NOTICE SUR LE DAHLIA ET QUELQUES VARIÉTÉS NOUVELLES DE CETTE PLANTE
obtenues à Verviers par N°! J. Heunier,
Planche XVI.
DAHLIA VARIABILIS Desr. var.
Famille des Syngénèses Tubiflores.
Dahlia Cavan. Capitulum multiflorum, hetercgamum, floribus radii uniseriatis, ligulatis, femineis v. neutris, disei tubulosis, hermaphroditis. Involuerum duplex, exterioris squamae foliaceae subquinae, uniseriatae, patulae v. reflexae, interioris duodenae v. vicenae subbiseriatae, longae, apice membranaceae, basi crassiusculae et inter se coalitae. Receptaculi plani paleae membranaceae, oblongae, indivisae. Corollae radii ligulatae, disei tubulosae, quinquedentatae. Antherae appendiculatae, ecaudatae. Achenia conformia, oblongo-obovata, obcompressa, apice obsolete bicornia. Pappus nullus.
Herbae mexicanae, elatae, anno 1790, a Sessè, Mocino, et Cervantesio in Europam introductae, ob habitum eleganter spectabilem, el florum autumnalium, coloribus speciosissimis mire in hortis ludentium admirandum pulchritudinem, solerter ab adonistis e radicibus fasciculatis mulliplicativae, etiam botanicis gratae, omnibus partibus olabrae; foliis opposilis, pinnatipartitis v. rarius bipinnatipartilis, segmentis ovaltis, acutis, serralis, ramis elongatis, apice nudis, monocephalis, capitulis amplis, versicoloribus, facile et delicale plenis, disco lutco, radio purpureo, roseo, albo v. flavo.
Enpuicner, Gen. plant. n° 2449.
Dahlia CAvANILLES, Îc. I. 57. €. 80 et 265, 266.
Tao in Annal. Mus. TL. £. 5.
Sauiseury Parad. 1. 16. 19.
Bot. Mag. t. 767.
De Can». Prodr. V. 494.
Georgina Wico. sp. IT, 2124.
Hort. Berol. t. 95-96.
DC. in Annal. Mus. XV, 567.
Cassini in Dict. sc. nat. LIX. 520. 525.
Lessine, Synops. 211.
Georgia Sprenc. Syst. IT. 365, excl. sp,
Wazr. Report. II. 602.
Muezcer, Ann. V. 209.
Dahlia variabilis Desr. — Icon. : Bot. Reg. I. 55. — Kenner, Hort. 289, 514, 915. — F1. d. serres, VI. 556. — Abh. nat. Ges. Halle, 1854. 4. — FI. d. serres, IX. 919 ; XIV. 1406. — Belgique horticole, 1860. 15. — Hensz. The Botanist, IL. t. 88. — ho Gartenfl. 1. p. 99. tab. X.
oici venir des Dahlia, tous connaissent cette brillante fleur et tous ont oublié son histoire.
du Mexique et a été introduit en Europe à l’époque de la révolution francaise, 1789; il y fleurit, pour la première fois, vers 1791.
La même année, Cavanilles, directeur du Jardin bota-
Vicentes Cervantes, directeur du Jardin botanique de Mexico. Ces graines donnèrent, l’année suivante, des fleurs entièrement simples.
| = Cavanilles en fit un genre qu’il dédia à Dahl, le botaniste suédois, sous le nom de Dahlia.
Plus tard, craignant certaine confusion du genre Dahlia au genre Dalea (formé d’une jolie légumineuse à fleurs pourpres), le botaniste Willdenow débaptisa la fleur Mexicaine et la dédia à Georgi, le professeur de St-Pétersbourg; la fantaisie de Willdenow a prévalu dans le nord de l’Europe où la fleur qui nous occupe est généralement connue sous le nom de Georgina.
En 1809, le Dablia fit son entrée au jardin des Plantes, à Paris, où, en raison même des lieux de son origine, on le traita comme plante de serre chaude, à l’entier détriment de sa floraison et de sa végétation.
La nouvelle introduction fut traitée, à Paris, avec la plus grande sollicitude : les botanistes affirmaient — ct le public, qui croit la science sur parole, admettait — que le Dahlia était appelé à jouer un rôle dans l'alimentation ; au Mexique, on mangeait sa racine cuite sous la cendre et bientôt les friands Européens allaient avoir un nouveau mets à apprécier.
En 1810 seulement, les espérances gastronomiques s’évanouirent entièrement et il fut alors bel et bien reconnu que le Dablia n’a dans sa racine qu'une saveur aqueuse, poivrée et repoussante.
En 1805, deux princes du royaume de la botanique, Von Humbold et Bonpland, descendant du plateau du Mexique vers la Mer du Sud, à l’est du volcan de Jorullo, à plus de 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer, trouvèrent le Dahlia qu’ils ne connaissaient pas alors.
« Les plantes, écrit M. de Humbold, n'avaient pas plus de 0,12 « à 0®,15 de hauteur, portaient des fleurs simples et des graines. »
Le Dahlia (Dahlia variabilis) est originaire
nique de Madrid, reçut des graines de cette plante de
La fleur de cette époque était à peu près de la grandeur d’une pièce de deux francs!
Malgré les apparences chétives, M. de Humbold augura bien de l'avenir de la plante et il en envoya les graines en Europe. À son retour à Mexico, il apprit l’introduction du Dahlia envoyé en Espagne par Cervantes, dans les circonstances que nous venons de raconter.
Cavanilles distinguait trois variétés (qu'il classait en espèces, caractérisées par la forme des feuilles) toutes trois toujours à fleurs simples, la pourpre, la ponceau et la rose.
Malgré les semis réitérés, la fleur s'obstinait à demeurer simple; les premières fleurs doubles du Dahlia ont été obtenues à Paris et datent de 1817.
Aujourd'hui l’horticulture qui va semant, resemant, métisant et cemant encore, possède à l'infini des variétés de cette belle fleur, toutes distinctes de couleurs, de combinaisons ou de formes.
Nous sommes, en effet, bien loin maintenant de la petite fleur de de Humbold, et devant le Dahlia, si riche de ses formes et de ses couleurs, qui pense encore aux longues peines, au temps, aux sacrifices d’argent, au travail et même aux existences humaines, consacrés à la perfection de cette belle Composée du Mexique?
Les variétés, dont nous donnons aujourd’hui le portrait, proviennent des semis de M°l"e Joséphine Meunier, de Hodimont, près de Verviers. Nous en devons la communication à un des amateurs les plus zélés de la petite cité industrielle. Nous regrettons seulement que les fleurs que nous avons reproduites ne nous aient été envoyées que dans les premiers jours d'octobre, alors que les nuits froides avaient diminué de beaucoup le volume et l'ampleur des fleurs du Dahlia.
Le n° 1 (D: Lejeune), que nous signalons à tous les horticulteurs et amateurs comme une nouveauté hors ligne, de supériorité incontestable et devant prendre tête de file dans toutes les collections, est un semis de 1858, malheureusement, pour nous tous, encore en mains de l’obtenteur.
Le 22 septembre 1861, il fut présenté à une exposition de la Société royale d’horticulture de Verviers qui le nomma Docteur Lejeune, rendant ainsi un modeste hommage à la mémoire du savant auteur du Compendium floræ Belgicæ. (Alexandre-Louis-Simon Lejeune, né à Verviers le 23 décembre 1779, y décédé le 28 décembre 1858.)
Par les soins de la Société d’horticulture, ce Dahlia fut envoyé, en 1865 ou 1864, à Bruxelles, à une exposition de la Société Linnéenne, dans laquelle il obtint une médaille en vermeil grand module.
Le D° Lejeune a un coloris à lui, son pétale tuyauté ne se dessine pas, son intérieur carmin éblouit et son revers gris ne se peint pas.
Ce Daklia se voit et se distingue; il a son individualité, on l’a vu, on le connaît ct on le reconnaît toujours entre tous.
Rien n'égale l'élégance et la fraicheur du n° 2; nous prenons sur nous
de lui donner le nom de son auteur, Melle Josephine Meunier. C’est, dirions-nous, un encouragement aux travaux du vaillant semeur, si Mele Meunier n'avait en elle un stimulant bien plus sérieux, le feu sacré de l’amateur.
Enfin le n° 3, avec toute sa richesse de coloris, sur lequel dame Nature, dans sa prodigalité, a secoué ses paillettes d’or, s’appellera Souvenir de Hodimont. |
N'est-ce pas à Hodimont que s’est formé ce noyau d'amateurs intelligents qui aident Flore à chasser de temps en temps bien loin les préoccupations industrielles de nos voisins des rives de la Vesdre?
Enfin, ce sont là trois fleurs de vrai mérite, aussi espérons-nous que bientôt un de nos vaillants horticulteurs belges se chargera de les multi plier et de les mettre dans toutes les collections.
«a Quoi, » écrivait un jour le secrétaire de la Société d'Horticulture de Verviers, « quoi tant s'occuper du Dahlia, cette fleur qui brillant « partout ne brille plus nulle part, comparable aux meilleurs airs « d'opéra, que l’on entend ici, que l’on entend là et que l’on tolère « enfin sur les orgues de Barbarie. »
Eh! mais sans doute! La popularité prouve le mérite et n’est-ce pas la vraie mission de l’horticulture que le plaisir et l’instruction de tous?
BULLETIN
L'Exposition internationale de Londres s'ouvrira le 1" mai au palais de South-Kensington. La commission anglaise a délégué à la Société royale d’horticulture de Londres l’organisation de tout ce qui concerne le groupe de l’horticulture, et en Belgique, la commission belge a confié le même mandat à la Fédération des Sociétés d’horticulture. Nous pouvons, en notre qualité de secrétaire de cette association, communiquer les programmes, documents et renseignements sur ce sujet à toutes les personnes qui s’y intéressent, qui désirent prendre part à l'Exposition ou la visiter.
La Société royale d’horticulture de Londres a répondu aux vœux de la commission anglaise en multipliant ses expositions et ses concours, en augmentant la valeur de ses prix et en rendant tous ses concours internationaux. Elle a organisé à la fois une Exposition permanente et des concours de quinzaine, suivant ainsi les errements tracés à Paris en 1867. La plus grande latitude est laissée aux concurrents, surtout aux exposants du continent. Les Expositions de quinzaine se succèderont les 5 et 17 mai, 7 et 21 juin, 5 et 19 juillet, 2 et 16 août, 6 et 20 septembre, 4 octobre, 1 novembre et 6 décembre. Les Expositions des 17 mai et
7 juin sont les plus intéressantes pour les amateurs de plantes rares et nouvelles et celle du 4 octobre pour la pomologie et la culture maraichère.
Les inscriptions doivent être prises chez M. J, Clerfayt, secrétaire de la commission belge, rue Latérale, à Bruxelles.
La Société royale d'lsorticuliure de Londres a tenu le 14 février 1871 son assemblée annuelle, sous la présidence de S. A.S. le prince Teck, en son hôtel de South Kensington. Voici la composition du bureau : président, Sa Grâce le duc de Buccleuch, K. G.; secrétaire, M. le lieutenant-colonel Scott R, E.; trésorier, M. John Clutton.
M. Eyles est superintendant des Expositions à South Kensington et M. Barron superintendant des jardins de Chiswick.
La Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique s’est réunie à Bruxelles en assemblée générale, le 5 février 1871. Un grand nombre de délégués étaient présents à la séance qui a surtout été consacrée à l'examen des mesures à prendre en vue de l'Exposition internationale de Londres. M. le comte de Kerchove de Denterghem, bourgmestre de Gand, a été élu vice-président, en remplacement de M. Victor vanden Hecke de Lembeke. MM. Lison, Ch, Van Gcert et Gillekens ont été nommés membres du comité-directeur. Le grand prix de 500 francs a été alloué pour cette année à la Société de Louvain. Le programme des concours a été maintenu tel qu'il figure au Bulletin de 1869. Les
médailles attribuées à MM. Delchevalerie et Wesmael ont été remises aux lauréats.
La grande exposition de Louvaim, organisée à l’occasion du 50° anniversaire de la fondation de la Société royale d’agriculture et d’horticulture de cette ville, remise en 1870 à cause des événements extéricurs, aura lieu cette année le 3 septembre. Cette Société vient de se reconstituer : elle a nommé président M. F. Lison, ct secrétaire, M. Léon Matthieu.
Ure conférence sux l'arboriculture a été donnée, le 4 décembre 1870, par M. Bouillot professeur à l’école normale de Couvin à la Société horticole de Huy. Cette conférence, insérée dans Ie dernier Bulletin trimestriel de la Société, est fort remarquable. L'auteur a le rare mérite d'appuyer ses enseignements pratiques sur les véritables principes de la physiologie végétale. Sauf quelques points de détail, nous adhérons sans réserves aux applaudissements de ses auditeurs.
Le jardin des plantes de Paris, aurait, s'il faut croire les journaux quotidiens, particulièrement souffert des effets du bombardement, On dit que la serre chaude pour les Orchidées est dévastée. Il est
certain, au moins, que M. Chevreul, directeur du Muséum, a adressé à l’Académie des sciences de Paris, la protestation suivante : |
« Le jardin des plantes médicinales, fondé à Paris par édit du roi Louis XIII, à la date du 5 de janvier 1026.
« Devenu le Muséum d'histoire naturelle le 23 mai 1794.
« Fut bombardé sous le règne de Guillaume 1°", roi de Prusse, comte de Bismarck, chancelier, par l’armée prussienne, dans la nuit du 8 au 9 janvier 1871.
« Jusque là, il avait été respecté de tous les partis et : tous les pouvoirs nationaux ct étrangers.
« Paris, le 9 janvier 1871.