‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 18 sur 155 · CHAPITRE II. 2H · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 2H

Les membres du cabinet n'étaient pas favorables à l'idée d'admettre le secours d'une armée française. Aux termes de l'article 121 de la constitution, aucune troupe étrangère ne peut occuper ou traverser le territoire qu'en vertu d'une loi. Cette loi n'existait pas, et le Congrès qui, jusqu'à la convocation des Chambres, possédait éventuellement le pouvoir législatif, n'était pas réuni. Les ministres se prévalaient de cette considération pour repousser l'appel des Français , non-seulement comme déshonorant pour l'armée, comme inutile au point de vue de la défense du territoire, comme dangereux sous le rapport de nos relations avec les Puissances, mais encore comme une violation manifeste de la constitution. Us partageaient plus ou moins les illusions des journalistes. Rassurés par les événements de Septembre, ils attendaient des merveilles du concours de la garde civique et d'une levée en masse.

Heureusement pour l'avenir du pays, le roi sut résister à ces instances. Il fit remarquer que la demande d'intervention était éventuelle et non absolue ; que l'entrée des Français n'aurait lieu qu'en cas de nécessité, et qu'alors les Chambres s'empresseraient de couvrir d'un bill d'inr demnité un acte destiné à sauver l'indépendance nationale (1). Le roi fit en même temps réclamer le secours d'une flotte anglaise (2),

(1) On trouve à ce sujet dos détails intéressants dans Y Histoire de la révolution belge de M. White , t. III , p. 141 et 142.

(2) M. Nothomb dit ( p. 178 , 2 e éd.) qu'aucune demande de secours ne fut faite à la Grande-Bretagne. L'existence de cette demande est cependant à l'abri de toute controverse. Lord Palmcrston l'annonça officiellement à la Conférence dans sa séance du 6 août 1851 ( Papert relative $9 tkê nffairs ©/* Bdgium, À. p. 82>. Le Moniteur belge , dans son n° du

30 août 1831.

Résolu à partager les dangers de nos soldats, Léopold partit de Bruxelles dans la matinée du 4 août, après avoir adressé à la nation la proclamation suivante :

t Belges !

»En prenant possession du trône, où la volonté nationale m'a appelé, je disais en m'adressant aux représentants de la Belgique :

«Si, malgré tous les sacrifices pour conserver la paix, » nous étions menacés de guerre , je n'hésiterais pas à en » appeler au courage du peuple belge, et j'espère qu'il se » rallierait tout entier à son chef pour la défense du pays »et de l'indépendance nationale. »

»Ces paroles, je les adresse aujourd'hui à la nation » entière.

»Sans déclaration préalable, les ennemis ont subite- »ment repris les hostilités, méconnaissant à la fois les rengagements qui résultent de la suspension d'armes et »Ies principes qui régissent les peuples civilisés.

»Ils n'ont pas reculé devant la plus odieuse violation »du droit des gens, et par la surprise ils ont voulu se » ménager quelques avantages momentanés. Ce sont les » mêmes hommes que vous avez vaincus en septembre; ails apparaissent au milieu des populations paisibles, précédés par la dévastation et l'incendie.

fi août f83f , avoue que le roi n'avait pas hésité à appeler la France et l'Angleterre au secours de la Belgique. Enfin M. Withe {Histoire de la révolution belge, t. III , p. 142) rapporte le même fait comme le tenant de la Louche du roi Léopold.

Dans la 3 e édition de Y Estai (p. 186) , M. Nothomb se borne à dire que la lettre de M. Lebeau à M. Lehon ne fut pas transmise à Londres.

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