‹ La Belgique horticole (volume 5)Chapitre 102 sur 123 · RAISINS, PÊCHES ET FRAISES · texte numérisé non relu

RAISINS, PÊCHES ET FRAISES

Nous avons à dire un mot de notre visite à l'établissement de MM. Sohie. Il s'agit ici d’une spécialité à laquelle ces messieurs ont donné une très-grande extension, et, quoique probablement ignorés, car on n'a pas fait encore de bruit autour de leur nom, ils n’en dirigent pas moins la plus grande production de raisins en culture forcée, connue en Europe. Les produits de leurs serres sont continuellement expédiés en grandes quantités vers Paris, Londres, Bruxelles, etc. Les Parisiens, qui mangent les premiers raisins aux mois d'avril et de mai, ne se doutent guère que ces fruits viennent de Belgique. Les premiers raisins sont mürs en avril et l'on en conserve qui. mûrissent encore en février. Il y a des années, comme celle-ci, où

la vigne a souffert et où il est cependant difficile de conserver des raisins aussi tard.

MM. Sohie ont actuellement 34 serres, dont deux occupent chacune 450 mètres carrés, et peuvent produire chacune 600 kilogr. de raisin. Il y à un magnifique ensemble de 29 serres, mesurant chacune 20 mètres de long sur 5 de large, et occupant par conséquent chacune 100 mètres carrés ; 5 de ces serres sont consacrées à la culture du pêcher. On est encore occupé à en construire d’autres par suite de l'importance croissante de l'établissement.

La vigne appartient exclusivement aux régions méridionales, tant qu'il s’agit de produire les raisins servant à la fabrication du vin. Quant aux raisins de table, on en produit sous des latitudes plus élevées. Seulement, toutes ne sont pas encore également favorisées, car les vignes ne peuvent pas, dans nos régions, du moins beaucoup de variétés, mürir leurs fruits en plein air. De là la nécessité des cultures en serres, qui ont pris beaucoup d'extension.

Toutes les serres de MM. Sohie sont exposées au midi et placées sur le flanc d’une colline. Le sol de chaque serre à été défoncé à 2 metres de profondeur. Dans le plupart, les vignes poussent leurs racines en pleine terre; mais dans quelques-uns elles sont en pots. Cette pratique paraît préférable, d’après les propriétaires, parce que, lorsque l’on force une vigne de bonne heure, les racines s’enfoncent profondément en terre, et pour les réchauffer il faut plus de temps et plus de combustible, tandis que si toutes les racines sont réunies dans un pot, le réchauffement de la plante sera plus rapide et plus économique.

Un certain nombre de serres seulement sont consacrées au forçage. Elles sont alors chauffées par la chaleur d’un foyer qui passe dans des tuyaux en poterie traversant les serres.

Un petit bassin établi au-dessus du foyer permet d'y réchauffer l'eau pour les arrosages.

Lorsque l'on force la vigne de bonne heure, elle s'épuise et l’année suivante la récolte est faible. Aussi, une vigne ne doit pas être forcée de bonne heure chaque année. Il ne faut la forcer ainsi que tous les 8 ans. Mais si l’on force tard, la vigne ne souffre pas tant et l’on peut réitérer l'opération tous les ans.

On s'occupe aussi dans l'établissement, comme culture accessoire, de

produire des fraises. Il y a là environ 8,000 plants de fraisiers que l'on rentre en hiver dans les serres, et qui donnent des fruits en février.

La fondation de l'établissement des frères Sohie ne remonte qu’à 8 ou 9 ans. Pendant ce court espace de temps, ces messieurs sont arrivés à posséder, comme nous l’avons dit, la culture forcée de raisin la plus grande de l’Europe ; ils sont propriétaires d’une entreprise qui doit rapporter énormément.

Et cependant MM. Sohie n'avaient, en débutant, d'autre fortune que leur intelligence, leur amour du travail et les connaissances

qu'ils venaient de puiser aux conférences de M. Deveen, qui les

engagea à entrer à l'Ecole d’horticulture de Vilvorde, où ils passèrent de brillants examens après en avoir suivi les cours pendant 3 ans. (E. P. Journ. de la Soc. agric. du Brabant).

LA CHALEUR ET LA VÉGÉTATION

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