LES FLEURS EMBLÉMATIQUES
Dans son numéro du 22 Août 1874. p. 22Ô, le Gardeners Chronide rappelle que les fleurs ont de tout temps servi d'emblème ou de signe de reconnaissance aux nations ou aux partis. Tout le monde a entendu parler de la Rose d'Angleterre, du Chardon d'Ecosse, du Trèfle Irlandais, du Poireau Gallois ou des Lis de France. La guerre des deux Roses ensanglanta le sol de la Grande-Bretagne. En France le parti bonapartiste a choisi la Violette pour emblème depuis le séjour de Napoléon P' à l'île d'Elbe. Les radicaux du Midi ont pris le Thym pour signe de ralliement et ils en décorent les autels delà République. Chacun connaît les significations attribuées à certaines fleurs. Qui n'a déposé des Immortelles sur la tombe d^une personne regrettée ou planté de Soucis la terre qui la recouvre? Quelle jeune fllle n'a interrogé la blanche Marguerite ou rêvé du bouquet de fleurs d'Oranger? Les plantes ont eu les honneurs du culte. Les Grecs et les Latins en avaient fait des Nymphes, les Germains les avaient placées sous la protection de Frigga. Pour les Celtes le Gui était sacré, comme le Figuier des Pagodes Test aujourd'hui pour les Hindous.
De nos jours la superstition continue à attribuer à une foule de plantes des propriétés merveilleuses. A ce propos rappelons une conférence donnée par M. Ton Perges (I) où les croyances populaires, les légendes relatives au règne végétal avec leur origine probable et leur histoire étaient relatées dans un style vif et piquant. Ils est inutile d'aller en Autriche pour trouver ces restes des croyances semi-païennes du moyen âge. Dans notre patrie qui se vante d'être si éclairée, combien de campagnards ont une foi inébranlable dans les vertus magniflques de la baguette de Coudrier. Combien se croient protégés contre la foudre parce qu'une toufle de Gramens, d'Origans ou de Joubarbe croît sur le toit de leur chaumière ! Combien enfln ont plus de conflance dans les simples recueillis par le vieux berger que dans les prescriptions du médecin ou du vétérinaire! Louis Quaedvlieg.
(1) Schriften des Vereines zur VefhreUung naturwUsenscJu^/îlicKer lenhtnisêe in
Wim. vol. X, 1809-70, p. 300.