‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 149 sur 155 · L'AKIÈE DE LA HEUSE APRES LA DÉROUTE DE HASSELT · texte numérisé non relu

L'AKIÈE DE LA HEUSE APRES LA DÉROUTE DE HASSELT

^Extrait du Mémoire du général Daine, p. 26 et suiv.).

Après avoir parlé de son arrivée à Liège, de l'installation de la commission présidée par le colonel L'Olivier, de la remise au gouverneur d'une Mire appelant le général Goethals au commandement de l'armée de la Meuse, Daine continue dans les termes suivants :

« M. Tielemans emporta ma lettre... La commission se réunit plusieurs fois dans l'appartement du chef dont elle semblait vouloir décliner l'autorité; toutefois elle ne faisait rien; absolument rien ; je dus pourvoir à tout. Des ordres furent donnés pour que les corps fournissent des états de leurs divers besoins, en équipement et armement, et, par l'active coopération du général Vandermere, du colonel Hamesse et du lieutenant-colonel Vandamme, on pourvut à ces deux parties du service. Le général Goethals était arrivé ; les ordres du roi me firent conserver le commandement : j'avais à cet effet envoyé un de mes aides-de-camp au quartier-général royal pour obtenir des ordres , et cet officier fut encore chargé de demander le colonel Nypels comme chef d'état-major. Le service des vivres, toujours incomplet et mal assuré, me décida à charger de l'intendance de l'armée M. le sous-intendant Lecomte, de l'activité duquel j'espérais beaucoup. M. de Brouckere, ministre de l'intérieur et aide-de-camp de S. M., arriva à mon quartier-général

avec des pleins-pouvoirs, le 11 août, et celte même armée, que Ton avait représentée comme détruite, fut en état de reprendre la campagne à l'effectif de 12,000 hommes, avec six batteries complètes et tout le matériel nécessaire. L'aide de quelques officiers et trois jours me suffirent pour obtenir ce résultat. On m'avait menacé du poignard ; je me montrai à mes soldats : ils m'accueillirent par des vivats (1). Quelques chefs de la gardecivique et de la régence de Liège osèrent bien se présenter chez moi et me demander compte de mes projets et des mesures que je prenais. Cette audace, triste reste des jours tumultueux qui venaient de s'écouler, fut vivement réprimée par M. le général Vandermere....

» J'espérais que le changement de ministère aurait amené de la fixité dans la teneur des ordres; les trois lettres que je reçus à Liège sont la preuve du contraire (2).

».... Je confiai ma brigade d'avant-garde, composée de volontaires venus du Luxembourg et du bataillon de tirailleurs de la Meuse (qui n'a pas rejoint, j'ignore pourquoi), au colonel sous-chef d'état-major Fonson; elle devait opérer sur la route de Waremme. La principale colonne, divisée en trois brigades, deux d'infanterie et une de cavalerie, sous les ordres des colonels Weusten, Spaye et du lieutenant-colonel de Gand, mar-

(1) Le général oublie de dire que quelques coups de fusil partirent d'un bataillon de volontaires et que , sans la présence d'esprit et l'énergie de M. G. de Brouckere , cet acte de révolte eût été probablement suivi de plusieurs autres (T.).

(2) Le général fait ici allusion à trois lettres datées du 9, du 10 et du il août. La première lui enjoignait de ramener les débris de l'armée de la Meuse par Namur pour les réunira l'armée de l'Escaut; la seconde hii prescrivait de concentrer l'armée à Liège et d'y attendre des ordres ultérieurs ; la troisième lui ordonnait de se tenir prêt à marcher en avant sur la route de Tirlemont , et à suivre ultérieurement les instructions que lui transmettrait M. de Brouckere. Toutes ces lettres portaient la signature du comte d'Hane, ministre de la guerre adinterim{ [T.),

cha sur Hannut, Jodoigne, et, faisant un à-droite, arriva !e 15 août aux portes de Tirlemont. Elle vint offrir le combat à une partie de l'armée hollandaise, sous les ordres des princes. Des reconnaissances, dirigées par les capitaines Ory et Capiaumont, entrèrent même dans Tirlemont et y sabrèrent les postes hollandais. J'ignorais qu'il existât une convention; j'en eus seulement alors connaissance. J'envoyai en parlementaire M. le lieutenant-colonel Delobel : il put s'assurer de l'étonnement de l'ennemi en apprenant ma présence à la tête d'une armée animée par le désir de la vengeance... »

LES XfUI ARTICLES ANNEXÉS AU PROTOCOLE OU 26 JU» 1831.

Article 1 er . Les limites de la Hollande comprendront tous les territoires, places, villes et lieux qui appartenaient à la ci-devant république des Provinces-Unies des Pays-Bas en l'année 1790.

Art. 2. La Belgique sera formée de tout le reste des territoires qui avaient reçu la dénomination de royaume des Pays-Bas dans les traités de 1815.

Art. 3. Les cinq Puissances emploieront leurs bons offices pour que le statu quo dans le Grand-Duché de Luxembourg soit maintenu pendant le cours de la négociation séparée, que le souverain de la Belgique ouvrira avec le roi des Pays-Bas et avec la Confédération germanique au sujet dudit Grand-Duché, négociation distincte de la question des limites entre la Hollande et la Belgique.

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