CHAPITRE VII
• parfaite. Et qui est la victime de ce drame? C'est la » Belgique! »
La séance se termina par la nomination d'une commission de sept membres, chargée de rédiger un projet d'adresse au roi (1),
La commission fît son rapport à la séance du 14 mai, et l'adresse suivante fut votée à l'unanimité des suffrages.
« Sire, la Chambre des représentants croit ne pouvoir » s'abstenir de répondre par une manifestation éclatante »de ses sentiments aux communications qui lui ont été » faites de la part de Votre Majesté sur l'état de nos relations extérieures.
» L'union des peuples et de leurs gouvernements fut » toujours la force des uns et des autres. Cette union ne » manquera pas à la Belgique dans la position où l'ont » placée la marche des événements et les négociations »avec la Conférence de Londres.
»Une loi a autorisé le gouvernement à souscrire au » traité du 15 novembre 1831. Les sacrifices cruels » auxquels ce traité soumettait les Belges n'ont été » acceptés par eux que dans la prévision des calamités »qui menaçaient l'avenir de l'Europe; la paix générale » était d'une valeur inestimable; les cinq puissances » signataires du traité avaient unanimement déclaré, dans »les notes adressées au plénipotentiaire de Votre Majesté, »que cette paix était attachée à ce traité, que rien ne » pouvait y être changé sans qu'elle fût à l'instant compromise. La nation belge, en reprenant son rang dans
(I) La commission était composée de la manière suivante: MM. de Gerlache, président, Leclerq, rapporteur, H. de Brouckere (auteur de la proposition) , DcstouteUes, Lebeau, Devaux et H. Vilain XIIII.
»la grande famille des peuples, n'a pas voulu que ce fût »à ce prix, elle s'est résignée et la paix n'a pas été » troublée.
» Après avoir rendu cet éminent service aux nations, » après avoir fait pour elles cette entière abnégation de ses »plus chères affections et de ses plus pressants intérêts, » après s'être laissé imposer une dette énorme qu'elle » n'avait pas contractée, après avoir poussé le désir de la »paix jusqu'à l'abandon d'une partie de ceux qui avec »clle avaient secoué le joug de la Hollande, après avoir »reçu des ministres des cinq puissances la déclaration • solennelle que le traité était final et irrévocable, que »ni la lettre ni l'esprit ne pouvaient subir la moindre » altération et que leurs gouvernements se chargeraient » d'amener la Hollande à y accéder, la nation belge avait » droit de croire qu'elle pouvait enfin se remettre des «secousses d'une révolution et ne plus penser désormais »qu'à l'affermissement d'institutions qui, toutes nouvelles^, qu'elles sont, ont déjà poussé d'assez fortes ra- »cines pour que, depuis une année, elle offre à l'Europe, » comme un nouveau gage de tranquillité, le spectacle » inouï d'un peuple qui, au sortir d'un bouleversement » politique complet, vit dans la paix la plus profonde, » soumis aux lois, docile à la voix de ses magistrats, et »ne ressentant d'autre agitation que celle que la vue des » armes et l'idée do son indépendance menacée peuvent »lui faire éprouver.
» Cette attente ne peut être trompée; des réserves ont » été jointes aux ratifications du traité du 15 novembre »1831 par quelques-unes des puissances signataires, »mais elles n'ont pas désavoué leurs plénipotentiaires,