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AVEC LA FIGURE DE

JJBCHEVEBIA GIBB1PL0RAÏ)C. var. METALLICA,

PAR M. Edouard Morren.

Représenté planche Vil.

Les Echeveria sont depuis quelque temps des objets de prédilection chez les amateurs de jardins et ils ont attiré Tattention des botanistes. Ce sont, en général, de belles plantes parmi lesquelles il en est que Ton cultive volontiers en serre tempérée pour les jolies fleurs qu*elles produisent, et d'autres que Ton recherche pour orner les parterres pendant Tété. Longtemps les Echeveria demeurèrent des plantes de collection, mais, comme Ta fait judicieusement remarquer M. Weber, jardinier-chef du jardin botanique de Dijon [Revue horticoh, 1873, p. 53), une fois que Thorticulture s*en est emparée, on a vu apparaître de tons côtés des formes nouvelles.

Le genre, de la famille des Crassulacées, a été constitué en 1828 par Pjrame De Candolle {Prodrome, III, 401) et il a été dédié à Echeveri, mexicain, habile peintre de fleurs. De Candolle distinguait les Echeveria des Cotylédon à leurs pétales peu soudés entre eux,

épaissis snr la nervure médiane, surtout à leur base qui parait souvent bosselée : il en connaissait seulement quatre espèces, toutes du

Mexique.

En 1853, von Schlechtendal, directeur du jardin botanique de

Halle, publia une monographie du genre dont il cite déjà 29 espèces

{Hort. Haï,, fasc. 1X1, p. 18) : il les disposa selon une méthode dont

la clef synoptique est reproduite dans le 5* volume, p. Il des Annalee

iùtanicae de Walpers, qui parut en 1858.

Un autre travail d'ensemble fut publié en 1863, par Charles

Lemaîre, dans VBlustration horticole (Mise. p. 76) : il fait connaître

35 formes sur lesquelles il donne quelques notes critiques.

Le genre Echeveria, admis d'un accord unanime, avait été reconnu

valable par Endlîcher dans son immortel Gênera plantarum (1836).

Cependant, à mesure que les explorations étendirent et multiplièrent

les éléments d'observation, les caractères de ce genre, qui paraissaient si tranchés, s^atténuèrent par des transitions vers les genres voisins. MM. Bentham et Hooker {Gen. PL, I, 659) Teffacèrent de la botaniqae et le firent réintégrer dans les Cotylédon, vaste genre qni dans son expression la plus large comprendrait les Umbilicus de TEurope, les Cotylédon da Cap, les Pistorinia de la Méditerranée et les Echeverîa d* Amérique. Ces expressions géographiques nous semblent devoir être prises en considération. M. Baker, dans une monographie publiée en 1869 {Btfuçium botanioum, tome I), tout en adoptant les vues des savants auteurs du nouveau Gênera, reconnaît à première vue les Cotjledon américains c'est-à-dire les Echeveria. Cette monographie de Baker a été sommairement reproduite par M. Otto, dans le ffam^ lurger Oarten uni BlumenzeUwng (1873, p. 5).

Les Echeveria ont une allure, un fades, comme on dit quand on parle savamment, qui les fait en général reconnaître à première vue. Leur tige est souvent si courte que toutes les feuilles sont réunies en rosette presque au niveau du sol : quelquefois elle s'allonge et elle peut même monter à 2 ou 3 pieds. Les feuilles, qui sont charnues et succulentes, sont, comme nous venons de le dire, ordinairement rapprochées et serrées en rosette : il arrive cependant qu'elles sont distantes et étagées sur la tige : elles sont presque .toujours de contour simple, entières, en forme de courroie, de coin, de spatule ou de fer de hache: leur couleur est souvent glauque, parfois chatoyante et à reflets métalliques. L'inflorescence est axillaire, en un épi ou en une grappe dont la structure intime est souvent fort compliquée et dont les fleurs, dans beaucoup de cas, sont toutes dirigées du même côté : leur calice foliacé est parfois irrégulier : la corolle sans être précisément polypétale, est profondément divisée, de forme urcéolée, souvent de contour pentagonal, épaissie à la base ou suivant la ligne médiane des pétales, colorée en jaune et en rouge qui sont combinée et associés dans toutes sortes de proportions.

Par le port, par la disposition et les nuances du feuillage» par la forme et le coloris des fleurs, les Echeveria sont des plantes dignes dela sollicitude des amateurs.

Le plus grand nombre est originaire du Mexique, mais le genre s'étend d un côté jusqu'en Californie et de l'autre jusqu'au Pérou. Un petit nombre d'espèces, encore rangées parmi les Echeveria,

tiennent d*autres régions, comme le Japon, TAbyssinie, mais ce sont des plantes encore litigieuses et qui doivent être étudiées.

Les Echeveria vivent sur les montagnes et les plateaux, dans les rochers, en plein soleil, dans les stations sèches. Ils aiment un air vif et sec et un sol léger, riche en humus.

ns ressemblent aux joubarbes, qu'ils surpassent ordinairement en taille et en beauté. Les Sempervivum ont un calice avec 6 ou un plus grand nombre de divisions, les pétales indépendants, et ordinairement 12 étamines, 6 styles. Les Echeveria ont un calice à 5 divisions, une corolle à 5 pétales plus ou moins unis à la base, 10 étamines et 5 stjles. Les Sempervivum sont d^Europe et de Fancien continent tandis que les Echeveria sont américains. Il y a en outre des différences d'aspect et d'allure qu'un œil observateur a bientôt saisies.

ÉNUMÉRATION DBS BSPËCBS.

E. abyssinica Hort. — Hamb, Gart, «. Blumenzeit. , 1873, p. 6.

Introduit d'Abyssinie en Angleterre par le msgor Leveson. C'est probablement une espèce de Cotylédon, d'une autre section que celles des Echeveria, mais elle en a le port par ses feuilles en rosette. Elle est annoncée sur le catalogue pour 1874 de M. L. de Smet, habile horticulteur gantois, qui l'appelle aussi Z. Sempervivoïdes, en ajoutant que les feuilles sont entièrement brunes pendant Tété.

M. Bull dit que les fleurs sont rouges.

S. aoutifblia Lindl. — Bot, Beç., 1842, pi. 29; Bakbb, Bi/, M., 1869, n«34.

Mexique, où il a été découvert par Hartweg. Assez grande espèce voisine du gibbijlora; les feuilles ont la forme d*nne spatule aiguë et rinfloresoenoe est en panicule serrée.

B. adunea Bakbr, B^. bot., 1869, pi. 60. — Paehyphytum roseum Hort.

Mexique. Jolie plante qui s'élève, en serre tempérée, à quatre pieds de hauteur : les feuilles ont la forme d'une olive et sont couvertes d'une légère farine blanche. L'inflorescence est en grappe simple et unilatérale : les fleurs, fort jolies, ont une bractée rouge, un calice rouge et vert et des pétales jaune et rouge.

X. «gftToIdM Lbu., 7?;. hùTl,, 1863, mlM. p. 78; B*ur, fi^. tef., 1869, pi. 67 1 Ikg Gard. Mac., 1873, p. 837 c. ic. xjXogt. YiN Houm, Ft. i. nrret, XIX, 1ST4, pi. SOC».

Mexique; introdaite vers 186041. Cette jolie espèce, bien diatincie, ressemble à un Aloe : elle est acaole, glabre, à petite rosette de feuilles épioeuseB au sommet, glauques, d'une couleur vert opale et

bordées de rouge, au moins au sommet. Les fleurs sont insignifiante mais précieuses pour la graine parce que cette plante est difficile à reproduire autrement : cependant M. L. de Smet assure, dans son dernier catalogue, être parvenu & la mnltiplier rapidement.

Nous insérons ici la figure de cette plante que nous derons & l'obligeance du Gardmtr't Magaeine.

E. ararentea Hobt. — Lau-, III. kcrt., 186S, p. 78. Probablement un nom jardinique de l'S. pulverulenia,

M. atropnrpuraa Bakbb, S^. bel., 1870, pi. 198. — S. tamg*aua Host.

Probablement du Mexique. Fort belle plante, d'un assez grand développement; la tige s'élève à quelques pouces de bauteur; les feuilles sont en rosette, glauques, rouge foncé surtout en dessus : leur forme est obovale aiguë ; les âeurs, disposées en grappe simple et régulière, sont jolies; le calice régulier est vert; la corolle est

blanclie à la base, rouge en dessus. On recommande de la placer en été au centre d*une corbeille de petites plantes blanches.

E. Bemhardjana Fobst.

D*aprè8 M. Baker, c'est une forme de VE. gitUflora.

S. bifld» ScHLCHD., Linnaeay XIII, 411.

Mexique. Nous n*en connaissons que la description donnée par de Schlechtendal dans son travail sur les végétaux rapportés du Mexique par Schiede et Ehrenberg : elle serait voisine de TiT. secunday avec la grappe bifide.

B. braoteolatsLK., Kl. et Ott., le, plant., 1844, II, pi. 27 ; Lbm., ///. hart., X, mise. p. 78; Baueb, B^. M., 1860, n* 18.

De Caracas et des Andes de la Nouvelle-Grenade. Cette plante a une

aatre allure que celle des Echeveria mexicains : la tige est élevée

avec les feuilles espacées et vertes; les fleurs, qui viennent en grappe

bifide et unilatérale, sont jaunâtres. Espèce peu intéressante pour

Tamateur des jardins.

S. braoteosa Paxt., J^/. 9ard., m, 1852, p. 60, n»531; Lbm.» 77/. kart., 1868, mise. p. 78. — Pachyphytum àraeteosum Lk., Kl. et Otto, Icon,, II, 1844, pi. 43; AUç. Gart., 1841, 0, 1856, p. 350; Hoox., Bot. Mag., pi. 4051. — B. Packgphytum Bak., Bef. bot., 1860, n« 12.

Du Mexique ; introduit en 1838. C'est un beau végétal, ressemblant sans doute aux Echeveria mais qui nous parait botaniquement distinct. Ses feuilles ont la forme d*une langue et la couleur d'un beau vert glauque : ses fleurs sont plutôt curieuses que belles avec leurs larges sépales qui dépassent la corolle.

B. oaeflpitosa DC, Prodr., m, 401 ; Bakbr, Btf. M., 1860, pi. 60. — 8edum eotflidan Jacq. f., Beloç., I, pi. 17. — Cotylédon linguiformU Ait. — C. re- Jtexa WiLLD. — M. Baker lui rapporte les B. laxa Limdl., Joum. qfthe hort. Soc.y rv, 202. B. eampanuUUa Kunzb, Del. sem. hort. Lips. adn., p. 7, et B. lanetolata Nutt., Tobbby et Gbat« Flora N, Am., p. 561.

De la Californie et du Mexique. Petite espèce à rosette acaule, à feuilles étroites, vertes ; Tinflorescence est en cjme compacte avec les fleurs jaunes ; difficile à cultiver ; elle ne compte pas parmi les plus belles.

S. ottUfornlo» Bakbb, 5</1 M., 1869, pi. 70.

Californie. Acaule, petite, à feuilles étroites, glauques; fleurs en cjme, tournées du même côté, jaunes. Jolie et facile à cultiver. On en distingue une variété viridis.

E. oalophana Hobt. angl. — Lbm.« IU, hort,^ 1863, p. 78. Probablement un nom jardinique de YB. aeutifolia.

E. oampanulatft Knzb., Delec, $em. hort. Lips.y 1842, adn. 7; AUg.^ GarUnt.f 1844, p. 257 ; Walps. Bep. M, iy»t , II, 935.

Mexique. Feuilles glauques en dessous, bordées de rose. Selon M. Baker, identique à VE, caesjnhsa.

B. oUMlioulata Hook., Bot. Mag,» 498Ô; Bakbb, Bef. M., 1, 1869, n* 9.

Belle et robuste espèce, caulescente, à feuilles en rosette, allongées, en forme de courroie amincie au bout et creusée en gouttière, vertes avec des reflets brunâtres : Tinflorescence est une belle grappe de fleurs rouges. Originaire du Mexique et introduite par M. Staines, amateur à Eew.

X E. oarlnata Hobt. — ffamà. Gart. u. Blumenzeit,^ 1873, p. 7.

On le dit hybride entre le meiaUica et Yatropurfurea. M. L. de Smet annonce une forme qu'il nomme Gandavensis et qu*il dit être magnifique.

E. oamioolor Bak., Bef. bot., 1870, pi. 199.

Mexique. Jolie plante à petite rosette acaule de feuilles glauques et rougeâtres, donnant de petites grappes de belles fleurs rouges. De la même section que peruviana et lurida,

E. ooooinea DC, Prodr., III, 401 ; Bot. Mac., pi. 2570; CotgUdon coed- Mff LODD., Bot. Cad,, pi. 832; Drapiaz, Eerb.de rtfmo^., I, pi. 72; Baubb, Réf. bot., I, n» 2.

Ancienne plante, introduite du Mexique en 1816, caulescente, rameuse, voisine de YE. pubescenSy mais à feuilles plus étroites et & pubescence plus flne : les fleurs, d'un rouge safrané, sont serrées en épi.

B. Cordaroyi Bak., €^ard. Chron., 1874«p.5Q9.

Voisin de YAgav&lies, mais à rosette de 60 à 70 feuilles ; fleurs en cjme trichotome au nombre de 15-20. Dédiée à M. Gorderoy, amateur anglais.

E. oymosa Lem., Bev. hori., 1858, p. 439; lU. kort., 1863, p. 79; Bef, M., 1869, pi 68.

Du Mexique et, dit-on, aussi de Californie. Acaule; feuilles longuement atténuées, d*abord glaucescentes, puis vertes ; inflorescence en cjme serrée; fleurs jaunes. La plante croit lentement et Thumidité lui est funeste.

S. deoipiens Baker, £</'. M., 1870, pi. 200.

Ce n est pas à proprement parler un Echeveria : la plante a tout à fait Tapparence d'un Sedum et, par ses fleurs blanches en corymbe, elle se raf^proche des Umbilicus. M. Baker dit qu'elle est du Pérou, mais M. L. de Smet dans son récent catalogue lui donne Port-Natal pour patrie, ce qui nous parait probable. En fleurs elle atteint 0'"20.

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