V originalité walloniief par M. Sotti/iux
cessions, qui ont elles-mêmes un caractère antique. Toute Tâme wallonne, joyeuse et remuante, se retrouve dans ces cramignons qui emportent jeunes et vieux dans un même tourbillon d'enivrante gaîté.
A cet enthousiasme naturel vient se mêler, chez le Wallon, une sorte de finesse qui tient à la fois de la ruse normande et italienne. Le Flamand est méfiant. Le Wallon est plutôt astucieux. Ses ancêtres furent de grands cornilleurs.
Au commencement du xvi® siècle, éclata, vers Jemmapes et Tilleur, la petite Jacquerie désignée sous le nom de « Mutinerie des Rivageois ». Un historien raconte qu'elle gagna de proche en proche le long de la Meuse, réunissant tous les « crève-la-faim » en une horde menaçante dont furent effrayés les « honnêtes gens » de Liège. On négocia. La ville de Liège consentit à payer la rançon de sa tranquillité. Mais, dès que la bande fut dispersée et la menace évanouie, les Liégeois se jetèrent sur tous les « Rivageois » qu'ils purent trouver et firent, de leurs têtes eiposées sur des piques aux portes de la ville, autant d'épouvantails pour écarter les autres.
Aux environs de Liège, sur les hauteurs de Ghévremont, se dresse, dans un site délicieux, une chapelle miraculeuse, où des pèlerins nombreux vont encore implorer la Vierge. Jadis, une forteresse lotharingienne s'élevait là. Les soudards de l'empereur Othon en ayant fait un dangereux repaire, elle fut prise par le prince-évêque Notger. Et voici comment : le châtelain ayant prié l'évêque de venir baptiser son nouveau-né, Notger se présente en grande pompe avec un long cortège de clercs. Une fois dans la place, ceux-ci sortent soudain des armes et tombent sur leurs hôtes. Tous furent massacrés y compris le seigneur, sa femme et Tenfant lui-même. Puis l'évêque fît raser le château redouté.
Le Wallon est foncièrement honnête et loyal ; mais