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NOTICE SUR LA STRUCTURE DES GRAINES D'ORCHIDÉES ET LEUR GERMINATION

d'après les « Beiträge zur Morphologie und Biologie der Familie der Orchideen » de M. J. G. Beer.

Malgré les nombreux travaux dont à été l’objet l’intéressante famille des Orchidées, son étude ne laisse pas de présenter encore de nos jours plusieurs côtés obscurs parmi lesquels on cite l’histoire des phases que subit l'ovaire après la fécondation, la structure du fruit et des graines chez les différentes tribus, ainsi que le mode de germina-

tion de ces graines. La difficulté de se procurer en abondance des fruits d'Orchidées, les raffinements de précautions que réclame l'étude de semences aussi exiguës et aussi délicates suffiront peut-être pour exp:iquer la pénurie de nos renseignements à cet égard. Un amateur distingué, M. Beer, connu déjà par un beau travail sur les Broméliacées, a consacré plusieurs années de patientes recherches à la solution de ces problèmes difficiles et les résultats qu’il a obtenus seront considérés comme de précieux jalons par ses successeurs.

C’est à l'exposé de ces résultats que nous nous - permettrons d'emprunter Les éléments de la courte notice qui va suivre.

Le fruit des Orchidées est, comme on sait, une capsule oblongue ou pyriforme, à placentation pariétale. En général les parois de cette capsule présentent dans leur épaisseur six bandelettes fibro-vasculaires dont trois étroites et trois larges. Le périanthe frais permet de reconnaître que les premières se continuent dans la rangée externe des

pièces florales, appelées sépales par certains naturalistes, et les autres dans la rangée interne constituée par les pétales. À la rupture du fruit le cas normal est la production de six valves, nombre qui trouve sa raison d'être dans le fait précédent. La grande majorité des Orchidées terrestres, qu'elles appartiennent aux régions tempérées ou tropicales, obéissent à cette loi.

Chez nombre d'espèces on voit se souder une bandelette étroite à deux bandelettes larges, ou inversement, comme c’est le cas pour les genres Vanda et Aerides. Il en résulte que leurs fruits, loin de former six valves, ne s'ouvrent que par deux ou trois fentes, ou, plus rarement, que par une fente unique (Vanilla aphylla). Toutes ces espèces à capsule anomale peuvent constituer une seconde catégorie, comprenant les Orchidées à bulbes aériens et les Orchidées caulescentes.

Le nombre des semences dans les fruits d'Orchidées bien développés est vraiment prodigieux. Les changements de forme et de position qu'elles subissent vers l’époque de la maturité concourent puissamment à provoquer la rupture du fruit et à favoriser ainsi la dissémination. C'est surtout chez les Orchidées à capsule anomale que cette influence est prépondérante et leur mode d'action nous semble assez caractéristique pour mériter quelques lignes de description spéciale. Le spermoderme de leurs graines est généralement formé de cellules délicates et très hygroscopiques ; il est de forme allongée. De ses deux extrémités, l’une est libre, dirigée vers le centre de la capsule et renferme l’amande. L'autre se présente comme un sac replié plusieurs fois sur lui-même et adhérant au placenta par le funicule. Dès que la moindre fente au sommet du fruit a donné passage à l'humidité atmosphérique, les cellules du spermoderme en s’imbibant font que son extrémité fixe se débande comme un ressort et porte l'extrémité libre en dedans. Tous les sommets libres des graines arrivent bientôt en contact au centre du fruit et l’action mécanique se continuant avec rapidité, la pression ne tarde pas à devenir assez considérable pour provoquer la séparation des valves.

La dissémination est souvent favorisée par des organes particuliers décrits en premier lieu par M. Beer sous le nom de Schleudercellen (Cellules ou organes de projection, vu qu’en agissant à la façon d'un ressort qu'on laisse se débander, elles projettent au loin les semences).

On les trouve fixés sur les bandelettes fibro-vasculaires étroites de beaucoup d'Orchidées aériennes, tandis qu'ils manquent complétement chez beaucoup d'Orchidées terrestres. IL semble que ces organes n'existent que là où les autres moyens de dispersion font défaut ou, du moins, sont insuffisants. C’est ainsi que les espèces du genre Zpidendrum dont la taille ne dépasse pas un pied en sont pourvues tandis qu'elles manquent à l'Zpidendrum cinnabarinum qui s'élève souvent à six pieds de hauteur. Dans le premier cas, vu l’exiguité de la taille, le rayon de dispersion des semences sur les branches serait très-limité

tandis que les oscillations effectuées par l'Zpidendrum cinnabarinum sous l'influence d'un vent, même modéré, ont assez d'amplitude, grâce à la hauteur de la plante, pour remédier à cet inconvénient.

Les graines des Orchidées sont très petites (scobiformes), exalbuminées, de structure très simple et renferment un embryon ovoïde, semblable à ses deux extrémités. L’amande est logée dans un testa formé de cellules généralement délicates, à travers lesquelles on peut l’apercevoir avec sa couleur d’un jaune clair, d'un vert gai ou d’un vert foncé tirant sur l'olive. Les graines de la Vanille présentent exceptionnellement un testa crustacé brun foncé et opaque.

On a signalé une ressemblance frappante entre les semences des Orchidées et celles de certains parasites d'ordre supérieur, telles que les Orobanchées. Mais le cas de ressemblance le plus extraordinaire nous est fourni par les semences du genre Pyrolu.

Malgré les formes si diverses qu'affectent les graines d'Orchidées, M. Beer les répartit en trois catégories assez bien tranchées, établies principalement d'après les caractères du testa. M. Beer a eu soin d'étayer ses opinions au moyen de planches nombreuses soigneusement

exécutées par lui-même d’après nature, aussitôt après la maturité des graines.

1° Catégorie. — Testa libre.

Testa en forme de sac laissant l'amande libre à l'intérieur, translucide, incolore ou brun clair, souvent de longueur considérable, cylindroïde ou fusiforme, s'atténuant à l’une des extrémités (Orchidées à bulbes aériens) ou aux deux à la fois. Le testa peut encore être ovoïde ou pyriforme (Orchidées terrestres) ou se terminer en pointe à ses deux extrémités (Orchidées caulescentes).

A) Graines à testa cylindrique, allongé et translucide appartenant

à des Orchidées à bulbes aériens. Ex. : Acantophippium, Epidendrum, Sobralia, Pleurothalis, Pelexia, Phajus, Zygopetalum, Mormodes, Cattleya, etc.

B) Graines à testa cylindrique fauve ou brun foncé, appartenant à des Orchidées terrestres. Ex. : MNeoftia, Epipactis sp. omnes, Corallorhiza, Orchis et Ophrys sp. omnes, Satyrium bicallosum, Nigritella et Gymnadenia sp. omnes, Habenaria etc.

C) Graines à testa plissé, “d’un jaune brun ou rouge et terminé en

pointe aux extrémités, appartenant à des Orchidées caulescentes. Ex.: Aerides sp. complures; Lousia terctifolia, Angraecum bilobum, Sarcanthus rostratus, etc.

D) Graines à testa allongé mais passablement aplati, appartenant à des Orchidées à bulbes aériens. Ex : l’'Zpidendrum cinnabarinum.

E) Graines à testa aplati et en forme d’écaille, appartenant à des Orchidées à bulbes aériens. Ex. : Zryphora pendula ; Slanhopea sp. omnes ; Gongora sp. ommnes, Cirrhaea species omnes.

2m Catégorie. — Testa adhérent.

Testa ailé adhérant à l’'amande autour de laquelle sont disposées en éventail ses cellules délicates et brunâtres. L’amande est luisante et d'un pourpre foncé. Cette catégorie est peu nombreuse. On cite surtout les genres Z'rytrorchis, Epistephium et Cyrtosia.

8e Catégorie. — Testa opaque.

Testa crustacé, opaque, brun, plus ou moins sphérique, adhérant fortement à l’amande. Celle-ci est sphérique, coriace et d'un brun clair. Exemple principal, le genre Vanilla.

Germination.

Dans de bonnes conditions de chaleur et d'humidité, il suffit, en général, de huit à dix jours pour que le spermoderme se rompe et laisse apercevoir l'amande à peine visible à l'œil nu et colorée en vert gai ou en brun plus ou moins foncé. Bientôt apparaît au sommet de l’amande une éminence recourbée, véritable cône végétatif d’où sortira le cotylédon. L’amande continue à se développer, mais principalement par sa partie médiane, tandis que la base s’arrondit et reste stationnaire.

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