. Pour que cette bouture produise ses racines d’une manière parfaite, il est de la plus haute importance de Ia placer dans un milieu favorable à l'émission de celles-ei; c'est souvent parce qu'on les traite dans des conditions défavorables à leur nature, qu'on échoue lorsqu'on veut aborder le bouturage de certains végétaux. L’humidité, la chaleur, le sol, la lumière et l'air sont les agents qui influent le plus directement sur la reprise des boutures; ils doivent y être répartis d’une manière différente pour chaque plante, et maintenus dans de certaines limites de durée et d’intensité qui sont en rapport avec la nature de chacune d'elles.

« La cause immédiate de la formation des racines étant encore enveloppée d’obscurité, c’est un des points de la physiologie végétale les plus importants à examiner par rapport à l’horticulture. » En effet, « personne n’ignore combien il est difficile d’obliger les boutures de certaines espèces de plantes à produire des racines, et avec quelle rapidité en émettent

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