‹ La Belgique horticole (volume 5)Chapitre 103 sur 123 · CHAPITRE DÉTACHÉ DU PFLANZENLEBEN DER ERDE · texte numérisé non relu

CHAPITRE DÉTACHÉ DU PFLANZENLEBEN DER ERDE

PAR LE D' G. Kagscx.

(Traduction analytique par M. Cx. FIRKET).

II. INFLUENCE DES DIVERS AGENTS CLIMATEÉRIQUES SUR LA DISTRIBUTION DES VÉGÉTAUX.

Depuis l'instant où la graine, abandonnant la plante mère, vient à atteindre le sol, dès que l'embryon commence à se développer en une plante nouvelle, celle-ci est irrévocablement enchaïnée à la terre où le hasard l’a jetée, et, bien plus encore que l'animal doué de mouvement, elle sera soumise à l'influence du milieu immédiat qui l'entoure.

Toute la vie de la plante, autant que la physiologie nous l'enseigne, est soumise à l'influence locale des milieux; la plante ne peut venir à bien et parcourir heureusement toutes les phases de son existence, elle ne peut fleurir et fructifier que si les matériaux nécessaires au développement de ses organes, à l'exercice de ses diverses fonctions, lui sont présentés directement sous une forme favorable

à l'assimilation.

La vie de la plante, considérée en elle-même, dépend tout d'abord, 1

(1) Hanovre, 1870; 1 vol. in-8e.

sv

évidemment, de la nourriture que lui fournissent l'air et le sol. Mais comme l'atmosphère qui entoure le globe est la même partout, et comme, en outre, le nombre des végétaux qui réclament exclusivement tel ou tel sol est relativement très faible, il s'ensuit que ces deux conditions capitales de la vie des plantes n'auront exercé qu'une influence très minime sur leur distribution géographique. C’est seulement lorsque sur de grandes étendues le sol se présente dans des conditions particulières et constantes, comme dans les marais, les déserts, les steppes, que ces conditions peuvent présenter une certaine importance pour la répartition des plantes dans ces stations ; et encore n'exercent-elles d'influence réelle que sur certaines plantes (1).

Les produits gazeux qui s’échappent du sol et peuvent changer complétement la composition de l’air, comme on l’observe près des Solfatares et des Mofettes (2), exercent une action funeste; mais

(1) Il y à fort peu de points sur le globe qui soient complètement dépourvus de végétation. Bien au-dessus de la ligne des neiges, on trouve encore non seulement des lichens, mais même des phanérogames. De Saussure à trouvé le Silene acaulis sur le Mont-Blanc à une hauteur de 10700 pieds; d’après Schlagintweit, le Cherleria sedoïdes atteint sur le Mont Rose une altitude encore plus considérable et Humboldt a trouvé sur le Chimborazo des lichens à 2340 pieds au-dessus de la ligne des neiges. Dans les lieux où cesse toute végétation, le sol doit présenter des conditions particulières qui s’opposent au développement des plantes, comme cela a lieu pour les cônes volcaniques : à 800 pieds au-dessous de son sommet, le pic de Ténériffe cesse de présenter aucune végétation; il en est de même sur l’Etna pour les terrains atteints par les cendres, qui tombent jusqu’à 1600 pieds en-dessous du sommet. Cependant à cette règle aussi on trouve des exceptions : dans une Fumarolle de VEtna, dégageant des vapeurs à 40° R., Schouw a trouvé encore quelques faibles mousses, et d’après Blume, (Ænumeratio plantarum Javae et insularum adjacentinm, Fascic. II, ed. nov., p. VIII) on voit à Java certaines Fougères s’avancer jusqu’au bord des Cratères, sans souffrir des vapeurs qui s’en dégagent; au contraire les Solfatares et les Mofettes, par suite des vapeurs sulfureuses et de lacide carbonique qui s’en dégagent, sont complétement dépourvues de végétation, et même à une assez grande distance, sur des points où les vapeurs ne montent pas directement, les plantes qui apparaissent sont extraordinairement misérables.

(2) Les Solfatares sont des Fumarolles situées dans le voisinage ou même à l’intérieur des Cratères, qui, outre des vapeurs d’eau à une température élevée, dégagent encore d’autres gaz pernicieux, notamment les acides sulfhydrique et sulfureux, et l’acide chlorhydrique. C’est la Solfatare des environs de Pouzzoles qui leur a fait donner ce nom commun de Solfatares; en Islande on les nomme Namar. Les Mofettes sont des endroits où, par suite de phénomènes volcaniques antérieurs, se dégagent abondamment des gaz, et

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