‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 126 sur 155 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

«Belgique conquise par la France... Ne peut-elle pas »être reprise? Ne l'avons-nous pas vu à Waterloo (1)? *

A cette résistance systématique, qui formait le fond de la pensée du roi, ses ministres joignaient une attitude -adroitement calculée pour s'attirer les sympathies de la nation hollandaise. Alors que tous ses vœux et tous ses efforts tendaient à une restauration pure et simple, le cabinet de La Haye affectait de repousser les propositions de la Conférence par le seul motif d'une prétendue atteinte aux intérêts, aux droits, à la dignité, à l'indépendance de la Hollande. Les ministres ne voulaient pas, disaient-ils, que la révolte vînt dicter des conditions déshonorantes au peuple des provinces fidèles.

Cette tactique dénotait une habileté peu commune. Dans les arrangements territoriaux et financiers de la Conférence de Londres, tous les avantages étaient du côté de la Hollande, tous les sacrifices du côté de la Belgique. Loin de sacrifier la plus faible partie de son territoire, la Hollande acquérait plusieurs districts qu'elle n'avait jamais possédés. La Belgique, outre la perte du dixième de son territoire, était grevée d'une partie de l'ancienne dette hollandaise. Privée du commerce des colonies, exclue du partage de la flotte construite à frais communs, elle devenait encore la tributaire de sa rivale ! Pour que le peuple hollandais ne se contentât pas de ces avantages considérables, il fallait lui parler d'honneur compromis, de dignité méconnue, d'existence nationale menacée, d'humiliations imposées au drapeau de la patrie. Les ministres de La Haye

(i) Notice et iouvenirs biographiques , p. 264,

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