LA PUISSANCE ÉCONOMIQUE
si vigoureuse impulsion économique s'est manifesté dans toutes les branches de l'activité, mais il s'est surtout développé dans la construction mécanique. La Belgique est aujourd'hui toute peuplée d'usines, d'ateliers et de manufactures qui lui font une puissante armature. Elle possède 13 usines à fabriquer la fonte munies de 46 hauts fourneaux, dont la production a atteint, en 1908, 1.270.000 tonnes d'une valeur de 85.883.000 francs, soit 67 fr. 60 à la tonne, et qui emploient 3.667 ouvriers ; 30 aciéries qui produisent 1.249.620 tonnes d'aciers bruts d'une valeur Ae 124.886.000 francs, 754,870 tonnes d'aciers finis d'une valeur de 101.074.000 francs, et qui occupent 15.778 ouvriers ; 39 fabriques de fer ou usines à * ouvrer le fer et l'acier, qui produisent 306.650 tonnes de fers marchands, profilés, tôles, etc., d'une valeur de 41.584.000 francs^ et qui occupent 9.830 ouvriers. On peut se rendre compte des immobilisations formidables de capitaux que cet outillage représente, si Ton sait qu'il ne faut pas moins de cinquante millions pour installer une aciérie.
Un industrialisme aussi intense a pu paraître excessif. Et, en effet, il ressort de minutieuses statistiques que la capacité de production de l'industrie belge, dans son ensemble, a augmenté plus rapidement que les débouchés effectifs qui lui étaient ouverts. Trop nombreuses ou trop puissamment outillées, les usines belges seraient de plus en plus à la merci des crises économiques qui, périodiquement depuis quelques années, engorgent le marché ^.
Dans une certaine mesure, ces déductions se trouvent contredites par la puissance d'absorption des marchés, toujours plus développés, les besoins de plus en plus considérables des consommateurs, et l'augmentation même de leur pouvoir d'achat par Tincessante
1. M. Max L. Gérard. Uindustrie belge et ses débouchés {Revue économique internationale).
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extraction de Tor et des métaux précieux qui constituent les moyens d'échange. Elles sont contredites encore par les résultats mêmes qu'obtiennent les sociétés industrielles. À travers les zigzags des chiffres et les irrégularités que les crises engendrent fatalement, une progression se détache nettement pour peu que Ton compare, à quelques années de dis^ tance, les bénéfices acquis. Il faut encore compter sur trois facteurs favorables : les perfectionnements de l'outillage qui permettent de produire à meilleur compte; les concentrations qui se forment de plus en plus entre industries exclusivement locales et entre industries locales et étrangères ; enfin, les coalitions de producteurs dont les comptoirs de vente imposent les prix en les uniformisant.
Cependant, la menace existe indéniablement. Ce qui a permis jusqu'ici aux établissements belges de ne pas trop souffrir des perturbations économiques, c'est leur force d'expansion sur le marché international. Mais ils sont de plus en plus concurrencés par l'Allemagne. Et le péril est là. Outillée pour une production de boom^ l'Allemagne peut se comparer à une vaste maison de commerce que la surabondance des affaires a conduite à des agrandissements ne lui permettant plus un recul. L'Allemagne est un pays riche ) mais qui souffle de sa prospérité même. Poussée à la surproduction, elle écoule à tout prix, par le système du dumping^ q\ il en résulte une inondation permanente de produits allemands ^
C'est l'Amérique qui a enrichi, il y a quelques
1. Dans son rapport de 1909, le conseil d'administration de la -société Cockerili écrit : « La situation génà:^e de ia sidénirgie s'améliore partout, et la poussée en avant eût fait plus de progrès si l'Allemagne ne pesait lourdement sur le mouvement des affaires, par l'écoulement à tout prix de Texcédent de ses productions. Nous nous ressentons vivement sur notre marché intérieur des effets de cette concurrence de notre puiss«^t voisin