HORTICULTURE
NOTICE SUR LE TILLANDSIA LINDENI more, var. REGELIANA.
Plante nouvelle de la famille des Broméliacées.
Représentée ci-contre planche XI,
pAR M. Epouarp MOoRREN.
Tillandsia Lindenfi E. Morr. Mse. Linnex, Cat. n° 25 (1869-70), p. 9. — Belgique horticole, 1869, p. 521, tab. XVIIT.
Syx. Tillandsia cyanea Linp. Expos. univ. Paris, 1867.
— Vriesia Lindeni Cu. Leu. Ill. hortic. 1869, tab. 610. — Tillandsia (Wallisia) Morreniana Rex. Gartenflora, 1870, p. 41.
Tillandsia Lindeni var. Regelianma E. Monr. spica subquinqusflora, bracteis inferioribus viridibus, petalis fauce albis. Ti/!. Lindeni Ror. Ind, sem. h. Petr. 1868, p. 92. — Till. Lindeniana Rez. Gartenfl. 1869, p. 195 (cum icon. hic. iterat.); id., 1870, p. 40. In cald. Lind. ann. 1868 seminip. orta.
Foliis dense rosulatis, patente-recurvis, subulato-ensiformibus, supra glabris, subtus minutissime laxeque punctato-lepidotis; spica disticha subquinqueflora; floribus maximis, azureis, fauce albis ; genitalibus inclusis ; staminibus omnibus petalorum unguibus adnatis; stigmate trilobo (lobis apice connatis?); placentis multiseriatim ovulatis.
Acaulis, subglabra. Folia dense rosulata, patente-recurva, a basi latiore vaginata subulato-ensiformia, attenuato-acuta, concava, integerrima, circiter 8 pollices longa, supra basin circiter 1/2 poll. lata, olivaceo-viridia; supra glabra, basin versus nervis rubris picta ; infra e basi ad apicem nervis purpurascentibus picta, sub lente minute laxeque punctato-lepidota. Scapus simplex, folia circiter aequans, foliis decrescentibus vestitus. Spica terminalis, simplex, disticha, ovata, circiter 5-flora. Bracteae imbricatae, lanceolato-oblongae, acutissimae, glabrae, inferiores virescentes, superiores e roseo purpurascentes, basi concavae, apice carinatae, florum tubum aequantes. Flores in bractearum axillis solitarii, sessiles, maximi. Calyx 5-sepalus ; sepalis anguste lanccolatis, acutis concavis, in tubum convolutis, corollae tubo paullo brevioribus. Corolla 3-petala. Petala longe unguiculata ; ungues albi, in tubum pollicarem convoluti, basi nudi; lamina usque 11/2 poll. longa, patentissima v. subrecurva, rotundato-ovata, apice acuta v. obtusa margine paullo undulata, specioso-azurea, basi macula alba ornata. Genitalia inclusa. Stamina 6; filamenta petalorum ungue per paria adnata; antherae liberae, lineari-subulatae, biloculares, basi sagittato-emarginatae. Ovarium triloculare; placentae loculorum angulum centralem occupantes, multiovulatae, ovulis
multiseriatis, stylus brevis, filiformis; stigma trilobum, lobis linearibus apice con- "
natis. Regelin Annotat. botan. Ind. sem. h. J. Petropolit. 1868, p. 92 (sub. T. Lindeni).
Recez, Gartenflora, 1869, p. 193, tab. 619 (hic iter.) et Gartenfl., 1870, p. 40. —.
Confer : En. Morren, Belgique horticole, 1869, p. 322 et 1870, p. 98-99. — C. Kocu, Wochenschrift, 1870, n° 25, p. 197.
Patria (dicitur) Ecuardor prope Zazoranga. Legit Wallis. Accepimus ex horto Lindeniano. Sect. Wallisia, Rec. Filamenta petalorum unguibus adnata. Stigma trilobum lobis apice connexis. Ovarii placentae multiserialiter ovulatae. Rec. Ann. bot. in Ind. sem. h. Imp. Petrop., 1868, p. 92. — Confer : Gartenflora, 1869, p. 193. Belg. horticole, 1870, p. 97.
ne des plus charmantes introductions de notre
les. De son feuillage en rosace s'élève une tige qui s’épanouit en fleurs superbes du plus beau bleu. Cette floraison a lieu au mois de mars et se continue pendant plusieurs semaines; la couleur bleue est la plus rare et partant la plus recherchée parmi les fleurs. La plante est de serre chaude et se plaît dans un mélange de terre de bruyère légère et de sphagnum. Elle est voisine du Tillandsia anceps Lo». et surtout du T. xiphioïdes Ker.
La plante se trouve depuis trois ans dans le commerce confondue avec le Tillandsia (Vriesia, Wallisia) Lindeni que nous avons décrit et figuré l’année dernière dans la Belgique horticole (1869, p.321). Plusieurs personnes qui avaient demandé ce Tillandsia Lindeni ont vu fleurir la plante telle que nous la figurons aujourd’hui. Cette confusion n’est pas imputable à M. Linden; elle provient d’une certaine incertitude où l’on se trouve sur son origine. M. Regel assure, d’après une note de M. G. Wallis lui-même, que la plante aurait été trouvée par ce voyageur près de Zazoranga dans l’Ecuador où il aurait recueilli les graines qu'il a envoyées à M. Linden. Mais notre confrère de Bruxelles n’est pas de cet avis et voici ce qu’il nous écrit: « quant au Tillandsia Lindeni, c’est « par inadvertance que Regel a transféré ce nom à l'espèce ou variété « dont vous m’envoyez le portrait et voici comment la chose est arrivée. « Le jardin botanique de St Pétersbourg avait recu une jeune plante de « semis que je crois provenir de l’exemplaire qui a figuré à l'exposition « de Paris. Je ne puis admettre qu’elle soit levée de graines reçues di- « rectement de l’Ecuador, attendu que Wallis a quitté le Pérou septen- « trional en 1865, tandis que les semis datent de 1867. Je crois ferme- « ment que les plantes de semis proviennent de l’exemplaire fleuri que « vous avez baptisé à Paris. Quoi qu’il en soit, vous avez dû prendre date « pour le nom; l’espèce primitive a été décrite et figurée dans la Belgi- « que horticole, aussi bien que dans l’Illustration et elle a, de plus figuré « aux principales expositions de l’Europe. Je dois donc tenir à ce que « le nom lui reste. »
célèbre confrère et ami M. Linden, de Bruxel-
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Voici à quel concours de circonstances ces dernières lignes font allusion. M. Linden présente à l'exposition universelle de Paris, en 1867, une Broméliacée à laquelle nous dounons le nom de Tillandsia Lindeni. Elle figure sous ce nom dans les catalogues de cette exposition et dans les comptes-rendus qui en ont été publiés. Elle est annoncée et sommairement décrite dans les catalogues de M. Linden pour 1868 et pour 1869. C’est la plante qui a paru dans la Belgique horticole 1869, page 321, planche 18, et, quelques mois plus tard, dans l’{{lustration horticole, sous le nom de Vriesia Lindeni.
Mais d’un autre côté, M. Regel décrivait, dans les Annotations botaniques du Catalogue des graines récoltées au jardin botanique de St-Péters-
bourg pour 1868, un autre Tillandsia Lindeni, celui-la même dont il a
donné la représentation dans le Gartenflora pour 1869, page 193, planche 619 : c’est la plante que nous figurons aujourd'hui dans la Belgique horticole. Elle est d’une apparence bien différente de la première. Il y aurait donc eu deux Tillandsia Lindenti, l'un de M. Regel, l’autre de nous, ce qui n’est pas possible. M. Regel invoquant la loi de priorité en faveur de sa description scientifique de 1868 dans le Catalogue de St-Pétersbourg, a, dans le Gartenflora 1870, p. 40, maintenu le nom de T. Lindeniana pour sa plante et proposé celui de Tillandsia Morreniana pour la nôtre. Nous sommes honoré de cette marque de courtoisie et la plante est si jolie que nous n’aurions pas demandé mieux que de lui attacher notre nom, mais nous croyons que cet honneur nous échappera pour les deux raisons suivantes :
D'abord notre nom de T. Lindeni date de 1867, et celui de M. Regel de la fin de 1869. Le nôtre a en sa faveur la publicité des expositions et des catalogues de M. Linden. Nous reconnaissons que celui de M. Regel peut invoquer l'autorité d’une description complète et scientifique.
Ensuite, il résulte de la lettre de M. Linden, reproduite plus haut, que la plante de M. Regel ne serait autre chose qu'une descendance de
la nôtre. S'il en est ainsi, elles sont incontestablement de la même
espèce. Cela peut paraître étrange à première vue, tant les différences extérieures sont considérables, notamment le nombre et la couleur des bractées et la tache blanche de la base des pétales. Mais en y réfléchissant un peu, on reconnait que ce sont là des différences plus apparentes que profondes. Le nombre des bractées ne diffère que du plus au moins. Leur couleur rose sur le 7. Lindeni type cst bien éphémère : elle disparaît après la floraison. Nous pouvons faire à ce propos la même observation pour le Vriesia splendens, dont les bractées orangées pendant la floraison deviennent vertes pendant la fructification.
Plusieurs espèces de Broméliacées tendent à s’amoindrir dans nos serres : nos lecteurs en connaissent un exemple, celui du Vriesia brachystachys Rec. qui est positivement une variété du Vriesia psittacina.
Quant au feuillage il parait, en tous points, identique dans les deux plantes.
D'ailleurs toutes les considérations théoriques cèdent devant le fait.
M. Linden affirme que la plante de M. Regel est issue de graines fournies par la nôtre : dès lors, il n’y a pas à en douter, elles sont de la même espèce, et la première est une variété de la seconde. Nous lui donnons le nom de M. Regel, qui l’a fait connaître.
De tout cela il résulte que la plante doit, selon nous, porter le nom de Tillandsia Lindeni Morr. var. Regeliana.
Cette variété diffère du type par son épi pauciflore, ses bractées vertes, et ses pétales marqués de blanc à la gorge. (Nous ne saurions admettre pour le moment les différences signalées par M. Regel (Grtfl., 1870, p. 41) dans l'insertion des étamines et les lobes du stigmate.
Description. Acaule et à peu près glabre. Feuilles en rosace serrée, étalées, recourbées, allant en s’amincissant depuis leur base engainante jusqu’à leur extrémité qui est aiguë, concaves, absolument entières sur les bords, longues de 8 pouces environ sur un demi-pouce de large à leur origine au-dessus de la gaine, de couleur verte tirant sur lolive, lisses sur la face supérieure avec quelques nervures rougeñtres vers la base; ces lignes rouges sont beaucoup plus prononcées à l’envers des feuilles où l’on discerne aussi quelques petites écailles furfuracées. Ces feuilles ne sont pas précisément membraneuses, mais assez épaisses. La tige florale, c’est-à-dire la scape, est simple, à peu près de la longueur des feuilles et couverte de feuilles successivement plus petites qui se réduisent bientôt à l’état de bractées apprimées, nombreuses, serrées, aiguës, imbriquées, vertes. L'inflorescence est en épi terminal, simple, distique, ovale, comprenant, paraît-il, environ cinq fleurs. Celles-ci sont accompagnées de bractées imbriquées, lancéolées, oblongnes, fort aiguës, glabres, les inférieures vertes, les supérieures passant au rosepourpre, concaves à la base, carénées au sommet, égalant le tube des fleurs. Celles-ci sont solitaires à l’aisselle des bractées, sessiles, trèsgrandes. Calice à 3 sépales, étroitement lancéolés, aigus, concaves, enroulés en un tube un peu plus court que celui de la corolle. Corolle tripétale. Pétales longuement onguiculés, à onglet blanc, enroulés en un
tube d’un pouce de longueur, nus à la base; lame longue d’un pouce et
demi, parfaitement étalée ou bien un peu recourbée, ovale-arrondie, aiguë ou obtuse à son sommet, un peu ondulée sur les bords, d’un beau bleu d’azur, sauf à la base qui est ornée d’une mouche blanche. Les organes de la reproduction sont cachés. Les étamines, au nombre de 6, ont
leurs filaments soudés par paire à l'onglet des pétales; les anthères sont
libres, linéaires, subulées, biloculaires, découpées en fer de flèche à la
base. Ovaire triloculaire, les placentas occupent l’angle central des loges et portent plusieurs rangs d’ovules. Le style est court, filiforme; le stig=M
mate est trilobé, à lobes linéaires connés au sommet.
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BULLETIN
Keinture des Gyncrium et autres graminées. On aime quelquefois à teindre les grands panaches blancs et soyeux du Gynerium pour en composer des bouquets. On leur donne au moyen des couleurs d’aniline, les nuances les plus vives et les plus variées : la fuchsine, par exemple, leur communique la belle teinte des Fuchsia. D’autres graminées plus petites et plus délicatès sont susceptibles de recevoir les mêmes teintures, ainsi que les Immorteilles, Helichrysum, Gnaphalium, Xeranthemum, etc., mais ces fleurs ayant une couleur fondamentale doivent être au préalable, blanchies soit au chlore, soit à l’acide sulfureux.
Le mordant le plus généralement employé pour les couleurs d’aniline est l’oléate d’alumine obtenu par double décomposition de l’oléate de Soude et de l’alun. En trempant les fleurs dans une solution de savon, puis dans l’alun, on obtient une précipitation blanche qui est avantageuse à la surface des plantes. Il suffit alors de les tremper dans une solution à l’eau, à l’alcool, ou mieux encore à l’eau additionnée de savon. Ce dernier dissout toutes les couleurs d’aniline; de très-petites quantités de teinture sont suffisantes.
Voici un autre procédé, plus simple et meilleur : il consiste simplement à dissoudre à chaud, dans un excès de savon, la couleur que l’on veut employer. Dans ce cas la plante se mordance seule. La teinture est fort belle. ;
Exposition universelle de Londres en 1871 (Voyez p. 103 . et 165). Nous n'avons pas encore reçu les programmes détaillés de la section horticole : rien ne presse d’ailleurs puisque tous les contingents remarquables seront admis. Les préparatifs marchent rapidement; les bâtiments s’'achèvent, les peintres et les décorateurs ont déjà terminé. Le lieutenant-colonel Scott, R. E. (du corps des ingénieurs royaux), secrétaire de la commission (5, Upper Kensington Gore, London, W.), dirige avec une grande activité tout ce qui concerne la prochaine installation des beaux-arts, de la mécanique, des inventions nouvelles, de l’industrie des terres plastiques et de la laine, ainsi que des objets qui servent à enseignement primaire. En ce qui concerne l’horticulture nous attendons, en Belgique, les communications que ne manquera pas de nous faire bientôt M. le D° Maxwell T. Masters.
Le Jardin botanique de Strasbourg a scrvi de cimetière pendant le siége de cette malheureuse ville : les fosses, d’abord isolées et surmontées d’une croix de bois, sont bientôt devenues des fossés couverts de longues inscriptions. L’{llustrated London News a publié une vue de ce champ des morts. Le vénérable professeur Fée, directeur
du jardin nous a conté naguëre ses campagnes d’Espagne; puisse-t-il «
avoir échappé sain ct sain aux malheurs inattendus qui sont venus l'assaillir.
Les Pelargomiuma (zomale) Victoire de Eyon et Clémence Royce», obtenus de semis par M. J. Sisley, à Lyon, nous ont été généreusement communiqués par M. Alegatière, horticulteur (chemin de St Priest), à Lyon. Ils ont fleuri sous nos yeux et nous pouvons affirmer de visu qu’ils sont vraiment dignes d’éloges. Ils sont doubles : leur forme n’est pas irréprochable, mais leur coloris est vraiment nouveau.
Victoire de Lyon est d’un cramoisi clair et Clémence Royer est rosecarmin. Ces plantes, déjà charmantes en elles-mêmes, s’embelliront encore dans leur progéniture, surtout entre les mains d’un habile semeur comme M. Sisley, mais, hélas, on ne fait plus de floriculture à Lyon!
Les considérations sur Îles sexes dans Iles plantes, par M. Thomas Meehan, que nous avons publiées à la page 178, nous ont valu une bonne observation de M. J. Jane borticulteur-diplômé, à Modave, près Huy. Nous l’insérons iei :
« Si intéressantes que puissent ae les révélations faites par M. Mechan, il me semble qu’il n’a pas assez étudié certaines règles qu’il avance. Ainsi, à la page 181, il pose en principe que : quand l'équilibre est rompu en faveur de l’élément femelle, ce phénomène est caractérisé par une vigueur plus grande qu'auparavant. Ce principe n’est pas juste et voici pourquoi je refuse de l’accepter. L'équilibre en faveur de lélément femelle peut être rompu de deux manières différentes et tout à fait opposées. D'abord par la duplication ou transformation des étamines en pétales et en second licu par la dégénérescence ou l’avortement des étamines. Cette dernière alternative se présente fréquemment dans le genre Fragaria. Les fraisiers devenus monoïques par l'avortement des étamines, sont-ils caractérisés par une vigueur plus grande, comme le suppose M. Meehan? C'est justement le contraire qui est vrai: il ya rétrécissement des pétales et de toutes les parties de la plante. Des Fragaria elatior et des Fraisiers Black Prince confirment mon assertion : le premier surtout est tellement défiguré sous la forme femelle, qu’on le prendrait presque pour un Potentilla fragariastrum. En outre, les expériences de culture que j'ai faites avec ces variétés pistillées m'ont démontré qu’elles sont infiniment moins fertiles que les autres. »
Cette objection n’est d’ailleurs pas la seule qu’on pourrait opposer aux théories américaines de M. Meehan.
Veitch Memorial. On sait qu'après la mort de M. J. Veitch père, les nombreuses sympathies dont cet excellent homme était entouré, se sont manifestées par une souscription publique, dans le but d'honorer
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sa mémoire et son nom. Le comité s’est réuni le 21 octobre dernier, à Londres, sous la présidence de M. James Bateman, pour rendre compte de ses opérations. La souscription a produit plus de 25,000 francs (1012 liv. st)! Voilà encore un de ces exemples que nous donne la grande Angleterre. Le comité avait proposé de partager cette somme entre la peinture d’un beau portrait de M. Veitch, et la fondation d’un prix Veitch. Mais un généreux donataire, M. Robert Crawshay, Esq., au château de Cyfarthfa, a rempli à lui seul la première partie de cette proposition par le don d’un portrait de M. Veitch, destiné aux salons de la Société d’horticulture de Londres. Dés lors, il a été décidé que la somme entière serait affectée à l'institution de prix annuels en faveur de l’horticulture. Aucune destination formelle et permanente n’a été arrêtée, mais un comité de sept membres (MM. Willson, Th. Moore, Harry James Veitch, D' Robert Hogg, Zadock Stevens, W. Thomson et D' D. Moore), a été chargé d’administrer la fondation Veitch.
Le rapport sur Ia situation et les progrès des jardins royaux de Kew en 1869, a été publié il y a quelques mois par son éminent directeur M. Jos. D. Hooker. Nous en extrayons quelques notes édifiantes. Le nombre des visiteurs en 1869 a été de 630,594. De nouvelles serres chaudes ont été élevées et de nouveaux calorifères ont été installés. L'école des plantes herbacées et toutes ses dépendances ont été remaniées, par exemple les plantes de rocailles, les plantes vivaces, etc. Le directeur recommande les nouvelles étiquettes de MM. Maw, de Brosely. Des plantes nouvelles sont arrivées de tous les points du globe, envoyées par le D' Schomburgk, d’Adélaïde; par le D' Mueller, de Melbourne; par M. W. Hill, de Brisbane, d’une foule d’établissements botaniques de l'Europe et du monde entier : il faudrait une page complète pour citer seulement les noms des donateurs. Tout se lie dans un peuple : limportance de Kew est à la hauteur de la puissance anglaise : nous parlons de la puissance économique et commerciale et non de la force brutale des canons et des bayonnettes à l’aide desquels les hommes deviennent plus puissants que les fauves.
L'Eucalyptus globulus exerce par ses racines une prodigieuse puissance d'absorption que M. Trottier a mise en relief par des expériences intéressantes; elle en fait, dit M. le D' Gimbert, dans une brochure qu’il vient de publier à Cannes, une sorte de creuset épurateur vivant. Une bonne partie de la colonie du Cap, autrefois sauvage et dénudée, a été transformée en pays fertile en quelques années, grâce à cet arbre; en Algérie, les sols marécageux où on le plante sont en train de se régénérer à vue d'œil; il prospère sur la zone maritime de la Corse. La croissance très-rapide de l’Eucalyptus, qui atteint en huit ans la taille d’un sapin de 40 ans, lui assure une grande valeur
industrielle, ainsi que la dureté de son bois.
Les grandes pépinières de Perck, près de Vilvorde, ne cessent de se développer et de s'enrichir d’introductions nouvelles, de manière à se maintenir à la hauteur de leur réputation. Nous les avons visitées récemment, sous la conduite de leur savant propriétaire et nous y ayons trouvé de bien belles collections dendrologiques : les Chênes, les Crataegus, les Acer, Iés nouvelles acquisitions de l’Asie centrale, méritent une mention spéciale. Cet établissement vient de publier un supplément à son catalogue général que l’on peut obtenir en s'adressant à M. Philippe Boekens, directeur.
L'école d’'arboriculture de Muskau O/L. jouit de beaucoup de considération et possède de riches collections d’arbres et arbustes. Son directeur, M. Petzold, a publié, en collaboration avec M. G.Kirchner, un Arborelum muscaviense que nous ne connaissons pas, mais dont nous avons plusieurs fois lu l’éloge. Cette école vient de publier un Catalogue de ses pépinières, catalogue que nous signalons comme un modele de bonne nomenclature, d’ordre et de rédaction; il comprend les arbres fruitiers, les Arbres feuillus et les Conifères.
M: John Gould Veitch, né à Exeter, en avril 1839, est décédé à Coombe Wood (Surrey), le 13 août dernier, dans sa 32% année. Sa vie fut courte, mais bien remplie. Il entreprit en 1860 un voyage au Japon, en Chine et aux îles Philippines et rapporta un grand nombre de plantes nouvelles, notamment des Conifères. En 1864 il partit pour l'Australie et la Polynésie où il réunit des plantes qui sont aujourd’hui au nombre des plus remarquables de nos collections horticoles : ce sont, parexemple, des Croton (Codiaeum) et des Dracæna au feuillage vivement coloré. Un Palmier du Cap York lui a été dédié sous le nom de Veitchia Johannis. John Veitch est un martyr de son zèle pour l’horticulture; il a contracté dans ses voyages le germe de la maladie qui l’a emporté après trois ans de souffrances. Il jouissait d’une haute estime et son caractère lui attirait les plus loyales sympathies. La nouvelle de sa mort a douloureusement impressionné les nombreux amis qu’il comptait en Belgique.
Une médaille à l'effigie d'Auguste Royer vient d’être frappée par M. J. Stordeur, artiste-graveur à Malines. Elle est de grand module et de haut-relief. On lit, sur le revers : À LA MÉMOIRE DE AUGUSTE-PHILIPPE-AN- TOINE ROYER NÉ A NAMUR LE 26 JANVIER 1796, CONSEILLER PROVINCIAL, FONDA- TEUR DE LA SOCIÉTÉ VAN MONS, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION ROYALE DE POMO- LOGIE, PRÉSIDENT HONORAIRE DE LA SOCIÉTÉ AGRICOLE ET FORESTIÈRE DE NAMUR, PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION DES SOCIÉTÉS D HORTICULTURE DE BELGIQUE, PRO- MOTEUR DE L’INDUSTRIE NATIONALE, RÉNOVATEUR DE LA POMONE BELGE, DÉCÉDÉ LE Aer ocToBrE 1867.
C’est un souvenir que les nombreux amis et confrères d’Aug. Royer voudront sans doute posséder. On peut obtenir des exemplaires en bronze, au prix de 10 francs, chez M. J. Stordeur à Malines.