‹ La Belgique moderne: une terre déxpériencesChapitre 14 sur 61 · LB FLAMIN6ANT18MS · texte numérisé non relu

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merce belges, anversoises de préférence. Il est rare qu'il ne se rende pas indispensable. Son labeur et son intelligence finissent toujours par être appréeiés. Que vienne une occasion de placer des capitaux dans TaiTaire à laquelle il est attaché, il n'y manquera pas. £t s'il peut épouser la fille de son patron, son œurre de conquête en sera tout naturellement faeilitée« San patriotisme ne s'effarouche pas d'un croisement de races ou de nationalités. Il lui commande le moyen le plus efficace d'affirmer la prépondérance allemande en devenant le maître de l'établissement commercial où il n'est entré que simple commis aux écritures non rétribué.

Lorsqu'il le faut, les grandes banques berlinoises prêtent leur concours à ces missionnaires économiques. Sans bruit, sans heurts, les Allemands s'assurent ainsi la haute direction de grandes entreprises commerciales, industrielles et financières, et les énormes capitaux français placés en Belgique sont souvent saisis au passage par des mains aile* mandes, en lesquelles d'ailleurs ils sont généralement bien placés.

lyimpérieoses raisons économiques expliquent ce débordement : l'Altemagne avec ses 50 millions d'habitants, tend de plus en plus à se répandre autour de ses frontières. Il lui faut des exutoires : la Belgique et la Hollande, Anvers et Rotterdam sont là.

(4 L'Allemagne, écrit Henri Lichtenberger dans son livre sur l'Allemagne moderne , s'étend partout où règne la langue allemande, partout où fleurit la culture allemande. A l'ouest, elle comprend la Hollande et la Belgique flamande avec leurs grandes colonies d'Allemands (32.000 en Hollande, 68,000 en Belgique et Luxembourg). Dans ces deux pays de race germanique, dont les relations commerciales avec la France se font toujours plus actives, s'est constituée une culture indépendante en opposition avec la culture

française, et qui devra nécessairement renouer les liens traditionnels qui l'unissaient anciennement à la civilisation germanique. »

Déjà, les pangermanistes biffent ou reculent les frontières du grand empire. Des cartes postales illustrées, répandues à foison, représentent l'Europe en 1950. Sur ces cartes la Belgique, la Hollande, le Danemark, TAutriche ont disparu. Une partie de la Russie et de la Roumanie sont même incorporées dans la nation germanique.

Pour tous les pangermanistes, plus de la moitié de la Belgique est allemande de par la langue. Les patois néerlandais et limbourgeois, usités dans diverses provinces de ce pays, ne sont qu'une variété du bas-allemand parlé dans les plaines de T Allemagne du Nord. La frontière politique actuelle diviserait donc arbitrairement les Niederdeutsche, laissant en dehors de l'empire plus de 5 millions de Néerlandais et environ 3 millions et demi de Belges qui, logiquement, devraient en faire partie. Dunkerque même, avec la région environnante, ne serait qu'un poste avancé des Bas-Allemands ^

Justus Perthes a publié un atlas du pangermanisme très significatif à cet égard. Elargissante son tour les frontières actuelles de l'Allemagne, cet atlas de propagande, vendu très bon marché et tiré à un nombre considérable d'exemplaires, englobe la Hollande, la moitié de la Belgique (toutes les Flandres) et le nord de la France. Il indique au&si par des pointillés le nombre des associations pangermaniques. C'est du côté des frontières belges que se trouvent le plus grand nombre de ces associations.

Chose typique : la consultation de cartes géographiques révèle qu'à proprement parler l'Allemagne n'a guère de côtes. La Baltique n'est qu'une impasse.

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