T A-1VIL UIŒ AME BELGE
chapelle qai furent célèbres dans toute l'Europe. Car si la Waliooie sayait produire des compositeurs, elle ne savait pas les garder. Ils trouvaient si peu d'encouragement dans leur patrie, qu*ils s'empressaient d'émigrer : la France, l'Italie, rAliemagne, l'Espagne même les accueillirent. Au xviri^ siècle, quand le génie musical beige se manifesta de nouveau après une longue éclipse, c'est encore la Wallonie qui sonne le réveil. Après Gossec, le créateur k Paris des concerts qui devinrent depuis les concerts du Conservatoire, le liégeois Grétry apparut. Ce fut, plus tard, César Franck.
On peut donc, ici encore, établir une démarcation : la Flandre artiste dans la peinture, la Wallonie artiste dans la musique.
Dans les Flandres, il est rare qu'un chant s'élève dans la campagne. Le travailleur flamand est toujours pensif; il s'absorbe. En Wallonie, des chants de forestiers, de varlets, de vachères bercent l'oisiveté de l'heure. Canckons rouchies, pctsquèyes liégeoises, fauves carolorégtennes : toutes chansons rieuses, ironiques, naïves, lestes, parfois triviales et frondeuses^. C'est le pays du cramignon, la farandole wallonne. Un jeune homme portant un bouquet ou un drapeau- d'une main, saisit de l'autre la main d'une jeune fille; celle-ci, à son tour, prend la main d'un jeune, homme et ainsi de suite. Une longue chaîne se forme et la bande décrit à travers les rues de longs méandres qui. enveloppent les passants, tandis que les erami^nonneurs entonnent en chœur des chansons, souvent grivoises. C'est surtout à l'époque des processions que les cramignons s'organisent, et ces danses sur les fleurs des jonchées, au milieu des odeurs d^encens sous le grand soleil d'été, ajoutent quelque chose de très païen à la cérémonie des pro-