TRAITEMENT ET PRODUITS DES OSERAIES
- Le développement que la vannerie paraît avoir acquis dans ces derniers temps dans les contrées voisines, nous engage à signaler quelques remarques sur la matière première employée dans cette industrie. On pressent qu'il s’agit de l’osier et de sa culture.
Sans méconnaître que l’osier occupe dans nos cultures une place qui n’est nullement à dédaigner, nous croyons ne pas nous tromper en posant en principe que cette production est susceptible et mérite à tous égards de recevoir une extension plus considérable. L'espace ne manque pas : les bords des fleuves et des rivières, leurs iles et ilots, les prairies basses à sol profond et frais, les endroits périodiquement submergés et convenant peu à toute autre plante, ouvrent un champ assez vaste à la culture de l’osier. D'ailleurs l'exploitation de l’osier est simple et n’exige que d’insignifiantes avances qui peuvent constituer, comme nous le montrons plus loin, un excellent placement. Non seulement le grand propriétaire et le petit tenancier peuvent se livrer à cette culture, mais encore, et nous pourrions dire avec raison, mais surtout les administrations communales devraient, là où les conditions de sols existent, diriger leur attention de ce côté. Au surplus, dans beaucoup de cas, il s’agirait moins d'établir de nouvelles plantations que de traiter rationnellement celles qui existent et de tirer un parti avantageux des produits.
Parmi les variétés d’osiers on distingue principalement l’osier viminal,
Salix viminalis L., l’osier rouge ou pourpre, S. purpurea L., et l’osier jaune, S. alba, variété vitellina L. C’est l’osier viminal ou osier sans écorce qui est surtout employé dans la vannerie fine, ses jets étant plus droits, plus unis et se ramifiant rarement en brindilles secondaires.
L’osier réussit principalement dans un sol argileux ou argilo-sablonneux, frais et profond, situé à peu de distance d’un cours d’eau : il doit être éloigné des sols marécageux, surtout lorsque ces terrains sont à une exposition sèche. Il est passé en proverbe que l’osier est peu exigeant; néanmoins un labour de 040 de profondeur favorise sInBu Me ment le développement de la plantation.
On établit ordinairement les oseraies en février. On : A pour la plantation des boutures ayant une longueur de 0"55 à 0"45, que l’on plante en lignes espacées de 080 à un mètre; on dispose les boutures en carré ou préférablement en quinconce, en les écartant entre elles sur les lignes de 070 à 0"80. On a remarqué que les boutures s’enracinent plus promptement lorsqu'on les enfonce dans le sol de façon à ce qu’elles forment avec celui-ci un angle de 45°. En outre, la bouture devant être le moins possible en contact avec l’air on lenfonce presque entièrement dans le sol, afin de prévenir l’action des gelées et surtout la dessication qui tue le jeune plant. Pendant l’été on donne un ou deux binages afin d’ameublir le sol et de le nettoyer. Sous ce dernier rapport beaucoup de cultivateurs, confirmant par là un fait d'observation, sont d'avis que dans les sols riches, ayant une grande propension à produire une herbe abondante, on obtient des brindilles plus fines lorsqu'on laisse l’oseraie s’'enherber.
On n'obtient la première année que des brindilles sans usage; il importe cependant de les couper; sans cela celles de l’année suivante deviennent rameuses ct cassantes, c’est-à-dire ne fournissent que du bois à brüler. Lorsqu’au contraire on a eu soin d'enlever au niveau du tronc tous les jets de la première pousse, la seconde donne déjà un certain nombre de jets de 1"20 à 160 de longueur. Ce n’est qu'à partir de la quatrième année de plantation que loseraie peut être exploitée régu- . lièrement.
La coupe des osiers doit s'effectuer en février ou au plus tard en mars. Les belles pousses ont communément 9 à 5" de longueur. On les coupe au moyen d’une forte serpette à quelques millimètres du tronc qui prend bientôt l’aspect d’un tétard.
(La suite au prochain numéro).