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MÉCANIQUE

Cet art qui , suppléant la force par l'adresto , Fixe la pesanteur, calcule la vitesse,

Asservit à ses lois et l'espace et le temps Et maîtrise à son grc le feu , l'onde et les vents.

Au nombre des ouvrages de mécanique les plus ingénieux, nous croyons pouvoir placer les carillons. On prétend que le premier a été fait à Alosl en 1487. Mais nous avons indiqué un jeu de cloches, bien antérieur, dans l’introduction de notre Précis des Annales de Bruges. Néanmoins il est incontestable qu’on les a perfectionnés en Belgique.

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Gramaye aussi fait remonter plus haut, quoique de quelques années seulement, celte invention dont il laisse cependant l’honneur à Alost. Voici ses paroles : « Prceambulum autem horarium mu-

> sico plurium campanarum concentu, horam » præveniens, anno 1540 (Antverpiæ) adorna- « tum, arlificio apud Alostanos reperto, anno

> 1481, et quidem per hominem parum sani » cerebri, prout narrai diarium Ortelii. »

Quoiqu’il en soit, il est certain queles carillons sont sans comparaison plus beaux et plus nombreux en Belgique qu'en aucune autre partie de l’Europe ; on peut y éprouver un véritable plaisir à entendre jouer au milieu des airs celte espèce d'orgue immense. Celui de Bruges est surtout des plus remarquables. Dans notre ouvrage cité plus haut, nous avons donné des détails sur sa composition.

Les voitures à voiles, qu’on ditavoirété inventées dans l’Amérique du Nord , sont dues à Simon Stevin, dont nous nous sommes déjà occupé plus spécialement. A la prière du prince Maurice de Nassau, il en construisit une qui fut

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lancée, chargée de vingt-huit personnes, sur une plage de la Hollande. On voit la gravure d'une semblable voiture dans l'Atlas de Uleau , et Grotius fît un poème en l'honneur de son inventeur.

Le peu d'étendue du pays faisait que souvent nos artistes portaient leurs talents dans les pays voisins.

C’est ainsi que les Français durent le canal de Saint-Quentin à P. -J. Laurent. C’est lui qui le premier conçut l’idée d’un canal souterrain pour joindre la Somme à l’Escaut. Voltaire appelle ce travail un chef-d'œuvre inouï.

Ce célèbre mécanicien fil encore, pour un soldat estropié, un bras artificiel, à l’aide duquel il put signer en présence du roi de France un placet qu’il lui présenta.

Une des inventions merveilleuses de l’hydrostatique, au moyen de laquelle il fallait faire monter l’eau à 502 pieds au-dessus du lit de la rivière, la fameuse machine de Marly, est encore due au génie d’un mécanicien belge, Renkin ou Rannequin , né en 1648. Cette ma-

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chine donna 5258 tonneaux d'eau en 24 heures.

Ce fut la machine hydraulique de Saint-Josscten-Noode, l’un des faubourgs de Bruxelles, construite au commencement du xvi e siècle, par l'ordre de l’archiduc Albert , et au moyen de laquelle on faisait monter les eaux à une élévation de 140 pieds, que des ingénieurs français vinrent examiner lorsqu’il fut question de construire en France la machine de Marlv.

Nous ne devons pas oublier le Flamand Jean Lintlaer qui, en 1606, inventa le mécanisme de la pompe de la Samaritaine, à Paris, laquelle devait remplir les bassins des Tuileries et du Louvre, avec les eaux de la Seine.

Jean-Baptiste Jeoffroy, né à Malines en 1660, teinturier fort habile, devenu peintre à l’âge de quarante ans, sans avoir eu de maître, donna, comme le rapporte Paquot dans ses Mémoires , tome III, page 423, in-8", une preuve de son génie inventif, dans la construction d’une machine très-simple pour faire remonter les bateaux contre la marée, avec une vitesse qui augmente en raison de la rapidité du courant.

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Cet homme, d’une vaste conception, et qui s’appliquait à tout avec succès, nous a laissé aussi quelques ouvrages de littérature.

Antoine Sacré, mécanicien, né à Merchtem, inventa, au xvm e siècle, des chariotsà cylindre, qui allégeaient considérablement le poids qu’ils transportaient; et son fils, Jean-François, d’Alost, présenta à l’Académie des sciences de Paris, une montre d’une construction nouvelle : on pouvait tourner à rebours le carré de la fusée quand une fois la montre était montée, sans qu’il en résultât d’accident pour le mécanisme. L’Autriche et la Prusse firent de très-belles propositions à cet artiste, mais il ne voulut point s'expatrier.

On doit au peintre Redouté, à la même époque, l’invention d’une branche nouvelle de la gravure : c’est le procédé par lequel on tire sur une même planche une gravure en couleurs variées.

Chacun de nous peut encore se rappeler le mécanicien Sarton, de Liège, qui, en 1822, publia une brochure où se trouve une partie

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des inventions de cet artiste remarquable, qui fut successivement horloger -mécanicien de S. A. R. le duc Charles de Lorraine, gouverneur général des Pays-Bas Autrichiens, et premier mécanicien du comte Charles de Velbruck, princeévéque de Liège. Sarton fut crée frère de l’ordre du Lion Belgique, pour avoir, à soixante-dix ans, présenté au roi Guillaume plusieurs nouvelles machines de son invention.

Tout récemment, M. I)ietz, mécanicien à Bruxelles, a inventé une pompe rotative dont on peut se servir avec grand avantage, soit contre les incendies, soit dans les maisons pour les usages domestiques, pour remplir des réservoirs jusque sur les toits, etc., etc. Cette petite machine hydraulique est remarquable par sa force et sa simplicité. M. Diets a en outre inventé ou perfectionné une foulede mécaniques servant à différentes applications, et toutes extrêmement ingénieuses.

Un de nos jeunes industriels, M. Édouard Van der Echt, inventeur du télégraphe simplifié, a récemment conçu et fait construire une

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machine formant des briques perfectionnées, avec une rapidité et une précision extraordinaires. Legrand mérite de cette mécanique consiste moins dans la facilité de ses mouvements, que dans la simplicité de sa confectiou à la portée de tout ouvrier. La première machine que M. Van der Echt a fait construire, fontionne actuellement dans sa propriété à Boitsfort; il l’a combinée avec tant de précision, qu'au premier essai, il a obtenu un succès complet.

Voisins du pays où la mécanique a fait le plus de progrès, l’Angleterre, nous avons lutté sous ce rapport avec elle, durant ces dernières années. La machine à vapeur, pour l’extraction du charbon, construite dans les ateliers de M me Dégorgé , à llornu , et de la force de 300 chevaux, a attiré, en 1835, l'attention de tous les connaisseurs. Cette énorme machine, effrayante par sa puissance, n’a pas de rivale sur le continent.

Il serait inutile de rappeler ici les nombreuses inventions mécaniques faites depuis

quelques années en notre pays : quiconque a parcouru les colonnes du Moniteur Belge, a pu se convaincre que, sous ce rapport, comme sous tous les autres, nous avons marché rapidement dans la voie du progrès, et que nous pouvons avec orgueil présenter, à côté de ceux des autres nations, les produits sortis des ateliers de nos mécaniciens.

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atOSKAPHIB BT BAVIOATIOW.

Jadis le nautonnier, incertain et timide ,

Dans un cours périlleux ue connut d'autre guide Que cet astre du nord , phare brillant des airs Qu'a placé la nature au bout de l'univers.

Mais aujourd'hui, muni d'uue simple boussole.

De l'une à l'autre mer rapidement il vole.

Il conçoit , accomplit les plus hardis desseins ;

Le sceptre de Neptune est remis dans ses mains.

(Ricnabd, La Sphère , poeme.)

Sous l’empire de Dioclétien , un habitant de laMénapie, Carausius, dut à son habileté dans la navigation , de pouvoir s’opposer avec avantage à cet empereur. Déjà un siècle auparavant

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