DU BOUTURAGE SOUS CLOCHE OU À L'ÉTOUFFÉE
Ce mode de bouturage consiste à placer les boutures pourvues de leurs feuilles sous des cloches et sur une couche appropriée à leur nature, jusqu’à ce qu'elles soient suffisamment enracinées pour vivre de leurs propres forces.
20. Serres à boutures. — Voici une disposition dont l'expérience m'a fait reconnaître les avantages pour ce genre de serre destinée particulierement au bouturage des végétaux exotiques ; elle a 2",60 de largeur, sur 4,80 de hauteur et une longueur indéterminée; le sentier du milieu est destiné au service des deux bâches; il a 0",60 de largeur. Un plancher établi au-dessus de cette bâche cst recouvert d’un encadrement en bois que l’on ferme avec de petits châssis, ou simplement avec une feuille de verre; l’intérieur de l'encadrement est rempli d’une épaisseur de 0,10 à 0",15 de sable blanc, si on veut y faire pousser des tubercules ou des souches des végétaux tels que Caladium, Dieffenbachia, Dracæna, etc., et autres plantes sujettes à la pourriture; d’une couche de terre de bruyère, si on veut y bouturer les Begonia et les Fougères prolifères par leurs feuilles ; ou enfin d’une couche de mâchefer, gravier, terreau, etc., si on doit tout simplement y poser de jeunes boutures empotées.
Les tuyaux du thermosiphon passent sous le plancher des bâches; la chaleur se dégage de ceux-ci, en filtrant à travers la couche de tannée ou de sable dans laquelle se trouvent enfoncés les vases contenant les boutures, et elle les maintient dans un état constant de chaleur et d'humidité convenable, qui empêche la flétrissure et favorise le développement des racines. La partie tout à fait inférieure de la bâche est remplie de terre, de manière à diminuer notablement l’espace vide à chauffer. Un canal ou espace haut de 0,20 à 0,50, qu’on établit sous le plancher des bâches, est parfaitement suffisant. La chaleur produite par les tuyaux du thermo-. siphon posé dans l’intérieur des coffres, est réglée au moyen de soupapes que l’on ouvre et ferme à volonté, afin de pouvoir l’augmenter ou la diminuer selon le besoin. On établit aussi sur le devant de petites trappes à coulisses, afin que la chaleur puisse s'échapper par le sentier, sil arrivait qu’elle fût trop forte. L’atmosphère de la serre doit être élevéeà une températuré un peu au-dessous de celle qui existe dans la tannée ou sous les châssis. On ne donnera jamais d'air, si ce n’est une demi-heure tous les matins, afin de faire disparaître les mauvaises odeurs. Cette serre à boutures doit être constamment recouverte de stores, de telle sorte qu’on puisse l'ombrager aussitôt que le soleil paraît; car s’il dardait sur les vitrages, il brûlerait bientôt les boutures.
(La suite à la prochaine livraison.)
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VRIESIA BRACHYSTACHYS REG.
2 L ‘914 SAHOVISAHIVUS VISAIHA
Ho — HORTICULTURE.
NOTICE SUR LE VRIESIA PSITTACINA VAR, BRACHYSTACHYS OÙ VRIESIA PERROQUET VARIÉTÉ À ÉPI COURT,
Famille des Broméliacées.
Figuré Planche VI,
Vriesia. Sepala 3, convoluta, aequalia, petalis apice revolutis breviora. Squamae euique petalo 2, semiadnatae, indivisae. Stamina exserta, 8 libera petalorum basi inserta, 5 inter petala inserta iisque basi connata ; antherae lineares, planae, posticae. Ovarium semi-inferum, conicum ; stigma trilobum, lobis convolutis et sinuatis villosis. — Folia plana, erecta. Flores distichi, distantes, bracteis magnis canalieulatis coloratis. Lindley.
Vriesia psittacina foliis oblongo-lingulatis, integcrrimis, basi ventricosis, acuminato reflexis, glabris; seapo bracteato folia superante ; spica simplici, disticha, rachi flexuosa colorata; bracteis compresso-earinatis, oblongo subfalcatis, basi coccineis, apice luteis, unifloris ; floribus remotis, sub-sessilibus, trigonis, bractea per anthesim superantibus ; sepalis lanceolato-acuminatis, basi coccineis, ceterum luteis; petalis luteis apice viridibus ; staminibus exsertis ; stigmati virescente.
Tillandsia psittacina W, Hoox.
Vriesia psittacina Livpr.
a. bracteis superne flavis. — Bot. Hag., t. 2841 (anno 1898).
8. bracteis omnino coceimeis. — Linpz., Bot. Reg., v. 29, t. 10. — W. Hook., Bot.
Mag., tab. 5108 (ann. 1859).
7. bracteis approximatis. — Vriesiu brachystachys Recez in Gartenfl., 1866, p. 258, tab. 518. — Vriesia psittacina Lixpr. var. brachystachis En. Mx. in Belg. Hort., 1870,
a plante que nous figurons ici a fleuri dans les SSP. serres chaudes du jardin botanique de l’université = K de Liége. Nous l’avions obtenue de MM. Jacobxh | \ Makoy et C° et, sans doute, elle est originaire du Brésil. Sa floraison a lieu en hiver et, se développant très-lentement, elle se prolonge pendant plusieurs mois. Ses couleurs vives et tranchées produisent le plus brillant effet.
La plante est de petite dimension : ses feuilles sont disposées en rosace, dressées, fort larges à la base, , ensuite rubaniformes jusqu'au sommet qui est assez brusquement aminei et replié en dehors : elles sont parfaitement entières sur les bords et lisses sur leurs deux faces qui sont d'un même
vert. La scape s'élève de cette rosace foliaire qu’elle dépasse un peu : elle porte quelques bractées stériles, courtes, apprimées, rouge verdâtre. L’inflorescence est en épi court, applati, distique, dont le rachis est. flexueux et coloré. Les fleurs, dans notre spécimen, sont au nombre de 12 et fort rapprochées, disposées sur deux rangs opposés c’est-à-dire distiques. Elles sont munies chacune d’une bractée pliée en forme de quille de navire, amincie au sommet, rouge vermillon à la base, jaune d’or sur le reste de son étendue. Chaque fleur, longtemps cachée dans sa bractée repose sur un pédoneule très-court et large : elle est comprimée en prisme triangulaire et ne dépasse la bractée que pendant l’épanouissement. Le calice est formé de trois sépales libres, lancéolés, carénés, plus courts que les pétales, colorés comme les bractées. Les trois pétales sont linéaires-lingulés, longs de 45 millimètres, larges de 6, à limbe étalé, d’un jaune vif avec une ponctuation verte à la pointe. Ils présentent à la base une écaille membraneuse, adhérente sur une longueur de 5 millimètres et libre à peu près sur la même étendue, ovale et entière, qui nous a paru être simple et unique sur la fleur que nous avons pu analyser. Cependant Lindley signale, chez les Vriesia la présence de deux écailles à la base de chaque pétale. Les étamines ont le filet à peu près de la même longueur que les pétales, avec les anthères oscillantes. L'ovaire est pyramidal, à style filiforme mais plus épais que les filets et terminé par trois stigmates papilleux de couleur verte. Nous ne connaissons pas le fruit.
Cette même plante a déjà été décrite et figurée par notre savant confrère et ami M. Regel de St Pétersbourg, dans la belle publication qu’il rédige sous le titre de Gartenflora (l. c.). 11 l’a érigée en espèce nouvelle sous le nom de Vriesia brachystachys et ce n’est pas sans quelque hésitation que nous l’avons rapprochée de l’ancien Vriesia psittacina. En effet cette jolie Bromeliacée se présente sous une apparence toute différente du Vriesia psittacina. Celui-ci donne un long épi sur lequel les fleurs sont largement espacées tandis que dans le brachystachys, comme ce nom lexprime, les fleurs sont toutes rapprochées en un court épi. Mais cette différence dans le port est la seule que nous ayons reconnue et elle ne nous semble pas suffisante pour distinguer la plante spécifiquement du Vriesia psittacina, décrit et figuré sous sa forme la plus rustique en 1828 par feu le D' W. Hooker dans le Botanical Magazine. Une autre variété, beaucoup plus brillante et colorée exactement comme la nôtre a été publiée dans le même recueil en 1859.
On sait que le genre Vriesia a été détaché des Tillandsia par Lindley principalement à cause de la disposition des fleurs sur deux rangs de chaque côté de l’axe. La hampe de cet épi ne porte que des bractées, tandis que chez les Platystachys de M. le D' C. Koch la hampe est feuillée à la base.
BULLETIN
Exposition universelle de Londres en 1871. — Le Comité horticole de la Commission belge se trouve formé de MM. F. de Cannart d'Hamale, président. Ed. Morren, secrétaire, Jaequemyns, de Kerchove, Linden, Leclere et A. Verschaffelt, membres. L'exposition s'ouvrira le 1% mai et se prolongera jusqu’au 50 septembre; elle sera établie à South Kensington, dans les locaux de la Société royale d’horticulture de Londres. Les produits horticoles seront répartis en deux catégories, les uns pour former une exposition permanente, les autres pour constituer des concours de quinzaine. Les premiers consistent en végétaux d’ornement; les seconds sont des plantes rares ou fleuries. Des récompenses spéciales sont attribuées à la section ornementale, et des prix, pour une valeur de 500 livres sterlings, ainsi que des médailles de fondation, telles que les médailles Lindley, Banks, etc., sont attribués à la section des concours de quinzaine. Un programme détaillé sera prochainement publié par le Comité anglais, avec le concours des commissaires étrangers. Le jury, divisé en sections, sera international. La Commission belge a exprimé le vœu que la Fédération des Sociétés d’horticulture veuille bien prendre les mesures nécessaires pour favoriser la participation de nos nationaux à cette exposition. Des demandes de réduction pour le prix des transports sur les chemins de fer de l’État et sur les malles seront adressées au gouvernement. Le Comité s’est réuni à Bruxelles, le 31 mai pour se mettre d'accord avec les commissaires anglais représentés par M. le D' Maxwell T. Masters.
En France les Ministres de l’agriculture et des beaux-arts ont nommé une Commission spéciale pour l’horticulture. En voici la composition :
MM. Drouyn de Lhuys, sénateur, président; Decaisne, membre de l'Institut; Fouquier, maître de requêtes au conseil d'État; Hardy, jardinier en chef du potager impérial de Versailles; Leroy, d'Angers, pépiniériste-horticulteur; Pissot, conservateur du bois de Boulogne; de Sainte-Marie, directeur de l’agriculture; Tisserant, directeur des établissements agricoles de la couronne; Vilmorin, pépiniériste; Rivière, jardinier en chef du Luxembourg, secrétaire.
Exposition universelle à Vienne en 1873. — La Gazette officelle de Vienne a publié, le 4 juin, un décret de l’empereur approuvant l'ouverture d’une exposition internationale universelle à Vienne, au printemps de l’année 1875. Le même décret ordonne qu’une communication immédiate soit faite à ce sujet aux gouvernements étrangers.
Exposition jubilaire à Louvain. — Le 4 septembre prochain la ociété royale d'agriculture et d'horticulture de Louvain ouvrira, pour
célébrer son jubilé semi-séculaire, une grande exposition d’horticulture. Le programme, que les président et secrétaire de la Société s’empresse-
ront de communiquer aux intéressés, comporte un grand nombre de prix
d’une valeur considérable. Des médailles d’or, offertes par S. M. Ie Roi, par la Fédération, par l’administration de la Société, etc., etc., sont présentés en prix pour les concours.
L'Association britannique pour l'avancement des sciences tiendra sa quarantième session à Liverpool le 44 septembre prochain sous la présidence de M. le professeur Huxley.
Grande exposition intercoloniale à Sydney. — Il s'organise en ce moment une grande cxposition intercoloniale à Sydney qui s’ouvrira en 4871, et à laquelle toutes les colonies, tant françaises, hollandaises qu’anglaises et autres, sont invitées à se faire représenter. Même des envois d'Europe seraient reçus avec plaisir et feraient partie d’une classe spéciale si le nombre des envois suffisait.
Le bâtiment destiné à l'exposition est en cours de construction. Il sera terminé vers la fin du mois d’août de cette année.
Monographie historique et littéraire des Lis, par M. FR. DE CANNART D'HAMALE. In-8° de 122 pages, Malines chez Ryckmans. — À chacun sa fleur de prédilection, qu'il se contente d'admirer s’il est simple profane; qu’il cultive avec soins s’il est amateur; qu’il étudie et avec laquelle il se familiarise s’il est savant et lettré. Pour l'honorable président de la Fédération des Sociétés d’horticulture de Belgique, M. le sénateur de Cannart d'Hamale la fleur privilégiée est celle des Lis. II vient de publier sur ce beau genre de nlantes un nouveau travail historique et littéraire dans lequel abondent les matériaux de la plus exquise érudition. On sait que notre honorable ami est archéologue, artiste, numismate et littérateur. Toutes ces qualités se reflétent dans son nouvel écrit. Il aime à fouiller les anciens ouvrages pour y rechercher les con-
naissances déjà acquises au moyen-âge de la science; il envisage volon-
tiers les végétaux au point de vue de leur histoire et de leurs rapports avec les diverses branches des connaissances humaines. Il a mis en lumière, dans sa monographie une foule de renseignements curieux concernant les Lilium le plus généralement cultivés, particulièrement sur les Lis blanc et sur les Lis du Japon introduits naguère par Von Siebold. Sous maints rapports le travail de M. de Cannart semble inspiré par l'esprit de Dodonée qui plâne encore sur la botanique Malinoïse.
L'Eucalyptus globulas intéresse un de nos abonnés qui, sous le voile de l’anonyme, nous demande si cet arbre pourrait se développer en Belgique et s’il réunit tous les avantages que lui attribue M..le D: Gimbert de Cannes dans un article publié par la Revue britannique?
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L’Eucalyptus globulus est une essence forestière précieuse pour certaines régions du bassin de la Méditerrannée; on sait qu’il est originaire d'Australie et qu’il appartient à la famille naturelle des Myrtacées. II croit avec beaucoup de vigueur en donnant un bois de bonne qualité; il n’est pas exigeant sur Le choix du terrain ; on lui attribue la faculté d’assainir l'atmosphère et de réagir contre l'influence fébrigène des marécages au moyen de ses émanations balsamiques. Mais l’Eucalyptus ne prospère pas sous le climat de la Belgique qui est trop septentrional : il doit être traité comme arbre d’orangerie. Il a même gelé à Cannes et il a peu réussi jusqu’à présent en Égypte.
Pelargoniam zonale, Gloire de Lyon. — Nous avons recu de M. Léonard Pycke, à Courtrai, avec demande d'insertion, une note concernant le Pelargonium Gloire de Lyon, gagné récemment par M. J. Sisley à Lyon et offert au commerce par M. Alegatière. Nous nous empressons de satisfaire à la demande de notre honorable correspondant.
Courtrai, 10 juin 1870.
Si les obtenteurs de P. zonale à fleurs doubles sont souvent parvenus à surprendre la bonne foi des amateurs curieux, par des descriptions captieuses et mensongères, je suis obligé de reconnaitre que M. Alégatière de Lyon, n’a pas eu recours, comme beaucoup de ses collègues en horticulture, à l’exagération de la réclame. Il a tout bonnement annoncé un coloris nouveau et il a dit vrai.
Cest grâce à la Belgique horticole que J'ai appris la conquête de ce Pélargonium que l’obtenteur M. Jean Sisley de Lyon a baptisé : Victoire de Lyon et que M. Alégatière, propriétaire de toute l'édition, a exposé en vente dès les premiers jours d’avril dernier. Je me félicite d’avoir eu confiance en M. Alégatière que je n’ai jamais vu de ma vie. Les six pieds que je lui commandés sont vigoureux ct deux sont actuellement en pleine floraison ; ils dépassent mon attente. La fleur n’est pas plus double que celle de Beauté Poitevine, mais le coloris est superbe, c’est une rouge purpurin tout à fait inconnu jusqu’à présent. Je suis décidé à envoyer une plante au moins à l'exposition internationale du cercle horticole de Lille où les connaisseurs auront l’occasion d'apprécier ce Pélargonium. Les nombreuses visites que je recois me convainquent qu'il fera sensation dans le monde horticole et je le crois digne de figurer dans le salon de la flore Lilloise.
Je suis persuadé que les publicistes, qui ne peuvent manquer de passer en revue les nouveautés qu’on enverra à l'exposition de Lille, confirmeront l'opinion que j'émets spontanément ct sans autre intérêt que celui de la vérité.
Agréez, etc.
Les auricules liégeoises de M. Jacob-Weyhe, à Liége, étaient en pleine floraison cette année, le 12 du mois de mai. Nous avons signalé cette remarquable collection en 1855 (voy. la Belg. hort. t. V, p. 521). Depuis cette époque elle n’a cessé de croître et d’embellir et elle a été sévèrement épurée de manière à n’être formée que de variétés d'élite.
Les Conifères sont cultivées d’une manière toute spéciale par M. Adrien Sénéclauze, à Bourg-Argental (Loire). Le catalogue de cet horticulteur est une véritable monographie descriptive et raisonnée de cette belle et utile section du règne végétal. Il forme un volume égale- : ment utile pour le botaniste et pour l'amateur. La collection de M. Sénéclauze est d’ailleurs une des plus belles qui soit au monde.
Le Dahlia arborea, mis dans le commerce par MM. Ch. Huber et C:, horticulteurs à Hyères, atteint la hauteur de 2 mètres ct forme une touffe ramifiée d’un vert sombre. Ses fleurs sont de couleur mauve et peuvent être comparées à celles d’une gigantesque Anémone.
Herbier Martius. — On lit dans le Gardeners Chronicle que l'herbier de feu Martius, offert par la famille au gouvernement bavarois qui l’a refusé, a été acquis par le gouvernement belge pour former la base d’un musée botanique qui serait installé à Bruxelles. Cette collection comporte : 1° un herbier général renfermant 60,000 espèces représentées par 300,000 échantillons et dont la moitié environ est d’origine brésilienne ; 2° une grande collection de Palmiers ; 5° une collection de fruits et de graines; 4° une série de-bois; 5° une collection de matières médicales et économiques formée en grande partie par Théodore Martius, professeur de pharmacie à Erlangen.
La sécheresse et les fourrages. — La correspondance agricole de l'Indépendance belge, datée de Paris 15 juin, donne au sujet des fourrages qu'on peut obtenir en culture rapide et dérobée des renseignements qui nous ont parus assez intéressants pour être consignés ici :
« Il a plu un peu en Italie, aux environs de Florence, en Toscane et en Allemagne, dans le grand-duché de Bade, mais le reste de l'Europe est en proie aux effets désastreux d’une sécheresse persistante qui constitue une situation assez alarmante.
« Les journaux spéciaux ont recommandé d’avoir recours aux divers succédanés des fourrages qui ont fait défaut, à ce point, que le foin vaut déjà plus de vingt centimes le kilogramme, mais les cultivateurs routiniers sont encore trop nombreux pour changer leurs habitudes, quoiqu'il soit temps encore d’atténuer les effets de la disette fourragère qui nous menace d’une manière si inquiétante.
« Les fameux fourrages hâtifs préconisés par M. Dezemeris et dont ils portent le nom seront d’un grand secours si on sait y recourir. Il en sera
de même de ceux que recommande le Journal officiel du 3 juin. En outre, je signalcrai à l'attention une lettre spéciale de la maison Vilmorin qui donne les détails les plus complets sur le sujet avec dosages pour les emplois isolés ou pour les mélanges, avec les cours actuels.
« Résumant ici, pour les lecteurs de l’{ndépendance, tous les succédanés connus ou recommandés à juste titre, j'en donne la liste dans l'espérance qu’elle pourra contribuer à propager et à étendre les bons exemples. Voici les principales graines fourragères qui peuvent être semées utilement jusqu’à la fin de juillet prochain :
« L’Alpiste, les Betteraves diverses, la Cameline, les Carottes, les Choux, les Choux-Navets, le Rutabaga, le Colza de printemps, les Fèves, les Haricots, la Jurasse, les Lentilles et le Lentillon de printemps, les Maïs, les Millets, le Moha de Hongrie, la Moutarde blanche ct noire, les Navets, la Navette d'été dit Quarantaine, l'OEillette grise, les Panais, le Panis et le Millet d'Italie, le Pois gris, le Raifort champêtre de l’Ardèche, le Ray-Grass d'Italie, les Sarrazins gris, argenté ou de Tartarie, le Sorgho commun à balai, la Spergule géante ou ordinaire, les Trèfles incarnat ou jaune des sables. Enfin les Vesces de printemps ou de Coulommiers. »
L’'Herborisation de la Société botanique de Belgique a eu lieu cette année, du 18 au 21 juin dans les pittoresques vallées de l'Ourthe et de l'Amblève. L'excursion, favorisée sous tous les rapports, était dirigée par M. B. Du Mortier qui, au pied de la Roche Noire, près Comblain, a retrouvé le Triticum Nardus (Vulpia tenuiflora), modeste graminée qu'il avait cucillie dans la même station il y a juste cinquante ans! Le Sedum dasyphyllum, le Sempervivum Funcki, l'Artemisia campestris, le Strutiopteris germanica, le Thesium pratense, le Lagurus ovatus, le Camelina sylvestris, Orchis ustulata et coryophora, ete., méritent d’être cités parmi les meilleures trouvailles de l'herborisation.
Bouquets de M°”° M. Leys. — Nous reproduisons, mais S. G. D.R., un fait divers qui a courru les journaux quotidiens : Un curieux pari a été fait à Londres sur la supériorité des bouquets belges ou anglais. À qui serait la palme, M. Robert Owen White avait parié pour M"° Marie Leys, épouse Van Driessche, horticulteur à Gand, et M. Brandt pour mistress Howardt boutiquière à Londres.
L'enjeu était de 40 livres sterling, plus un grand banquet. Jeudi dernier, 28 avril, on a jugé le pari.
Le jury était composé de : MM. Eyles, directeur du Jardin botanique de Londres; Veitch, horticulteur à Chelsea ; Thompson, secrétaire privé et botaniste du London Club; Williams, du palais de Cristal; Boston, horticulteur distingué de Londres cte., ete.
Le bouquet de M®° Marie Leys était fait d'orchidées; il y avait 56 variétés de ces fleurs. Il l’a emporté sur celui de Me Howardt. Les bouquets ont été examinés, pesés, mesurés en tous sens, jugés selon la théorie, la pratique, l’art, la fantaisie, l'invention, etc., etc.; ce n'était
donc pas un faible honneur que de l’emporter dans un tel concours.
Étiquettes en terra-cott{a. — Nous recommandons, par expérience personnelle, de nouvelles étiquettes anglaises, faconnées en une sorte de terre plastique, à grain très-fin et qu’on nomme terra-cotta. Ces étiquettes sont d’une bonne nuance claire et inaltérable ; on en fabrique de divers format. On inserit le not au crayon et le caractère est presque indélébile si l’on prend la peine de revêtir au préalable l'étiquette d’une mince couche de couleur à l'huile. Cependant avec un bon crayon cette précaution n’est peut-être pas indispensable. Ces étiquettes viennent d'Angleterre, le pays pratique par excellence : elles ne pourrissent pas comme les lates de bois généralement employées et cependant ne coûtent guèrc plus cher (depuis 3 fr. le cent). M. L. Zoude fils, rue Verte à Bruxelles, en tient un dépôt.
Thermomètre-avertisseur éleciroe-métallique. — M. Lemaire-Fournier, 22, rue Cberkampf, à Paris, a lancé récemment un prospectus détaillé pour faire connaitre cet instrument utile et intéressant. Il s’agit d’un thermomètre qui signale lui-même, au moyen d’une sonnerie placée où l’on veut, un abaïssement nuisible de température ou une élévation anormale de chaleur. La sonnerie peut être installée par exemple dans la chambre à coucher du jardinier ou du maïtre et à'quelque distance que ce soit du thermomètre. Le prix-courant de M. Lemaire est accompagné d’une attestation flatteuse de M. Rafarin, jardinier-chef de la ville de Paris.
On lit dans les journaux : À quoi tiennent les destinées !
Il y a quelque trente ans, deux jeunes hommes habitant la Suisse se donnèrent rendez-vous pour une partie de chasse. Le lendemain, l’un d'eux fut émerveillé de voir le fusil de l’autre, et, sur l'offre qui lui en fut faite, finit par l’accepter en échange du sien.
En route, l’un des chasseurs aperçoit un gibier et tire. L’arme éclate, lui enlève le pouce et lui crève un œil. Ramené immédiatement chez lui, il ne tarda pas à mourir des suites de ses blessures. ;
Si vous voulez connaitre le nom des chasseurs, demandez-le à Napoléon II. Il vous répondra que Fun était Jack Murray, botaniste distingué, et l’autre... le prince Louis Bonaparte.
L'Égypte agricole. — M. G. Delchevalerie, jardinier-chef de S. A. le Khédive d'Égypte, vient de fonder sous ce titre, un journal mensuel de jardinage et d'agriculture, qui se publie au Caire. Le premier numéro (juin 1870), que nous avons sous les yeux, a très-bonne apparence. L'Égypte offre à M. Delchevalerie le plus beau champ d’observation qu'il soit possible de désirer : elle est, par sa situation et par le percement de Suez, la station naturellement désignée pour la culture des végétaux des Indes et d'Australie; la fertilité du sol est proverbiale et la culture y est en grand honneur. La nouvelle revue de M. Delchevalerie peut sûrement acquérir un véritable intérêt, AS
Le Tuteur.
Délivre-moi, disait une Rose trémierc A sa petite Jardinière, De cette perche auprès de moi, Qui me gêne et me nuit, qui m'étouffe et me blesse ! — «Je te l’ai mise exprès pour garder ta faiblesse. — Me garder! vraiment ! et de quoi ?
Je me tiens toute seule en parfait équilibre ; Je suis grande et veux être libre ! »
La jardinière enleva le tuteur.
Arrive un coup de vent : il emporte la fleur.
Songez-y, mes enfants, s’il vous prenait l’envie
D'échapper à la main qui fait votre soutien,
Que c’est un grand malheur pour l’enfanec et la vie, Que de n'être tenu par rien.