‹ La Belgique horticole (volume 5)Chapitre 114 sur 123 · HAE · texte numérisé non relu

HAE

Nord-Ouest et à la Floride, ont une température moyenne annuelle. trop faible(l).

La température moyenne annuelle n’est cependant point de nature à faire présumer l’état de la végétation, mais celle-ci dépend surtout de la distribution de la chaleur suivant les saisons. C’est ainsi que, par exemple, la moyenne annuelle est sur le Saint-Bernard (7670 pieds d'altitude) de —0°,82 R.; à Enontekôs, en Laponie, entre 70° et 71° Lat. N. (1467 pieds), elle est de —4°,18; et cependant en ce dernier point l'orge réussit encore, on y trouve des forêts de pins et de bouleaux, tandis que l'hospice du Mont St Bernard est situé bien au-dessus de la zone des arbres. Mais la température moyenne de l'été est à Enontekôs de 10°,05 R. (en juillet 11°,60), et sur le St Bernard elle est de 4°,9 (en juillet 5°,44). De tels exemples se présentent en foule. Ce n’est que sous les tropiques qu’il n’en est plus ainsi : là les différences disparaissent presque complétement. Aïinsi Batavia possède une température moyenne annuelle de 20°,59 R; en été 20°,75, en hiver 20°,55. A Singapore la différence entre le mois le plus chaud et le mois le plus froïd n'est que de 1°,7, à Quito elle est de 1°,4.

(A continuer).

(1) On peut imaginer des lignes isothermes tracées non seulement autour de la terre d’après la latitude, mais sur les montagnes d’après la hauteur. Ici comme là, l’isotherme de 0° doit correspondre à la limite des neiges éternelles. Ces lignes imaginaires formeraient le pourtour des coupes plus où moins horizontales faites dans la masse de la montagne. Au pied de la chaîne des Andes se trouve l’isotherme de 22°; entre celui-ci et la ligne des neiges on distinguerait les autres lignes isothermes au point où se trouvent les plaines, à la hauteur de 6000 pieds, passe par exemple l’isotherme de 14°. Dans les Alpes, l’isotherme de & est entre 1000 et 2009 pieds, celui de 4° entre 4 et 5000 pieds, la ligne des neiges est entre 6000 et 7500; entre 8500 et 9500 est l’isotherme de —4, et entre 11000 et 12000 pieds est celui de —8° (Schlagintweit, 4x. de Poggen. LXXXII).

La Belg. Hort. 1872. CORDYLINE METALLICA (Horr. DALLIÈRE).

7 : à RE PI. XXV L . (POLYNÉSIE.) DADE À P De Panuemacher del el prix. ChromoLith. P De Parnematler0an

NOTICE SUR LE CORDYLINE (DRACAENA) METALLICA ou DRACAENA A REFLETS MÉTALLIQUES.

TIntroduit en Belgique par M. Alexis Dallière, horticulteur à Gand. Figuré Planche XX VI.

POLYNÉSIE. — Serre chaude.

Dracaena ferrea Lin. var. hortensis.

Le groupe des Dracaenas s'est considérablement accru dans les serres pendant les dernières années, particulièrement ceux que l'on peut ranger autour de l'ancien terminalis ou ferrea par leur feuillage coloré de rouge, de brun et même de noir. Ces végétaux impressionnent par l'aspect sombre et sévère de leur coloris, par leur prestance élancée, par leur feuillage robuste et gracieux, quelquefois par leur reflet bronzé.

L'un des plus beaux, sinon le plus beau de tous est le Dracaena metallica (Hort.Bull.) annoncé par M. AI. Dallière, horticulteur à Gand, et figuré ici d’après un spécimen cultivé chez cet habile horticulteur. Ses feuilles elliptiques-lancéolées, plus ou moins arquées, atteignent aisément cinquante centimètres de longueur. Elles sont du rouge ponceau le plus sombre et remarquables surtout par leurs reflets métalliques : jeunes, elles ont le ton chaud du cuivre et plus âgées la nuance plus profonde du bronze. La gaine des feuilles est saupoudrée de cire qui lui donne une couleur glauque.

Le Dracaena melallica est originaire de la Polynésie. Il a été rap-

porté des iles de Hamoa ou îles des Navigateurs.

Nous croyons être agréable à plusieurs amateurs en réunissant ici les principales nouveautés dans la section du Dracaena ferrea, c'est à dire à feuillage rouge, noir ou bronzé.

Dracaena excelsa : feuilles étalées, colorées en vert-olive foncé et bordées de rouge clair. Polynésie, M. W. Bull.

Dracaena Dennisonii : trapu : feuilles de 12 à 15 pouces de long, sur 4-5 de large. Coloré en bronze sombre. (Veitch).

Dracaena magnifica : feuilles de 1 1/2 à 2 pieds de long, sur

8-10 pouces de large, d'abord rouge clair et fonçant avec l'âge :

| — 354 — pétioles pourpres. Rapporté des îles du Grand-Océan par feu J. G. Veitch.

Dracæna porphyrophylla : feuilles dressées, largement ovales, à reflets bronzés en dessus et une couche de glaucescence en dessous.

Iles du Grand-Océan.

Dracæna Macleayi : robuste et trapu, à feuilles serrées, de 15 à 18 pouces de long, sur 3-4 de large, d'un brun foncé et bronzé à reflets lustrés. J. G. Veitch. Polynésie.

Dracæna nigro-rubra : élancé ; feuilles de 16 à 20 pouces de long, brun foncé avec le centre rose comme toutes les jeunes feuilles.

Dracæna Guilfoylei : de dimensions restreintes; feuilles de 15 à 18 pouces de long, sur 2 pouces de largeur maximum : panachées sur toute leur longueur de vert, de rose et de blanc. Polynésie.

Dracæna metallica : feuilles dressées et arquées de 16 pouces, sur un pétiole de 4 ; rouge cuivré dans la jeunesse et pourpre bronzé dans la maturité (W. Bull).

Dracæna splendens : touffu et compact ; feuilles courtes, de 9 pouces sur 4, d'abord roses et plus tard vert bronzé bordé de rose; parfois panachées. (W. Bull.)

Dracæna Weismanni : feuilles gracieusement courbées, de couleur

rouge clair et bronzé et pendant la jeunesse panachées de blanc pur. (Veitch.)

Dracæna Young'ii : feuilles étalées à reflets de cuivre, mais poli, pendant leur premier âge, d'un vert clair, imbibé de rose et souvent flagellé de rouge foncé. Envoyé à MM. Veitch, par M. J. R.Young, de Sydney.

Dracæna Chelsoni : croissance facile, feuilles amples, à fond vert

foncé, presque noir se nuançant avec l’âge de rouge foncé surtout sur les bords.

Dracæna Moorei: feuilles de 2-8 pieds de long, sur 4 pouces de large, singulièrement ondulées et par suite fort gracieuses : le pétiole et la côte sont rouge clair : le limbe est bronzé. Découvert dans les îles de la Mer du Sud par feu J. G. Veitch.

os

Dracæna angusta : feuilles étroites, arquées, un pouce de large, vert foncé au-dessus, teintes de rouge en dessous et se bronzant avec ‘age. Bull.

Dracæna excelsa : rouge brun et bronzé; une efflorescence blanche en dessous : parfois panaché. Bull.

Toutes ces plantes, recherchées avec raison dans nos serres — et d'ailleurs à la mode — proviennent des mêmes régions et appartiennent probablement au même type spécifique. Leur culture n’est pas précisément facile : il leur faut la serre chaude et un bon sol de terre de bruyère et de terreau.

BULLETIN DES NOUVELLES ET DE LA BIBLIOGRAPHIE

La culture des Orchidées en serre froide continue à donner à M. le sénateur de Cannart d'Hamale, à Malines, les résultats les plus remarquables. Il est bien entendu que par culture en serre froide on entend un chauffage modéré et surtout une aération et une ventilation aussi fréquentes et aussi énergiques qu'on peut les donner. Pendant le mois d'octobre dernier les espèces suivantes étaient toutes en bouton : Zygopetalum crinitum et maæillare, Odontoglossum cristatum Argus, epidendroïdes, grande, cordatum, Cervantesi, Uroskinneri (en fleur), cristatum (8 branches), PBicionense, Bicionense splendidum ; Oncidium ornithorynchum (10 branches), auwrosum (en fleurs), leucochi- Lun ; E'pidendrum prismatocarpum ; Warsewiczella velata; Maxillaria Deppei (en fleurs); Coelogyne cristata. C'est dans de petites serres basses, à deux versants, en bois et fortement éclairées que l'honorable président de la Fédération des Sociétés d'horticulture de Belgique obtient ces merveilleux résultats.

L’incident de Kew n'est pas encore terminé. Nous avons vu, d’après les derniers documents publiés, qu’il y avait, en cette affaire, une anguille sous roche et que cette anguille s'appelle le D' Owen. Ce savant a écrit un libelle contre le Jardin de Kew. Le D' Hooker n'a pas eu de peine à réfuter victorieusement ces attaques incompétentes. Le D: Owen est directeur au British Museum. On pourrait donc croire qu'une mesquine jalousie aurait attisé les injustifiables attaques dont le D' Hooker est l’objet; mais il n’en est rien. Le D' G. Bentham et

M. Wr Carruthers, conservateur de l’herbier au British Museum ont désavoué le D' Owen. La lutte que soutient en ce moment le D: Hooker n'est pas sans ressembler un peu à celle qu'a dû soutenir naguère M. B. Du Mortier. ;

Exposition de Vienne. Les commissaires anglais pour la section d'horticulture sont : le duc de Teck, président de la Société royale de Botanique ; lord Calthorpe, M. James Bateman, D' Hogg, D' Hooker, M. J. Kelk, M. Wilson Saunders, D' Maxwell Masters et P. Cunliffe Owen, secrétaire.

Les horticulteurs et amateurs belges, sont instamment priés de ne plus tarder à faire connaitre au secrétaire de la Commission belge (M. Ronnberg, rue Latérale à Bruxelles) leur intention d'exposer. Nous engageons spécialement les constructeurs d'appareils de chauffage, les fabricants d’ustensiles et d'outils pour la culture, à ne pas négliger cette occasion de faire apprécier leurs produits.

À l’exposition internationale de fruits ouverte à Londres (Soutx Kensington), le 6 novembre dernier, la Société royale d’horticulture de Namur avait envoyé une collection choisie de 150 variétés de poires.

Thymus aureus Æort. — Sous ce nom nous avons vu chez M. Alexis Dallière, l’un des meilleurs horticulteurs de Gand, un Serpolet à feuilles panachées et à odeur de citronelle. On l'appelle aussi Thymus citriodorus marginatus et il a été mis dans le commerce en Angleterre par MM. Veitch. C'est un sous-arbrisseau, s'élevant tout au plus à 15 ou 20 centimètres, très-touffu et dont le feuillage est partout bordé de jaune clair. Il est parfaitement rustique et se cultive en bordures ou en parterre.

Pour les botanistes le 7ymus aureus est, en réalité une forme jardinique du Thymus serpyllum intéressante par son parfum de citronelle et par son feuillage panaché. La modification du parfum ordinaire du Serpolet en odeur de citronelle a cependant été considérée par des botanistes distingués, comme représentant une espèce différente (Thymus citriodorus Schreb.; Thymus citratus Dumortier). Mais il nous semble que cette plante doit porter le nom de Serpolet citronelle panaché : Thymus Serpyllum var. citriodorum fol. varieg.

Le changement d’odeur chez les Labiées, notamment en citronelle est un phénomène curieux. On peut remarquer qu'il n’est pas fort rare

et parfois les odeurs les plus désagréables se changent en cet excellent parfum. On connaît, notamment, une variété de l’Herbe aux chat (MNepeta cataria L.) qui sent la citronelle : Nepeta citriodora Beck. La plante de M. Dallière est donc aussi intéressante pour l'amateur des jardins que pour le botaniste.

Floraison du Ceratozamia Miqueliana 77. Wendl. — Cette belle Cycadée du Mexique, bien connue des amateurs et recherchée par eux, est encore peu connue au point de vue scientifique. M. Alphonse De Candolle, le savant monographe de cette famille, dans le dernier volume du Prodrome, place le Ceralozamia Miqueliana parmi les espèces douteuses, par ce motif que sa fructification n'avait pas encore été observée. Or, elle vient de produire au Jardin de l’Université de Liège, précisément un cône femelle que nous pouvons décrire en quelques mots :

Strobilus femineus 1O-farius, 12 centim. longus, 7 cent. crassus, pedunculo villoso, vilis sericeis adpressis flavis, squamorum cornubus divaricatis.

Valeur des Orchidées. — La belle collection d'Orchidées de M. Marshall, de Enfield, a été vendue les 7 et 8 novembre, à Londres, à la salle Stevens. Il y avait 555 lots qui ont produit plus de mille livres sterling. Voici quelques prix : Cattleya Triane Ruckeri 7 liv. 7 sch. ; Odontoglossum triumphans Marshallii 10 liv. 10 sch.; Cypripedium grandifiorum 8 liv.; ZLelia acuminata 6 liv.; Masdevallia Vestchi, 10 Liv. 10 sch.; Angrecum sesquipedale 6 Liv.; Sobralia macrantha var. 12 Liv.

Plantes de pleine terre; Collection Maurissen. — Un amateur très distingué d’horticulture. M. Adrien Maurissen, propriétaire à Maastricht (Limbourg hollandais), a su réunir à force de patience et de zèle, une belle et nombreuse collection de végétaux herbacés de pleine terre. Son jardin, que nous avons eu l'avantage de visiter l'été dernier et dont l’aimable propriétaire nous a fait l'honneur avec infiniment de bonne grâce, renferme un nombre considérable de végétaux rares et intéressants. Il mérite d'être signalé et d’être connu des quelques amateurs qui ont conservé les traditions du bon vieux temps. Jadis il existait un certain nombre de jardins semblables où se réfugiaient les plantes des Alpes, des Pyrénées, du Canada, de la Sibérie et d'autres espèces curieuses; mais aujourd'hui ils deviennent bien

rares et c'est pourquoi nous nous plaisons à signaler celui de M. Maurissen.

Le Concombre-Serpent. — A la séance du 12 septembre de la Société centrale d’horticulture de France, M. Goujibus, jardinier, à présenté un Concombre-serpent long de 2"65 et pesant 3 kil. Un membre de la compagnie à fait observer qu'il en obtient de plus longs encore. M. Duchartre a rappelé à cette occasion que, d’après les belles

recherches de M. Naudin, le Concombre-serpent n’est qu'une variété du

Melon ordinaire. Botaniquement c’est le Cucumis Melo flexuosus.

Le Dahlia vert. — M. Sieckmann, horticulteur à Kostritz, bien

connu par ses cultures de Dahlias, annonce qu'il vient d'obtenir cette :

année, un Dahlia nouveau dont la fleur est colorée en vert clair.

La maladie de la vigne : Phylloxera vastatrix, en Portugal. — Nous n'avons pas encore entendu parler en Belgique de la nouvelle maladie qui, dans le midi de l’Europe sévit sur les vignobles. Elle est causée par une sorte de puceron, d’origine américaine, le Phylloxera vastatrix. Au sujet de ce fléau, nous extrayons le passage suivant d’une lettre que nous venons de recevoir de notre confrère M. Oliveira junior, rédacteur du Jornal de Horticultura pratique qui paraît à Porto.

« La grande question du jour, c’est la nouvelle maladie de la vigne, le Phylloxera. Le mois dernier je suis revenu de la région vinicole qui produit le fameux « Portwine » c'est-à-dire : le Douro. J’ai séjourné pendant un mois, avec une commission du gouvernement pour l'étude de la maladie, question bien difficile à résoudre. A Gouvinhas, Donello, Celeiroz, Chancelleiros et sur le côté gauche du fleuve Douro, à Bateiras, nous avons constaté des ravages assez considérables. Il y a une propriété à Gouvinhas, qui produisait ordinairement 70 pipes et dans laquelle, cette année, on n’a pas même fait la cueillette : pas un seul cep avait du fruit. C’est déplorable ! »

L’Herborisation de la Société royale de botanique en 1873 aura lieu dans la vallée de la Meuse, vers Charleville, Givet et Dinant. De plus on espère se réunir pendant cette excursion aux botanistes de France qui visiteraient les collections scientifiques de Liége et de Bruxelles.

Le Parc de Maastricht est également remarquable par son bon entretien et parla variété des essences qu'on y a plantées. La liste des arbres les plus remarquables qu'on y trouve en a été dressée dernièrement par M. Adr. Maurissen. Elle pourra servir aux propriétaires qui cherchent des renseignements sur le choix à faire dans certaines plantations. | |

Abies picea (30 mètres de hauteur); Acacia tortuosa; Acer Negundo Jol.var., À platanoides fol. var., À. purpurea; Aesculus rubicunda ; Ailanthus glandulosa ; Betula papyrifera (240); Catalpa siringaefolia; Cedrus Libani; Cerasus vulgaris fl. pleno (très-grand) : Crataequs lucida, oxyacantha ft. pl. purp.; Cryptomeria japonica ; Cytisus Adami; Fagus syloatica purpurea ; Fraxinus Ornus; Gledütschia triacanthos ; Gincko biloba; Guillandina dioica ; Ilex aquifolium (très-fort) ; Juglans fraxinifolia et laciniata; Larix pendula; Liriodendrum tulipifera, Magnolia Soulangiana (très-grand) et #ripetala; Paulormnia imperialis (1250); Pavia lutea; Pinus cembro; Pyrus Polveriana et salicifolia ; Quercus tomentosa et virginiana; Sophora Japonica (très-grand) ; Sorbus pendula; Tazus adpressa; Tilia argentea pendula ; Ulmus americana (2"37 sous les branches), campestris fol. var., pyramidalis ; Virgilia lutea (couvert de fleurs en 1869); Wellingtonia gigantea (1710 au pied).

Un mérite de plus, c'est que tous ces arbres sont munis d’une étiquette donnant au visiteur les renseignements qu'il est en droit de trouver dans tout jardin public.

Les narcotiques. — Les journaux ont publié la note suivante :

On a recherché de tout temps une plante qui, par sa vertu soporifique, chassât momentanément les soucis et endormit les affections morales ou physiques, souvent aux dépens de la santé et de l'intelligence.

Les Asiatiques ont fait choix du produit du pavot, du chanvre, etc.

Les Américains mâchent le coca, Le chanvre et le tabac.

Les Européens ont choisi le tabac, qu’ils fument, qu’ils prisent et qu'ils mächent.

Le tabac est devenu d’un usage général.

Et sait-on l'espace qu'occupe sur le globe la culture du tabac ? 450,350 hectares, qui produisent en chiffres ronds 500 millions de kilogrammes de ce végétal.

Le tabac est cultivé dans toutes les parties du monde; c'est une plante qui réussit dans la zone tempérée et dans la zone tropicale. En Amérique, on la trouve depuis le Canada jusqu'au Paraguay; en Europe dans tous les États à l'exception du Danemark, de la Suède et de la Norwége; en Afrique, partout; en Asie, sa culture se développe des bords de l’Euphrate au Japon, de l'Arabie à la mer

d'Aral, dans l’Indoustan, dans l'Indo-Chine, en Chine et dans le

grand archipel de l'Asie.

Cyclanthera edulis Nan. MM. Ch. Huber, horticulteurs à Hyères (Var), annoncent les graines de cette Cucurbitacée. « C’est, disent ces Messieurs, le Pepino de Gomer des Espagnols de l'Amérique du Sud, qui en mangent les fruits accomodés de diverses manières. La plante ne diffère de l’ancien C. pedata de nos jardins que par ses proportions plus fortes et surtout par la grosseur de son fruit qui a six ou sept fois le volume de celui du C. pedata, dont il conserve d’ailleurs la figure, tout en étant plus lisse, souvent même entièrement dépourvu d’aspérités... La plante est annuelle, de croissance rapide, tres ramifiée, très feuillue, très féconde : on peut la considérer comme étant à la fois ornementale et potagère.

Les Pélargoniums zonales à fleurs blanches et’ doubles font beaucoup parler d'eux depuis quelques temps. Nous avons déjà annoncé (p. 200) celui de M. Jean Sisley, qui va être mis au commerce, en mars 1873, sous le nom de Aline Sisley par M. Alégatière. Un autre double blanc, obtenu par M. Schmit, horticulteur à Lyon, est annoncé par M. Boucharlat de la même ville sous le nom de alba plena. Si les renseignements qui nous. sont transmis sont exacts, le premier serait venu de graines et le second d’un Sport, c'est-à-dire par dimorphisme.

Tous deux se maintiennent d’ailleurs avec leur duplication bien con-

stante et il n'y a point, en effet, dans leur diversité d'origine de raisons pour quil en soit autrement. — Nous venons d'apprendre que M. Crousse, l’habile floriculteur de Nancy, vient aussi d’obtenir un blanc double, peut-être le plus beau de tous. Sans être blanc pur comme les deux premiers sont annoncés, celui-ci est d’un beau blanc

carné avec le centre de la fleur saumoné. C’est par conséquent un

coloris tout différent des deux premiers et, au dire des amateurs, une :

véritable perfection. Le charme de ce semis est qu’il a le feuillage

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petit, le bois restreint et qu’il est très florifère. La plante de semis a déjà donné quatre inflorescences de 20 centimètres de hauteur et ses boutures se mettent à fleurs quand elles ont à peine 4-5 centimètres de tige.

Il y a dans cette apparition simultanée de variétés analogues d'une même espèce, en différents points fort éloignés les uns des autres, une preuve nouvelle de cette évolution spontanée, inhérente aux espèces végétales, que nous avons signalée dans plusieurs occasions.

Pélargonium zonale double Alice Crousse. M. Crousse, l'habile horticulteur de Nancy, qui chaque année enrichit la floriculture de remarquables nouveautés, annonce pour le printemps prochain un superbe Pélargonium double qu'il a nommé Aice Crousse. Il nous donne sur l'origine de cette variété d’intéressants renseignements :

« Il provient de la fécondation d’un blanc simple par le pollen du Pél. Rose de mai nouveauté que j'ai moi-même déjà obtenue il y a deux ans d'un blanc simple fécondé par un rose pâle double. Depuis plus de quatre ans j'étais parti de ce principe que puisque le blanc double n'avait pas été obtenu de prime abord, chose impossible, le premier Geranium double étant de type rouge vif, évidemment le blanc double arriverait à la suite d’une série de semis qui aurait pour but la décoloration graduelle et bien suivie des générations. Pour arriver à ce but, j'ai choisi trois variétés de zonales à fleurs blanches simples A7% Vaucher, Virgo Maria, et floribunda alba. Ces variétés primitivement fécondées par des Geranium rose pâle comme Aarie Crousse et Mary Elisabeth m'ont produit un rose très pâle de mauvaise forme qui n’a pas paru dans le commerce, mais qui m'a servi à obtenir l'année suivante la variété double Rose de mai, qui est d'un rose très-clair avec le revers des pétales blanc : c'est d’un semis des blancs simples ci-dessus fécondés par Æose de mai, qu'est sorti mon Pel.-zon. Alice Crousse qui est blanc légèrement reflété carné, avec l'onglet des pétales saumoné. De prime abord, la plante en boutons paraît blanc pur et de loin en pleine terre les fleurs paraissent toutes blanches parce que le revers des pétales est blanc et le saumon peu apparent. La plante est trapue, toute naine, à feuillage moyen fortement zoné, et des plus floriferes. Elle a donc toutes les qualités désirables comme plante de massifs, ce qui la fera d'autant plus rechercher que son coloris seul aurait suffi pour la recommander.

Les cultures de MM. Jacquemet-Bonnefont à Annonay (Ardèche), déjà célèbres depuis longtemps, acquièrent encore plus d'importance. Nous ne les connaissons pas de visu, mais d’après les beaux catalogues que nous venons de recevoir, ces cultures doivent être considérables.

Elles comprennent toutes les catégories de végétaux cultivés, surtout ceux de la grande culture. Ces Messieurs ont, en outre, une maison à Lyon, Place Bellecour, n° 3, pour le commerce de graines et de pépinière.

MM. Simon-Louis, pépiniéristes à Plantières près Metz, viennent de publier plusieurs catalogues intéressants à divers points de vue. Is annoncent plusieurs nouveautés parmi les arbustes de pleine terre, notamment : Capréfolium occidentale var. Plantierensis qui se distingue par son feuillage clair, son inflorescence assez lâche, ses fleurs orangées et rouge vermillon pâle, etc,; Clematis lanuginosa var. nigricans; Sparlocytisus albus var. durus; Ceanothus Léon Simon. Le catalogue des arbres et arbustes d'ornement que nous avons en ce moment sous les yeux est d’ailleurs très-riche et bien rédigé.

La Morelle noire (Solanum nigrum L.). — Les journaux ont publié il y a quelque temps que trois enfants auraient été empoisonnés à Sombreffe, dans la province de Namur, pour avoir ingéré les fruits de la Morelle noire. L'un de ces petits malheureux aurait succombé.

La Morelle noire est une plante annuelle, commune le long des haies : ses fruits sont des baies noires de la grosseur d’une groseille.

La plante est faiblement narcotique. Desfosses, pharmacien à Besancon, en a retiré de la Solanine. Certaines personnes la disent alimentaire et prétendent qu’on peut la manger cuite, à la manière des épinards. Il est prudent de ne pas suivre leur exemple.

Les herbes magiques. — Quelque étrange que soit la nouvelle suivante, le Figaro croit pouvoir garantir absolument son authenticité : « La préfecture de police a été avisée qu’un certain nombre d’herboristes vendaient à Paris des herbes magiques, et qu’ils avaient un assez grand nombre de clients et notamment de clientes.

« Les herbes magiques se débitent au brin et fort cher. C’est ainsi qu'une mandragore cueillie à minuit le jour de la pleine lune, est cotée 50 fr. en moyenne, une feuille d'azedarach sur laquelle a été prononcée, le dernier samedi du mois, la grande formule cabalistique de

D mo se cn à

Salomon, 100 fr, ; un paquet de mousse qu’un centenaire a fait bouillir avec des crapauds et des os de mort, 50 fr.

« La mandragore est tres demandée par le demi-monde, où la conviction qu'elle fait aimer est des plus robustes ; on la met dans le café de la personne qu’on veut séduire.

« La mousse cuite avec des crapauds inspire aux personnes génantes des idées de voyage. Beaucoup de banquiers amis de dames et pourvus de créanciers en ont pris dans leur thé, sans s’en douter.

« Mousse, mandragore, azedarach, etc., sont, cela va sans dire, les herbes, les plus ordinaires, achetées le matin au marché de la rue de la Poterie, et élevées pour la circonstance à la dignité de plantes magiques. » |

Voilà ce qui se passe dans la ville qui se prétend la plus intelligente du monde et qui n’en est que la plus irréligieuse. Etrange châtiment de l’incrédulité, et la preuve curieuse aussi que l’homme cherche bon gré mal gré le surnaturel : on ne veut plus croire en Dieu, mais on ajoute foi aux vertus merveilleuses de la madragore, de l’azedarach et du bouillon de crapaud.

Rosiers nouveaux obtenus à Lyon et mis en vente pour la première fois en novembre 1872 :

Amazone. — Thé. — Jaune foncé. Ducher.

Anna Ollivier. — Thé. — Rose carné. Ducher.

Antoine Alléon. — Hybr. R*®. — Rouge cerise. Damaizin.

Belle des Jardins. — Provins. — Pourpre strié blanc. Guillot, fils. Bouquet d'or. — Noisette. — Jaune foncé. Ducher. Marie Accary. — Noiïsette. — Blanc. Guillot fils. Fernando de la Forest. — Hybr. Ri°. — Rose. Damaizin. Marie Arnaud. — Thé. — Jaune. Levet.

Marie Cointet. — Hybr. RF. — Rose. Guillot, fils. Made Chaveret. — Thé. — Jaune. Levet.

» Docteur J'uité. — Thé. — Jaune. Levet.

» François Janin. — Thé. — Jaune. Levet.

» Lacharme. — Hybr. R'°. — Blanc. F. Lacharme.

» Marius Cote. — Hybr. Rt°. — Rouge clair. Guillot, fils. Henry Bennett. — Thé — Rose clair. Levet.

Claude Levet. — Hybr, R®. — Groseille. Levet.

Pierre Seletasky. — Hybr. R®. — Pourpre. Levet. Ma Surprise. — Microphylla. — Blanc et rose. Guillot, fils. Marcellin Roda. — Thé. — Blanc fond jaune. Ducher. Mont Rosa. — Thé. — Saumon. Ducher.

Perle de Lyon. — Thé. — Jaune foncé. Ducher.

… Perle des blanches. — Noïsette. — Blanc pur. F. Lacharme.

Roine Victoria. — Ile Bourbon. — Rose vif. I. Schwartz.

Souvenir de la Duchesse Amélie. — Hybr. R'°. — Pourpre. Liabaud. Thé à bouquet. — Thé. — Blanc strié rouge. Liabaud. Vallée de Chamounix. — Thé. — Cuivre. Ducher.

Jean Sisley.

Imperméabilisation des étoffes. D'après M. J. Wricht, on recouvre les tissus à imperméabiliser d'un mélange de térébenthine,

d'huile de ricin, d'une solution alcoolique de laque et de glycérine.

(Bul. Soc. Chim.)

Vente des collections H.Vandermaelen. — Le 14 octobre dernier, la collection botanique naguère célèbre et importante de MM. Vander-

maelen, à Bruxelles a été dispersée aux hasards des enchères publiques !

E. Marchal, Reliquie Libertiane, Gand 1872, broch. in-8°. — L'herbier de M'° Libert, la célèbre botaniste de Malmedy a été acheté par l'Etat belge et il fait partie des collections du Jardin botanique de Bruxelles. Cet herbier est particulièrement intéressant pour la cryptogamie. M. E. Marchal en a entrepris la révision et il vient de publier une partie de ses observations sur les Mousses de l’Ardenne.

Fr. Crépin, Matériaux pour servir à l'histoire des Roses, deuxième Jascicule. Broch. in-8, Gand, 1872.

de ses observations sur les Rosa de l'herbier de Willdenow conservé à

Dans ce travail, l’auteur fait part

Berlin ; il présente quelques considérations sur l'étude des Roses et il passe en revue les récentes publications de M. Godet, de M. Baker et

de M. Scheutz sur ce genre intéressant.

La Belgique pittoresque. Zes châteaux par M. Æ. d. D. (à Mons, chez J. Dacquin, éditeur). — Cette jolie et intéressante publication se poursuit avec activité et voit son succès grandir. La dernière livraison que nous avons recue comprend les châteaux de Laerne, de Freyr, de Walzin et de Wemmel.

Oudemans, Æerbier des Pays-Bas. — Cinq nouveaux fascicules de cette excellente publication viennent d'être distribués.

D. Clos, De quelques principes d'organographie végétale. Toulouse 1872 ; broch. in-8°.

D. Clos, De la disposition adoptée dans la replantation de l’école de botanique. Toulouse 1872 ; broch. in-8°.

Le D: Welwitsch, le célèbre explorateur des colonies portugaises en Afrique, est mort le 20 octobre à l’âge de 65 ans. Depuis son retour en Europe, il séjournait à Londres, toujours occupé à la publication de ses premières découvertes.

Le professeur Oersted, de Copenhague, est décédé le 3 septembre dernier. Ce savant était connu par ses travaux sur la flore de l’'Amérique centrale et par ses découvertes concernant le développement de lÆZ'cidium cancellaium du Poirier.

V. Geleznow. Coloration des marais salants en Crimée. — La coloration rouge que présentent beaucoup de marais salants vers l’époque de la récolte du sel, c’est-à-dire pendant les mois les plus chauds de l’année, a souvent préoccupé les voyageurs et les naturalistes ; cependant on peut dire que la cause de cette coloration n’a pas encore été déterminée avec toute la précision désirable. Cette cause à été alternativement attribuée à des organismes animaux ou végétaux. La première opinion fut soutenue par MM. Milhausen et Payen; la seconde, par MM. Dunal, Turpin et Joly. Cette dernière opinion, ayant réuni la majorité des suffrages scientifiques, semble être aussi la plus probable dans l'état actuel des observations. MM. Milhausen et Payen invoquent l'intervention de petits Crustacés appartenant aux genres Branchippus et Artemia. MM. Dunal et Turpin affirment que le phénomène est uniquement dû au Protococcus salinus, et M. Joly, à la Monas Dunalii.

M. Geleznow vient de publier dans le « Bulletin de l’Académie impériale des Sciences de St. Pétersbourg » les résultats de ses observations sur une certaine quantité d'eau et de vase provenant de la saline de Sack, en Crimée. L'eau et la vase avaient été recueillies au mois d'août, époque à laquelle cette saline présente une coloration pourpre foncé caractéristique. M. Gelesnow considère comme cause principale de

cette coloration un cryptogame inférieur dans lequel il a eru reconnaitre le Protococcus salinus de Dunal. Il admet, d’ailleurs, que les crustacés et autres animaux qui font leur nourriture de ce végétal, puissent, en accumulant les granulations pigmentaires à l’intérieur de leur corps, contribuer notablement à la production du phénomène. Voici, en résumé, d’après ce savant, les phases de l’évolution du Protococcus salinus.

La coloration des eaux mères est le plus intense peu de temps avant le dépôt des cristaux de sel, c'est à dire qu'elle coïncide avec leur plus grand degré de concentration. À cette époque le liquide répand une odeur des plus suaves, au dire de tous Les observateurs, odeur analogue au parfum des violettes ou des framboises, d’après les uns ; à celui du réséda ou du jasmin d’après les autres. Cette observation seule plaiderait en faveur de la présence d’un organisme végétal, car les animaux marins, lors de leur décomposition surtout, dégagent généralement des émanations peu agréables. Le microscope laisse alors découvrir à la surface du liquide des spores immobiles, colorées en rouge par une substance oléagineuse particulière et contenant de nombreux corpuscules tenus et incolores. En même temps que le sel se dépose, les spores tombent dans la vase, se rompent et laissent échapper leur contenu. Les corpuscules incolores donnent naissance, soit en automne, soit au printemps, à des zoospores de couleur verte, munis de deux cils vibratils et qui pendant tout l'été, vivent dans la vase pour se transformer en spores immobiles vers le commencement de l'automne. La concentration croissante des eaux mères, à la suite de l'évaporation, est probablement la cause de leur ascension à la surface où le contact de l’air ne tarde pas à développer le pigment qui leur est propre. Bientôt se passent les phénomènes de rupture déjà indiqués, l’on voit se perdre ou tout au moins s'affaiblir considérablement la coloration des eaux mères. Une nouvelle génération de zoospores est en voie de formation.

Quel est le principe auquel est due la coloration de ces Protococcus et d'une foule d’autres êtres vivants qui peuplent les eaux salées? M. Geleznow est d'avis que ce principe n’est autre que de l'oxyde de fer, que l'analyse chimique a signalé dans la vase de beaucoup de salines, et qui se trouve pour environ 8 °/, dans la vase de Sack. C'est ainsi que le lac salé de Mainak qui en contient une proportion bien moindre est loin de présenter en été une coloration aussi intense que

celle du lac précédent.

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