‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 134 sur 155 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

» impériale ne saurait s'opposer aux mesures que pren- » cirait la Conférence pour garantir et défendre cette «neutralité si elle était violée par une reprise des hostilités de la part de la Hollande... L'Empereur abandonne »à la sagesse du cabinet de La Haye de considérer les » conséquences d'un état de choses qu'une amitié sincère »et désintéressée aurait voulu éviter (1). »

Cette déclaration solennelle acquit un nouveau degré d'importance par l'intervention officielle des ambassadeurs d'Autriche et de Prusse. Après avoir adhéré au manifeste du comte Orloff, ils déclarèrent, dans une note identique remise à M. Verstolk, que « leurs souverains éprouvaient un vif regret de voir la cour des » Pays-Bas, par son refus obstiné d'adhérer aux propositions du comte Orloff, les priver de tous les moyens »de servir ses intérêts, et renoncer elle-même à ceux » qu'on lui offrait pour terminer une longue et pénible » négociation (2).»

11 eût été difficile de montrer plus de condescendance pour les susceptibilités de la Hollande, plus de dédain pour les droits et les intérêts de la Belgique. Les représentants des cinq Puissances nous avaient garanti l'exécution entière des vingt-quatre articles ; ils avaient pris l'engagement d'obtenir l'adhésion pure et simple du gouvernement de La Haye (3) : et voici que la Russie, d'accord avec l'Autriche et la Prusse, offre au roi Guillaume de nous priver à la fois de l'actif du

{{) Recueil de pièces diplomatiques, T. III , p. 17 et suiv.

(2) Voy., pour les incidents de la mission du comte Orloff, le Recueil de pièces diplomatiques publié à La Haye , T. lit , p. 12 à 30.

(3) Voy. ci-dessus p. 207,

syndicat et de tous les avantages commerciaux garantis par le traité du 15 novembre!

Quoi qu'il en soit , cette condescendance devint ellemême inefficace en présence de l'inflexibilité raisonnée de Guillaume I er . Abandonné par l'Autriche, la Prusse et la Russie , réduit à ses propres forces en face de l'Angleterre et de la France qui se déclaraient prêtes à procéder à l'exécution du traité, le monarque néerlandais reprit son rôle de victime et attendit des circonstances plus favorables. Le système de persévérance continua à triompher à la cour de La Haye. Une circulaire envoyée aux agents diplomatiques de la Hollande, quelques jours après le départ du comte Orloff, atteste que les ménagements des Puissances avaient produit sur l'esprit du roi le seul résultat de lui faire espérer des avantages plus considérables (1).

Désespérant d'obtenir des concessions nouvelles, les plénipotentiaires d'Autriche et de Prusse procédèrent, le 18 avril, à l'échange des ratifications. Le plénipotentiaire russe en fit autant le 4 mai. Mais la Belgique eut encore une fois à se plaindre.

Tout en ratifiant le traité du 15 novembre, les cours d'Autriche, de Prusse et de Russie prirent une attitude éminemment propre à encourager la Hollande dans ses projets de résistance.

(1) Cette circulaire renfermait la phrase suivante : « Le roi aime à »croire que les succès , déjà obtenus à la faveur de- la médiation efficace »des hauts alliés , leur offriront un nouveau motif de continuer à réunir «leurs efforts, afin de terminer d'une manière équitable une négociation »à laquelle ont présidé , dans les derniers temps, de si heureux auspices, »et dont l'issue intéresse à la fois le bien-être du royaume et la paix de «l'Europe. > (Recueil de pièces diplomatiques, T. III , p» 29 ),

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