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L'ovaire est libre, court, ovoïde, ou plus ou moins globuleux, formé de trois carpelles et triloculaire; le style terminal, court et assez gros est surmonté d’un stigmate épais à 5 lobes. Les ovules sont nombreux et sur plusieurs rangs au sommet de l'angle interne des loges. Nous n'avons pas pu en étudier la structure ni voir le fruit et les graines.
Malgré cette lacune il était aisé de reconnaître à ces caractères une Broméliacée du groupe des Tillandsia; elle fut, en effet, présentée par M. Linden comme une espèce indéterminée de ce genre si nombreux et si brillant. Comme elle nous paraissait nouvelle etque ses jolies fleurs rappellent involontairement par leur forme et par leur coloris celle de plusieurs Commélynées, nous lui donnämes vivo voce le nom de Tillandsia Commelynæ. Mais il nous revint plus tard en mémoire que feu notre savant confrère et ami, M. le professeur De Vriese, de Leyde, avait déjà décrit et figuré un Bromelia Commeliana (Agallostachys Beer) et pour éviter toute confusion, même dans les noms, nous croyons ne pas devoir nous arrêter définitivement à celui que nous avions énoncé de prime abord.
D'ailleurs, en étudiant la plante à tête reposée, en dehors du tumulte de l’exposition universelle de 1867, nous avons reconnu qu’elle diffère assez notablement du plus grand nombre des Tillandsia. Elle réunit la plapart des caractères essentiels d’un autre genre créé en 1859, par notre savant confrère de Padoue, M. le professeur Robert de Visiani, sous le nom de Phytharrhiza. Ainsi, les divisions calycinales sont toutes égales et semblables sans que deux d’entre-elles soient unies par un côté; les filets des pétales sont absolument indépendants ct non pas rapprochés en une sorte de tube ; les anthères sont droites et non pas incombantes; le style est pyramidal, court et non pas filiforme. A ces divers titres notre plante aurait pu trouver sa place dans le genre Phytarrhiza, Mais d’un autre côté ce genre est fondé sur le caractère de l’absence de racines et le nom que M. Visiani lui a donné, Phytarrhiza, exprime précisément ce caractère. C’est un fait bien connu et fort remarquable que cette absence complète de racines chez certaines Broméliacées et chez un petit nombre d'Orchidées (Epipogon Gmelini, Corallorrhiza innata). I a fourni à notre éminent collègue et ami, M. P. Duchartre de Paris, le point de départ de l’un de ses mémoires les plus remarquables de physislogie végétale (1). « Il existe, dit M. Duchartre, quelques Broméliacées « pour la végétation desquelles on serait tenté de croire à une absorption « directe de la vapeur d’eau répandue dans l'air. On sait, en effet, « qu'il est de ces plantes qui peuvent vivre sans s'attacher à l'écorce des « arbres, même sans présenter une seule racinz. Dans l'Amérique du « Sud, on suspend au fer des balcons, avec un simple fil, certaines
(1) P. Ducnartre, Expériences sur la végétation d’une Broméliacée sans racines, dans le Journ. de la Soc. imp. et centr. d'hort. de France, 1868, p. 546.
« d’entre elles; elles végètent, fleurissent et s'étendent dans cette sin- « gulière situation, d’où vient qu’on les nomme vulgairement Fleur de « l'air (Flor del ayra). M. Bellanger, directeur du jardin botanique « de la Martinique, m'a rapporté qu’un jour, dans une rue peu fré- « quentcte de Fort Saint Pierre, il avait été surpris de trouver un Til- « landsia formant une grosse touffe attachée simplement à la chaine de « fer qui soutenait un réverbère. Enfin dans les serres, on voit diverses « espèces de ce même genre, Tllandsia dianthoidea, stricta, etc., végéter « sans peine et fleurir fixées contre un morceau de bois ou de liége, sans « présenter le moindre indice de racines. » :
Cette assertion est parfaitement véridique et nous avons maintes fois remarqué nous-même, cette absence de racines chez plusieurs Tillandsia, entre autres le T. pulchella. Mais il paraît, au dire de notre savant confrère et ami de St Pétersbourg, M. C. Regel(l), que cette arhizie, si nous pouvons nous exprimer ainsi, se constate seulement chez les spécimens importés vivants de l'Amérique méridionale et que les individus issus de graines en Europe s’enracinent parfaitement. On aurait en cela un nouvel et intéressant exemple de cette faculté d'adaptation que l’observation scientifique et judicieuse reconnait de mieux en mieux chez les végétaux. |
Quoi qu’il en soit, la plante qui nous occupe en ce moment est pourvue de racines et a été cultivée dans un pot à fleur. On ne pourrait donc raisonnablement la qualifier de Phytarrhiza : ce serait un contre sens. Enfin, ce genre n’a pas jusqu'ici été admis par la majorité des botanistes, bien que plusieurs espèces de Tillandsia en présentent le trait caractéristique.
D'autre part, M. Regel en décrivant récemment le Ttllandsia Lindeniana (L. c.), dont nous avons signalé nous-même la forme génuine (2), reconnaissait dans cette plante quelques caractères importants qui lui suggéraient la pensée d'établir avec elle sinon un genre nouveau, au moins une section pour laquelle il proposait, dans une inspiration de reconnaissance, le nom de Wallisia en l'honneur de l’heureux explorateur de M. Linden, M. G. Wallis.
Or, l'examen que nous avons déjà fait de la nouvelle espèce présentée en fleurs par M. Linden à l’exposition de Paris, nous avait aussi révélé des caractères génériques et il se trouve qu'ils sont précisément les mêmes que ceux du Tollandsia Lindeni. Nous n'hésitons done pas à admettre le genre proposé par M. Regel sous le nom de Wallisia. Nous en avons écrit la diagnose en tête de ces lignes et nous pouvons nous borner à en signaler ici les caractères qui le différencient des Tillandsia.
(1) Gartenflora, 1869, p. 194-195.
(2) Belg. hort., 1869.
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Ce sont les suivants : les trois divisions du calice sont toutes semblables au lieu que deux d’entre elles soient cohérentes ensemble; les pétales ont un onglet nu et un limbe large et étalé, les organes de la fructification sont inclus au lieu d’être exerts; les étamines sont disposées par paires opposées aux onglets des pétales ; les anthères sont dressées et non pas incombantes; le style est épais et non pas linéaire; le stigmate est à trois branches courtes et renflées en massue et non pas à trois branches linéaires; enfin, et c’est peut-être là le caractère principal, les ovules sont disposés sur plusieurs rangs et non pas en deux séries seulement. Nous regrettons, toutefois, de n’avoir pu étudier le fruit ni les graines, organes fondamentaux pour l’établissement d’un genre nouveau. Nous devons nous en référer sous ce rapport aux observations de M. de Visiani concernant son Phytarrhiza Durati. Nous les avons reproduites à la suite de notre diagnose générique qu’elles nous semblent compléter au moins provisoirement.
Après être fixé, ainsi qu’il précède sur le nom générique nous avons dû chercher un nouveau nom spécifique. Nous l'avons bien vite rencontré en songeant à notre honorable et ancien ami M. le sénateur François de Cannart d'Hamale qui se trouve sous tous les rapports placé depuis longtemps à la tête de l’horticulture nationale de Belgique. M. de Cannart d’Hamale a réuni les collections végétales les plus précieuses et il les apprécie en véritable botaniste. Il a représenté le gouvernement et l’horticulture de Belgique dans toutes les grandes occasions qui se sont produites depuis quelques années : il est le Président de la Fédération des Sociétés d’horticulture de Belgique, cette puissante et utile association qui unit dans un même faisceau toutes les activités du pays : il a enrichi la littérature botanique et horticole de plusieurs publications aussi élégantes dans la forme que sérieuses par le fond; enfin, il a présidé la 88° classe du jury international de 1867, chargé de lexamen des plantes de serre. Il est done juste et naturel qu’une des plus remarquables et des plus précieuses nouveautés qui ait fait son apparition dans le monde scientifique, dans cette solennelle occasion porte désormais le nom de M. de Cannart d’'Hamale et perpétue ainsi le souvenir de cette heureuse coïncidence. Notre Wallisia Hamaleana restera, aussi, nous l’espérons, comme un témoignage de nos sentiments personnels d’affection et de gratitude pour celui dont il portera le nom.
Nous voudrions pouvoir écrire une de ces dédicaces à la manière de Linné, dire, par exemple, que les fleurs du Wallisia Hamaleana, dont le cœur est du blanc le plus pur, rappelleront la pureté du cœur de notre ami, que la pourpre de ses pétales représente le dévouement à ses convictions; que la tige droite qui porte ces fleurs est le symbole de la droiture et de la fermeté de ses sentiments, mais il faudrait une voix de Linné pour énoncer ces dithyrambes et nous, humble disciple que nous sommes, nous n'avons que le cœur du maître. Eh bien, les pétales de notre fleur
sont l’image d’un cœur et ils répandent, bien modestement, le parfum le plus suave.
Les caractères essentiels du Wallisia Hamaleana nous paraissent être les suivants :
Feuilles rubanées, membraneuses, vertes; inflorescence en épi composé; fleurs distiques à pétales obcordés, violacés, odorants.
Dès ce moment le genre Wallisia compte trois espèces, les W. Duratii, Lindeniana et Hamaleana. S'il est maintenu, une partie des Tillandsia actuels devront y entrer.
Une dernière observation : le Wallisia figuré par M. Regel dans le Gartenflora (1869, tab. 619) sous le nom de Lindeniana et qui a fait l’objet d’une note de notre part (Belqg. hort. 1869, p. 521), nous paraît être intermédiaire entre notre Wallisia (Tillandsia) Lindeni (voyez Belg. Hort. 1869, p. 521) et notre Wallisia Hamaleana. |
La plante a été découverte par M. G. Wallis pendant ses dernières explorations dans l'Amérique méridionale.
Elle se cultive comme toutes ses alliées dans une serre chaude et humide, en pot ou en épiphyte.
BULLETIN
La Fédération des Sociétés d'horticulture s’est réunie le 20 mars en assemblée générale. Les délégués étaient nombreux et la séance à été intéressante. Le président, M. le sénateur de Cannartd’'Hamale, a prononcé l'éloge funèbre de M. V. vanden Hecke de Lembeke. On a décidé de prendre quelques mesures d'ensemble pour mettre en harmonie les dates et les programmes des expositions florales. Sur la proposition de M. Morren on a également décidé l'institution d’une statistique de l’horticulture en Belgique. Les conclusions des rapporteurs sur le mémoire envoyé pour le concours ont été adoptées. M. de Damsceaux, le lauréat de 1869, est venu recevoir des mains du président la médaille que la Fédération lui a décernée. L'assemblée a recu un mémoire de M. Delchevalerie sur l’horticuiture en Egypte et elle en a décidé l'impression. Elle a autorisé le secrétaire à faire rédiger, par exemple sous le titre de Æortus belgicus, la table générale et méthodique de toutes les publications de botanique horticole qui ont été faites depuis le commencement de ce siècle.
Des décorations russes viennent d’être conférées par S. M. l'Empereur de Russie à M. Arm. Bouquié et M. Alex. Dallière, en considéra-
tion de la part que ces Messieurs ont prise à l’Exposition internationale de 1869.
Union agricole et horticole de Forest. — Une nouvelle Société vient de se constituer sous ce titre. Son bureau est formé de M. Fr. Robie, président, et M. F. Reinhard, secrétaire.
Exposition universelle à Londres en 1874. — Le gouvernement belge a déjà nommé la commission nationale pour organiser la participation de la Belgique à cette exposition (voyez la Belgique horticole, 1869, p. 324). Cette commission a été installée à Bruxelles, le 28 mars, par M. le Ministre de l’intérieur. Elle s’est placée sous le haut patronage de S. A. R. le Comte de Flandre. Le bureau est composé de M. le sénateur T’Kindt de Nayer, président, et MM. de Cannart d'Hamale, sénateur, Sainctelette, membre de la Chambre des Représentants cet De Keyser, directeur de l’Académie royale des beaux-arts à Anvers, viceprésidents. La commission s’est divisée en quatre sections pour les beaux-arts, l’industrie, l'instruction et l’horticulture. Cette dernière section est formée de MM. F. de Cannart d'Hamale, président, Leclerc et Oswald de Kerchove, membres, et Ed. Morren, secrétaire.
M. le prof. D' Behzx, de Hambourg, vient d'être confirmé par un vote à peu près unanime, dans les fonctions de président de l’Académie allemande des curieux de la Nature. Cette élection, qui à mis fin à des compétitions déplorables, a été accueillie avec un vif sentiment de satisfaction.
La mote sur Ie &éakgo bileba L. par M. Ie comte Fr. Pertusati, que nous avons publiée dans le dernier numéro (p. 68) a provoqué de la part de notre confrère et ami M. Jean Van Volxem de Bruxelles, quelques observations intéressantes que nous croyons devoir communiquer au public. Par ses observations et par ses voyages M. Jean Van Volxem possède une connaissance spéciale et approfondie dans toutes les questions qui concernent larboriculture forestière et ornementale. Voici comment s'exprime notre honorable correspondant :
« J'ai recu en cadcau du jardin botanique de Montpellier, en 1854, des fruits fertiles du Ginkgo recueillis au jardin même. J'ai vu depuis au jardin botanique de Venise une allée de cet arbre intéressant, tous. fructifères et chargés d’une profusion de fruits.
Dans ces deux circonstances j’ai pu constater une différence notable dans le port des deux sexes: le mâle forme un arbre élancé à grands verticilles de branches très-droites; la femelle, beaucoup plus petite, forme un arbre touffu et buissonneux. J'ai pu constater la même diffé-
rence dans les nombreux semis de cette espèce que j'ai faits à Ja pépinière de Perck : l’âge de ces plantes ne leur permet pas encore de fleurir.
Il existe dans les jardins botaniques de Louvain et de Gand de beaux spécimens de l’une et l’autre forme. Chez mon frère, à Nederliest, près Laeken, se trouve le plus bel exemple que je connaisse en Belgique de la forme que je crois le mâle. On voit à la pépinière de Perck un beau spécimen de la forme femelle, mais il n’a pas encore fleuri. J'ai fait poser dessus, il y a 2 ou 5 ans, des greffes de la forme mâle: elles se développent très-bien et d’une facon toute différente du pied-mère qui les porte.
Feu Donckelaar fils avait attiré mon attention sur cette différence de port avant que j'eusse trouvé l’occasion de la vérifier de visu. »
Choix de plantes des Alpes. — M. Alf. Cogniaux, professeur à Braine-le-Comte, membre de la société botanique va entreprendre un voyage d'exploration botanique dans les Alpes et, dès ce moment, il met en souscription (25 francs la centurie) les plantes rares ou intéressantes qu’il pourra récolter pour les herbiers. Cette entreprise mérite les encouragements de ceux qui s'intéressent au développement des sciences. Notre confrère portera son attention, non seulement sur les phanérogames, mais aussi sur les mousses et les hépatiques.
Le Jardin botanique de Rotterdam vient d’être supprimé par l'administration communale. MM. Rauwenhoff, directeur, et C. Witte, jardinier-chef, ont porté le fait à la connaissance de leurs confrères en Europe.
Des pépinières d'arbres forestiers, créées à l'intervention de l'État et administrées par les provinces, sont situées à Sart, province de Liége; à Habaru, Marche, Paliseul, Saint-Hubert et Vielsalm, province de Luxembourg; à Wismnes et à Houyet, province de Namur.
Canal de Suez. Nous avons recu à la suite de la publication de notre collaborateur, M. G. Jorissenne, sur le climat et la végétation de l'isthme de Suez, une note d’une personne fort compétente sur l’inutilité de couvrir les berges du canal de Suez et sur l'impossibilité de fixer les déserts égyptiens.
Les observations des phénomènes périodiques pendant les années 1867 et 1868 viennent d’être publiées par M. Ad. Quetelet, l'honorable et savant secrétaire-perpétuel de l’Académie royale de Belgique. Elles sont précédées d’une remarquable introduction dont nous reproduisons plus loin les principaux passages.
Nuovo Giornale botanico italiano(l). — Cette revue a été fondée à Florence, en 1869, par M. E. Beccari avec le concours et la collaboration de la plupart des botanistes italiens. Elle à pour but de renouveler l’ancien Giornale botanico italiano, qui a cessé de paraitre depuis 1852, et de réunir dans une même publication le plus grand nombre des travaux des savants qui, en Italie, s'occupent de botanique. Un volume complet a déjà paru et le deuxième est en voie de publication. Ils sont éminemment intéressants. Nous y avons remarqué une étude de Cyclanthera explodens, par M. T. Carnel; une monographie des Polygala et beaucoup d’autres notices du même botaniste; un travail sur les Balanophorées et les Rafflésiacées, par M. Beccari; des études sur les Algues italiennes, par M. Ardissonc ; la monographie de la famille des Marcgraviacées et un travail concernant les Marantacées, l’un et l’autre par M. F. Delpino et présentant un intérêt particulier pour les amateurs d’horticulture, etc., etc. Chaque cahier renferme une Jongue revue bibliographique. |
Nous aurons sans doute l’occasion de revenir un jour sur le nouveau journal italien de botanique, et nous nous bornons pour le moment à le signaler brièvement à nos lecteurs.
Journal de horticuléura pratica de Portugal. — Nous saluons avec une vive satisfaction l'apparition d’un journal d’horticulture portugais. Ce royaume, par son climat et par ses colonies, se trouve dans la plus belle situation du monde pour rendre des services à la botanique et à l’horticulture. M. Welwitch a bien montré tout ce qu’on peut encore découvrir de nouveau et d’intéressant dans les possessions africaines du Portugal. Cependant il a trop peu de relations avec l’Europe centrale et il est bien rare qu’on entende parler iei de ses ressources scientifiques ou agricoles. Il faut des occasions extraordinaires, comme celles de l’exposition universelle de 4867 pour les apprécier.
Le Journal de horticultura pratica est fondé par M. José Marques Loureiro. Il compte de nombreux collaborateurs parmi lesquels nous remarquons M. Jean Verschaffelt, de Gand. Le prix d'abonnement pour la Belgique est de 15 francs.
Trois numéros du premier volume (1870) ont paru.
Nous espérons que cette revue nous fera connaître les ressources botaniques et horticoles du Portugal et qu’il publiera la figure et la description de plantes nouvelles. Nous lui souhaitons le succès et une longue durée. L’un de ses rédacteurs les plus actifs est M. Oliveira junior.
(1) A Florence chez G. Pellas, éditeur. Le prix de l’abonnement est de 16 francs pour l’étranger. Un volume grand in-8°, avec planches. — A Bruxelles, chez Mucquardt.
La nutrition minérale des végétaux par M. L. Grandeau, directeur de la la station agronomique de l'Est. Le Journal d’agriculture pratique de M. Lecouteux publie depuis quelques mois une série d’études fort instructives et fort remarquables sur ce sujet. Elles intéressent à la fois le physiologiste et l’agronome et nous nous plaisons à signaler le travail de M. Grandeau à toutes les personnes qui prennent intérêt à connaitre comment les plantes vivent et par conséquent comment elles doivent se cultiver.
F. M. Liebmann et A. S. Oersted. Chênes de l’Amérique tropicale. Copenhague, 1868, 1 vol. folio, 29 pages et 57 planches. Liebmann était occupé, au moment de sa mort en 1856, à une monographie des chênes d'Amérique. Il laissait après lui un certain nombre de planches déjà gravées pour cet ouvrage et une courte description de 52 nouvelles espèces. Ces matériaux furent légués au professeur Ocrsted ‘pour être publiés. Ce savant mit son cœur et son talent au service de l’œuvre pieuse qui lui était confiée : il s’'appliqua à l'étude des Chênes, élucida un nouveau système de classification et ajouta dix planches en physiotypie aux gravures qui existaient déjà. Il vient ainsi de doter la science d’un ouvrage remarquable et utile.
Liebmann est mort relativement jeune, 15 ans environ après son retour d’une exploration botanique du Mexique où il avait formé de fort belles collections. Ses herbiers sont encore en voie de détermination parmi les botanistes. L'ouvrage est précédé d’une courte notice biographique de Licbmann.
Le genre Quercus compte environ 160 espèces sur lancien continent et 120 espèces dans le Nouveau-Monde. M. Oersted attache la plus grande importance pour la division de ce genre si nombreux aux caractères tirés de la forme du style et de la surface stigmatique. Cette méthode n’est pas la même que celle suivie récemment dans le Prodrome de De Candolle.
Voyage de la Bonite; botanique par Gaudichaud. — On connait le voyage de circumnavigation que fit en 1856 et 1837 la corvette La Bonite et l'ouvrage qui fut publié d’après les documents recucillis pendant l’expédition. La partie botanique était confiée à Gaudichaud que la mort enleva avant l’achèvement de son œuvre. Il avait donné trois volumes de texte et un atlas de 150 planches auxquelles il manquait une description et l'explication. Un éditeur de Paris, MM. Penaud-Joly et Cie, s’est rendu acquéreur du fond de cette publication et a confié à M. Ch. d’Alleizette la rédaction de ce qui était indispensable pour utiliser l’œuvre de Gaudichaud. 11 annonce la mise en vente de cet ouvrage complet au prix fort modéré de 100 francs. L’atlas est un beau recueil de planches gravées représentant surtout des Monocotylédones.
Le Verger. — Cette publication périodique d’arboriculture et de pomologie, par M. Mas, président de la Société d’arboriculture de lAin, éditée à Paris, chez Victor Masson, que nous avons déjà recommandée, continue à paraître avec le plus grand soin et à tenir les promesses de son origine.
L'horticuliure à l'Exposition umiverselle de 1867. — Nous venons de publier sous ce titre, dans le rapport du jury belge, notre appréciation du grand concours horticole qui a été donné à Paris en 1867, ou, en d’autres termes, notre rapportconcernant les six classes qui composaient le IX° groupe du programme général. Nous avons, dans cette publication, considéré les choses à un tout autre point de vue que celui où nous nous étions placé pour écrire les Plantes de serres dans le rapport français du jury international. Le Rapport belge forme une brochure de 60 pages que nous offrons bien volontiers à ceux de nos abonnés qui voudront bien nous faire l'honneur de nous le demander.
Une société des chauffages et de 1a ventilation s'est fondée en France et nous a plusieurs fois envoyé des communications. Son directeur est M. Ledru de Bournonville, rue du Faubourg-Notre-Dame, 6, à Lille (Nord). Cette société a surtout en vue le chauffage des grands édifices du culte, des couvents, des salles d’hôpitaux, etc. Mais il est possible que son système soit également applicable aux serres et, dans cette hypothèse, nous croyons devoir communiquer à nos lecteurs la dernière circulaire que nous avons reçue.
Notre nouveau système de chauffage a fait publiquement ses preuves depuis que nous l’appliquons journellement dans tous les pays ; l'emploi que nous en avons fait est si nombreux, établi sur une si grande échelle, et si répandu partout, que nous croyons inutile de rappeler les faits déjà si connus de tout le clergé, qui établissent catégoriquement que notre nouvel appareil développe énormément plus de surface de chauffe qu’aucun autre système et que par le fait de cette importante combinaison, il est considérablement plus puissant et le plus économique de tous les appareils qui existent.
Voici, entre des milliers de nos applications, quelques-unes de celles que nous avons faites : c’est d’abord la vaste cathédrale de Reims, la cathédrale et sept églises à Nancy, et un nombre considérable d’autres cathédrales et d’églises dans toute l’Europe, l’église de St-Piat, à Tournai, la nouvelle préfecture de Lille, où on demandait trois jours pour chauffer la grande salle des fêtes, qui cube 10,060 mètres, et que nous avons parfaitement chauffée en trois heures, avec un seul appareil; les très importants établissements du Sacré-Cœur de Liége, de Bruxelles, de Blumenthal, de Riedenbourg, et la majeure partie de toutes les autres maisons du Sacré-Cœur en France, ainsi qu’un très-grand nombre des congrégations de tous les ordres, et dans lesquelles nous chauffons non seulement la chapelle, mais aussi les plus grandes salles de ces communautés, séminaires et édifices publics, etc., en moins de vingt minutes, et cela, avec le même appareil, et sans conduits de distribution de la chaleur. Nous sommes les seuls qui puissions garantir ces résultats.
Mais c’est principalement pour le chauffage et la ventilation de toutes les salles
d’hôpitaux, que notre nouveau système a une utilité incomparable, car nous y rendons l’air ordinairement si infect, aussi pur qu’à l’extérieur, et presque sans frais supplémentaires.
Les avantages de notre système ne sont pas moindres pour les maisons d’habitation, pour les fabriques, et surtout pour le séchage de leurs produits. L'économie, le bienêtre, la douce et agréable température que l’on éprouve dans les maisons d’habitations chauffées par notre système en rendent l'application indispensable à tous les propriétaires.
Nous envoyons franco, à qui nous le demande, notre circulaire qui explique le principe nouveau en vertu duquel nous opérons.
Mastic pour la pierre et le fer. — D'après M. Pollack, en faisant un mélange de glycérine et de litharge on produit un mastic excellent pour souder le fer ou la pierre; 1l réussit également bien pour souder le fer à la pierre.
Ce mastic durcit promptement, et devient inattaquable par l’eau et les acides.
A propos de Digitale on lit dans les journaux quotidiens :
Ce qui suit pourrait s'appeler : Histoire d’une pétition et est authentique. Un pharmacien de province, voulant cueillir de la digitale dans une forêt de l’État, fit une demande au garde général local, en offrant de payer une redevance annuelle de 6 fr. Le garde général transmit la demande à son inspecteur, qui l’envoya au conservateur du département, lequel l’expédia à Paris, au directeur général des forêts, qui la fit remettre au ministre des finances. Le ministre la transmit, pour étude, au directeur général des domaines, qui l’envoya au directeur des domaines du département pour la faire étudier par le receveur d'enregistrement. Celui-ei l’étudia, émit un avis favorable et renvoya le tout au directeur du département, qui l’expédia au directeur général, le directeur général au ministre par l'intermédiaire du secrétaire général des finances, qui ne perdit pas cette occasion de donner son avis. Puis la demande fut rendue au directeur général des forêts qui la transmit au conservateur, celui-ci à l’inspecteur, et l'inspecteur au garde général.
C’est au successeur du pharmacien qu’arriva l'autorisation, et encore était-il déjà trop vieux pour herboriser. O bienfait de la centralisation !
L'Égalité.