CHAPITRE III
La situation respective des langues.
La vie des langues en Belgique par les statistiques. — La stal)ilité des diverses fractions linguistiques sWfîrme nettement. — Les diverses provinces ont une tendance à se spécialiser. — Le français traqué dans les Flandres. — Le flamand traqué en Wallonie. — Le français submergera-t-it la partie flamande ? — La. protestation de l'histoire contre cette prévision. — Une muraille de Chine en Belgique. — Un tiers-parti linguistique. La lutte pour Tunion. — Le quartier de Marelles à Bruxelles. — Les tiers-paitistes devraient académiser le marollien. — Une campagne pour la séparation administrative.
Contre le péril que le flamingantisme peut faire courir à l'influence française, on a opposé les statistiques. Examinons-les :
La Belgique comptait en 1900^ date du dernier recensement, 6.6d3.518 habitants. . .
Le tableau suivant donne la répartition exacte de cette population, à la même époque, au point de vue des langues parlées :
Ne savent parler que lé flamand . .
Ne savent parler que le français . .
Ne savent parler que Taliemand . .
Parlent le français et le flamand . .
Parlent le français et l'allemand . .
Parlent le flamand et ratlemand . .
Parlent les trois langues
Ne parlent aucune des trois langues Enfants au-dessous de deux ans . .
Total.
Il ressort de cette statistique :
1^ Que le français est parlé par plus de la moitié des habitants, soit par 3.485.728 ;
2° Que le flamand est également parlé par plus de la moitié des habitants, soit par 3.673.719;
3° Que l'allemand est parlé par 144.888 habitants.
Or, le recensement de 1866 accusait :
2.373.559 personnes oarlant français ; 2.711.443 parlant le flamand ; 62.395 parlant rallemand.
De 1866 à 1900, nous trouvons la progression suivante pour chacune des langues :
Gain du français 1.110.169 soit 32 ^/o
Gain du flamand 952.276 soit 26 Vo
Gain de Tallemand 82.493 soit 52 o/o
En 1866, la population parlant le flamand dépassait la population française de 345.884 habitants. En 1890, cette différence descendait à207.637habitants; en 1900, elle est ramenée à 187.991. Quant à la population allemande, elle a plus que doublé de 1866 à 1900.
Mais voici un tableau qui, de façon plus frappante, montrera la vie des langues en Belgique :