HISTOIRE DES SAULES PLEUREURS
PAR M. LE D' Cu. Kocux.
(Wochenschrift fur Gärtnerei elc., 2? déc. 1871. — Késumé du Bulletin de la Société botanique de France.)
On croit généralement que le Saule auquel le psalmiste disait aux jeunes Hébreux en captivité de suspendre leurs harpes, et que Linné a pour cette raison nommé #. babylonica, est originaire de la Mésopotamie. M. Koch croit pouvoir établir que notre Saule pleureur est venu de la Chine et du Japon en Europe, et qu'il n’a rien de commun avec l'arbre cité dans le 137° psaume, en hébreu Garab. Ce dernier nom, connu d'Avicenne au XI° siècle, s’est conservé en Syrie. D'après M. Wetzstein, consul d'Allemagne à Damas, l'arbre appelé Garab ne peut croître dans le nord de la Syrie, où il fait trop froid pour lui. Cet arbre n’est donc pas notre Saule pleureur. Rauwolf nous a laissé des documents d’où il résulte que le Garab n’est même pas un Saule. Richard Kiepert, qui à accompagné en Syrie son père le géographe H. Kiepert, a rapporté à l’herbier de Berlin un échantillon de Garab
qui est un échantillon de Peuplier. Linné et ceux qui l'ont suivi ont donc été mis dans l'erreur par l’ancien traducteur des Psaumes.
Ce point établi, M. Koch s'occupe de l'introduction du Saule pleureur en Europe. Un jardinier hollandais, Nieuhoff, accompagna en 1665 l'ambassade envoyée en Chine, y vit le Saule pleureur d'après le rapport de Loudon, qui cite Sylv. Flor. IT, p. 267, ouvrage que M. Koch n'a pu consulter. Divers documents établissent d’ailleurs l'existence de cet arbre en Chine (l).
Il existe au Japon deux Saules, le Salix japonica Thunb., qui n’a pas les rameaux pendants, et Le S. japonica BI1., qui les a tels. Les : deux ont étè introduits dans les cultures sous le nom de Sualiz Sieboldit. C'est au second que M. Koch donne le nom de S!. elegantissima. Il en trace la diagnose et le distingue du Salix babylonica L., qu'il propose d'appeler dorénavant S. pendula Moench.