LE ROSIER THÉ
SPÉCIALEMENT LA VARIÉTÉ : PEBLE DE LTOH, DEM. DUCHER, horticulteur, chemin des Quatre maisons à Lyon {Rhône).
BOSA nroiGA, LiNx. var. hort. MABGAEITA LUaDUNI.
Planche IIL
Voici ce que MM. Decaisne et Naudin, nous apprennent dans le Manuel de V Amateur des jardins (tome II, p. 105), sur Torigine, lliistoire et les caractères du Rosier thé :
< Le Rosier de VInde ou Rosier thé [R, indica), est originaire de la Chine, où il est probablement cultivé depuis les temps les plus anciens. De même que pour la plupart de nos Rosiers d'Europe, ses caractères spécifiques sont extrêmement incertains et on ne sait s'il ne vaudrait pas mieux lui réunir, à titre de variété le Rosier du Bengale om Rosier perpétuel (R. bençalensis, R. semperjlorens), etc., comme Tout fait quelques auteurs. Faute de documents, nous nous rangerons à Topinion de M. Lindlej, qui le tient pour une espèce différente. •
c C'est un arbuste de 2 à 3 mètres, quelquefois plus, à jets élancés, d'un vert glauque, parsemés d'aiguillons crochus, brunâtres. Les feuilles sont luisantes, glabres, composées de 3 à 5 folioles planes, ovales-acuminées, d'un vert foncé en dessus, glauques en dessous. Les fleurs sont solitaires ou en corjmbes de deux ou trois grandes roses carnées ou jaunâtres, ordinairement semi-doubles, portées sur des pédoncules scabres et allongés. Le fruit est de forme arrondie ou courtement obovoïde, rouge écarlate à la maturité. Une de ses variétés, distinguée par quelques-uns comme espèce, sous le nom de R. odora^ tissima, est remarquable par la suavité du parfum de ses fleurs. Les innombrables variétés, que l'on en a obtenues, soit directement, soit par croisement, sont loin de répéter exactement les caractères que nous venons d'assigner au type de l'espèce. >
< Le Rosier Thé, une des grandes acquisitions modernes de l'horticulture, a été^introduit en Europe vers la fin du siècle dernier, sans
qu'on sache exactement en qnelle année ni par qui. Ce qu'il y a de plus certain, c'est quon Ta observé pour la première fois en 1793, chez un amateur anglais du nom de Parsons ; mais il est certain aussi qu'il a été réintroduit depuis et à plusieurs reprises par différents voyageurs, (notamment par un M. Evans, vers 1803 ou 1804, et par sir A. Hume en 1809. Ce qui lui donne surtout du prix, aux yeux des amateurs, c'est la longue durée de sa floraison, qui, commencée de bonne heure, se continue fort tard en automne.
La plupart des variétés, même hybrides, qu'il a produites depuis son introduction dans les jardins de l'Europe, participent à des degrés divers à cette remarquable propriété. On peut citer, parmi les plus anciennes, les roses Belle^GabrieUe, Belle-Elka, Bdle-Hélène, Zéno- Ue, Reine de Crokonde, Roi de Siam, Carnot, Bengale jaune. Aurore, Floralie, Moirée, StronMo, etc. Dans les variétés plus modernes, nous indiquerons les suivantes, déjà devenues classiques : Mêlante Willermoz, grande, pleine, blanche, à cœur jaunâtre; Sa/rano, moyenne, pleine, jaune pâle; Niphéios, très-grande, double, blanche ; le Facile, moyenne, pleine, jaune très-pâle; Bougère grande, pleine, lilas carnée ; Devoniensis, très-grande, pleine à cœur jaune paille ; Gloire de Dijon, grande et très-pleine, jaune rougeâtre; Narcisse, pleine, jaune clair; la Boule Xor, très-pleine, d'un jaune vif. Les catalogues des horticulteurs actuels ajouteraient plusieurs centaines de noms à cette liste, i
La variété que nous figurons ici, d'après une belle aquarelle de Madame Lecomte (voy. la Belg. Hort. 1872, p. 306) a été obtenue et mise en vente en novembre dernier par M. Ducher, rosiériste expérimenté de Lyon. M. Ducher en a donné la description suivante : arbuste très-vigoureux, 'à rameaux courts et forts; fleurs grandes, très-pleines, bien faites; jaune foncé, parfois abricoté; extra belle.
M. Cherpin amateur distingué d'horticulture à Lyon, publiciste, et qui s'est beaucoup occupé des roses, en nous écrivant au sujet de la Perle de Lyon et en nous la recommandant a bien voulu ajouter à sa lettre d'intéressants renseignements.
i Le Rosier thé, nous écrit M. Cherpin, variété du Bengale, quoiqu'on en dise, a pris un grand développement depuis quelques années à Lyon, où ses fruits tardifs viennent à maturité. Ses fleurs, de tous les coloris, excepté le bleu et le noir, sont élégantes et d'un parfum
caractéristiqae rappelant celui du thé, ce qui lui a valu son nom, ou bien imitant celui de Téglantine. Ses qualités florifères, attrayantes, propres à former de jolis bouquets, de beaux massifs, lui ont valu la faveur de beaucoup d'amateurs. Autrefois cette race était multipliée par marcottes ou par boutures ce qui était long et demandait beaucoup de travail. On la greffait sur églantier à tige de l^SO et malgré la précaution qu'on prenait de coucher le pied et d'enterrer la tête avant l'hiver, pour le préserver de la gelée, la couronne périssait au bout de quelques années. Aujourd'hui on greffe sur églantier de semis les variations nouvelles et même celles de collection. Ce procédé a beaucoup contribué à la diffusion de toutes les variétés remontantes du thé. En couvrant, avant Thiver les pieds d'un peu de terre en forme de butte on les préserve des plus fortes gelées. Les variétés peu vigoureuses, souvent les plus distinguées par leur coloris exceptionnel greffées sur racine d'églantier prennent de la vigueur et poussent mieux que franches de pied. Cependant les vrais amateurs de Rosiers de collection ont une tendance à revenir aux francs-de-pied, parce que réglantier drageonne au bout de deux ou trois ans et que les jardiniers négligent de retrancher les drageons qui absorbent la sève du pied et font périr la greffe. •
Ce drageonnement de l'églantier a été récemment le sujet d'une conversation intéressante au sein de la Société centrale d'horticulture de France à Paris. M. Rivière, Thabile jardinier du Luxembourg, a établi avec raison, que les drageons proviennent de bourgeons qui se forment en bas de la tige et non point sur la racine proprement dite. On peut donc empêcher absolument leur formation en greffant le plus bas possible c'est-à-dire sur cette partie de l'églantier qui se trouve comprise entre le collet de la plante et les deux cotylédons. Les botanistes appellent cette région de la plante la tigelle de l'embryon on le mérithalle primitif. C'est en réalitté le premier entre-nœud du végétal. Il est rare et toujours exceptionnel qu'il se forme des bourgeons plus bas c'est-à-dire vers la racine proprement dite. La pratique de greffer sur le mérithalle primitif a été appliquée et préconisée par M. Guillot, horliculteur à Lyon et elle est, dit-on, suivie aussi par M. Porest, M. L. Van Houtteet d'autres cultivateurs de mérite.
Nous ajouterons enûn que M. Guillot, au dire de M. Rivière conseille vivement de se fournir d'églantiers au moyen du semis et de
rechercher exclusivement pour ses semis les cjnorhodons (fruit) du vrai Rota eanina.
Eu même temps que le Perle de Lyon, M. Ducher annonce encore les variétés suivantes ( au prix de 25 francs la pièce) :
Amazone, — Arbuste vigoureux, fleurs moyennes, pleines, bien faites, jaune foncé, revers des pétales veiné de rose, très-belle.
Anjia OllivUr, — Arbuste très- vigoureux, à rameaux forts, fleurs larges, pleines, bien faites, rose carné, revers des pétales nuancé rose, très-florifère.
Marcelin Roda, — Arbuste très-vigoureux, fleurs larges, trèspleines, bien faites, blanc à fond jaune, très-belles plantes.
Moni Ro$a. — Arbuste vigoureux, fleurs moyennes, pleines, aurore saumoné, revers des pétales nuancés de rose. Très-beau coloris.
Vallée de Ckamonix, — Arbuste vigoureux, fleurs moyennes, pleines, centre cuivré, revers des pétales blancs jaunâtre. Très-beau coloris.
Bouquet d'or (Noisette). — Arbuste sarmenteux, fleurs larges, pleines; bien faites, jaune foncé, centre légèrement cuivré.
LA CHALEUR ET LA VÉGÉTATION