‹ La Belgique sous le règne de Léopold Ier (volume 2)Chapitre 19 sur 155 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

«Forts du sentiment de notre droit, nous repousserons cette agression inopinée, nous opposerons la force »à la force.

•Déjà une fois vous avez vaincu la Hollande; vous avez • commencé la révolution par la victoire, vous la consoliderez par la victoire. Vous ne serez pas infidèles à vos » glorieux souvenirs; vos ennemis vous attendent aux «lieux déjà une fois témoins de leur défaite.

» Chacun de vous fera son devoir.

» Belge comme vous, je défendrai la Belgique.

»Je compte sur la garde civique, sur l'armée, sur le » courage et le dévouement* de tous.

» Je me rends à mon poste.

»J'y attends tous les Belges à qui la patrie, l'honneur »et la liberté sont chers.

» Bruxelles, 4 août 1831.

»Léopold. »

L'appel du Roi fut entendu. Dans les villes et les campagnes la garde civique prit les armes. Les routes se couvrirent de milliers de volontaires, marchant à l'ennemi avec cette ardeur que le patriotisme, joint au mépris du danger, peut seul inspirer. La nation avait foi en ellemême, la gloire de Septembre était intacte, et le mot fatal de trahison n'avait pas encore retenti dans les masses. A l'aspect de cet admirable élan, les plus timides osaient espérer la victoire !

L'un des premiers soins de Léopold fut de préserver Anvers des horreurs d'un deuxième bombardement. Il y porta son quartier-général dans la soirée du 4 août.

32 août 1834.

On se figure sans peine le désordre et la terreur qui régnaient dans cette malheureuse cité, où le souvenir de la funeste nuit du 28 octobre permettait de prévoir toutes les catastrophes. La ville avait été mise à l'abri d'un coup de main; on avait dressé des batteries, construit des redoutes, élevé des barricades, percé des meurtrières; une proclamation du gouverneur civil , M. Rogîer, avait engagé les habitants à garnir les fenêtres et les toits de ces projectiles redoutables déjà connus de l'ennemi : mais que pouvaient toutes ces mesures de précaution contre les bombes d'un ennemi abrité derrière des retranchements inabordables ?

Le lendemain de la dénonciation de Farmistïce, le général de Tabor s'était empressé d'offrir au général Chassé, commandant de la citadelle, la neutralité de la ville ; mais cette proposition avait été rejetée avec hauteur. « Vous pensez, » disait le général hollandais,» que la ville » d'Anvers doit être hors du champ de bataille; mais il » faudrait pour cela qu'elle fût hors de votre position, » qu'elle ne vous offrît ni logements, ni subsistances, ni » arsenaux, ni magasins. Si la part que la population » d'Anvers prit aux combats d'octobre et la manière dont » elle sacrifia mes troupes n'avaient pas placé cette ville »dans une position particulière , votre proposition serait * admissible au sujet d'un ennemi venant de l'extérieur, t»qui s'en prendrait seulement à la citadelle au-dehors de » la ville; mais, dans ce cas-ci, vous l'occupez et vous en » tirez vos principales ressources... Comment pourrais-je »être tenu à respecter la ville?... Si Futilité du service du » roi amène l'emploi de tous les moyens d'agression et »d'expugnation qui sont en irçon pouvoir contre la ville

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