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I.e* peuple* commerçants sont le* civilisateur* du monde

( Laco«*e i»e Fa^sir. , Progrès du commerce. )

Les provinces belgiques peuvent se vanter à juste titre d'avoir perfectionné de bonne heure l'industrie, et tout ce qui a rapport au commerce.

Sous la domination des Komains, elles se faisaient déjà recommander par les jambons des Ménapiens, qui étaient considérés comme un

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des mets les plus friands de la table des riches. Écoutons Martial à ce sujet :

Orefana milii fiet , vel massa licehit l><* Menapis , lauli «le Pelasone vorent.

On sait que presque tous les savants s’accordent à placer les Ménapiens dans une partie du Brabant et dans la Flandre.

D’après Strabon (liv. iv, p.358, éd. de 1652), les Belges avaient coutume de nourrir une grande quantité de porcs, qui pendant la nuitdormaienl en plein air comme les sangliers, et qui étaient remarquables par leur force et leur grandeur; et il ajoute plus loin : c Tarn copiosi illis et » ovium et porcorum greges suut , ut bine et

• sagorum et salsamentorum abundanlia, non

* solùm Bonne, sed ctiam pluribus Italiæ par- » tibus suppediletur. »

Par la méthode toute particulière de nos aïeux de préparer ce mets, il devenait si excellent , que dans la ville la plus somptueuse du monde d’alors il faisait les délices de la cuisine des Apicius. Ce degré de perfectionnement des

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jambons avait lieu, soit par leur méthode de nourrir les pores, soit par leur salaison plus convenable, par leur manière de les fumer, ou par tout autre moyen artificiel.

A la même époque les étoffes de laine et les chapeaux ou bonnets de feutre (birri) confectionnés par les Belges, et surtout par lesAtrébates, étaient très-renommés. Bien plus: « Non » sine Atrebalis sagis Respublica lutat eral ! » (Voyez Trebell Pollio in Gallienis.) Vopiscus sert aussi d’autorité en cette manière : « Donali » sunt ab Atrebalis birri petiti. » 11 n’y a pas de doute qu’on ne pût dire la même chose des autres parties du pays, car on s’y occupait activement de la manufacture des laines, à cause des nombreux troupeaux de moutons qu’on y élevait presque partout. ATournay existait encore, sous Valentinien III, comme nous l’apprend la notice sur les dignités de l’empire dans les Gaules, un gynécée ou fabrique d’habillements à l’usage du public.

Il résulte évidemment de là que nos ancêtres ont, des premiers, manufacturé la laine, travail

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<|iii devait par la suite leur produire d'immenses richesses.

Ils connurent aussi très-anciennement la méthode de fabriquer le sel, comme le prouvent les anciennes inscriptions que l’on trouve dans Gruterus, où il est question des fameuses salines de la ville des Ménapiens et de celle des Morins.

Ils faisaient usage de deux espèces de sel , le sel marin et celui extrait des terres nitreuses, ou d’une lessive tirée des cendres de bois ou de tourbes. Ils avaient aussi assez de notions de chimie pour fabriquer deux espèces de savon , l’un liquide et l’autre solide; ils les composaient avec du suif, de la chaux et du sel alcali , tiré des cendres de bois. Ils furent très-probablement les premiers , avec les Frisons et les Hollandais, à se servir de ces compositions, comme on peut le voir dans le Mémoire de M. Du Rondeau, tome I er des Mémoires de l'Académie de Bruxelles , pages 360 et suivantes.

Pline nous fait connaître que les Belges, à son époque, avaient déjà acquis la réputation de connailre mieux que d’autres l’art de battre le

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fer; et il ajoute ( lib. xxxvi, cap. xxn ) : € In

• Belgica provincia, candidum lapidem serra,

• qua lignum faciliusque etiam, sécant ad tcgu- » tarum et imbricum vicem ; vol, si libcat, ad quæ » vocant pavonacea tegendi généra. > Dans la Belgique, on coupe avec une scie, dont on se sert très-facilement sur le bois, une sorte de pierre blanche qu'on emploie à former des espèces de tuiles.

Anciennement, il se faisaitentrcRomeet le pays des Morins un commerce considérable en oies.

Pline, qui rapporte ce fait , avait été plusieurs fois témoin de l’arrivée de troupeaux nombreux de celte espèce qu’on amenait de cette partie des Gaules. Cette entreprise présentait de grandes difficultés, et les conducteurs avaient besoin d’une adresse particulière pour faire parvenir heureusement toute la troupe (i)

llsefaisaitaussi alors dans notre pays, et dans la Germanie, un commerce de cheveux assez considérable.

(1) Histoire de la vie privée des Français , par Legrand d’Atusy, tome !«*, page 294.

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Ces cheveux servaient à fabriquer des perruques pour les dames romaiues. ils devaient celte préférence à leur belle couleur blonde, qui avait des attraits particuliers pour les petites-maîtresses de celte époque (i). Les auteurs parlent souvent de ces sortes de chevelures.

Cattica Tculonicos accendit spuma capillos Captivis potcris cul lier esse comis.

(Martial, lib. xiv, épigr 26.)

Arctoa de gente comam tibi, Lesbia . misi I l sc ires ijuaiito sit tua flava magis.

( lb. lib. v, épigr. 69. )

Ovide, dans ses Élégies, s’exprime dans le même sens :

N une tibi captivoi» millet Germauia crines Culta triutuphatæ muuerc geuli» cris

Ou trouve que cet usage des chevelures artificielles eut pendaul longtemps une si grande

(I) Histoire des modes françaises, etc., avec des recherche* sur l'usage des chevelures artificielles chez 1rs anciens. Amsterdam , 1773, 1 volume in-12

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vogue à Home, que nécessairement ce ne dut pas être un article de commerce peu lucratif.

En ce temps reculé, où les moyens de communication de nation à nation étaient bien plus difficiles qu'aujourd’hui, on conçoit qu’il fut souvent presque impossible de constater tout ce qu’une population industrieuse pouvait inventer ou produire d’utile. Aussi reste-t-il peu de notions à ce sujet, et nous devons laisser écouler quelques siècles avant de rencontrer des renseignements exacts sur notre matière. Seulement, nous croyons pouvoir revendiquer l’invention des plumes à écrire que l’on doit à Pépin de Landen , maire du palais en Austrasie, et né dans le pays de Liège.

On doute généralement de l’origine de l’usage d’employer les plumes d’oies ou d’autres oiseaux pour écrire. On pourrait inférer d’un passage de l’anonyme publié par Adrien de Valois ad calcem Ammiani Marcelli, page 669, qu’on écrivait avec des plumes dès le v c siècle (i); mais la preuve

(1) Dictionnaire raisonné de diplomatique, par Dom de Vaines , tome II , page 182.

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n’est pas satisfaisante. Ll’un autre côté le Dictionnaire des origines, inventions et découvertes , par Noël et Carpentier, ditque c’est Isidor de Séville qui, dans le vu' siècle, parle le premier de plumes comme d’un instrument à écrire. Voici ce que dit cet auteur (i) dont Noël ne cite pas le texte: « Instrumenta scribæ calamusel Penna, * ex liis enim verka paginis inficiunlur : sed ca- > lamus arboris est, penna avis, cujus acumen » dividitur in duo. »

Néanmoins cela n’est point péremptoire contre l’hypothèse que Pépin le Vieux, dit de Landen, ait le premier introduit l’usage des plumes à écrire, vu que Pépin mourut assez vieux en 640, et qu’en rapportant son invention nouvelle à 610, ou environ, on conçoit qu’Isidore de Séville, mort en 636, ait facilement pu avoir connaissance d’un procédé qui, d’après les grands avantages qu'il présentait, dut se répandre avec rapidité et être accueilli favorablement partout.

Les Belges, s’étant appliqués de bonne heure

(1) Isidor. Origine, lib. yi , cap. 14 </e librariit.

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à la navigation, ne négligèrent pas la pèche, comme on peut bien se l’imaginer. Concurremment avec les Hollandais, ils tirèrent de grands bénéfices de la pèche du hareng; l’art de le préparer, de le saler et de le caquer, fut inventé, vers le milieu du xiv 1- siècle, par un certain Guillaume Beukels, de la petite villedc Biervliet. Martin Scooksa publié à Groeningue, en 1649, une dissertation spéciale sur les harengs. Ce commerce , qui fut une source de richesses pour les Pays-Bas, fut d’abord entrepris par les habitants de l’Écluse et ceux de Bruges; mais il passa bientôt en Hollande, où il s’accrut beaucoup par la situation avantageuse du pays pour le transport (i).

(1) Feu M. Scourion , dont nous avon» déjà eu l'occasion de citer, dans nos précédents ouvrages, les recherches sur différent* points historiques , et qui ne croyait ni à l'invention de l'art de caquer le hareng, ni à celle de la peinture à l'huile , etc., etc., aurait pu composer, avec ses notes seules, un ouvrage étendu sur les fables historiques convenues.

Quoiqu'à beaucoup d'égards nous ne partagions pas ce prudent scepticisme , nous croyons curieux de communiquer quelques uns des arguments qu'il a bien voulu nous donner contre i'art de caquer le hareng. On sait que beukels mourut

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Nous avons dit plus haut, que les manufac- 1 ' tures de laines étaient fort anciennes en Bel-

gique. Mais ce fut surtout pendant le xiii® siècle qu’elles enrichirent les habitants. Les laines d’Angleterre, d’une qualité supérieure à celles de Flandre, et que les Anglais n’avaient point encore appris à manufacturer, contribuèrent

vers 1397 ; or. dans un compte de la ville de Bruges de 1331, fol. 99 reclo, on trouve : •• Van 6 tonnen kaechariux. van elkcr tonne xu schell. »

Vincent de Beauvais, dans son Spéculum naturelle , consacre le chap. xxx du liv. xvn au hareng. On y lit : » Haies est piscis marinus admodùm par vus , etc. ; salsus autem in usum hominu u» ultra quam al ti pisces sa nu s durarc pot est. »

Ceci s’écrivait vers 1250.

On voit dans Ou Gange, au mot Harenya : * Computus a ii ii i 1202 apud l)om. Bruxclli de usu feuderum . « page 188 : « Hro harengis et sale empto, 8 liv. 8 solo. »

Legrand d’Aussy, dans sa Pie privée des Français , p. 64 , rapporte des lettres patentes de Louis VI , de 1170 , où il est question de harengs salés. On voit aussi dans V Encyclopédie méthodique des arts et métiers , tome 111, page 255, qu'en Bohême on faisait usage de harengs salés dès 1101.

On pourrait répondre à toutes ces citations, que la méthode de saler le poisson n’est pas celle de le caquer, et qu'on pourrait trouver îles mentions de la salaison dans les temps les plus reculés, sans ôter à Beukels le mérite d'avoir le premier caque des harengs.

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beaucoup à la perrectiou du travail des ouvriers flamands. Édouard 111 fut le premier qui engagea quelques-uns d’entre eux à s’établir en Angleterre, fâché de voir que ses sujets dussent tirer de Flandre les draps qu’on y avait fabriqués avec leur laine.

Tout le monde sait que ce fut sous le règne de Henri IV que la culture du mûrier et l’éducation des versa soie se propagèrent en France ; mais on ignore assez généralement que déjà avant cette époque, cette précieuse industrie avait été exercée en Belgique. Un passage de Guichardin, qui (lorissait vers le milieu du xvi* siècle, le prouve. Cet écrivain parlant des fabriques qui enrichissaient la ville d’Anvers, dit : « On y fait de toute espèce de draps de soie, comme velours, damas, satin, taffetas et autres; mais ce qui est plus, que contre la nature presque et contre la disposition de l’air du pays, ils font et tissent eux-mesmes la soye, qu’en bien petite quantité; mais celle qui leur vient du dehors (qui est d’inestimable valeur) ils la mettent en œuvre de toutes façons et manières. »

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