UHORTICDLTURE A L'EXPOSITION UNIVERSELLE DE VIENNE EN
Vienne, le 30 Mars 1873.
La capitale de Tempire autrichien prend de jour en jour une physionomie plus cosmopolite. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à faire une promenade à la Ringstrasse, au Graben, dans le JëLgerzeile et au Prater, pour entendre toutes sortes d'idiomes connus ou inconnus que parlent une foule de tjpes étrangers, Japonais ou Egyptiens et enfin de toutes les parties du monde. C'est un indice de l'approche de Touvertare de l'exposition.
Le printemps a ramené la violette à la boutonnière des promeneurs élégants. La ville verra sous peu circuler dans ses rues une afflnence considérable d'étrangers ; les voitures publiques et les tramways (omnibus américains) ne suffiront plus pour le transport des visiteurs, car à l'heure qu'il est, il est déjà difficile de se procurer des places dans les voitures publiques.
Il parait que la Compagnie générale des omnibus de Paris a proposé à la direction générale de Texposition de venir renforcer les moyens de transport des visiteurs en envoyant à Vienne, pour la durée de l'exposition des voitures de construction nouvelle avec impériale couverte ; les omnibus parisiens adopteront la taxe viennoise, et feront le trajet de la place Schiller à l'exposition.
n y aura aussi des trains de plaisir pour visiter les environs de Vienne, qui offrent en beaucoup d'endroits de fort beaux sites.
A Nussdorf, on fait l'ascension du Rahlenbei^ et du Leopoldsberg, du sommet desquels on découvre une magnifique vue panoramique sur la ville de Vienne, le Danube et les îlots du Prater.
A Dornbarch, il j a un parc superbe et des promenades trèscourues en été.
A Schônbrunn (le Versailles de Vienne) se trouve le palais d'été de l'empereur ; il faut une heure en tramway pour y arriver ; là, on trouve des sites merveilleux, un magnifique palais, un grand parc, d'immenses forêts et une des plus belles chasses connues, des serres, et des collections nombreuses de plantes tropicales, visitées l'été par Que affluence considérable de promeneurs.
Baden, sur le chemin de fer du sud, possède une station thermale. Par la même voie on se rend au Sommering qui offre l'aspect du Righi où l'on voit de merveilleux travaux d'art ; des trains de plaisir, aller et retour en un jour, y conduisent en été.
La ville de Vienne est aujourd'hui Tune des plus peuplées, des plus élégantes et des plus animées de TEurope ; les tramwajs en sillonnent les principales artères. Les principaux jardins publics sont : 1« Volkagarten, le Stadtpark, le Augarten et le Prater.
Le Yolkagarten est le jardin du peuple ; on y entend les concerts de Strauss tous les soirs en été ; ce jardin est fréquenté par le meilleur monde.
Le Stadtpark (Stuben Ring) est un jardin admirablement dessiné avec pièce d'eau et bosquets d'arbres d'un très-bel effet ; ce jardin est le lieu de rendez-vous de la bourgeoisie viennoise.
Le Augarten, situé à Léopoldstadt, n^estpas très-fréquenté.
Enfin le Prater (le bois de Boulogne de Vienne) au milieu duquel se trouve le palais de l'exposition, est la plus belle promenade delà ville, d'une immense étendue et renfermant une végétation vigoureuse avec de nombreux bosquets d'arbres plusieurs fois séculaires.
Trois allées principales partant du Praterstrasse (Léopoldstadt) divergent, la première à droite, conduisant au Champ de Courses, la seconde, celle du milieu, menant à l'extrémité du centre du Prater, et la troisième, celle de gauche, conduit vers le Danube.
La première avenue à droite est plantée de beaux arbres, avec route séparée pour les piétons, les cavaliers et les voitures; cette avenue est fréquentée par les équipages du beau monde et les élégants de la ville.
La seconde, celle du milieu, est le lieu de la promenade du peuple curieux ; on j trouve de nombreux cafés, des brasseries et des jeux de toute sorte, comme aux Champs-Elysées de Paris. Cette avenue est la plus curieuse du Prater à cause de son animation et son caractère original.
La troisième avenue, celle de gauche conduit au Danube ; cette partie du Prater est sauvage et offre de délicieux paysages.
Le palais de l'exposition universelle se trouve situé entre l'allée de droite et celle du milieu, à un kilomètre des trois entrées principale du Prater, formant une série d'arcades au-dessous desquelles on entre
sous les avenues du Prater tandis qu'au-dessus passent les trains du chemin de fer de ceinture.
Le palais est situé au milieu d'un immense jardin, non encore terminé, entouré de palissades dans le genre de celles qui entouraient le Champ de Mars à Texposition aniverselle de Paris, en 1867.
Du côté de Favenue du milieu, se trouvent les halles aux machines et pour les produits de Tagriculture ; vers Tavenue de droite, se trouvent, à côté des minarets égyptiens, une grande serre, presque complètement montée, et autour de laquelle pullulent des jardiniers Ijohémiens sous la direction de M. Malj (hofgartner). C'est là qu'aura lieu l'exposition d'horticulture, entourée de magnifiques bosquets d'arbres gigantesques au-dessous desquels se trouvent déjà des arbres frai tiers en jauche, des Conifères, des arbres à feuilles caduques et persistantes appartenant à des exposants particuliers pour figurer sans doute dans le jardin d'horticulture.
Des jardiniers japonais sous la direction de M. Isuda Senja déballent des arbrisseaux et arbustes japonais qu'ils ont apportés de leur pays.
La Commission japonaise, composée de 17 membres, 4 européens parmi lesquels le fils de feu le D*" von Siebold, et 40 ouvriers japonais est une des mieux organisées et des mieux rétribuées. Le Mikado leur a ouvert un crédit de 500,000 dollars. Le catalogue japonais est déjà imprimé ; il en est de même d'un splendide catalogue illustré qni renferme toutes les données les plus exactes sur l'histoire du pajs, la famille impériale, la population, l'administration, l'armée, les finances, etc.
Des piles de fiorins autrichiens recouvrent la table du secrétariatgénéral et les membres de la Commission japonaise se payent des voitures à 20 florins par jour. Le prix des voitures publiques est trop élevé à Vienne et beaucoup de membres des autres commissions étrangères eu européennes ne reçoivent pas de leur Gouvernement pour leurs firaûs généraux, ce que les Japonais reçoivent pour leur voitures. Dans la galerie égyptienne, on procède au déballage des produits de Wiorticulture et de l'agriculture ; les produits les plus remarquables âe l'exposition égyptienne sont : les céréales, les cotons et tous les textiles, les légumineuses alimentaires, les plantes saccharines, les fourrages, les plantes potagères et des tubercules alimentaires parmi
palna
lesqaeUea des patatea douces ae lo .Luug«u^-. -~ ^ ^ ^^
^Eypkene tkeHlca) et le Dattier chargé de «. fnu^ ^^^^ ^ iJux gigante«i«es de 20 mètres de hauteur; les P'-*^*' plante, oléagineuses tinctoriales, odoriférantes. 7^"^- ^ leur. pUntes et leur, graines, les tabacs, les arbres et plari^ ^ «ent. etc. Des collections de coupes d'arbres de la ^^^^^^ ju«iu'en Abyssinie et au Soudan, dont un tronc colowal fo«né racines adventives du Figuier des pagodes {Fie»* bengaUnn») .
L'Exposition particulière ou le parc égyptien qui se trouve ac^ de rexpo.ition d'horticulture et du parc japonais, comprend . - «.osquées avec les n^inarets; la reproduction du t«»^'».^« J^^ Hassan; une maison égyptienne, avec jardin et >"« "^^IT "*^ avec pigeonnier, moulin à farine, écuries et tous les xnstmmonte employés à l'horticulture et à l'agriculture dans la vaUée du KU.
G. Delchbvalbrib.
U parti* horticole rt «frlool*.
NOUVELLES INTRODUCTIOMS DE M. J. LISDEN, — 1873.
M. J. Linden annonce dans son catalogue N« 90 (1873), les plantes nouvelles suivantes qu'il vient dlntroduire :
Acer palmatom crispmn. — Port fastigié. pétioles coccinés, feuilles à lobes canaliculés. Presque rustique. Japon.
Alloplectos Bamorensis Lind. — Gesnéracées. — Feuilles veloutées d'un vert sombre, avec la nervure médiane d'un blanc argenté . face inférieure d'un pourpre vineux. Pédoncule et calice d'un rouge écarlate. Corolle jaune de paille.
Anthuriam oristaUinimi Lind. et And. — Aracées, ^ Le port e la forme des feuilles rappellent VA. magn%ficfum. Feuilles amples, cordiformes aiguës, épaisses, à pétioles arrondis. Ecailles de la base lancéolées, d'un rouge vif. Fond de la feuille vert émeraude, constelle de ponctuations et encadré dans la bande de cristal qui entoure la nervure antémarginale et les quatre nervures secondaires. Jeunes feuilles d'un pourpre violacé.
Oattieya gif as Lind. — Fleurs de 20 centimètres de large sur
25 de longueur. Sépales et pétales d*an beau rose. Labelle très-grand à tablier étalé, d'un carmin pourpré avec deux jeux d*un jaune d*or k l'entrée de la gorge, base blanche.
Gecropia fingida. — Artoearpées. — Arbre magnifique à grandes feoilles coriaces, palmées, argentées en dessous, croissant à une altitude de 12,000 pieds. Peut être cultivé à Tair libre.
Gonneria pictorata Lind. et And. — Âroïdes, — Plante herbacée, acaule, à pétioles courts invaginés à la base, accompagnés de grandes écailles pourpres et couverts de poils argentés. Limbe de la feuille elliptique, obtus, long de 40-50 centimètres, large de 25-30, cordiformeà la base. Une large bande forme une macule d'argent au centre du limbe. Feuilles tantôt d'un vert d'émeraude, tantôt velouté mat, tantôt passant au violet. Le dessous est pubérulent et d'un vert pâle. Serre chaude. Nouvelle-Grenade (Roezl).
Cyathea fànebris. — Fougère arborescente, à frondes très-grandes, étalées; pétiole noirâtre, couvert d'écaillés noires. Feuilles coriaces et glabres à la face supérieure. Nouvelle-Calédonie.
Gyrtodeira folgida. — Gesnéracées. — Feuilles elliptiques, étalées en rosette, couvertes de fines bullatures, hérissées sur leur face supérieure, de couleur chamois foncé, ombré de vert, sur le milieu duquel tranche la zone médiane satinée et argentée. Stolons nombreux. Jolies flenrsécarlates, à long tube, à limbe rosacé frangé. Serre chaude. Nouvelle-Grenade.
Dieffenbachia lathnaonlata Lind. et And. — Aracées. — Tige
dressée portant une couronne de feuilles à pétioles ans, glaucescents, à limbe lancéolé aigu, d'un vert glauque^ glacé, foncé, divisé par une bande centrale blanche et maculé d empreintes rares, grandes, jaune pâle. Serre chaude. Nouvelle-Grenade.
Dnuuiena gloriosa. — Liliaoées. — Feuilles grandes, striées de bandes d'un acajou très-vif, passant au rouge brique. Port majestueux.
Dncaena latescens A. Yersch. — PI. robuste. Feuilles linéaires, ^gnës, étalées, recourbées, à surface vernissée d'un vert pâle ou jaunâtre. Elles sont ondulées, canaliculées à la base.
fiustavia Theophrasta Lind. — Myriades, — Plante ornementale à grandes et magnifiques feuilles. Fleurs grandes et très-belles, blanches à l'intérieur et roses à l'extérieur.
Haranta (Gàlathea) hieroglyphioa Lind. et And. — Cannaeées. —
Feuilles robustes à limbe elliptique obtus, légèrement ondulées, d'un beau vert foncé, velouté, chatojant, passant à Témeraude tendre an centre. Chaque intervalle entre les principales nervures est occupé par deux bandelettes d*un blanc d*argent, nettement dessinées, çà et là brisées et se prolongeant jusqu'à la périphérie. Sous ces deux tons se lit un dessin minuscule, un réseau quadrillé de lignes capillaires d^one extrême ténuité. La surface est revêtue d*un glacis d*or miroitant. Le dessous est de pourpre vineux. Serre chaude. Nouvelle-Grenade.
IhfldeTaUia ehimaera Rbighb. f. — Grandes fleurs bizarres à fond jaune , garnies de poils denses d'un pourpre noirâtre , avec labelle calcéolé d'un blanc pur. Les hampes sont multiflores inclinées.
OdontOglossom Texillariui Rbichb. f. — Fleurs en épis, à sépales blancs, ligules, aigus; pétales plus larges, obtus et roses. Labelle rose, très-large, étalé plane et profondément échancré bilobé.
PaildAlUlS tenuifolios Lind. — Espèce très-élégante et trèsdistincte, se rapprochant beaucoup du P. eleçantùsimus.
Pàyllotaenium Lindeni Eo. And. — Aracées. — Feuilles robustes, persistantes, lustrées, vertes, zébrées transversalement de bandelettes blanches, oblongues sagittées, sur de fins et solides pétioles cylindriques, laineux à la base, marqués de deux lignes noires, centrale et dorsale, dans toute leur longueur. Nouvelle-Grenade (G. Wallis).
Pitcainiia ooraUina. — Broméliacées — Grande et noble plante à feuilles d'un mètre de long, blanches en dessous, et à bel épi de fleurs triangulaires d'un rouge corail. Choco.
Fouronma edolis Lind. — Artocarpées. — Arbre à magnifiques feuilles d'un blanc bleuâtre en dessous, d'un vert émeraude luisant au-dessus. Les fruits en grappes ont la forme et le goût des noisettes. Région froide de la Cordillière Colombienne.
Selenipediiim Boeslei. — Orchidées. — Les feuilles acquièrent 1 mètre de long et la hampe d'une hauteur égale porte jusque 35 fleurs. Forets humides du Choco (Roezl).
Tillandsia tessellata Lind. — Broméliacées. — Feuillage ample, cyathiforme, régulier, élargi. Réseau de fines mailles quadrillées, mosaïque régulière de fils rouges se peignant à la surface inférieure des feuilles et que l'on voit blanches par transparence à la page supérieure. Brésil méridional.
Yaooabaecata Torrby. — LUiaeées. — Feuilles courtes, dressées, bordées de véritables copeaux élargis. Les fruits par leur aspect et leur consistance charnue ressemblent à une banane mûre. Nouveau* Mexique.
Zamia Soezlei. — Cycadées, — Grande et magnifique espèce à frondes longîssimes, mesurant jusque 8 mètres, pinnules étroites, très-longues, folciformes, profondément canaliculées. Côtes de FOcéan Pacifique (Roezl). A. D.
CULTURE DU LOBAlïTHnS EUBOPIEUS L. ET DE DIVERSES