‹ La Belgique horticole (volume 5)Chapitre 110 sur 123 · TE A EE · texte numérisé non relu

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A ce moment on voit chez certaines Orchidées, telles que l'Orchis mascula, VO. variegata et le Scaranthus rostratus, se former tout autour de cette base des groupes ou bouquets de filaments cellulaires, sans articulation et translucides, organes de nutrition et de préhension destinés à disparaître peu après la naissance des racines.

Lorsque le cône végétatif du sommet de l’amande à terminé son évolution, il se produit à sa face supérieure une fente par laquelle le tissu sous-jacent s'épanouit en une feuille, le cotylédon, uniquement constituée de cellules parenchymateuses. Du fond de la fente se dresse bientôt une seconde expansion foliacée, puis une troisième pourvue d'une nervure médiane saillante et que l’on peut considérer comme la première feuille véritable. Avec cette feuille se montre aussi la racine et c'est alors seulement qu'apparaissent les différences entre la germination des Orchidées terrestres et celles des Orchidées épiphytes. Bientôt commence le dépérissement de l’amande, dépérissement qui se produit avant que le bourgeon terminal ne trahisse sa nature florale ou foliacée.

M. Beer étudie la marche de la germination successivement chez les Orchidées à bulbes terrestres, les Orchidées à bulbes aériens, les Orchidées caulescentes à croissance indéfinie et les Orchidées caulescentes à croissance définie.

Chez les Orchidées à bulbes terrestres (proprement dits Tubercules), l'apparition de la première racine adventive ou racine primaire de M. Beer, coïncide avec la production de la troisième ou de la quatrième feuille. Son point d'émission se trouve au sommet de l’'amande, tout à côté de la première feuille ou à la base de l'axe, entre la première feuille et la deuxième. Elle est blanchâtre et translucide, s'allonge avec rapidité et s'enfonce verticalement dans le sol en entrainant l’amande avec elle.

Vers la fin de la première période végétative on voit se développer le premier tubercule, tantôt à la base du cotylédon, tantôt à la base de l’axe végétatif, lequel est encore rudimentaire. Dans ce dernier cas, le tubercule se comporte comme n'importe quel bourgeon axillaire. Le tubercule naît dans le tissu de l’axe végétatif, sous forme d’une demi-sphère et grossit sur place. Lorsque, ce qui n'arrive que rarement, il se développe aux dépens du parenchyme de l’amande, onle voit, la seconde année, percer le cotylédon et s'allonger

obliquement vers le bas avec son extrémité en forme de massue.

Au commencement de la seconde période de végétation l'axe végétatif se renfle à la base et se garnit comme l’année précédente de six productions foliacées. Le jeune tubercule est alors, sauf la taille, parvenu à son maximum de complication. Il est lisse et d’un blanc pur. Surle pourtour de la jeune pousse on remarque trois ou quatre racines adventives nouvelles qui ne s’enfoncent plus verticalement dans le sol comme la racine primaire, mais qui suivent une direction horizontale ou oblique, imitées en cela par toutes les racines adventives qui se produiront dans la suite.

Revenons maintenant à la première racine adventive ou racine L primaire qui joue un rôle important dans la germination des Orchidées terrestres. M. Beer a bâti sur le développement de cette racine une théorie ingénieuse que nous nous permettrons de rapporter ici.

La racine primaire, avons-nous vu, tout en s’enfonçant verticalement entraine avec elle l’amande qui ne tarde pas à disparaître sous la surface du sol. Ce mouvement est remarquable surtout par la rapidité avec laquelle il s'opère. Ainsi la quantité dont l'amande a pénétré dans le sol est d'environ un demi-pouce après la seconde période végétative et peut s'élever jusqu'à deux pouces et demi au commencement de la troisième période. A cette époque, la racine primaire disparait et l'amande avec elle; la jeune plante se développe alors d'elle-même sans continuer sa descente et se nourrit au moyen de nouvelles racines adventives. {

Pour rendre compte de la rapidité de la descente de la plantule, on s ne saurait invoquer des causes mécaniques ordinaires telles que la

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pesanteur et le ramollissement du sol sous l'influence des intempéries ; car comment expliquer alors que des centaines d’autres plantes,

gata, après que l’amande s’est enfoncée de quelques lignes sous le sol,

germant dans les mêmes conditions que les Orchidées, ne présentent ÿ po

pas ce phénomène et, souvent même, à un plus haut degré encore ? 4 Si l'on retire de la terre une plantule d'Orchis mascula ou d’O. varie- à

un fort grossissement permet de reconnaître à la base de la première racine adventive une foule de radicelles secondaires accompagnées d'une quantité de replis transversaux. À cette époque la surface de l’amande est encore parfaitement lisse. Si l’on répète cette expérience

au commencement de la troisième période végétative on s’apercevra

is

que les replis transversaux ont envahi toute la racine, en même temps qu'il y a eu raccourcissement notable de cette dernière. L’amande déjà en pleine dégénérescence présente une surface fortement ridée et très inégale.

L'observation de tous ces faits, a conduit M. Beer aux hypothèses suivantes :

Il attribue le phénomène de la descente de l’amande à l’allongement successif de l'extrémité inférieure de la racine primaire combiné avec le raccourcissement simultané de la partie supérieure et ancienne de cette racine. En l'absence de contractilité propre des cellules, ce raccourcissement ne pourrait s'effectuer que par la formation de la base de la racine à son sommet et sur tout le pourtour, d’un tissu de contraction particulier, formation qui se trahit à l'extérieur par l'apparition d’un grand nombre de radicelles latérales. Telle serait l'origine des replis transversaux dont l’ensemble agirait à la manière d’une vis sur la partie supérieure et mobile de l’axe végétatif et tendrait ainsi à le faire pénétrer dans le sol. Le point d'appui serait fourni par l'extrémité inférieure de la racine qui s'enfonce dans un terrain toujours plus compact. L'énergie du mouvement serait proportionnelle à la rapidité de la formation des replis transversaux, au moins pendant les deux premières périodes de végétation, car, plus tard, le coefficient de frottement finit par l'emporter par suite de la tendance du sol à devenir toujours plus compact et de la résistance due à l'accroissement de l’amande et à l'augmentation du nombre des racines adventives. Les moteurs de ce mouvement spiraloïde seraient l’alternative convenable de sécheresse et d'humidité à la surface du sol, ainsi que l'augmentation d'humidité avec la profondeur. Ces moteurs, en effet, doivent produire sur le pourtour de la racine, des gonflements et des rétrécissements irréguliers, à cause des différences dans l’hygroscopicité des diverses parties constitutives de cette racine. De là un mouvement, spiraloïde selon toute apparence, puisque ce mode de mouvement préside à l’évolution de tout axe végétatif.

Il faut conclure de ces faits, ajoute M. Beer, que la première racine adventive des Orchidées terrestres leur sert non seulement d'organe de nutrition, mais encore d'appareil spécial destiné àles faire pénétrer dans le sol, très probablement pour mettre la plantule à l'abri des trop

grands écarts de température. 26

M. Beer pense que sa théorie rend également compte de phénomènes analogues présentés par beaucoup de monocotylédonées et principalement par les Liliacées. Chez un certain nombre de ces dernières, spécialement chez les genres Ornithogalum , Muscari, Narcissus et Colchicum, il semble que les racines adventives qui se forment chaque année jouissent des mêmes propriétés dont seule la racine primaire jouit chez les Orchidées terrestres. Aussi leurs bulbes, ayant. la faculté de s’enfoncer continuellement dans le sol, il n’est pas rare d'en rencontrer à une profondeur qui peut aller jusque trois pieds et davantage. Des expériences embrassant plusieurs années démontrent que ces plantes mettent cette faculté bien plus à profit dans les endroits exposés aux intempéries que dans les stations abritées, et confirment ainsi l'opinion de M. Beer sur le but de la descente de la plantule chez les Orchidées.

Abordons maintenant l'examen de la germination chez les Orchidées à bulbes aériens (pseudobulbes aërobulbes). Comme précédemment, on distingue trois périodes de végétation bien caractérisées. Cinq ou six feuilles se forment dans la première période, pendant laquelle la nutrition ne s'opère encore qu’au moyen de filaments cellulaires disposés en bouquets et servant en outre d'organes préhensifs. La seconde période débute par la formation de la première racine adventive, qui est de dimensions relativement considérables. |

L'axe du bourgeon terminal serenfle entre le premier mérithalle et le troisième, renflement précurseur de la formation du premier pseudobulbe dans la période végétative suivante. On voit aussi apparaître à l’aisselle de la troisième, quatrième et parfois de la cinquième feuille des bourgeons axillaires qui ne se développeront que dans la troisième période végétative. Cette dernière période est caractérisée par le dépérissement de l’amande et la chute des feuilles qui garnissaient l'axe primordial.

Dès lors la plante, nourrie par ses racines adventives, développe son axe primordial et ses bourgeons axillaires suivant le mode caractéristique de la catégorie à laquelle elle appartient. C’est ainsi que l'on distingue les Orchidées aériennes à pseudobulbes ovoïdes, à pseudobulbes aplatis, à pseudobulbes cylindriqués et à pseudobulbes allongés et aplatis à la fois. Toutes ces formes de pseudobulbes se ramènent à la conception typique d’un bourgeon avec son axe végétatif muni de

feuilles dont les inférieures ont été transformées en écailles. Aussi, au point de vue morphologique, on ne peut établir de séparation entre les pseudobulbes et les tubercules des Orchidées terrestres.

Chez les Orchidées caulescentes et à croissance indéfinie (Ex : Vanda, Sarcanthus etc.) lamande se comporte comme chez les Orchidées à bulbes aériens. Son dépérissement commence avec l'apparition de la troisième feuille et à mesure qu'il se poursuit on voit s'effectuer de bas en haut le dépérissement lent mais graduel de l'extrémité inférieure de l'axe primaire. Du premier mérithalle se détache la première racine adventive qui se dirige horizontalement à la recherche d’un point d'appui. Chaque entre-nœud donne naissance, d'ordinaire, à une nouvelle racine adventive. Après plusieurs années seulement apparait sur le côté de l’axe primaire un appareil floral, ce qui ne modifie en rien l'accroissement de l'extrémité supérieure.

Chez les Orchidées caulescentes à croissance définie (Ex. : G0dyera, ete.) lamande se dessèche complétement après l'apparition de la deuxième racine adventive. Les feuilles se succèdent et bientôt se montrent les bourgeons axillaires. L’axe primordial continue son développement jusqu'à ce que le bourgeon terminal s'épanouisse en une fleur. Après la maturité des graines, la partie supérieure de l'axe, jusqu’à la ramification la plus vigoureuse, dégénère et périt. Cette ramification se développe alors comme l’a fait l'axe principal.

Th. Plucker.

NOMICE SUR ARTAUE GRIS

Nous empruntons à la Revue des Faux el foréts (1872, p. 340), dont Arthur Gris était collaborateur, une intéressante notice sur ce jeune savant, dont les travaux étaient généralement estimés :

La science vient de faire une perte des plus regrettables. Arthur Gris, docteur ès sciences, aide-naturaliste de la chaire de botanique au Muséum, est décédé le 18 août à l’âge de quarante-deux ans.

Lauréat du grand prix des sciences physiques en 1863, nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1869, l'avenir le plus brillant s'ouvrait devant lui; ses travaux, d'une importance capitale, lui eussent avant peu ouvert les portes de l'Académie des sciences.

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