LA FLEUR DES, TOMBER US
(Helichrysum orientale TourN.)
M. Gustave Heuzé vient de publier dans le Journal d'agriculture pratique (1872, I, 515) une intéressante notice sur une industrie horticole peu connue, la production de l’Zmmortelle d'Orient. Nous en extrayons quelques renseignements :
La plante est originaire d'Asie et connue en Europe depuis 1629, mais elle n'est cultivée en dehors des jardins que depuis 1815. Ses fleurs, symbole de l'amitié et des œuvres de génie, servent à faire les couronnes qui ornent les tombeaux. On la cultive, en France, dans les communes de la basse Provence, dont le sol s'incline vers la Méditer-
ranée. Elle réussit tres-bien sur les gradins de Bandols et de la Ciotat
qui sont exposés au Sud et entourés de murs en pierres sèches. Elle épanouit ses fleurs au mois de juin. Elle redoute les pluies abondantes et continues et même les fortes rosées. Un froid de -5° la fait périr. Elle ne végète bien que sur les terres légères, caillouteuses et perméables. On la multiplie par éclats qu'on sépare des vieilles souches. La cueillette des tiges et des fleurs se fait dans les premiers jours de juin, avant l'épanouissement des boutons. Comme le commerce refuse les fleurs qui ne sont pas assez formées et celles qui sont trop ouvertes, il est important de ne pas couper les tiges ni trop tôt ni trop tard. La récolte de l’Zmmortelle est confiée à des femmes qui les réunissent en petits paquets que l'on fait sécher ordinairement sur les murs des enclos. Ensuite des jeunes filles s'en emparent pour détacher le duvet qui couvre les ramifications.
Un kilogramme de ces plantes contient environ 400 tiges, munies chacune d’une vingtaine de fleurs.
Chaque touffe d’Zmmortelle d'Orient produit de 60 à 70 tiges portant de 20 à 30 fleurs. Un hectare contenant environ 40,000 touffes produit chaque année 2,400,000 à 2,800,000 tiges ou 16,000 à 20,000 paquets, où 5,000 à 7,009 kilogr. d’Zmmortelles.
Une culture d'Zmmortelle bien établie et entretenue persiste pendant 8 à 10 années. Ces fleurs se vendent en paquets ou au poids. Le paquet vaut de O fr. 15 à 0 fr. 30 ; et les 100 kilogr. de 30 à 45 francs.
Les immortelles sont mises dans des caisses contenant 100 paquets. Tous les paquets y sont placés symétriquement de manière que toutes les fleurs soient en contact pour ainsi dire avec les parois intérieures.
Le commerce livre souvent des immortelles teintes. Ainsi il les colore en noir, en vert et en rouge ponceau. Cette dernière nuance est tres-belle et la plus en vogue dans les contrées méridionales. On l’obtient au moyen d’une dissolution de borax.
Les immortelles naturelles et les émmortelles teintes en noir servent à faire des couronnes pour les tombeaux. Les mmortelles vertes ou ponceau sont associées aux fleurs naturelles dans la confection des bouquets ou bien on les porte à sa boutonnière,
NOTE SUR LE KETELEERIA FORTUNE carR,
(ABIES JEZOENSIS AUCT. NEC SIEB. ET ZUCC.)
Cette rare conifère a été figurée en 1868 par M. Carrière, dans la Kevue horticole (p. 132) et décrite sous le nom de Xetelecria Fortune. Ce genre nouveau est dédié à M. J. B. Keteleer, « un des horticulteurs les plus distingués du dix-neuvième siècle » dit M. Carrière, né à Bodeghem (Belgique) le 4 août 1813. M. Fortune avait rencontré un seul spécimen de cet arbre, en Chine, près d’un temple, à Foochow-foo. Il paraït être rustique, au moins sous le climat de Paris.
MM. Rovelli frères, horticulteurs à Pallanza, près du Lac Majeur, en Italie, possèdent un superbe exemplaire de Æeteleeria de plus de 10 mètres de haut, avec un diamètre de ramifications de 8 mètres. Planté en 1853, dans une position un peu élevée et au sud-est, il ne tarda pas à se développer rapidement et maintenant il fait de fortes pousses de 0,75 à 1 mètre de long chaque année. Ses branches, étalées horizontalement et peu touffues lui donnent un aspect à la fois majestueux et léger, qui n'est pas sans analogie avec celui des Torreya et de quelques espèces de Podocarpus. Le vieux tronc, couvert d’une écorce épaisse, roux-ferrugineux, molle et ressemblant à du liége, rugueuse et fendillée, mesure un mètre de circonférence à la base. Les extrémités de la tige et des branches sont munies d’un épiderme gris cendré en dessus, plus foncé et rougeâtre en dessous, partout mince et glabre. Quant aux rameaux de nouvelle végétation, ils sont d’un vert tendre et légèrement pubescents. La nuance des feuilles, d’un beau vert chatoyant produit, avec Le bois, un remarquable contraste.
Les cônes presque ronds, obtus aux deux extrémités, sont dressés, pédonculés et formés de larges écailles adhérentes à de petites bractées minces et un peu réfléchies. L'arbre n'a jamais donné de chatons mâles : ceux-ci d’ailleurs sont encore inconnus en Europe et n'ont
probablement pas encore été décrits.