CHAPITRE IL
LIHÎASIOII HOLLANDAISE.
(Août 1831.)
Préparatifs militaires de la Hollande.— Dons patriotiques et enrôlements volontaires. — Forces de l'armée hollandaise destinée à l'invasion de la Belgique. — Armée belge. — Vices et lacunes de notre organisation militaire. — Armée de la Meuse. — Armée de l'Escaut.— Oubli de toutes les règles de la stratégie dans le choix des cantonnements de nos troupes. — Réclamations de Daine. — Le général Chassé dénonce l'armistice. — Impression produite par cet acte. — Langage de la presse belge. — L'armée du prince d'Orange franchit la frontière. — Attitude du roi des Belges. — Appel à la France et à l'Angleterre. — Le roi se rend à Anvers. — Le général Belliard obtient de Chassé une suspension d'armes limitée àJa ville. — Evénements des premiers jours de la campagne. — Le roi va rejoindre l'armée de l'Escaut. — Marche sur Montaigu. — Défaite de l'armée de Daine. — L'armée de l'Escaut opère un mouvement rétrograde sur Louvain. — Combat de Bautersem. — Evénements du 12 août. — Approche des Français. — Capitulation de Louvain. — Entrée du prince d'Orange. — Proclamation qu'il adresse à ses troupes. — Arrivée du maréchal Gérard. — Mouvement rétrograde de l'armée hollandaise. — Incident relatif à Vile de Java. — Bruxelles pendant l'absence du roi.
Déçu des espérances que l'intervention de la Conférence de Londres lui avait fait concevoir, Guillaume forma le dessein d'en appeler aux armes. La nation hollandaise pénétra les intentions du monarque et s'y associa avec une ardeur patriotique qu'il est impossible de ne pas admirer.
14 août 1831.
Épuisé par les armements de terre et de mer, le trésor hollandais pouvait difficilement subvenir aux dépenses nouvelles que l'invasion de la Belgique allait occasionner ; mais le dévouement de toutes les classes de la nation vint en aide à l'administration des finances. On eut recours à des expositions d'objets d'art, à des concerts, à des collectes. Le roi mit une partie de ses trésors à la disposition de l'armée, et cet exemple trouva de nombreux imitateurs. Bientôt les dons patriotiques furent tellement considérables que le journal officiel dut ajouter à ses feuilles toute une série de suppléments , quoique l'on se bornât à mentionner les noms des donateurs et le montant de la somme offerte.
Les services personnels accompagnaient les sacrifices pécuniaires. Dans toutes les parties du royaume, les gardes communales mobilisées (schuttery) s'exerçaient au maniement des armes et montraient les dispositions les plus favorables. Des milliers de volontaires, appartenant a toutes les classes de la société, vinrent grossir les rangs de l'armée. Marchant sur les traces des jeunes libérateurs de l'Allemagne, les élèves des universités s'organisèrent en corps de chasseurs, et les dames de Groningue et de Leyde leur offrirent des drapeaux couverts de nobles devises. Un membre de l'opposition parlementaire, M. Van Dam van Ysselt, leva et équipa à ses frais tout un bataillon de tirailleurs.
A la fin de juillet, les forces hollandaises, y compris 35,000 hommes de gardes communales mobilisées , présentaient un effectif de 95,000 soldats parfaitement équipés et exercés au service de campagne. Sous l'habile direction du prince Frédéric, l'organisation de l'armée