SECOND ARTICLE
Voir la Belgique horticole, p. 208.
Les feuilles précédentes de la Belgique horticole étaient déjà tirées quand nous avons reçu la Revue horticole du 1'''' septembre. Dans ce numéro, notre honorable confrère, M. Carrière, publie une lettre de M. Léon de Saint- Jean au sujet de l'appréciation si erronée et si déplaisante qui avait été émise sur l'exposition de Roses à Spa. M. de Saint- Jean rétablit les faits dans toute leur vérité et M. Carrière n'hésite pas à reconnaître le bien fondé de cette rectiûcation.
Voici d'ailleurs ces documents {Rev, horticole 1873, p. 324) ; « Au sujet de ce que nous avions écrit dans notre chronique du 1^' août, p. 282, relativement à l'Exposition de Roses qui a eu lieu à Spa (Belgique), nous avons reçu de M. Léon de Saint- Jean la lettre suivante, que nous nous empressons de publier. La voici :
Monsieur CARRièRB, rédacteur en chef de la Hevue horticole, Parie.
Dans votre numéro du 1^ août et dans la Chronique, J'ai lu avec peine un paragraphe dans lequel rExposition de Roses de Spa était traitée par un membre du jury de « fiasco n.
J'ai eu l'honneur d'être appelé comme membre du Jury de cette exposition, et certes. Je ne suis point de l'avis de celui qui s'est servi de ce terme-là.
Bien entendu, Je ne dirai pas que c'était une mei'veille; mais c'était un premier essai, qui a réussi mieux qu'on ne pouvait l'espérer ; aussi est-il à peu près certain que si l'année prochaine la ville de Spa fait une nouvelle exposition
de Roses elle sera splendide. Paris, Lyon, Brie-Comte- Robert et les yilles horticoles de France tiendront à s'y faire représenter par leurs magnifiques produits.
Je t*ef7rette donc cette expression, attendu que c'est Jeter une défaTeor morale et sur les produits exposés et sur les exposants, il faut encourager par tous les moyens l'horticulture en France et à l'étranger, mais je ne crois pas qu'il soit bon de faire regi*etter les efforts faits pour, sinon amener à bien, du moins poussera la stimulation et au désir de mieux foire en vue du progrès horticole.
Je vous serais infiniment obligé si vous me faisiez l'honneur d'insérer ma lettre dans votre prochain numéro.
Veuillez, etc.
LéoN DE Saint- Je AN.
Président du Congrès des rosiérisUs.
f Noufl sommes certainement très-heureux d'avoir Toccasion de noos expliquer et de faire disparaître l'idée qu'on aurait pu nous attribuer de jeter un blàroe sur une chose que, au contraire, nous cherchons à encourager ; mais nous ne voyons pas vraiment en quoi nous avons pn, < jeter une défaveur morale et sur les exposants et sur les produits exposés^* en répétant, sans mauvaise intention aucune, une phrase qui nous avait été dite et qui, lors même qu'elle eût été vraie, n'enlevait rien au mérite de Texposiiion, qui restait alors ce qu'il est. Mais il y a plus, et il nous paraît suffisamment démontré, par le passage dont nous terminions notre article, que, loin de chercher à «jeter un blâme sur l'exposition, • nous étions au contraire peiné d'apprendre que le résultat n'avait pas été satisfaisant, et comme ce n'était encore qu'un doute, nous exprimions le désir d'être détrompé, ce qui ressort clairement de cette phrase, par laquelle nous terminions notre article, et que nous répétons :
« • . . . Nous le regrettons, et désirons qu'on puisse démontrer le contraire, car les déceptions en ce genre ne sont jamais favorables a personne ; l'horticulture surtout a tout à perdre. •
« Aussi, nous le répétons, nous sommes doublement satisfait: d abord
d'apprendre que nos craintes étaient mal fondées, que, par conséquent
nos désirs sont en parties réalisés, et surtout de l'occasion que nous
ourmt M. Léon de Saint^ean de le reconnaître et de lui en témoigner
pubUquement notre reconnaissance. »
A PROPOS DICCLIMATATION,
PAR M. Naudin.
Nous empruntons à la Revue horticole (\S7Z y p. 187), le récit d'une obserration importante pour la théorie générale de l'acclimatation des plantes. Le nom de M. Naudin est une garantie suffisante de l-exactitade du fait. Nous l'enregistrons comme une nouvelle preuve à l'appui de l'opinion que nous avons toujours soutenue et qui est favorable à l'acclimatation.
Il ii*est rien tel que robservation et rexpérimentation pour trancher les questions controversées ; mais les occasions d'observer et d'expérimenter ne se présentent pas à point nommé, et lorsqu'elles se présentent, on n^est pas soi-même à Tabri des fausses interprétations et des erreurs. Ceci soit dit en manière de précaution oratoire pour le cas où Vobservation qu'on va lire serait trouvée en défaut.
Il y a deux ans, j'ai reçu de M. le D»" Sagot, botaniste-physiologiste bien connu, actuellement professeur d'histoire naturelle à l'Ecole normale de Cluny, des graines de diverses plantes des Canaries, entre autres celles de' ÏBchium plantaçineum. Cette espèce étant trèscommune à Collioure, j'ai eu l'idée de comparer attentivement les individus des deux provenances pour savoir si, en tout, ils se comporteraient de la même manière. Les graines ont parfaitement levé, et la ressemblance dans le feuillage et les fleurs s'est trouvée, sinon parfaite, du moins largement suffisante pour qu'on pût raisonnablement considérer ces individus canariens et français comme appartenant bien à une même espèce. Pourtant, dès le principe, les plantes de race canarienne furent sensiblement en retard et prirent beaucoup moins d'ampleur que les indigènes. Il y avait donc entre elles une certaine différence de tempérament.
Cette différence s'accusa bien d'avantage en hiver. Dans le même jardin, à six pas l'un de l'autre, j'avais un Echium canarien issu d'un semis fait l'année précédente, et un Echium indigène de même âge. Tous deux prospéraient, mais très-inégalement, l'indigène marchant au moins quatre fois plus vite et prenant un volume proportionné. Le 8 février, le temps, qui avait été fort doux jusque-là, changea subitement, et le thermomètre descendit pendant une nuit à un ou peut-être
deux degrés au-dessoas de zéro. Ce fut le critérium de TexpérieDce : l'Ëchium canarien eut toutes ses feuilles gelées et faillit périr ; Tindigène ne parut pas s*apercevoir du changement de temps, car sa végétation n en fut pas même suspendue. Dès le milieu du mois, il ouvril ses premières fleurs, et sa floraison, extrêmement abondante, continue même aujourd'hui (19 avril), c'est-à-dire depuis deux mois. La pauvre plante canarienne a eu toutes les peines du monde à se refaire, mais enfln elle a survécu; elle a poussé cinq tiges de 20 à 25 centimètres de hauteur, où on a déjà vu trois ou quatre maigres fleurs s'ouvrir. En somme, elle fait triste figure à côté de sa congénère de Collioure, qui est devenue une touffe portant plus de cinquante tiges ou branches principales, et d'au moins 4 mètres de tour. C'est une superbe plante.
Ainsi voilà deux plantes que tous les botanistes (non jardiniers, s'entend) rattachent à la même espèce, et qui se conduisent, l'une comme une plante absolument rustique, endurant, sans en souffrir, les plus rudes hivers du pays (et il gèle parfois à — 1 ou — 8), l'autre comme une plante de pays chaud, qu'une seule gelée très-légère et de courte durée met à toute extrémité. De deux choses Tune, car la logique est impitoyable : ouïes deuxEchiums mis en expérience étaient différents d'espèce, ou bien il faut admettre que la même espèce s'est adaptée à des milieux différents, devenant rustique sous un ciel plus froid et plus sec, prenant au contraire le tempérament sub-tropical et frileux dans un climat plus humide et plus chaud. Pour ma part, je n'hésite pas à me rallier à cette dernière opinion^ qui, bien que n'étant pas absolument démontrée, s'appuie du moins^ sur un plus grand nombre de faits que l'opinion contraire, et sans laquelle une multitude de grands phénomènes naturels resteraient sans explication. Ayant déjà exposé cette théorie il y a bien des années, je m'abstiens d'y revenir ici.
Je n'ajoute plus qu'un mot : c'est une réclame en faveur de YEcUum'plantagineum (je parle de l'indigène), qui atout ce qu'il faut pour une plante ornementale presque de premier ordre, par sa taille avantageuse, sa longue et abondante floraison, et la grandeur plus qu'ordinaire de ses corolles violettes ; mais il a un impardonnable défaut : il ne vient pas de loin ; il ne coûte rien et ne demande aucun soin,