DES
PELARGONIUM GRANDIFLORUM, ZONALE ET INQUINANS.
Considérations générales,
Par M. Porcuer,
Président de la Société d'horticulture d'Orléans.
Autrefois, le Pélargonium était compris dans le genre Géranium; mais les espèces en étaient tellement nombreuses, que L’Héritier, savant botaniste, vers 1778, divisa ce genre en trois : Pélargonium, Erodium et Géranium. Cette division, motivée par différents caractères, qui avait été d'abord repoussée par l’illustre Linné, fut, malgré l'opposition de quelques botanistes, définitivement acceptée.
Le Pélargonium constitue donc aujourd'hui un genre qui comprend plus de 500 espèces botaniques; mais dans le jardinage, par suite des nombreuses variétés obtenues de semis, trois seulement sont devenues des plantes de collection.
Ce sont : 1° le Pelargonium grandiflorum, à grandes fleurs, ou mieux le Pélargonium des fleuristes. Il est originaire du Cap de Bonne-Espérance; 2° le Pelargonium inquinans ou Pélargonium écarlate, de l'ile Sainte-Hélène et du Cap; 5° le Pelargonium zonale où Pélargonium zoné, originaire du Cap.
Toutefois, à ces trois espèces il convient d'ajouter le Pelargonium lateripes, Pélargonium à feuilles de licrre, duquel sont récemment issues de jolies variétés jardinières, et le Pelargonium capitatum, dit vulgairement Géranium rosat, arbrisseau de pure fantaisie. Il a donné naissance à quelques variétés, que de zélés amateurs tiennent à conserver.
Par les croisements et les semis, les horticulteurs en Angleterre d’abord, et en France depuis, ont obtenu du Pélargonium à grandes fleurs d'innombrables variétés. L'une d'elles, le P. diadematum, ancienne variété, est devenue la souche, suivant les auteurs du Manuel des Jardins, d'une série de variétés nouvelles, remarquables par l'amplitude de leurs corolles, largement évasées et bien arrondies.
Les horticulteurs, en présence de ces nombreuses variations, ontformé plusieurs groupes comprenant :
1° Les variétés proprement dites du Pelargonium grandiflorum ;
2° Celles ayant cinq macules ;
5° Celles dites fantaisie, dont le caractère spécifique est de présenter un port plus nain, plus ramassé et dont la fleur offre des combinaisons très-variées de coloris.
Quant aux Pelargonium inquinans et zonale, ces deux espèces, par suite de croisements successifs, naturels ou artificiels, se sont tellement mélangées, qu'il est à présent presque impossible de reconnaitre l’origine de la plupart des variétés qui en sont issues et d’en opérer le classement.
Les jardiniers souvent désignent à tort, sous le nom de P. zonale, des variétés provenant du P. inquinans, par la raison que les feuilles sont zonées. Mais ce caractère est par trop incertain pour servir de base à déterminer l’origine de ces Pélargonium. En effet, les savants auteurs de l’ouvrage précité, MM. Decaisne et Naudin, enseignent que cette zone quelquefois n'existe pas, ou est à peine apparente dans de certaines variétés.
Le caractère essentiel de ces deux espèces est, pour le P. zonale, d'avoir les pétales étroits et allongés, sensiblement écartés les uns des autres ct divisés en deux groupes : l’un supérieur formé de deux pétales, et l’autre inférieur se composant de trois pétales, dont la couleur typique est le rose carminé ; tandis que le P. inquinans a la fleur plus petite ct plus régulière, les pétales largement obovales, d’une teinte écarlate trèsvive dans le type de l'espèce.
Par suite de ces croisements, des modifications essentielles se sont produites dans le coloris de la fleur du P. inquinans, à un tel point que la couleur rouge primitive de l’espèce, en passant du rouge vif au rouge saumoné et orangé, est arrivée par gradation au blanc plus ou moins pur. La présence d’une zone, plus ou moins accentuée sur le feuillage, est en outre venue augmenter la confusion.
A ces causes de confusion, vient s’en ajouter une autre. Vers 1860, un
horticulteur anglais mettait en vente un Pélargonium sous le nom de Nozegay. Ce mot, en anglais, veut dire un bouquet de fleurs, ce qui semblait promettre un Pélargonium remarquable par l’ampleur et la forme de ses ombelles florales, mais il n'en fut rien. Cette variété est dépourvue d’un caractère spécial, assez distinct, pour justifier la formation d’un groupe particulier; et, bien que des semeurs en aient depuis obtenu plusieurs autres variétés analogues, il nous semble préférable de les classer au nombre des variétés émanant des P. zonale et inquinans.
De ces observations 1l résulte deux enseignements que nous croyons devoir signaler à nos horticulteurs :
En premier licu, c’est que, dans l’état actuel de la science, on doit désigner par le mot Pelargonium les variétés des P. grandiflorum, zonale, inquinans et lateripes, dont se composent leurs belles collections, et non pas celui de Geranium, qui s'applique à des arbrisscaux ou à des plantes vivaces ayant des caractères différents.
Le second enseignement, c’est qu’à raison de la confusion résultant des eroisements successifs, les variétés provenant originairement des zonale et 2nguinans, ne doivent former qu'un seul groupe.
Toutefois, il est bien permis aux horticulteurs marchands, pour faeiliter aux amateurs le choix des variétés nouvelles qui leur sont offertes, d’en former plusieurs groupes, comme par exemple :
1° Pelargonium zonale et inquinans, variétés à fleurs doubles ;
20 Idem variétés à feuilles panachées ;
3° Idem variétés à feuilles marginées de blanc;
4° On comprendrait même qu’on puisse établir deux grandes divisions, l’une à fleurs d’un coloris foncé et l’autre d’un coloris clair.
5° Quant aux P. lateripes ou à feuilles de lierre, ils doivent former nécessairement un groupe particulier, car ils ont une origine particulière, et les variétés, quant à présent, ont conservé le caractère du type.
RES JARDINS DE: LISTAME DELSUEZ
PAR M. DEeLCHEVALERIE, Jardinier en chef de S. A. le Khédive.
(Suite, voir page 45.)
Le canal d’eau douce d’Ismaïlia prend l’eau dans le Nil près du Caire et passe par Zagazic, où se trouve une écluse à vannes pour retenir les eaux du Nil pendant la crue, afin de maintenir le niveau des eaux du canal d'Ismaïlia à la hauteur voulue pour les irrigations du domaine de l'Ouady, etc.; le canal d’eau douce à son arrivée à Ismaïlia, traverse des
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sables mouvants, qui, pendant le Khamsin, viennent rouler sur les berges et les rempliraient complétement par la suite, si un ingénieur chargé de l'entretien du canal ne faisait déblayer ces sables au fur et à mesure qu'ils veulent envahir les berges; l’'embranchement du canal d'eau douce qui va d’Ismaïlia à Suez en longeant le canal maritime, traverse au sortir d'Ismaïlia, le Serapeum, où les sables sont très-mouvants; ils envahiraient complétement le canal, si après le Khamsin les ouvriers ne venaient le deblayer. Dans tout le reste du parcours du canal, les sables sont solides, et le désert est recouvert en ces endroits, de pierrailles et de gros gravier que le vent ne saurait emporter.
Il serait à désirer que des plantations fussent établies sur les bords du canal d'eau douce aux environs d’Ismaïlia et au Serapeum, sur plusieurs kilomètres de largeur dans tous les points où l'irrigation serait possible, afin d'arrêter ces sables et de les empêcher d'arriver se jeter sur les berges. Sur le canal maritime, des plantations analogues seraient d’une grande nécessité aux seuils d'El-Guirsh et d’El-Ferdane, et surtout, au Serapeum, où les sables sont très-mouvants ; en établissant des plantations sur ces points, qui fixeraient les sables jusqu’à une distance de trois ou quatre kilomètres, et plus, les végétaux empécheraient par leurs racines et l’abri de leur propre feuillage, les sables de se déplacer ct d'aller rouler sur les berges du canal; en même temps la cime arrêterait les tourbillons de sable qui volent en l'air et qui viennent parfois de très-loin. Tel est le moyen, ce nous semble, par lequel on empécherait les sables d’envahir le canal d’eau douce et le canal maritime, qui traversent tous deux le Serapeum, le point le plus dangereux de tout le parcours. Pour le canal maritime, il n’y aurait que la rive Afrique à fixer; les vents qui entraînent avec eux des tourbillons de poussière venant toujours du Sud-Ouest, la berge Afrique seule est exposée aux envahissements des sables mouvants, tandis que les sables de la cime des berges de la rive Asie sont emportés de l’autre côté du canal maritime dans le désert.
Les parties du canal qui traversent les lacs amers, de plus de 40 lieues de tour entre Ismaïlia ct Suez, le lac Timsah à Ismaïlia et le lac Menzaleh à Port-Saïd sont complétement à l'abri des sables qui pourraient venir rouler sur les bords, ils n’arriveraient jamais à atteindre le chenal. Ce n’est que depuis la réunion des deux mers que les lacs amers et le lac Timsah sont constitués; auparavant, c’étaient d'immenses dépressions de terrains, au fond desquels se trouvait une couche épaisse de sel marin où aucun végétal ne pouvait vivre. Les lacs amers, n’ont pu être remplis qu’en six mois de temps, et il a dü passer pour cela, par le canal, 1,700 millions de mètres cubes d’eau.
En approchant de Port-Saïd, le canal maritime en traversant le lac Menzaleh, en mit une partie à sec. Toute la portion du lac qui se trouve sur la rive Asie entre Port-Saïd et les ruines de Péluse est complétement
desséchée aujourd'hui, et forme une plaine immense de plus de 20 mille hectares d'excellentes terres d’alluvions, qui ne demandent qu'à être drainées et à y introduire l’eau du Nil pour les désaler ; on pourrait alors y semer le Cotonnier, le Ricin ou autres plantes qui se plaisent et qui prospèrent bien dans les terrains saumâtres ct y produisent des récoltes abondantes.
Les berges du canal maritime ont un degré d’inclinaison suffisant dans toutes ses parties. Pour les revêtir de verdure ce n’est pas chose facile dans un pays où la pluie du ciel fait complétement défaut. Il faudrait une plante qui puisse vivre en bas des berges de l'humidité de l’eau de mer et qui envahisse ensuite les talus de bas en haut, car la compagnie ne fera pas les frais nécessaires pour irriguer les berges à l’eau douce pour y établir des plantations qui alors réussiraient à merveille. Nous avons observé une Ficoïde cristalline, originaire d'Égypte (Mesembrianthemum cristallinum) qui croit dans les sables salins, et qui recouvre les buttes du désert de Rhamlé à Alexandrie où on la rencontre jusque dans des couches de sel. Cette plante dont on pourrait semer des graines sur les talus du canal, à titre d'expérience, parviendra peut-être à envahir les berges tout comme elle envahit les talus de Rhamlé. Cette plante produit de la soude.
On trouve aussi en Egypte des graminées qui croissent dans les sables, mais seulement dans les bas fonds humides : l’Arundo arenaria, l A. Egyptiaca et le Cynosurus echinatus conviendraient beaucoup pour fixer les sables, mais les moyens de propagation sont très-difficiles dans un sol complétement privé d'humidité pendant toute l’année et pour lequel, on ne veut faire aucun frais d'arrosage à l’eau douce.
Il serait à désirer qu’on élargisse le canal d’eau douce de l’Isthme, et qu'on ouvre la portion qui reste à faire entre Ismaïlia et Port-Saïd, car les deux tuyaux de fonte qui conduisent l’eau du Nil d’Ismaïlia à Port- Saïd sont insuffisants, et cette dernière ville ne pourra se voir entourée de plantations et de verdure que lorsqu'elle aura de l’eau douce en quantité pour désaler son sol.
À Port-Saïd, il existe un seul jardin, et Dieu sait ce qu’il coùte d’eau par an. Il faut être amateur comme l’est le Docteur Zarb pour se payer un jardin à Port-Saïd. Ce jardin situé sur le quai Eugénie, en face le rivage de la mer, dans les dépendances de l’hôpital, renferme une foule de végétaux des régions tropicales d’un grand mérite, dont la culture à l'air libre peut nous donner une idée des plantes exotiques qu’on pourrait introduire et cultiver dans la vallée du Nil.
Parmi les arbres d'ornement les plus remarquables de ce jardin sont : le Calliæa dichrostachys, jolie Mimosée se couvrant à profusion de belles fleurs bicolores, les Orangers, les Grenadiers et les Bananiers y produisent des fruits succulents, les plantes grimpantes sont : la Passiflora fœtida, lAristolochia cordata, le Bryopsis laciniata, l'Ipomea quamoclit, alba,
coccinea et rosea, les plantes à feuillage ornemental telles que Alocasia macrorhiza, metallica, albo-violacea, euchlora, Colocasia Bataviensis et Nymphaæifolia, les Caladium Baraquini et bicolor, le Philodendron pertusum, qui mürit ses fruits à Port-Saïd; l’Ananassa qui les mürit aussi passablement bien, les Æchites nutans, Argyrœa nervosa, Rivinia tinctoria, le Calon: met or sanguinolentum, etc.
Les plantes à feuillage ornemental comme les Alternanthera paronychioïdes, spathulata et amæna, le Teleianthera versicolor, les Achyranthes Verschajfeltii, Cineraria maritima, Canna, etc., décorent aussi les platesbandes du jardin du docteur Zarb. Dans une petite Orangerie on trouve le Selenipedium caudatum, l'Oncidium Papilio, le Dendrobium pulchellum, le Stanhopea tigrina et bien d’autres plantes remarquables que la place nous manque pour les mentionner ici.
A Ismaïlia, tout le monde a son jardin depuis le président de Lesseps jusqu'aux petits employés; chacun cultive ses Radis, ses Salades; le Pelargonium zonale iei comme en Europe occupe la première place dans les jardins. Quelques uns des jardins d’Ismaïlia renferment des collections de végétaux d'ornement, fruitiers ou potagers du plus grand mérite. Nous citerons en première ligne, le jardin qui entoure le chalet de M. de Lesseps, situé quai Méhémet-Ali, juste en face du lac Timsah, afin que du balcon on puisse voir passer les vaisseaux qui se croisent dans le lac pour aller d'Europe dans l’extrême Orient et vice-versa.
Le jardin de M. de Lesseps offre une végétation vigoureuse et touffue qui abrite du soleil, le meilleur but que puissent atteindre les jardins d'agrément en Egypte.
Dans le jardin on remarque des arbres d'ornement, principalement le Murier blanc, le Filao, le Laurier rose, le Poinciana Ce le Robinia pseudo-A cacia, des touffes énormes de Duranta Plumieri etc., se couvrant au printemps de jolies grappes pendantes de fleurs bleues violacé et d’un nombre égal de grappes de fruits jaunes à l’automne du plus bel effet. Les Bananiers, les Figuiers, les Canna et autres plantes à feuillage ornemental s’y développent admirablement; enfin, les Rosiers, Pélargonium Zonales, Petunia, OEillets d'Inde et bien d’autres fleurs, abondent dans les parterres de ce jardin.
La maison du président de Lesseps, est la maison du bon Dieu. On y est recu avec la plus aimable courtoisie ; aussi les employés de la Compagnie et les nombreux amis du président, ne manquent-ils jamais de s’y réunir le soir; les dames y viennent avec leurs maris; souvent après le diner, les fanfares d'Ismaïlia viennent jouer des airs charmants dans le jardin devant le péristyle ; les quadrilles, valses et polka se succèdent, et bientôt les salons sont envahis par les danseurs ; telle est la facon dont on passe ses soirées dans les sables désolés du désert de l’Isthme.
Au moment des fêtes de l’ouverture du canal le 18 novembre dernier, les bords du lac Timsah, en face le chalet du président étaient occupés
par une grande fête arabe où s'étaient donnés rendez-vous tous les gouverneurs, les autorités du gouvernement égyptien avec les cheiks, les derviches et les almées qui nous faisaient chaque soir la fantasia sous le tente. Le 18 eut lieu le bal offert par le khédive en son nouveau palais d’Ismaïlia, où nous avions exhibé nos plus belles plantes des jardins vice-royaux du Caire, Latania, Zamia, Cycas, Corypha, Fougères arborescentes, etc.; à ce bal assistaient l’impératrice Eugénie, l’empereur d'Autriche, le prince royal de Prusse et de Hollande et plus de quatre mille personnages de distinction de tout pays.
Un jardin improvisé par nous dans une grande salle en bois annexée au palais inachevé le rendait confortable et très-propre à recevoir les invités de Son Altesse le khédive.
Dans la soirée, la ville d'Ismaïlia était illuminée; sur les dunes les plus élevées des environs de la ville étaient montées des pièces d’artifice pour la nuit.
Le chälet de M. Voisin Bey de la direction générale, situé également sur le quai Mehémet-Ali, est également entouré d’un jardin renfermant une végétation exubérante de Dattiers, Muriers, Erythrines, Filao, Figuiers, Bananiers, Duranta, Lauriers roses, cte.; c’est un des jardins les mieux entretenus et où les végétaux sont les plus vigoureux de l’Isthme. Les Pélargonium zonales comme toujours, les Rosiers, Pétunia, Ageratum, Verveines, Lantana, etc., décorent les parterres et les plates bandes. Les grilles de leur côté sont recouvertes de plantes grimpantes telles que Ipomea digitata, Cryptostegia grandiflora, Lablab vulgaris, etc.
Le jardin du Docteur Aubert-Roche, médecin en chef de la compagnie, est le plus intéressant d’Ismaïlia au point de vue de la culture et des plantes rares.
Les plantes grimpantes y sont nombreuses et recouvrent les grilles et les palissades; l’Argyreia nervosa, l'une des plus belles de ce jardin, monte jusqu’au deuxième étage de la maison et recouvre une étendue considérable de treillages; l’Ipomea Horsfaliæ, non moins jolie plante grimpante donnant de grandes et belles fleurs —- l’Zpomea digitata, le Boussaingaultia, les Volubilis, les Clematis et la Vigne, y garnissent Les verandas et les clôtures de ce jardin.
L’Ananas cultivé et l’'Ananassa sativa variegata sont très-répandus dans ce jardin, et y fructifient assez bien, l'Udhea bipinnata des jardiniers (Cosmophyllum cacaliæfolium) et le Ficus elastica ÿ acquièrent une végétation vigoureuse.
Les Bananiers cultivés le long des murs à l'abri du vent, s’y développent avec une grande vigueur et produisent d'excellents fruits; l’Abricotier et le Pécher y fructifient également bien. — Le Mürier, le Médicinier, le Solanum Warcewiczi, le Bambou de l'Inde et autres arbres d'ornement s’y développent vigoureusement. — Les Asperges y produisent deux fois l'an, mais s’épuisent plus rapidement dans les sables que dans les terrains
d’alluvions. — Le Persil, les Radis, les Oignons, les Haricots, les Laitues, les Choux-fleurs, cte. produisent d'aussi beaux résultats dans ce jardin que dans les jardins potagers d'Europe. |
Après le jardin du Docteur Aubert-Roche, vient celui de l’usine à eau, qui envoie l’eau du Nil à Port-Saïd; planté, il y a quelques années à peine, il est déjà entouré de rideaux de Peupliers d’une grande élévation.
En face de l'habitation du directeur, M. Pierre, se trouve une petite partie pittoresque, arrangée avec goût; des pièces d’eau, des cascades, des ruisseaux où l’eau murmure, etc., se dessinent agréablement à la vue. Les arbres d'ornement tels que Muriers, Peupliers, Acacia, ete., y sont trèsvigoureux. — Les Orangers, les Mandariniers, les Cédratiers, les Figuiers, les Abricotiers, Pêchers, Bananiers, etc., y produisent d'excellents fruits. — La Vigne y occupe une large place et produit abondamment et d’excellents raisins, qui commencent à mürir en juillet et se conservent à l'abri du soleil jusqu'à la fin d'octobre. La vigne d'Egypte produit des grappes de raisins d’une beauté et d’une grosseur peu communes ; malheureusement les graines ont la peau un peu dure; néanmoins ils sont trèssucrés et excellents pour la table; en essayant un grand nombre de vignes de différents pays, il serait peut-être possible avons-nous dit, de trouver des espèces propres à donner du vin dans le désert.
En haut du jardin de l’usine se trouve une pièce d’eau remplie de Lys du Nil (Welumbium speciosum). C'est le seul jardin de l'Egypte, où l’on rencontre cette belle plante, et qui flcurit abondamment.
On trouve encore à Ismaïlia d’autres jardins où il existe des plantes intéressantes, mais dont la place nous manque pour être mentionnées ici.
Au seuil d’'El-Guirsh, se trouve aussi un magnifique jardin eréé par M. Djoya, ingénieur de l'Isthme, et dans lequel on remarque des Filao de l'Ile Maurice et des Eucalyptus qui n’ont que trois ou quatre ans et dont le tronc mesure déjà 0,60 centimètres de circonférence à la base sur 8 à 10 mètres de hauteur.
À Suez les jardins sont presque aussi rares qu'à Port-Saïd ; celui de l'usine Lasscron et Marini est bien entretenu et renferme à peu prés les mêmes végétaux que les jardins d'Ismaïlia. Quelques maraîchers fournissent des légumes aux navires qui passent par le canal, et qui touchent à Suez.
À quelque distance de Suez, sur la côte arabique se trouvent un bouquet de verdure, au milieu duquel se trouvent les sources de Moïse qui les fit jaillir d’un rocher en le frappant de la verge d’Aaron.
MIMULUS QUINQUEVULNERUS , VAR.