LE JARDIN BOTANIQUE DE BRUXELLES
Cet établissement, qui appartenait jusqu'ici à la Société d'horticulture de Belgique, est définitivement acquis par le gouvernement belge au prix d’un mïüllion. Cette acquisition a été faite en vue de donner au jardin de Bruxelles une plus grande importance botanique et horticole. Un nouveau règlement organique a été approuvé par le ministre. Une commission administrative a été nommée; eile se compose de M. B. Du Mortier, président; Putzeys, vice-président, Doucet, secrétaire, Linden, Ronnberg, Stevens et Waroquié. M. Bommer, conservateur des collections a été chargé de la direction privisoire; M. L. Lubbers a été nommé chef de culture.
Par suite de cette acquisition, de l'achat de l’Herbier Martius et d’autres collections analogues il sera facile de doter la capitale de Belgique d’un
établissement botanique analogue à ceux dont s’enorgueillissent la plupart des capitales de l’Europe.
Le Balletin du Congrès international de botanique et d'horticulture de St-Pétersbourg en mai 1869, vient d’être publié. Il forme un volume de 244 pages du même format que les Bulletins des congrès précédents tenus à Bruxelles, à Amsterdam, à Londres et à Paris : il est rempli de savantes et intéressantes communications. Nous avons recu les exemplaires destinés aux membres belges du congrès, auxquels nous nous sommes empressés de les transmettre.
Nous ne saurions entreprendre une analyse de ce Bulletin, composé d’un grand nombre de documents scientifiques. Nous signalerons un peu à la hâte quelques mémoires :
Sur la circulation de la sève, par le professeur Willkomm.
Sur l'amélioration des races chez les plantes cultivées, par M. Jüblke. Sur l’Agave Jacquiniana, par le professeur Weisse.
Sur l’Opuntia Rafinesquii, par le professeur Munter.
Sur les Characées, par le même.
Sur l’influence de la lumière, par le professeur Morren.
Sur la flore grecque, par le professeur Orphanides.
Sur l’amélioration des plantes cultivées, par M. le comte de Gomer. Sur les parasites des Céréales, par le Dr Fischer de Waldheim.
Sur la production fruitière, par M. Cu. Baltet.
Sur la fécondation des Strelitzia et des Hedychium, par M. H. Lecoq. Sur les formes des arbres fruitiers, par M. Van Hulle.
Sur la culture des Azaleas, par M. Jean Vervaene.
Sur les arbres de la Russie méridionale, par M. Andrew Murray.
NOTICE SUR QUELQUES CONDIMENTS CHINOIS FOURNIS PAR LA FAMILLE DES XANTHOXYLACÉES, par LE D° W. F. Dane,
Chirurgien-major, membre de la Société Linnéenne de Londres, etc. (1),
TRADUIT PAR M° ALr.. Preupnomme DE Borne,
Conservateur au Musée royal d'histoire naturelle de Belgique. I. Poivre Chinois ou Japonais (Xanthoxylum piperitum D.C.).
Entre autres produits alimentaires exposés en vente dans les boutiques des épiciers des diverses provinces de l'empire chinois, on remarque des collections de petits fruits séchés, qui sont les capsules déhiscentes ou carpelles d’une plante appartenant à la famille naturelle des Xanthoxylacées (2). Ces fruits sont usités comme condiments tant au Japon qu’à la Chine. Leur exportation par les ports de mer de la première de ces contrées les a fait nommer : Poivre du Japon; mais on pourrait à tout aussi bon droit les appeler : Poivre de Chine. Dans ce dernier pays, ils sont connus sous le nom Hwa-Tseaou.
Nous n'avons eu jusqu'ici que peu de renseignements sur la source de ce produit. M. D. Hanburg (5) a récemment fait connaître que celui des boutiques chinoises est fourni exclusivement par le Xanthoxylum alatum Roxe. Cette assertion ne paraît pas cependant être exacte; au contraire, d’après mes recherches, il serait le produit d’une espèce trèsdifférente, À. piperitum D. C. (Fagara piperita L.). Lors de la dernière expédition dans le nord de la Chine, l’armée en marche a pu souvent voir les cultures de cet arbre, depuis l’embouchure du Peïho jusqu’à Hang-Chow. Des arbres isolés croissent sur les terres des fermes chinoises des bords du fleuve entre Taku et Tientsin. On le voit aussi : cultivé dans quelques-uns des jardins des villages de Sinho, Taku, cte.,
(1) The Annals and Magazine of natural History, série IL, t. X, 1862, p. 195.
(2) Les Xanthoxylacées, aussi appelées Zanthoxylacées, du nom de leur genre principal, constituent une famille exotique de Dicotylédones polypétales hypogynes, à fleurs diclines, se rapprochant de la famille des Rutacées, tandis que, sous d’autres points de vue, elles présentent quelque affinité avec les Térébinthacées. Comme ces dernières, elles renferment des principes aromatiques très-puissants. On en trouve dans l’Ancien et le Nouveau Continent. L’espèce la plus connue est le Poivrier d’Amérique (Schinus Mulli). Tran.
(5) Pharmacetical Journal, sér. IT, vol. IL, p. 555. ;
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aux environs et dans les cours de quelques-uns des yamoun (1) de Tien-tsin, et dans un ou deux de ceux de la ville de Peitang. C’est un arbre touffu, d’une taille médiocre (4 1/2 à 6 mètres), à branches serrées, flexueuses, épineuses, fleurissant en juin et juillet, et abondamment couvert, lorsque le fruit murit, c’est-à-dire en octobre, de grappes nombreuses de baies d’un rouge intense. Dans cette circonstance, il a un aspect très-brillant, et se distingue facilement de tous les arbrisseaux qui l’environnent; vu à distance, il n’est pas sans avoir quelque ressemblance avec notre Aubépine d'Europe (Cralæqus oxyacantha). En octobre et novembre, les habitants du faubourg de Tien-tsin s’occupaient à cueillir les capsules mûres pour la provision d'hiver ; dans le but de m’assurer si elles étaient identiques avec le fruit séché mis en vente sur les marchés locaux, je présentai les branches chargées de fruits à divers boutiquiers de la ville, qui, sans hésiter, me déclarèrent que c'était le même produit. En les comparant, on ne trouvait aucune différence dans le goût, ni dans l'odeur. Ce qui me porte à supposer que cette espèce est connue dans d’autres parties de la Chine, c’est que beaucoup de soldats des provinces méridionales, faisant partie du corps des Coelies attaché à l’expédition, recueillaient ce fruit pour leurs repas journaliers, chaque fois qu’ils en avaient l’occasion. En suite d’une distribution géographique aussi étendue, il est probable qu’il doit exister diverses variétés de ce végétal; l’une d'elles (caractérisée par des folioles plus larges, une inflorescence en panicule, et des épines en petit nombre ou même manquant tout-àfait), était quelquefois apportée sur les marchés de Fort Taka, dans le Sud. J'ai vu que les habitants de la côte et d’autres districts du Petchili cueillaient souvent le fruit avant sa maturité, tant pour leur consommation que pour le commerce.
Quoique les Xanthoxylacées se rencontrassent plus ou moins abondamment dans toute la contrée qui fut le théâtre de la guerre, je n'ai jamais pu découvrir le X. alatum ; s’il avait constitué la source des condiments employés par la population de la Chine septentrionale, il se serait certainement trouvé dans les cultures; probablement donc il n’en est rien. On a supposé que ce poivre, indépendamment de son usage comme épice, possédait certaines propriétés médicinales, et agissait comme antidote contre les poisons. Néanmoins, il n’est jamais vendu comme médicament dans les drogueries, et on ne le trouve à acheter que dans les magasins de substances alimentaires. De tout ce que je viens de dire, on peut conclure que l’article nommé Poivre de Chine, exporté par différents ports de mer, est fourni dans une grande proportion par le X. piperitum D. C.
(1) On appelle yamoun les maisons de campagnes, toujours entourées de pares ou jardins d’agrément, qui servent d’habitation aux Chinois de distinction, vulgairement connus sous le nom de Mandarins. Tran.