‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 10 sur 155 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

s'était faite avec un plein succès. Les états-majors , composés d'officiers expérimentés, étaient au grand complet. Grâce au système d'exclusion pratiqué à l'égard des Belges, l'organisation des armes spéciales, et surtout celle de l'artillerie , était à peu près restée ce qu'elle était avant la révolution. L'infanterie avait reçu dans ses cadres un nombre considérable de Suisses et d'Allemands, la plupart vieux soldats. Dans les rangs de la cavalerie , les mercenaires du Hanovre avaient comblé les vides produits par le départ des Belges. Le service des munitions, des subsistances et des hôpitaux ne laissait rien à désirer. Plusieurs mois de séjour dans les camps avaient développé l'esprit militaire. Lorsque, le 25 juillet, le roi présenta le prince d'Orange au corps d'armée réuni aux environs de Breda, le cri en avant /s'unit, sur toute la ligne, aux acclamations qui saluaient le chef de la famille royale.

Forte de 45,000 hommes d'infanterie , de 6,000 de cavalerie et de 3,000 artilleurs , non compris les garnisons de Maestricht et de la citadelle d'Anvers , l'armée spécialement destinée à l'invasion de la Belgique occupait une position des plus heureuses. Placée entre la Meuse et l'Escaut, sa droite était protégée par la citadelle d'Anvers, tandis que son extrême gauche trouvait un appui dans Maestricht fortement occupé. Les places de Berg-op- Zoom, de Bois-le-Duc et de Breda garantissaient ses derrières. En face d'elle s'étendaient de vastes plaines, sans forteresses, sans rivières importantes, sans aucun de ces obstacles naturels qui entravent la marche d'une armée envahissante. La capitale de la Belgique était à trois journées de marche des avant-postes.

16 août 1831.

La première division , commandée par le général Van Geen , formait la droite ; la seconde , placée sous les ordres du duc Bernard de Saxe-Weimar, formait le centre droit et l'avant-garde ; la troisième, confiée au général Meyer, formait le centre gauche ; la quatrième, composée principalement de gardes communales et ayant à sa tête le général Cort-Heiligers , formait l'extrême gauche. La cavalerie, sous le commandement supérieur du général Trip, était fractionnée en deux brigades, Tune de cavalerie légère destinée à seconder le mouvement en avant, l'autre de grosse cavalerie agissant en réserve.

Indépendamment de ces forces imposantes, les Hollandais avaient dans l'Escaut une flotte composée d'un vaisseau de ligne, de quatre frégates, de trois corvettes, d'une bombarde, d'un bateau à vapeur et de seize chaloupes canonnières. Cette flotte portait trois cent quatre-vingt-seize canons et deux mortiers. Enfin, pour compléter leurs avantages et porter au comble les dangers qui menaçaient leurs adversaires, les régiments hollandais, cantonnés sur la rive gauche de l'Escaut et dans les îles de la Zélande, étaient prêts à envahir les Flandres.

La situation militaire de la Belgique était loin d'être aussi favorable.

Des documents officiels prouvent que la partie active de notre armée n'atteignait pas, à la fin de juillet, le chiffre de 50,000 hommes (i).

(1) Tous les détails relatifs au nombre, à l'organisation et à l'instruction de nos troupes se trouvent au chap. IV. Nous nous bornons à signaler ici un petit nombre de faits dont la connaissance est indispensable pour l'intelligence des événements.

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